Contemporaines

 

 

ce n’est pas qu’il s’agisse d’un décor (comme ces vues immenses de plage cocotiers sable clair et mer turquoise que je croisais lors des enquêtes à domicile, sur la dalle d’Argenteuil ou d’ailleurs) (des coursives et des duplex – l’île sur la Seine, le pont de Bezons au loin) (cette ceinture-là était encore d’un rose assez soutenu (style 84 ou 85) mais voilà : où es-tu, lotissement maison (bernararno y fit fortune avec son perinel à la mer à la montagne à la décharge quinze ans après) jardin sec et pelé rond-point arbre chétif (cette maison-ci n’a pas quinze ans, mais abrite 444 billets miens – celui-ci fait 445 – et on décore encore les murs – c’était dimanche il faisait si beau il faisait si doux : on a marché, dans le 20 – après la rue de Bagnolet, celle de Monte-Cristo (j’aurais bien mis un h quelque part dans cet intitulé mais non) (fais-je de la retape de la réclame de la publicité ? serais-je rémunéré pour mon billet ? j’ai peur que non mais tant pis – tant mieux) les lieux sont neufs, le robot recense cette galerie depuis 2024

ça appartient à quelque chose comme un emballeur – un ancien entrepôt,  un siège social historique (dont on se vante pas) apprends-je, converti, par la grâce de la pédégère, en une fondation d’art contemporain dédié à la sculpture) (pourquoi pas ? mécénat quand tu nous tiens ? comment ça va, les impôts sur les sociétés, au fait ?) (un revers de main et le tout est évacué) l’entrée y est (contrairement à la bourse du commerce ou à l’enseigne boycottée du bois de Boulogne (la navette entre le métro et facturée dit-on 2 euros – pas de petits profits, jamais) gratuite  – le monde de l’art (laisse, va) ici un petit cadeau à l’entrée (pris en sortant) – c’est au numéro 9 de la rue –

et là le pedigree de l’exposition

je te rapproche

on n’y voit rien? pardon, Daniel Arasse – le nom des artistes (des femmes) (par égard pour la paxette (laquelle ne l’est encore que pour quelques mois), je laisse les noms des commissaires (une fille et un garçon)

pas beaucoup mieux – mais il y a à lire dans cet article/billet/post/compte-rendu – et à voir : j’ai adoré ceci fait d’un seul fil

grandeur nature – renseigné par l’artiste ou ses complices

une artiste du cru – (j’y ai vu une condition rapportée à cette partie du monde (Inde-Pakistan-Afghanistan-Iran-Syrie – comme un froid) le sort laissé aux femmes ici

 

 

et l’objet

une espèce de terreur, en effet – mais ces trois mouchoirs, magnifiques

qu’on poserait sur les yeux

pour échapper peut-être aux regards de ces 519 oubliées-là

ce monde-là – ni oubli, ni pardon

une bien belle présentation

lors des journées du p/matrimoine (le 19 de ce mois-ci il me semble bien), une distribution de rubans (ils forment une œuvre d’une artiste dont je n’ai pas pris le nom – je ne la retrouve pas non plus sur le site de cette fondation qui, sur les 21 exposée n’en présente que trois) – est organisée (si j’y vais je complète)

Madeleine (2)

 

un billet /un post / un article / un compte-rendu / quelque chose donc qui fait suite à un précédent de la même Madeleine de Sinéty 

 

 

une fenêtre du musée du jeu de paume par beau temps

un petit film – court métrage, peu de sons, sans dialogue – un documentaire disons

7 minutes, une cinquantaine de plans voilà tout – mais aussi, disons d’abord puisqu’il s’agissait d’une exposition de photographies – alors une image photographique

pour commencer – et puis l’histoire, peut être que raconte cette locomotive (la vapeur… la fumée… le bruit – non, pas le bruit mais presque) qui passe au loin

le regard de la petite – alors presque comme du vrac ces images en forme de photogrammes, ici fixes

l’écran est un petit mur, et le projecteur tourne – une machine

des vapeurs –

le (ou l’un des) chefs de la gare Montparnasse, sans doute

le même, vérifiant l’heure

puis à nouveau,

signalant ou signifiant le départ probablement

la machine

des gestes quotidiens, des riens presque, mais le mouvement

et le feu pour la vapeur

une fois puis deux

et ce sourire-là

une fois, deux fois

trois fois

voilà tout (de la joie, de la vie) – en images, arrêtée

une splendeur

 

