Les vibrisses

Là, campée dans ses pantoufles, le tablier gras qui dessine ses seins ancestraux, les naseaux gonflés par tant de haine que quelques vibrisses tentent d’en sortir, avec sa bouche pleine de crocs vomissant chacun de nous, avec ses courtes pattes avant tenant des côtes que jamais personne n’a caressées, son corps et son être déshumanisés par un enfermement volontaire, elle me dit : « faudrait voir à enlever la trottinette de votre fille du couloir, pasque le couloir, c’est commun, et dans les communs, y faut rien d’personnel, alors faut la monter la trottinette!! J’ai appelé le propriétaire, il est d’accord!! ». J’acquiesce en lui répondant: « mais je l’ai acheté pour tout le monde vous savez, vous pouvez l’utilisez si vous voulez, n’hésitez pas, elle est commune! ».
Elle fulmine, se tape les hanches, puis finit par s’en rentrer chez elle. Tandis que je monte chez moi, je l’entends s’enfermer à quintuple tour.

Et en buvant mon café, je l’imagine sur la trottinette tandis qu’elle m’imagine étranglé de ses mains en se torturant de ne pouvoir le faire.

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