Hellyette

 

 

il faudrait attendre (il y a fort longtemps, je passais par là pour aller voir le cardiologue qui a disparu (90e la séance quand même) – disparition sans le moindre mot pour ses patient.es ni le plus petit doute – j’avais son adresse personnelle, j’allais y voir mais non, là non plus – plus rien – je m’interroge parfois, passant par la rue Sorbier un jour j’y vis sa plaque toujours posée – elle y était en 2022

mais plus en août 2026 (dixit l’oracle, le robot, l’ia ou ce que tu veux)

je me perds mais pas tant – c’est en marchant (depuis quand ? peut-être dix ans) et je passais nécessairement devant cette autre présence

une librairie – « un lieu d’archives, d’études et de conspiration » dit la devanture – on aime à remonter un peu le temps – voilà quinze ans

alors sans doute, la libraire (est-ce bien une libraire ?) a-t-elle appelé le 01 46 38 – brouillé – puis elle s’est installée là (les conditions devaient en être favorables – l’est parisien – le 20 – je me souviens de ce garage de la rue des Panoyaux où s’était installé un fondu de bandes dessinées qui a ensuite émigré rue de la Mare – et c’est d’ailleurs là que j’ai retrouvé ce Jargon Libre  – ici il ne l’est pas encore

non là c’est plus tard pardon, je reconnais cette affichette

il est sorti mais la libraire en question (mais est-ce réellement une libraire ? je ne crois pas – le conseil ? peut-être, le comptoir : pas certain), paraît-il, lui envoyait une carte postale toutes les semaines – « 1984-2014: 30 ans ça suffit » – avant ça

une installation –

un lieu, une étape sise dans la rue Henri-Chevreau (du nom (dit Hillairet) d’un ancien préfet d’ici de là ou d’ailleurs –

un lieu de liberté sans doute – tout ça parce que dans une librairie, la tenancière de l’officine signait un livre dont elle était (en un sens )l’objet – je reproduis ici l’image donnée par la première de la seconde (on y voit la seconde, il y a de cela sans doute au moins dix lustres, et de nos jours)

add.du 30 Neuf vingt-six : le wiki de la dame indique que ce lieu serait fermé depuis octobre 2025 – va falloir aller y voir…

qu’est-ce ? promotion, admiration (si j’avais ces seize euros-là je me l’offrirais – non point – peu importe il est là, elle aussi et le lieu est vivant) remplissage – le temps, ces temps-ci, m’est assez pénible (agent, employé, subordonné et personne  ne vient – finalement cette maison n’est pas à vendre) – posé dans la cuisine parce que ce sont des choses qu’il y a à faire – le 20° : de mon avis (je serais sans doute excommunié  par les un.es et les autres) voilà quelque chose qui aurait à voir avec le À bas bruit dont on avait (il me semble mais j’oublie) rendu compte – peut-être ailleurs…
On doit à la vérité de dire qu’on ignorait pratiquement tout du pedigree (au sens modianesque que prend ce mot ici) de cette dame (qu’on salue, cependant, bien bas)

 

l’officine a fermé

et Georges Abdallah été libéré-

A la suite de la décision de la cour d’appel, jeudi 17 juillet, le Libanais, condamné pour complicité d’assassinats terroristes en 1987, va quitter la prison de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) et être expulsé vers Beyrouth, le 25 juillet. (« le monde » du 17 Juillet 2025)

 

 

un seul mot

 

 

 

voudrait-on ne pas y être exposé que ça n’y changerait pas grand chose sinon rien – on n’échapperait pas à « l’horrible amoncellement des livres  » – le monde bouge, les eaux montent, les glaces fondent – et encore et toujours, on s’y prend un peu mal (les affaires de droits, d’auteurices, d’autorisation, de possibilités de dispositions – on copie colle – on affirme quelque chose de soi) la lecture de ce texte m’a fait penser à ces efforts tentés toujours et encore
(ici
et là,
par exemple – ça n’a pas grand chose à voir) mais pourtant aussi quelque chose ici 
(je ne fais que m’entregloser)
c’est que, ces jours-ci, m’occupent les envois d’un manuscrit (Norma (roman) s’en va vers verdier, vers pol, vers dieu sait où, quidam sous-sol ou quoi encore) – comme il y a cinquante ans, dans le même émoi ou les mêmes sentiments – je pose ce texte ici, pour mémoire (comme dirait Judith Schlanger – amonceler les mots, les textes les images et continuer à fourbir ses armes – la guerre est-elle pour bientôt ? faudra-t-il s’armer ?) pour garder du courage dans cette façon de se mettre en scène ou en avant – ici alors est présenté un texte qui a bientôt deux ans (le 7 octobre 2023 avait un an passé – il en aura bientôt trois et la dévastation, la mort les flots de sang les blessés les enfants les femmes les journalistes…le désastre) 
La réalité des faits est un article du club Médiapart signé Eric Fassin qui contextualise ce texte-ci avec la censure dont a été victime (le silence ainsi revenu) Adèle Haenel la semaine dernière par la télévision dite publique (dont on voit bien, par là, qu’elle l’est de moins en moins)

