cette image-là
qui date de plusieurs années (le voyage de l’ami Denis Pasquier † à Venise – dix ans sans doute – qui précédait celui de Lisbonne) ce genre de prise de bras, la canne le sac à provisions (le sosie de Claude Lévi-Strauss), les impers la calle et les gens au fond qui viennent vers nous (il n’y en a qu’un mais gens n’a pas de singulier), celui qui traîne son caddie – qui sont-ils ? des frères, des amis, des amants ? qui peut savoir ?
je les aime bien comme j’aime bien le livre où ils se trouvent – où l’image d’eux se trouve – cette image-là que je garde qui renvoie (parfois) à Norma (ici je repose ce qui dans le texte y fait référence
non, ça ne débute rien, c’est de l’histoire ancienne comme on dit — il y avait aussi une histoire celle de ces deux vieux types qui marchent dans une rue (ça ne s’appelle pas une rue), à Venise, qui reviennent de faire des courses, un filet à provision, du fromage sûrement, une canne, une image faite par un ami mais l’important ça a été de se tenir, de marcher de cette manière sans but et toujours le même trajet, plus ou moins, et pour moi dans l’ombre de les suivre (et puis : avoir l’idée derrière celle première c’est un peu délicat – le roman, là, le « but » ou l’objet)
Pourquoi pas Venise lorsque les lumières s’allument ? (une chanson idiote comme il en existe pas mal) (ce sont les fontaines, et non les lumières) mais Venise oui, les lieux un peu en dehors des parcours courus – des chansons oui
(puisque c’est italique, je ne suis pas certain de laisser ces mots)
huit ans
une espèce de carte postale – il faut bien, cette autre d’un jardin
ou cette autre, plus proche ou plus éloignée (Cracovie ai-je cru comprendre)
©EL
c’est peut-être à ce propos qu’écrivait mon ami
Je suis juif sépharade, né à Tunis, français de choix et de cœur, fils de Gilbert et de Jacqueline. Mon nom porte en lui une histoire vieille de plusieurs siècles — celle d’une famille juive du Maghreb, mêlée à l’histoire de la Tunisie, à celle de la France, à celle de ce siècle qui a tout brisé.
c’est d’ailleurs reproduit sans autorisation – mais osefu2p – le prénom de Derrida était d’ailleurs, pour l’état civil, Jackie, ce sont des faisceaux de signes sans autre importance qui s’interpellent – c’est aussi que le livre est devenu, sans doute depuis qu’on peut s’en procurer n’importe comment-un peu comme des yaourths ou du pq – une marchandise comme une autre – conso – on en voit jetés dans les rues qui gonflent encore l’immense gâchis que nous infligeons à cette planète (j’aime quand même savoir que certain.es les récupèrent – lien d’entreglose) – une autre encore
l’entrée d’une salle de cinéma de Bucarest – augmentée d’un fraisia jaune pour la route
mais j’ai dévié – j’en étais à cette foutue édition et à ces écrits qui ne servent à rien (flattant l’ego peut-être mais sans autre forme de valeur dans l’hypothèse où c’en serait une) – et puis cette halle de la gare d’Austerlitz aussi (ou l’ex-gare) (ces travaux incessants urbains bruyants refaire le monde à neuf à nouveaux frais nouvelles technologies si efficaces et pertinentes)
voilà quarante ans se tenaient ici les bureaux de son éminence (vaguement abjecte) le directeur du projet de bibliothèque de France (alias très grande bibliothèque maintenant revue à la baisse en dédicace à celui qui la voulut – quatre-vingt-trois et le tournant de la rigueur… qu’est-ce que ce monde ?) – il faut respirer, continuer, marcher avancer se battre avec détermination – et puis cette dernière
Merci à vous








et merci à vous