 

 

de la musique et de la danse

 

Une espèce de merveille qui envahit l’écran et la salle, c’est la musique et la danse de ce film : elles parviennent à dire l’humanité qui existe en nous, on l’espère, cette vraie humanité qui a parfois un aspect naïf, mais qui existe quand  même, peut-être plus que la haine. Aujourd’hui, c’est l’horreur : des corps jonchent les ramblas, on les a enlevés, on a dû nettoyer, le truc a été revendiqué et ceux qui ont agi l’étaient eux-mêmes par cette sorte de vantardise humaine qui imagine être le centre de la dignité. Ce qu’on a à leur opposer ? De la musique. Et de la danse.

Une horreur, mais nous sommes en vie. Il y a de la musique, des artistes et de la liberté, elle existe cette liberté même si certains aimeraient la ligoter (l’un des films précédents de Tony Gatlif, était intitulé « Liberté » (2010)) . Elle est là, nous l’avons, nous la défendons. Il y a des jeunes filles, deux : l’une, Avril (interprétée par Maryne Canyon)

 

l’autre, Djam (Daphné Patakia, créditée aussi de la chorégraphie)et la production du film est grecque, et turque et française. Peu importe l’ordre mais réunir ces trois institutions sous un même projet est déjà une preuve de la vérité de l’histoire. On se souvient (voilà seulement dix ans) du sauvetage des banques US (cette ignoble et abjecte façon de donner aux plus riches) , eh bien la Grèce (comme le Portugal) payent à présent (et depuis cinq ans au moins) pour ces errements. L’horreur que subit ce peuple et ce pays (ces pays, les pays pauvres) est à l’image des guerres subies elles aussi dans cette partie du monde, ce Moyen-Orient endeuillé déjà de tant et tant de guerres, de réfugiés, de morts tant, et tant, et tant…

Le beau-père de Djam (incarné par Simon Abkarian) Kakourgos, lui donne pour mission d’aller faire forger une bielle pour le moteur du bateau qu’il possède, défectueux et de toutes façons sans objet – il n’y a pas de touristes pour visiter l’île de Lesbos…

Le film trace une route : les deux jeunes femmes vont de Turquie en Grèce, déroulent une histoire, vont, avancent, rient et dansent, mangent et boivent. L’histoire c’est celle de notre vie à nous. Que nous restera-t-il, sinon nos yeux pour fixer les huissiers ? Scène magnifique de cinéma, Djam qui insulte les vautours, magnifique également celle où le moteur du bateau retourne : du vrai cinéma comme on l’aime.

Mission menée à bien : confiance, amour, joie et gratitude… Le reste du monde ? Sans doute, une histoire, des histoires… Mais la vraie dignité humaine est là : chanter, danser et rire. Ce sera tout.

Trois plans formidables : lorsque Kakourgos raconte l’histoire de sa vie avec la mère de Djam… Formidable cinéma à nouveau

A voir, magnifiquement.

Madeleine (1)

 

 

il y aura deux épisodes : les images fixes (ce billet-ci) et les images d’un film, projetées sur un des piliers de l’exposition, le projecteur visible, le public passant ou pas devant – mais le film m’a plu – l’exposition  présente les diverses étapes disons des voyages de la photographe – Madeleine de Sinéty

journaliste donc (dite Sinéty…) – ici un portrait d’elle par elle-même (un peu peintre aussi)

probablement des rencontres, des amours, des mariages – des images beaucoup – des enfants aussi – et puis les voyages (ici l’image de la petite quatre-chevaux de mon enfance)

(ou du moins, une semblable) le désert puis le froid d’Iran

ou d’ailleurs (on pense à L’usage du monde – on pense aux voyages, au grand tour, les cargos et les départs au long cours) (et moi à Y. et sa femme C. en route vers Karachi) – mais une première étape peut-être d’abord, du moins chronologiquement m’a-t-il semblé ici

