Pas emballé

 

 

je revenais de la place Saint-Sulpice (je ne connais pas de Sulpice, mais en revanche je connais un Cloud) où se tenait le salon de l’estampe (auquel participaient Caroline Diaz et ses complices – à pied (on peut voir découvrir ces œuvres magnifiques pendant le week-end) j’en repose une en forme de signature

lorsque s’imposa

cliché qui s’en alla directement vers Christine Jeanney et sa collection croisant cette plaque

juste au même endroit où un matin des ordures fascistes (adeptes de merdella deux hommes, une femme) tuèrent de sang-froid Federico Martin Arumburu (ni oubli, ni pardon) (ces horreurs contemporaines, cette guerre larvée civile raciste) allons quand même malgré tout marchons croisant ces leds

(un travail en cours (TEC) – ce type de work in progress (WIP) dont je ne connais ni les tenants ni les aboutissants, mais auquel la contrainte s’applique)au loin se trouvait la rue Dauphine –

oui, ah oui qu’est-ce donc – un enjoliveur détruit par le vent – je le sais, je vais avoir quelques difficultés à y trouver joliesse – mais je marche quand même

j’aime à cadrer ce roi, son panache et sa messe –  des touristes innombrables – et donc ceci

qui cache la deuxième partie de pont qui va à la rive droite – seule qualité : cacher un peu la propriété obscène d’un bernararno (la samaritaine ne lui a pourtant rien fait – comme au bazar de l’hôtel de ville, bientôt transformé en hôtel de luxe (les chiffres d’affaire en chute libre) appropriation licenciements : la ville perd sa vie) bon d’ici ça a le mérite de cacher un peu la prétention et l’opulence grossière du luxe qui s’étale

ça n’a rien de tellement esthétique, je suis passé sur le quai (une pensée à Simone et son Ivo – et au Jean-Louis neveu de Montand associé du roi lebo – vaguement une autre à Jules Maigret ses bières ses sandwichs : mais la brasserie du coin n’existe plus – ça fait un moment) autre point de vue, depuis le quai de l’Horloge

les parties blanches ont été emportées par le vent – on ira peut-être voir – ou peut-être pas – une espèce de dégoût et le milliardaire qui rentabilise ses placements – du pont au Change

ça vous a quelque chose (ça disparaîtra – on repense à l’emballage de Christo et Jeanne Claude – mais pourquoi donc avoir choisi ce pont-là ? il est neuf, le plus vieux de Paris et toutes les raisons seront valables, je ne me fais aucun souci – veux-tu savoir ce qu’il m’inspire ?

ah Paris…
De retour, en passant par la bibliothèque

une espèce de biographie de Bernard Wallet (lequel, parallèlement à Gérard Berréby et Allia, en un sens a pris la succession des « Champs libres » du roi lebo en créant Verticales)

 

 

la première des choses

 

 

 

black out sur le tennis, cannes, le dôme de chaleur et de Milan – affreux – en face se trouve la scala – osefpm – on reprend du service – sans changer le moindre mot – on avance même si le temps ne fait rien à l’affaire (la barre d’espace de mon ordinateur (de merdalakon, certes)  fait comme la touche du k : elle bloblotte (tout comme, d’ailleurs, le claviste, mais c’est une autre casquette) (on peut suivre les pérégrinations d’icelui en optant pour le mot dit clé « cerisier TEC ») : l’agent est là, debout devant sa baie (elle n’est pas sienne, mais) il est là, derrière à présent sa baie , il fume un clopo attendant le chaland – il faut bien faire quelque chose, alors il attend – pourquoi faudrait-il faire quelque chose au lieu de rien ?  l’agent attend

(normalement, les heures devraient s’afficher, mais) c’est le matin – la veille, la tondeuse a tracé sur l’herbe des allées laissant des massifs d’adventices (ceci emprunté à Jane Sautière – les mauvaises herbes poussent, la nature a horreur du vide etc. etc.) (6h19)

« c’est pas moi qu’on rumine et c’est pas moi qu’on met en gerbe » chantait le poète – il est tôt, il fera sans doute bon, le matin est un enchantement car le monde dort – enfin un certain monde, l’humain – on ne prend pas garde aux autres, ici, on scie la branche sur laquelle on est assis (on arrache les haies, on coupe les arbres, on épand des pesticides, on amplifie les récoltes, les rendements sont bons on remercie le ciel et on achète des machines énormes – l’affaire (ultra-libérale) est faite) – c’est un monde empli de paradoxes (7h14)

on posera les heures (c’estfait) – il est tôt, on lit, on boit du café on écoute les oiseaux s’appeler les uns les autres – on se dit que les choses devraient s’arranger, quelqu’un devrait venir (une femme providentielle tu vois le topo…), sous le cerisier il fait doux : on pourrait jouer aux sept erreurs (jacques faizan ou je délire ?) on a taillé lé cytise, on a sorti la table et les chaises pour déjeuner dîner apérotiser tranquillement – d’un côté du champ, c’est une question de lustres, on a planté des lilas, des cerisiers sauvages, deux bouleaux (mais le locataire en a coupé un sans s’en rendre compte – ses chevaux ont mangé un des tilleuls de l’autre côté – merci bien) ça repoussera dit-il – écœurement – des églantiers, un laurier : ça ne se voit guère (6h16)

de l’autre, même affaire (reconstruire la haie : l’image suivra) avec six érables, un chêne était là, un autre y est venu, un laurier sauce, un buis donné par la voisine de la maison au toit de chaume, une haie de benjès qui ne dit rien – un pin qui a cru pendant des années sur le balcon – un tilleul (au vrai, deux mais l’un d’eux a été tué par le locataire ou ses chevaux – ça repoussera, c’est ça oui) (ça a déjà été dit oui) (8h13)

rien n’est mis en scène, c’est en l’état – on emporte la table pour dîner sous la glycine – on attend Joséphine qui ne vient qu’à la nuit tombée (il s’agit de chauve-souris) on entend Huguette  qui parfois se pose sur le faîte de l’annexe droite cadre (ici une chouette) (j’avais une tante qui se prénommait ainsi – il est vrai qu’elle était d’alliance) (il m’arrive de penser à ma famille, ces nombreuses tantes, ces nombreux oncles, j’appelle mon frère (mes sœurs se taisent dans leur dix-septième arrondissement (le bon, certes)) – au puits on prend l’eau, on arrose on taille la haie tandis que le voisin pousse dessus parce qu’elle le gêne (un huit mai, il tailla toute la sainte journée ses haies, on lui en fit vers neuf heures du soir la remarque,  le type trouva pertinent de répliquer « de toutes façons vous n’êtes pas chez vous » ah la beauté des pensées de ce péri-urbain (et des actes : ça vote à 6 pour 10 pour l’ordure) (ah oui quand même) – il a pris son camping-car et s’est tiré)  on y met des tuteurs ou repousse on taille (7h34)

le matin, la première des choses

 

ici une vue de la haie sud (on n’y voit rien – au fond les frênes dont on se demande s’il ne faudrait pas se séparer)

et là quelques fleurs, pour la route

vivre ou laisser mourir

 

 

 

une des affaires qui occupe l’agent – seul devant son jardin mort, dans son lotissement bondé de rond-points (sur l’un d’entre eux (tout est possible), un jour, il y eut un type qui enfouissait là un livre, a-t-il semblé – les gens ont de ces lubies…), à une place particulière ou pas, peu d’arbres, peu de végétaux, goudron, trottoirs inutiles non pratiqués (une espèce de ville éloignée d’une trentaine de kilomètres de la capitale,  desservie par une autoroute à péage non empruntée) – cette maison[s]témoin qu’il n’entretient qu’avec les plus grandes difficultés (au fond, non, il ne fait que son travail, il peut même au besoin mettre un peu de musique, dans le frigo des sodas, dans le garde-manger du pain, dans la bibliothèque du salon des livres et sous la télé (certes, elle est factice, mais rien ne l’empêche d’en amener une vraie (mais est-ce que ça existe encore, une vraie télévision ?) des disques numériques polyvalents mais ça ne résoudrait rien) – une des affaires qui l’occupe donc c »est cette façon de dire faire vivre ce lieu : parce que un lieu, est-ce quelque chose de vivant, un animal, un être, un lieu vit-il ? L’homme (c’est un homme, parfois il s’agit d’une femme mais là, c’est un homme) est debout devant cette baie vitrée donnant sur le jardin. Au mur derrière lui, prenant toute la surface, une vue d’une plage palmiers eau tendre soleil clair et bleu du ciel – personne sur la grève – on pourrait entendre les oiseaux, le bruit du vent dans les palmes, le ressac doux et léger de l’eau presque tiède. L’homme est là, attendant le pékin : il se peut qu’il ait un rendez-vous mais le lapin est fréquemment posé, parfois au loin une voiture semble s’approcher et à un rond-point fait demi-tour. L’homme est là, un agent, une cigarette à main gauche, il attend que passe le temps passe son travail, sa subsistance, sa subordination, sa respiration, tout se tient, tout se ligue, tout avance dans le même temps et le même tempo. Tout à l’heure, il pleuvra peut-être. Dans la fin du jour, il fermera les volets électriques, coupera le courant et s’en ira.
Tout à l’heure. Et bientôt, il prendra des vacances

 