(éditions Rue des Scribes à Guingamp) qui donne lieu au film de la deuxième partie – qui en est une émanation, un objet autre que d’illusion : ici un photogramme

cheminot – l’embarquement plus ou moins secret – et des images encore, (comme celle-ci

qui découvre donc l’écran en pilier) suivra le voyage aux états-unis (mais qui ressemble plus à un marchand ambulant qu’un autre marchand ambulant ?)

et des fleurs (c’est plus à Paris)

et des fleurs (plus le quai aux Fleurs, à Paris – mais ça ne fait rien)

et cette image-ci (comme la 4 chevaux tout à l’heure, quelque chose de bizarrement proche)

un gros quartier de viande dans le coffre d’une (grosse) voiture, un papier kraft, un homme enchapeauté imperméable beige : quelque chose… et puis la campagne sans doute aussi

une foire aux chevaux, sans doute – quelques explications

de l’humanité, beaucoup (et donc, s’il se peut qu’on y croie encore, de l’empathie) (quelque chose de daté peut-être, de la deuxième moitié d’un siècle…) – et ceci aussi, qui nous ramènerait en France

de la simplicité, de la spontanéité, de la vérité – revenir plus tôt dans la chronologie, plus vers le Montparnasse-Monde d’alors

et vers celui d’hier encore

puis ces images de campagne, rurales, un autre monde, quelque chose d’autre que l’urbain côtoyé chaque jour sans doute : un dépaysement (ou alors un conte…) (j’ai pensé à Jeanne Favret-Saada et à son magique Les mots la mort les sorts

et pour finir, ce cahier qui téléscope des recherches menées depuis bien des années (tu sais, non mais le monde continuait de tourner comme toujours disons, entre mars et mai 1978…)

 

 

 

une exposition au musée du jeu de Paume (Paris, place de la Concorde, jardin des tuileries)

 

 

La technique me dépasse et me barbe aussi (l’un entraînant sans doute l’autre) mais l’agencement de cette maison a quelque chose qui me contraint mais me dépasse aussi – le sentiment du n’importe quoi du moment qu’on y (que j’y) pose quelque chose (l’amie de tentatives a plus de constance dans les idées, il me semble) (elle vient d’emménager  dans la salle de visionnage) (je pourrais y coller le billet mais ici ce sont images fixes – ça ne change pas grand chose, je sais bien) – afin de faire avancer le bidule* (je me souviens de guy lux – voilà bien une référence  intellectuelle quoi que télévisuelle – à méditer – philosophique – et de cette blonde, là, qui présentait l’avant journal de la mi-journée comme c’est dit – danièle gilbert qui nous a quitté.es il n’y a pas si longtemps crois-je me souvenir (mais non, 83 aux pelotes dixit l’oracle : c’en était une autre, je me souviens de son sourire, faire-valoir comme Léon Zitrone mais point sur la même image, ni sur le même plan – Simone Garnier (je l’aurais bien vu en Françoise cependant) elle aussi toujours parmi nous – de même source)) – j’ai conservé cet esprit, cette espèce de conception midinette (ou peuple) du monde : c’est égal, je m’en irai avec – je pose des images que je tire de journaux (la série dispersion) ou des lieux que je fréquente (j’avais conçu un journal d’atelier tout à fait sensible à ce sujet – l’actualité ou du moins la mienne – il est quelque part j’ai cessé à un moment (il se trouve toujours des princes desquels je me fais le bouffon – le clown – l’idiot – je ne le sais pas mais m’y trouve cantonné, à un moment – bernard l’hermite ou quelque chose de ce style : c’est égal je continue (de cette avancée, je ne connais ni l’usage ni la teneur, je continue simplement) (je n’ai pas rancune, seulement de la mémoire et encore s’effrite-t-elle)
* : quel bidule ? une façon d’exercer, probablement (mais qui peut savoir ?) ce titre de film en forme de proverbe ou de viatique
S’en fout la mort j’ai l’impression et l’attrait des images (jouir de la pulsion scopique)
j’y retourne immédiatement

 

 

 

Regard camera

 

 

souvent il joue là, sur ces sièges inconfortables mais à la ligne « design » (qui commence à dater : mais c’est le propre de la mode de disparaître, se consommer se consumer, mourir périr disparaître encore et plus rien n’existe que ce qui se fera – on en deviendra fanatique et au nom de ce fanatisme on ira jusqu’à tuer), il est là je passe le matin, il doit vivre par là, Jumin ou Georges Thill – du blues,un petit ampli un fender bleue pour le solo derrière comme chez ceux du métro une base basse mélodie – là

bon après elle n’est pas bleue (il doit en avoir une autre bleue, je l’ai vue un jour) je passe sans demander la permission de prendre (on dit chouter) (et mieux encore shooter) (mais c’est le propre du paparazzo (qui ne s’emploie qu’au pluriel) que de prendre sans autorisation – confère fin août 97, le matin très tôt, et Dodie et Diana- j’étais dans ma cuisine ce dimanche matin-là, vers six heures, à mettre les informations) le type me regarde sans aménité comme tu peux voir – ce qui se comprend – je décadre pour m’inquiéter de sa machine

truc à piles sur planche à roulettes j’ai l’impression -mais ça ne m’intéresse que peu – j’agonis la technique, mais c’est une erreur, grossière – je préfère m’intéresser au bleu des chaussettes bleues – comme l’autre fender – ou alors j’ai rêvé et ça n’y change rien –  je passe, je vais vers la boite à livres, vide, sous la vague (je pense à celles de Virginia W. (traduites par Christine Jeanney) – je prends à droite vers la nouvellement « ferme aux animaux » et là, qui vois-je (un autre jour, c’est vrai mais qu’est-ce que ça peut faire ?) Jane qui arrose là quelque plante souffrant de déshydratation – il a fait chaud – il est peut-être dix heures,je dois vaquer « à bientôt – ça fait un bien fou… » – sans image

un moment de repos pour quelques semaines l’agent prend ses congés payés (un de ces conquis sociaux que la pourriture tente toujours de circonscrire sinon de sacrifier)

Petites écuries

 

(il pourrait s’agir d’une fiction – quelques images (un bon peu tout de même) viendraient en complément d’un texte (l’agent, son attente, le décor les tapisseries, les vues – celle d’une plage avec palmiers sable blond mer turquoise qui orne le grand mur du salon – le reste de la maison, dans les couloirs, ces petites choses qu’on montre aujourd’hui – l’agent (le clope, le costume prêt-à-porter cintré légèrement trop ajusté, la chemise col ouvert blanche, les chaussures pointues la barbalakon), devant lui le rond-point, la pelouse jaunie de l’été – le ciel par dessus les toits du lotissement, bleu passé plissé de fins nuages et personne d’autre
(il me semble me souvenir que dans ces lieux (Petites écuries, rue d’Enghien, du faubourg Saint-Denis) se tenait le départ de la malle-poste du Un début dans la vie d’HdB – vaguement de loin…)

L’attente

on reconnait à droite le pont de la rue de l’Aqueduc – celle de gauche je ne la comprends pas – si j’y retourne je regarde –

le lieu a été indiqué par la Trésorière – il se trouve entre la rue du Faubourg Saint-Denis et la rue d’Enghien (c’est dans le dix) – sous le porche d’un passage

beaucoup de ces images nous (le « nous » est de majesté) sont déjà connues

trois femmes masquées , des lunettes de plongée – images collées cimentées (ici un groupe déjà explicité)

là l’entièreté de l’exposition

souvent la question de savoir ce qu’on est en train de faire (c’est juste qu’il s’agit de choses jolies, me disais-je) mais une espèce de trop-plein peut-être – depuis le temps que ces choses traversent l’espace public

on les trouve, on les prend

on les colle

un mur ici, là, ailleurs

des gens aux vêtements recherchés parfois

des événements – des cinglés aussi pourquoi pas ? des raretés, des opportunistes

singuliers ou pluriels

parfois doublées – simples,subtiles ou brutes – peut-être bien ma préférée de celles posées ici

sans trop prendre garde, faire attention, une image : celle d’une décapotable

puis une autre

ça pourrait ne jamais cesser

sans doute est-ce ce qu’on espère un peu

(celle de gauche est itérative et on la trouvera partout) (on aurait pu modifier l’assiette du cliché – on a quelque presse malgré tout le plaisir pris à ces vues)

découper, ranger, penser classer (évidemment) (de gauche à droite et de bas en haut) (comme s’il s’agissait de notre lecture)- trois d’un coup

continuer encore

animaux tout autant qu’humains : face caméra, on sourit

parfois invisibles

parfois méconnaissables

un mur, des images, un fond dans les gris les roses

des sujets qui posent

une sorte de déclinaison

on n’en finirait pas

et d’ailleurs pourquoi en finir ? des poses et des postures

des sourires et des ombres

souvent seuls – rarement spontanés mais c’est ce qui fait aussi leur qualité

à nouveau, encore

gémellité, solitude, vide ou peuplé

regarder, reconnaître, disposer offrir

j’en termine

les quatre amies

le drapeau algérien, la petite fille en belle robe et beau petit bonnet, le métro

et les deux derniers

 