le départ est fixé avant sept heures – on se bouscule dans le hall, on recherche son numéro de voiture on présente son ticket électronique on assiste à la bousculade bienveillante (tout le monde est-il content de partir ? – moi je n’aime pas ça, sans doute parce qu’il faut revenir) à nouveau un numéro mais de place cette fois-ci – assignée – individuelle unique – le bagage – les annonces – le départ
Ça se déroule dans le Montparnasse-Monde, c’est quelque peu sous terre (sous jardin, pour dire le vrai). À main droite si on se trouve dans le sens de la marche, on croisera un arbre fiché entre des immeubles d’un jaune passé, et qui croît malgré tout. Il ne pleuvra pas encore – peut-être tout à l’heure (réellement vers Biarritz et consorts et même avant), mais pour le moment, ce sont les faubourgs étendus d’une Babylone comptant une quinzaine de millions d’habitants qu’on traverse (ça sert à quoi, et surtout à qui, de compter ?).
Doucement, puis plus vite et encore et encore.
Un livre, un sandwich ou des biscuits, de l’eau ou du vin (très rarement), on enlève parfois ses chaussures, l’aise se prend (la plupart des êtres de cette réunion assise (elles sont peut-être quatre-vingt, ces âmes-là, dans cette voiture-ci, ce plancher à moquette grand passage) la plupart ne lit plus mais regarde un écran (les tailles en sont diverses) et c’est ainsi que les petites lampes  serties dans les dossiers (coudés, angles vifs et cruels) se retrouvent obsolètes comme on dit maintenant – codm) on installe son dos, ses jambes,  sur la vitre l’organisme a fait écrire « fenêtre avec vue » ce qui est d’un ridicule achevé (mais l’organisme est très friand de ce genre de pratique) on nous annonce que « le barrista qui nous attend en voiture x se nomme Serpico (pourquoi pas Macadam ou Samouraï ? ) et nous propose diverses boissons chaudes et froides blabla » puis que le train passera par ici par là par ailleurs avant d’arriver en cette gare-ci son terminus – l’organisme n’est jamais avare ni d’annonce inutiles ni de pratiques ridicules – la vitesse de croisière sera atteinte, et donc on croisera la Beauce

voilà bien des années, c’était à Nanterre (c’était en mai – ce n’étaient pas les événements)

mais tonton n’était pas encore locataire du faubourg saint-ho

un type nous enseignait les outils et autres mis en exergue peut-être, en égide ou en scène mots et images par Leroi-Gourhan

André de son prénom – nous, c’était alors des étudiants de diplôme de cinéma – essentiellement critique – et pour valider cet enseignement (peut-être cela s’intitulait-il un certificat, c’est bien possible)

il devait y avoir quelque chose qui avait trait à l’outil de travail – j’ai donné à cette validation (obtenue sans la moindre reconnaissance par le type en question (on en attend toujours, quoi qu’on puisse en dire) – un prof d’anthropologie il me semble bien me souvenir, qui disposait d’un pavillon d’oreille chiffonné)

un tour personnel (j’ai toujours travaillé durant mes études – longues et à rallonges multiples) en prenant comme outil

l’un des premiers train à grande vitesse (ils étaient alors orange et reliaient la capitale à celle des gaules)

un peu plus de deux heures – arrêt à Dijon si je me souviens, ou si j’interprète

l’eau des chiottes en était bleue

il y avait déjà pléthore d’annonces, il fallait bien se tenir, ne pas trop bouger dans les voitures – j’avais des questionnaires à distribuer, je fais comment dis moi pour « ne pas trop bouger » ? –

les portes entre les voitures étaient plus faciles à ouvrir, c’est vrai, et il n’y avait pas de vent dans ces soufflets non plus que d’espaces où on pouvait voir les rails, les cailloux – en gare on pouvait aller à quelque besoin – trois cents à l’heure rendez-vous compte – il ne m’en a rien dit

ou peut-être cela s’intitulait-il « unité de valeur »

comme outil de travail j’avais pensé que c’était bien trouvé

ça n’eut pas l’heur de plaire je suppose – ça allait vite comme maintenant

mais je n’avais pas, alors, ni le temps ni l’équipement pour regarder et fixer, pour un moment de splendeur, à cette vitesse-là la sublime beauté du paysage

 

texte d’éparpillement (accessoire qui me fait penser ici à moby) qui fait suite au numéro zéro du carnet de voyage(s) #156 – lequel s’établira dans les jours à venir –

 

ces jours-ci, la maison[s]témoin tape les onze ans, le nombre des billets du bernard-l’hermite d’agent (premier article le 17 mai 2015) que je suis s’établit à (indique la machine) 434 (ça me fait penser qu’il faudra passer par la case « mettre à jour l’index« ) – est-ce vivant ? est-ce mort ? est-ce que ça s’érige sur des bases organiques ? on s’en fout un petit peu (osefu2p)

Carte postale

 

 

 

je ne sais pas mais parfois regardant ce jardin ça me désespère – rien n’y pousse, rien n’y change, quand il pleut il y a là un peu de boue qui se solidifie lorsque le temps se met au beau – parfois on aimerait crier « Y’a quelqu’un ? » mais c’est parfaitement inutile, il ne vient personne, la maison reste témoin de son isolement, plus personne ne veut investir dans ce genre de construction – c’est vrai que ça date, les murs mêmes se fendillent, le climat change et les hivers sont de plus en plus rigoureux – les étés de plus en plus chauds – et tu crois vraiment que ça suffirait à faire taire ce qu’il nous faut faire en sorte d’exister ? ici c’est un relais, l’agent est là, il fume sans doute une cigarette, regarde le rond-point qui fait face à la maison, le lotissement, les arbres chétifs (depuis dix ans, quand même, ça devrait pousser)(foutre non) (encore qu’il suffise de s’imaginer que oui – « tu ne peux pas imaginer » disait-elle) (entre la fiction de l’agent et l’agencement de la biographie c’est bien là que se tient la littérature ou la fiction d’elle-même)

alors le ciné ce sera une autre fois, j’ai manqué la séance – je pose juste quelques images qui me sont parvenues, celle-ci

qui vient d’Italie (merci à toi XG) (cette façon de ne mettre que les initiales a quelque chose de parfaitement abscons, comme pour anonymiser – ne le fais pas alors – eh bien non) cette autre du côté du rézosocio