Bac to the street aka B2TS une série (j’abhorre les séries) d’images collées sur les murs de Babylone

Carte postale de retour

 

 

 

je dispose d’une version étendue du Bird’s lament de Moondog – elle dure unpeu plus de vingt-six minutes – je la fais tourner lorsque j’ai un texte à écrire, pour l’atelier d’été notamment – le temps passe, sans le moindre objet – à quoi ça sert ? Le train avait quarante cinq minutes de retard et des jeunes gens attendaient – deux filles plutôt blanches, l’une en rose l’autre en bleu, trois gars en noir et gris  plutôt métèques typés maghreb (ça baisouillait gentiment) – l’un d’eux sur une trottinette électrique tournait ici, emmenait une fille (la bleue) là – l’une d’elles (la rose) alla prendre en photo le panneau annonciateur de retard pour l’envoyer à sa mère « elle va me tuer » – l’un des types « sur l’appli le train est annulé  » – on attendait là puis il est arrivé tranquillement – un passage à niveau du côté de je ne sais où avait succombé au soleil – des places réservées, une climatisation rendant à la voiture un climat hivernal – l’arrêt à Surdon est maintenu – des gens comme s’il en pleuvait – c’était un treize juillet (et BC tapait les 84) il faisait sur le quai une chaleur estivale – on revenait de la mer – les bains, les promenades, les sables infinis, les horizons ouatés – les moules frites au cabanon – à disposition, une quinzaine d’images en travelling avant (en vrai, dix-neuf) – et l’apparition d’un arc-en-ciel qui propage la bonne étoile, le bon sens, l’avenir radieux – ces superstitions de l’enfance – je les pose, les dispose et les propose les unes des autres à la suite – la maison ne ferme pas pour l’été mais on ne connaît pas la fréquence de parution des billets – le soir suivant l’équipe perdait face aux Ibères, il y avait sur les trottoirs des centaines de jeunes gens emmaillotés de bleu et buvant de la bière, beuglant des « aux armes citoyens » – tous ensemble tous ensemble ouais – une pathétique horreur – en retard de trois quarts d’heure le train entra dans la gare Montparnasse – le contrôleur intima de poser des réclamations sur le site dont au micro il mâchonnait l’adresse (en italien le w w w se dit wou wou wou)  – le métro ne marchait pas non plus que le 96 – on avançait, les images étaient dans le téléphone on était en été il faisait si beau il faisait si doux disait la chanson – des images

 

 

 

(ce sera un) bel été – à vous

Monstres

 

 

 

c’est à dire que dans cette histoire on se demande qui donc seront sont ont été les monstres – des cirques déambulent, des artistes font leurs numéros – ça a quelque chose de miraculeux, et si par une nuit d’orage… des personnes et des personnages, il y a Cléopâtre et son Hercule, il y a Hans et Vénus – tout est dans le mythe, c’est-à-dire dans le cinéma – le numéro 264 de l’avant-scène cinéma traite du sujet, plan à plan (un travail d’il y a 45 ans) – la moviala des sous-sols de l’institut d’Art et Archéologie : le refus de travailler pour rien, je me souviens de la cinémathèque universitaire tenue par Caude Beylie – je me souviens des regards de Cléopâtre, de cette simple volonté de prendre l’argent là où il est – profiter de l’attirance qu’elle provoque – plus tard on fera le parallèle avec ce qui se passera dans le monde dans les dix ou quinze années suivant la présentation de ce film au public (c’est en 1932) – les débuts du parlant tout de même – le cirque, quel cirque sinon celui des sentiments  : peu de public, mais beaucoup de coulisses – des repas plantureux, des fêtes, de la joie – et puis en réalité, non, il n’en est rien – on s’attend toujours à ce que les choses se terminent bien, mais le fantastique comme genre inclue ces fins désastreuses – plus tard on entendra dire et on montrera des choses plus horribles encore (des morts-vivants, des zombies, des êtres maléfiques et pervers) mais le dernier plan de ce film-ci est d’une terreur absolue – je tiens l’image mais je ne sais si je la poserai – et comme il s’agit de la maison et qu’elle témoigne de ce qui reste de nous – elle témoigne de ce qu’elle veut et dont on lui demande de témoigner – j’hante ces lieux et les miasmes des histoires qui font agir la mémoire, l’imagination, le souvenir sont mis à contribution – par images donc