(probablement un faux – c’est égal j’avance quand même – les images, quoi qu’il puisse en être ne sont jamais que des représentations – ni vraies ni fausses – elles passent par milliards – on s’en va, on s’en fout)

bah c’est juste au menu d’un restaurant aisé parisien – les mœurs contemporaines – pour se faire une idée (quelque chose de tellement vulgaire dans la divulgation des prix des choses, dans le montant de l’addition – dans la mesure – ça m’étreint et m’égratigne) –

ça c’est Paris – de la tour Montparnasse (dédicace à L’eaé) – un détail – la ligne verte borde le fleuve – mais qui peut y vivre ? (au presque centre le dome des invalides – elle vivait rue fabert un moment je crois disons de 75 à 92) tout ça est furieusement personnel (on ne dit pas ces choses-là – l’agent se laisse aller au journal) ici un gisant une gisante une représentation d’une représentation – une reine crois-je savoir – je vis cette statue de mes yeux un jour (mais est-ce bien une statue ?) en lecture pour l’atelier

et pour finir une miniature (entre le Tigre et l’Euphrate supposé-je)

(chacal essayant de faire fuir un lion (1427) volé chez Jhibay – mais encore aussi pour un obituaire (je ne le fais plus, j’ai cessé ces mémoires – le carnet d’atelier s’est refermé, avec ses diverses séries dont les fleurs qu’il faudra reprendre)

Dean Tavouralis (un chef décorateur de cinéma – notamment mais pas seulement des films de Coppola) mari d’Aurore Clément –  les voilà tous les deux en plan américain – plateau d’Apocalypse now dit le wiki –

et pour vraiment finir, pour en finir avec avril, alors qu’on entre en mai – une dernière image (mais la mer qui monte)

 

 

 

Enveloppes jaunes

 

 

 

je dispose de cinq images pour étayer quelque chose comme une démonstration, certainement pas une injonction et encore moins une influence comme on dit maintenant (codm) – je tiens aussi à m’amuser et l’une des meilleures façons d’y parvenir est d’aller au cinéma (la chanson Le cinématographe de Boris Vian m’anime toujours) – une enveloppe jaune arrive dans une boite aux lettres et toute la vie professionnelle s’éteint en quelque sorte – tout est à recommencer – les deux personnages principaux (elle, c’est Derya (Özgü Namal déterminée), lui Aziz (Tansu Biçer nuancé))

qui ici sourient à l’opérateur (ce n’est pas une image du film) affrontent cet événement avec des réactions un peu différentes – elle et il se doivent de continuer cependant leurs chemins (elle est comédienne, il est prof et dramaturge – tous deux travaillent dans un même théâtre national – et c’est de cette nation dont il est question : la leur comme la notre) – la vie se déroulait à Ankara (ou à Berlin, ou à Paris ou ailleurs encore comme New-York ou Bombay – ça aurait aussi bien pu prendre place dans ville&cinéma)) et voilà qu’elle oblige à s’en aller

on les accuse, on les juge

on les condamne – leur fille les suit lors du déménagement à Istanbul chez la mère d’Aziz (une femme formidable) mais le patriarcat où baigne toute cette histoire, et en un sens la religion, obligent à des comportements qu’on aurait tendance à éviter – c’est à notre dignité que ces religions et ces sociétés en veulent  (elle efface de son profil rézosocio des messages que le pouvoir trouverait compromettants – ainsi obtient-elle (happy end) un rôle dans une série très suivie proposée sur une « plateforme » honnie mais riche; lui va à la mosquée avec son (odieux) beau-frère comme s’ils étaient amis  ou du moins partageaient quelque chose comme la même foi : avec l’aide de ce sale type Aziz trouvera un emploi de chauffeur de taxi – c’est (sans doute) mieux que rien…) il leur faut prouver leur appartenance à ce monde fait de patriotes et de croyants…
Alors le couple a tendance à se fracturer – la famille semble tenir sous les coups répétés de cette société et la question se pose en sortant de ce film : que ferions -nous, nous, dans de telles circonstances (ici, à New-York, à Lagos ou à Tokyo…) ?

 

Yellow letters un film réalisé par Ilker Çatak (primé ours d’or au festival de cinéma de Berlin, 76° du nom)

(on trouvera un dossier de presse sous ce lien – se demander en quoi un lien a à être souligné, graphiquement métaphoriquement aggravant son importance)

 

ce qu’il y a c’est que j’ai quelque chose avec la Turquie et ses Turcs comme ses Turques – quoi c’est tout le problème – je crois plus qu’il s’agit de quelque chose avec l’empire (ottoman déjà probablement mais cette forme d’état) – depuis le voyage à Istanbul d’il y a à peu près quinze ans, ce passage Bosphore, ces îles cette mer de Marmara, ce défilé vers cette mer dite Noire – en faire le tour a été un moment une idée qu’il faudrait que je reprenne (au départ, il n’y avait pas de guerre en Ukraine sinon en son Dombass et sa Crimée ce qui fait déjà beaucoup) – les prétentions du tsarulet ex-nkvd/kgb/(quelle importance la façon dont on intitule cette police secrète) qui s’arroge tous les droits (ce générique du feuilleton Destination Danger, la part belle donnée par un Ian Flemming à ces agissements – des purs héros ? double zéro sept – des hommes, blancs et hétérosexuels et queutards finis (non pas Patric Mc Goohan) – on aimerait pouvoir en rire et demander, par exemple, à ce père et sa fille empoisonnés (Sergueï et sa fille Iulia Skripal) par les services de renseignements ce qu’il et elle en pensent – tant d’affaires irrésolues, de meurtres, d’exécutions de personnages gênants – ces trois femmes kurdes, assassinées rue Lafayette à Paris, les services secrets turcs : le type souffre d’une tumeur au cerveau, il meurt : tout est accompli – Anna Politovskaïa – tant et tant de mortes et de morts – ou de quelque chose avec les Kurdes (dont ce film parle : on voit le drapeau de cette nation (le Kurdistan, est-ce une nation ? comme la Kabilye qui tous les dimanches sur la place de la République à Paris, demande son autonomie…) qui comme le peuple auquel mon patronyme me fait appartenir subissent depuis des siècles des tentatives d’éradication (à cheval sur les territoires des Turquie Syrie Iran et Irak) – aussi bien le Liban… 

 

Cartes postales

 

 

 

cette image-là

©DP

qui date de plusieurs années (le voyage de l’ami Denis Pasquier † à Venise – dix ans sans doute – qui précédait celui de Lisbonne) ce genre de prise de bras, la canne le sac à provisions (le sosie de Claude Lévi-Strauss), les impers la calle et les gens au fond qui viennent vers nous (il n’y en a qu’un mais gens n’a pas de singulier), celui qui traîne son caddie – qui sont-ils ? des frères, des amis, des amants ? qui peut savoir ?

je les aime bien comme j’aime bien le livre où ils se trouvent – où l’image d’eux se trouve –  cette image-là que je garde qui renvoie (parfois) à Norma (ici je repose ce qui dans le texte y fait référence

 

non, ça ne débute rien, c’est de l’histoire ancienne comme on dit — il y avait aussi une histoire celle de ces deux vieux types qui marchent dans une rue (ça ne s’appelle pas une rue), à Venise, qui reviennent de faire des courses, un filet à provision, du fromage sûrement, une canne, une image faite par un ami mais l’important ça a été de se tenir, de marcher de cette manière sans but et toujours le même trajet, plus ou moins, et pour moi dans l’ombre de les suivre (et puis : avoir l’idée derrière celle première c’est un peu délicat – le roman, là, le « but » ou l’objet)

Pourquoi pas Venise lorsque les lumières s’allument ? (une chanson idiote comme il en existe pas mal) (ce sont les fontaines, et non les lumières) mais Venise oui, les lieux un peu en dehors des parcours courus – des chansons oui

(puisque c’est italique, je ne suis pas certain de laisser ces mots)
huit ans

une espèce de carte postale – il faut bien, cette autre d’un jardin

©NH

ou cette autre, plus proche ou plus éloignée (Cracovie ai-je cru comprendre)©EL

c’est peut-être à ce propos qu’écrivait mon ami

Je suis juif sépharade, né à Tunis, français de choix et de cœur, fils de Gilbert et de Jacqueline. Mon nom porte en lui une histoire vieille de plusieurs siècles — celle d’une famille juive du Maghreb, mêlée à l’histoire de la Tunisie, à celle de la France, à celle de ce siècle qui a tout brisé.

c’est d’ailleurs reproduit sans autorisation – mais osefu2p – le prénom de Derrida était d’ailleurs, pour l’état civil, Jackie, ce sont des faisceaux de signes sans autre importance qui s’interpellent – c’est aussi que le livre est devenu, sans doute depuis qu’on peut s’en procurer n’importe comment-un peu comme des yaourths ou du pq – une marchandise comme une autre – conso – on en voit jetés dans les rues qui gonflent encore l’immense gâchis que nous infligeons à cette planète (j’aime quand même savoir que certain.es les récupèrent – lien d’entreglose) – une autre encore

©EL

l’entrée d’une salle de cinéma de Bucarest – augmentée d’un fraisia jaune pour la route

©CJ

mais j’ai dévié – j’en étais à cette foutue édition et à ces écrits qui ne servent à rien (flattant l’ego peut-être mais sans autre forme de valeur dans l’hypothèse où  c’en serait une) – et puis cette halle de la gare d’Austerlitz aussi (ou l’ex-gare) (ces travaux incessants urbains bruyants refaire le monde à neuf à nouveaux frais nouvelles technologies si efficaces et pertinentes)