les coulisses

il ou elle qu’on revoit ici – Joséphine Joseph mi-homme, mi-femme

une troupe, des attractions, des êtres qu’on ne se permettrait plus d’exposer dans un divertissement – serait-il allégorique – tous et toutes dotées de sentiments

humains vivants

joyeux ou terrifiants

encore aujourd’hui, je me demande

ces gens, ces acteurs (souvent dans le rôle qu’ils et elles occupent au monde)

Freaks dit le titre original – Monstres donc mais en français La monstrueuse parade –  mais qui sont-ils, qui sont-elles vraiment ? Ici Hercule à droite de l’image (on reste dans les coulisses)

ici Cléopâtre

qui charme Hans

tandis que la promise de celui-ci s’attriste

ici les deux réunis (à la ville (- dans la réalité (?)) elle est sa sœur)

comment dire, un beau film ? Des volontés de suivre les Frankenstein et autres des concurrents, pour les dépasser : de l’audience d’abord – le box office sans doute – il semble que dans une version différente (je ne sais si elle a jamais été exploitée) ce sont les dieux eux-mêmes qui, par la foudre, punissaient Cléopâtre -j’ai dû lire ça quelque part (peut-être ici), mais d’où est-ce que ça vient, je ne sais – la nuit la pluie la vengeance

la solidarité

l’entraide

qui pourraient paraître comme des valeurs positives sont en un sens perverties – rien n’est simple – la terreur comme l’amour…

 

Freaks (La monstrueuse parade – Tod Browning, 1932)

Toujours pas emballé

 

 

le type est là, debout, il se peut qu’il fume mais fenêtre ouverte (les conventions s’appliquent plus sur les lieux de travail comme on sait) (ou pas) il attend patiemment la venue de qui que ce soit – il est là, il n’est pas encore quatre heures du soir, peut-être un rendez-vous – devant lui au delà de la pelouse assez pelée par les temps qui chauffent, le rond-point qui ne sert à rien sinon enrichir certain.es édiles et desservir ce lotissement, obliger le pékin (ou la pékine) à freiner sur la route des vacances ou du travail ou du domicile enfin sur la route – le type fume -attend – et la maison doucement s’enfonce dans le temps et les effrois du monde

 

pour tout dire, on n’y accède pas par la rive droite du fleuve (mais par celle de l’île, oui) – ce serait trop facile – et contre productif; très probablement : la logistique d’entrée dans un tel lieu impose sans doute aussi une plus grande surface libre – peut-être – nous étions là, nous en étions là et nous attendions à peine quelques secondes

(tu sais, comme il faisait assez chaud, je pensais à ces gens qui allaient mourir – de chaud – j’ai pensé ça parce que je savais qu’à l’autre bout de ce qui, ici, marque une entrée, à la sortie donc, se trouvait un hôtel où une nuit peut-être facturée dix mille euros – l’hôtel (climatisé, je subodore) appartient au même milliardaire qui a foutu dehors un certain nombre d’humains pour entreposer là ses articles de luxe) on entre donc, c’est couvert – on entend du bruit (il paraît qu’on intitule ça « design sonore ») pas désagréable d’ailleurs

c’est ainsi que ça se présentait

bien sûr tout le monde en avait un – je n’ai pas vérifié évidemment mais j’avais le mien aussi sinon on ne verrait rien