© GZ

voilà quarante ans se tenaient ici les bureaux de son éminence (vaguement abjecte) le directeur du projet de bibliothèque de France (alias très grande bibliothèque maintenant revue à la baisse en dédicace à celui qui la voulut – quatre-vingt-trois et le tournant de la rigueur… qu’est-ce que ce monde ?) – il faut respirer, continuer, marcher avancer se battre avec détermination – et puis cette dernière

© DT

Merci à vous

Continuer avancer offrir

 

 

 

une interruption qui n’a que trop duré – près de trois semaines – pauvre maison isolée sans témoin (hier j’étais dans un coin de campagne – deux heures d’automobile de Babylone, direction sud-est et partout dans les villages des maisons abandonnées, des commerces fermés – peut-être que dans les champs ou les lieux dits s’agitent des autochtones  – l’autre campagne est moins morte mais plus éloignée – plein ouest, 4 heures) mais ici ce sont des images de ville – la marche en avant

il s’agit de quelqu’une (je la repose, je l’aime beaucoup) (olé!) – son chapeau son allure (le bras nu, le vêtement bleu noué sur les hanches – on la dirait porteuse d’une canne mais non) décidée devant (l’acrop)ole – un restaurant grec où on avait pris une sorte d’habitude de déjeuner avec le sanariote (il aimait le vin blanc résiné, pas moi) – sous ce chapeau, ça pense, tu ne crois pas ? oui sans doute – on ne s’immisce pas, gardons-en le profil et fixons un peu le sol

nombreuses sont les enluminures urbaines (on colle, on cimente, on enjolive, souvent en couleurs, les murs les coins les trottoirs tout y a droit – et c’est en effet un droit) me revient aussi ces traces-là

d’où viennent-elles ? (Marseille sans doute) et ces autres (ah oui, je sais, oui)

non, je radote – (un peu de Sois belle et tais-toi toujours sur le bureau, attendant son heure probablement – au même titre que L’année dernière à Marienbad) (probablement un gimmick orchestré par la Delphine S.) mais ça ne fait rien, je continue : « il est de toute premier urgence que les laveries automatiques soient aussi imperturbables que les feux d’arrêt ou de voie libre « citation – probablement d’ « il n’y a plus rien » quelque chose qui berçait la fin de l’adolescence et l’entrée dans le monde adulte – on n’avait pas peur de la guerre mais elle est là

quelque part au moyen-orient (on ne trouve pas de moyen-occident – ça m’est bizarre – j’ai quelque chose avec le levant non pas le pays de ce soleil-là mais plutôt ce qui donne l’adjectif un rien raciste de levantin – les cheveux noirs comme le regard) (ça n’a rien à voir avec l’est, évidemment – ni celui de budap ni celui de bucar – pourtant ce seraient des contrées où il me plairait de marcher) – une carte postale alors

les images tous azimuts du robot – ou un dessin

quelque chose comme des souvenirs – l’appartenance à la cohorte va se réaliser à nouveau en allant au fort d’Ivry (jamais vu – on fera des images probablement avant et après – ne pas se promener avec son opinel mais penser à se munir de ses papiers d’identité – la grande muette accueille apparemment) – je souscris au #construire #11 – je rabâche – je me tiens et je tiens à la gymnastique matinale (pourquoi matinale ?) et cette autre empreinte qui m’a beaucoup plu

de loin m’évoque Psychose (sir – un honneur à la hauteur de l’éminence stgmE2 qui l’offre et le reconnaît – jagger en est aussi – Alfred, 1963) ce n’est pas que le cinéma me manque mais voilà bien huit jours… (le dernier film vu en partie, sortie on était complètement écœurés – Youth une horreur indienne – d’ailleurs l’Inde ainsi que la Hongrie et bien d’autres… ce monde-là – cette horreur odieuse)

et Bruce Springsteen et Joan Baez et Jane Fonda

de vieilles dames – et après ? comment veux-tu qu’on oublie ? – avancer (même en pause) travailler bosser lire écrire (à nos âges mon pauvre monsieur) –  ce sont des genres de cartes postales venues d’ici ou là, ça n’a pas grande importance sinon d’en donner un peu à ce support – le mardi est réservé aux réfugiés (pas de ciné) – le mercredi ça se peut mais il n’y a pas que le cinéma dans la vie (il y aussi la chanson – les tours de chant – les dates supplémentaires des concerts de la Céline (je croyais qu’elle n’avait plus qu’elle n’aurait plus jamais de voix ?) canadienne du côté de Nanterre – 300 euros ? le truc impitoyable – « si tout zappe et lasse /les amours aussi passent » tsais) (seize fois 45000 font 720k – ça va aller) – je me souviens de ce moment particulier de l’année où les accréditations sont distribuées – Béa et son mari Thierry – Claude Beylie et son studio (une espèce de détestation et de fascination mêlée comme pour l’univers du cinéma) – des images simplement

formidable (la taille des sujets) (celui de droite se prénomme Donald dans la vraie vie)  (deux de mes préférés) (et Venise…) et d’autres choses encore : Gênes (sais-tu que plus ça va plus ça se rapproche ?)

une fresque murale en souvenir de Carlo Giuliani mort tué par la police du G7 (organisé par Berlusconi il n’y a pas de hasard, il n’y a pas de mystère : la crevure est crevée) en juillet 2001- « dans la haine et dans l’amour Carlo reste vivant  » vingt-et-un ans – quel est ce monde ? le nôtre – et elle

alors qu’est-ce qu’une image ? un chapeau, une espèce de jardin, des ombres portées d’un soleil ardent et une femme : Rosa Luxemburg
Garder l’espoir

la présidente du Mexique (pourtant, l’État…) madame Claudia Sheinbaum – l’avenir ne vient que par les femmes (fatalement) – avançons, marquons le passage du temps et ne cessons pas, jamais, de regarder en face et le présent et l’avenir –

(une image de 8 et 1/2 le plus beau film du monde et de toutes les galaxies) – sans jamais oublier le passé

On ne cessera pas – on ne cessera que mort et c’est pas demain la veille (qui peut savoir ?)

Avec mes meilleurs sentiments

En salle (2)

 

 

 

c’est un nouveau cinéma – tout neuf, tout beau, tout propre – les fauteuils sont recouverts d’un tissu bleu nuit, aux dossiers un peu raides – neufs – les portes des toilettes sont peintes en or (c’est assez prosaïque mais vaguement frappant) – l’entrée est vaste (regarde le Champo par exemple, s’il y a dix mètres carrés c’est le bout du monde- et la plupart des cinémas sont de cet acabit – sans doute plus ceux qu’on fréquente,certes: ici, on comptera six salles – on allait voir un autre film (on en reparlera sans doute en Ville&cinéma au numéro spécial Tanger) une fiction – ici un documentaire (le genre n’est pas à proprement parler ma tasse de thé (dont je ne vois pas ce qu’elle vient faire là) et je déplore n’avoir pas pu le voir – pas encore sans doute – il s’agit d’une expérience déjà tentée chez Lulu deuch’nord (rendre compte (éloges ? descentes en flamme ? tiédeurs ?) d’une production cinématographique – télévisuelle rarement – sérielle jamais) mais le film annonce donne lieu à cet aperçu composé d’images fixes – je vous les livre, on en fera ce que pourra (ici j’y raconte une histoire, probablement tout à fait – ou seulement partiellement – différente de celle narrée dans l’entièreté – le film dure 105 minutes – sans doute ai-je été plus attiré ou percuté par les images en noir et blanc, mais peu importe  

(en tout état de cause, je tiens à ce que cette maison vive – débutée le 13 mai quinze, elle n’a que onze ans – ah quand même…) – ici même un article d’un même titre, mais d’une teneur autre déjà donné à lire 

ça commence donc un peu comme ça (sans le point veux-je dire)

place à une quinzaine d’images en noir et blanc (rarement en couleurs) décrivant (entre autres) une lutte entreprise pour l’éviction des mégabassines notamment à Sainte-Soline et la protection des ressources en eau de la région – l’autorité, l’ordre, la loi et l’état en action – assemblée générale 1

puis deux

mise aux voix – je me souviens de Direct Action (sur la zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes) (je me souviens de Rémi Fraisse mort assassiné pour tenter d’empêcher la construction du barrage à Sievens – je me souviens de la défense de l’eau par Extinction-Rebellion) – je me souviens, je suis un homme âgé et trouillard mais je me souviens – et je n’oublie pas – en couleurs les glaciers

en noir et blanc les torrents

on ne laissera pas faire

(la liberté ou la mort, sans doute – la ressource la source la vie plutôt)

la guerre cette honte renouvelée pour le genre humain –

mais il faut donc sans doute se battre – c’est par la force qu’ils veulent s’imposer, que leur opposer alors ?

l’entraide – les slogans

contre la force débridée cachée derrière une loi inique

les meurtres énucléations violences

en finira-t-on jamais de raconter la même et triste histoire ?

casser détruire tuer – mais résister

combattre – peste ou choléra ? –  ça ne se pourra pas, et la nature gagnera

pour l’eau

 

Soulèvements un film documentaire réalisé par Thomas Lacoste

 

 

En fleurs

 

 

 

il m’arrive de détester le cinéma – moins souvent la littérature peut-être (peut-être qu’il s’y attache plus une façon d’être soi) (ou alors parce que je préfère lire à regarder) (rêver oublier partir) écouter des chansons en faisant la cuisine – c’est plus la radio – mais détester le cinéma oui, de temps à autre (surtout le rapport qu’il entretient avec l’illusion –  c’est qu’ils finissent par y croire, elles aussi sans doute, et ils et elles ont raison puisque ça arrive – le box office et les festivals – les aides à la création et à l’écriture, les palabres avec les chargé.es de production – la FEMIS et le Fresnoy) – et puis je me calme : ça n’est pas si grave – un type a écrit une monographie sur les premiers temps de Billie Wilder ici ou outre atlantique, pourquoi pas ? je veux bien la lire (personne n’est parfait tsais – au croisement de Lubitsch et de je ne sais plus qui  – Lang ? peut-être) (pas Jack hein, Fritz plutôt  – le monocle du Mépris) – le rapport qu’il entretient avec l’argent (les variations de salaires – les silhouettes et ceux (ce sont plus des types) qui tirent les câbles – non, mais je ne veux rien en dire mais il ne m’a jamais nourri, pas même crois-je croire au figuré – les références ? les jeux, les corps, les dialogues, les décors – tu sais à quoi ça rime ? peut-être seulement l’image fixe   