– c’est fait pour – les camemberts des années 70, les retours de plage les soirées diapos – nous n’étions pas si nombreux et on marchait là-dedans-outre le bruit, il y avait aussi l’odeur – on appelle ça « design olfactif » – j’invente à peine – on ne va pas aller dire que ça puait, tout de même non – mais il n’y avait rien de particulier, quelque chose comme de l’air (ce qui est nécessaire), une certaine fraîcheur – une odeur particulière ? non

on avançait là-dedans comme dans un moulin, les uns suivaient les autres et vice-versa – on pourrait sire j’y étais – j’y suis allé c’était gratuit (si c’est gratuit c’est que c’est vous qui payez : il est fort possible que dans ces mots et ces images, je sois moi-même agi par le dispositif) – depuis lors (ces images datent

 

du 23 juin dernier, ça ne fait qu’une semaine en gros – il faisait chaud, on abandonnait des bébés dans des autos qui grillaient au soleil et les bébés mouraient : ici même on se jetait dans les canaux et on en ressortait mouillés (ou on en ressortait les pieds devant, ça dépendait de la chance, sûrement) (tout pour casser l’ambiance hein…) – sur la gauche de l’image, l’agent qui regarde et sourit à sa machine

que dit-on ? standupper ? instrumentalisation ? influenceureuses basé.es à Dubaï ? où en est-on ? eh bien on avance – on aurait pu revenir sur ses pas, mais pour quoi faire ? – et on sort

des inscriptions tatouées au t-shirt –  bermudas, barbalakons, shorts queues de cheval débardeurs – tatouages oui tatouages à même la peau oui j’oubliai – dehors le ciel est doux ne pas regarder en face mais plutôt vers l’est

pont au change – les bateaux les gens l’eau du fleuve, panoramiquons voulez-vous ?

on peut dîner aussi, sur l’île par exemple (réservation obligatoire – ça ne fait pas de doute – compter 100 e par personne quand même hein)

par là – plus loin, ailleurs – que reste-t-il du pont ?

des embarcations passent, un avant-goût des vacances (les vacances, mais quelles vacances ? pour qui, les vacances ?)

bateau sur l’eau la riviè-re la riviè-re – en face il fallait s’en aller, on ne regardait que devant soi, la rue, les touristes, le quai – puis de loin (cette image-là n’est pas de moi – elle appartient au site de l’artiste) – on s’en allait

non, sinon, rien

 

ah si quelque chose encore, quelque chose bien sûr quelque chose d’autre quelque chose sans le moindre sens de circulation, de flux, ou de parcours – rien non, mais je me souviens

 

 

 

 

 

 

 

Quinze images, juste

 

 

nous ne faisons que nous entregloser disait (crois-je savoir) Montaigne en ses essais (je ne les ai jamais lus mais les garde pour quand j’aurais du temps – quand je prendrais ma retraite comme disait (probablement) napo le grand en partant de Moscou – et des choses à faire pour que vive cette maison notamment en étiquette – se regarder le nombril : considérez ceci comme une espèce d’auto-portrait (un selfie si vous y tenez) – je regardais le journal mien (plus ou moins) composé aujourd’hui de 2582 articles – sur la colonne de gauche non de droite, on trouve

un sibyllin Œ&M : série débutant par

en date du 11 janvier 2021 – je ne sais plus bien, j’agis comme je peux – c’est-à-dire que je me suis un peu trompé d’objet – je ne cherche pas les premiers items (ça a quelque chose d’un peu lassant, indifférent, peu original, fatigant) – en images seulement donc, pratiquement, (des objets, des images en séries) et les ami.es etleur premières apparitions

les premières incises et liens
vers l’Employée aux écritures (un type en costard devant une merco dans un show-room de la marque (l’immeuble a disparu)

vers gare du nord

Venise

il y avait aussi (mais c’était ailleurs, en atelier) cette image-ci du cimetière de San Michele, en quelque sorte le contrechamp de l’image précédente

petits métiers

j’aurais du poser les dates – j’aurais dû y faire attention – ou mettre des liens vers ces articles – mais non

Christine Jeanney

ombre chinoise et Brigitte Célerier pour le recensement des vases communicants d’alors

prunus

arbre rampal

Anne Savelli

Paris

parc de la Villette

et pour finir série bulgares

rien sur le cinéma alors ? Allez (avec un peu de danse dedans)

Pina Bausch

les choses sont tombées pendant le week-end – elles auraient tout aussi bien pu tomber ici où, parfois, les étiquettes sont nombreuses – une autre fois peut-être