peut-être seulement quand je ne peux y aller – à cause de la cherté des billets dans certaines salles, à cause de la publicité gluante et obscène de films-annonces – le mémoire de maîtrise sur le film annonce je l’ai perdu (j’avais tapé le très bien, bien que l’une des jurés m’ait alpagué sur celui que Chantal Akerman avait obtenu (noir absolu, voix off – mais je ne sais plus quel était le film…) (News from home) qui ne correspondait pas aux critères structuraux mis en évidence (des femmes nues ou des baisers, des voitures, ou des costumes d’époque : tout pour le genre…etc.)) – ou alors seulement des fleurs

et puis ces histoires d’amour toujours (comme dans les chansons, qui ne sont jamais que des chansons d’amour toujours) – et les budgets de promotion qui dépassent ceux de production – et puis le fond de soutien et puis les années filent

les choses changent, on avance dans ces histoires, les gens meurent d’autres naissent, on ne se retourne pas on avance on continue bonne route bon courage, c’est le propos de Bashung (dans son Samuel Hall) et son amie qui lui fait « tu ferais mieux de (nous) pondre (faire) un truc qui marche mon garçon » comme André Marcon (qui joue son père) l’intime à Bastien Bouillon (qui fait son fils) – oui, pourquoi faire ? (À pied d’œuvre, Valérie Donzelli, 2025)

le printemps, les jours allongent comme les pas, on se détend, on avance on marche – Norma prend une certaine ampleur, les élections s’avancent (il paraît qu’ils – et elles mais moins – ont tous quelque chose derrière la tête) – je préférerais ne pas mais je n’aime pas non plus Bartelby – non, des trucs à faire – à lire – à aller voir (notamment Hamnet (Chloé Zhao, 2025) mais je n’y parviens pas – j’avance, la porte entre-baillée, le vent froid qui entre – puis qui s’adoucira –

 

 

Laura (Otto)

 

 

il y a toujours cette tentation d’écrire quelque chose sur un film qu’on a aimé – ne pas se soucier de ses conditions de production, de ce qu’il charrie d’idéologie, de mise en scène, de domination – très à la mode – ici l’héroïne est brune, ce qui en  présage la perte – ou en présume – mais ce n’est pas la raison de cette mémoire de lui : c’est plus le prénom de l’acteur détective – il tombe sous le charme et il s’agit bien d’un charme – après le réalisateur (qu’on avait vu dans un des Cinéastes de notre temps en son temps (voilà quinze ans) (i ne faut pas s’abandonner aux passions tristes – la nostalgie n’existe pas) avait de gros défauts à ce qu’il semble être dit de lui : les films qu’il réalisa en ont sans doute moins – alors voici des images prises ici ou là, quelque part et ailleurs de cette mise en scène dans la mise en scène – l’héroïne est Gene Tierney (Laura qui donne son titre au film); le détective ensorcelé Dana Andrews (Mark de son prénom- ce prénom dans la vraie vie qui me fait souvenir); il y a aussi Vincent Price (qui ne fait pas Draculé mais panier percé et bientôt époux) et encore Clifton Web (en pygmalion au petit pied) – l’image et l’héroïne magnifiées par un Joseph La Shelle oscarisé pour la peine

 

nombreux sont les personnages incarnant des publicitaires -publicistes – cette nouvelle science marketteuse – ce qui n’a pas raiment d’importance dans la narration – un fond de décor, flou et indéfini – le travail de la fiction pourtant – Laura est de cette corporation – il s’agit d’un lieu commun – la voici

avec ce flou aux yeux (elle apparaît toujours en flash back – elle est décédée – mais ici présente pourtant – toujours

trop belle (signifiant, parfois, madame Muir (elle l’incarnera dans trois ans d’ici) – 1944, ce n’est pas son premier rôle mais celui qui la propulsera sans doute au rang de star – elle est assez absente

mais on se souvient d’elle – elle devient quelqu’un- quelqu’une – de réel- plus ou moins

chercher à comprendre – elle a disparu – assassinée – mais toujours présente aux yeux de ceux qui l’aimèrent

ou firent semblant (comme si c’était possible)

dévoiler les machinations (comme une espèce d’horlogerie)

comprendre

il n’y a pas loin d’ici aux révélations – la réalité – les turpitudes – et puis

au fond de l’image, les fleurs du portrait de Laura…

Des énigmes, des révélations, des sentiments  – noir et blanc fugaces et explicités – une espèce de merveille – le cinéma n’avait pas cinquante ans mais parvenait, alors, à quelque chose du mythe

 

Laura  un film réalisé (et produit) par Otto Preminger, en 1944