En hommage et solidarité, donc.

 

 

Tentativa de agotar un silencio parisino

Alia Trabucco Zerán est une juriste et écrivaine chilienne qui vient de recevoir en 2024 le prix Femina étranger pour son troisième roman, Propre (Robert Laffont), traduit par Anne Plantagenet (Limpia, 2022). Son premier roman, La soustraction, a été traduit en français en 2022 (Actes Sud).

*

Nous laissons nos manteaux dans la salle attenante au grand hall du musée Carnavalet et montons sur scène, précédés par le son de nos noms : Miguel Bonnefoy, lauréat du prix Femina de langue française, moi du prix Femina Étranger, Paul Audi pour le meilleur essai et Colm Tóibín pour l’ensemble de sa carrière littéraire. Chacun serre la main de la présidente du jury et, devant une soixantaine de personnes, essentiellement des photographes, des journalistes et des éditeurs, nous voici invités à dire quelques mots.

Avant ce moment, le voyage n’avait pas été sans heurts. Le vol Air France qui devait nous emmener sans escale de Santiago à Paris avait été annulé à la dernière minute à cause d’un oiseau qui s’était écrasé sur le radar, et cette désorientation, mortelle et décisive, avait été suivie d’une succession d’événements non moins extravagants. Après trente-six heures passées entre les avions, les salles d’attente et un va-et-vient migratoire inhabituel pour sortir du Chili sans en sortir, nous avons enfin franchi la porte de l’hôtel pour nous effondrer sur nos lits et lits de camp respectifs et, en un clin d’œil, l’alarme nous avertissait que commençait le jour de la cérémonie de remise des prix.

Sans chercher à épuiser un lieu parisien, l’inventaire à la Perec semble une bonne stratégie pour décrire ces heures à Paris : six croissants au comptoir du petit déjeuner, trois chiliennes en plein décalage horaire, un réceptionniste tunisien, la rue Jacob à midi, la question de savoir si moi aussi je suis arabe, le vent, les pavés, un discours dans ma poche, un défilé de chevaux de la garde nationale, trois lévriers, la lumière vacillante d’un réverbère cassé, des boutiques de parfums, de macarons, de bagues et encore de parfums, l’odeur du café, l’humidité, l’odeur du pain frais, le ciel couvert sur la surface de la Seine, l’entrée arrière du musée, les buissons taillés dans son jardin intérieur et un autre oiseau, cette fois une corneille voletant de l’autre côté de la fenêtre.

Dans l’ordre où nos noms sont appelés, nous prenons le micro. Moi qui ne parle pas français, j’arrive à peine à déchiffrer quelques phrases du discours de Bonnefoy : la gratitude envers sa famille et son éditeur, son origine latino-américaine et une phrase sur le racisme que je ne peux que déduire du contexte. C’est mon tour, et je suis accompagnée d’Anne Plantagenet, la traductrice de Limpia, et comme à chaque fois que c’est mon tour de parler en public, je sors le papier de ma poche pour m’arrimer à l’encre comme les ivrognes arriment leur pied au bord du lit.

Quelques jours avant le voyage, ma mère, moins naïve et plus expérimentée, m’avait prévenue de me préparer à d’éventuelles réactions négatives, mais moi, avec un optimisme plus têtu que réaliste, j’ai sous-estimé cette possibilité. J’ai préparé deux discours avant le décollage : un très court, pour le lire lors de la remise du prix, et un plus long pour la soirée. Mais étant donné le risque qu’il n’y ait pas d’occasion le soir, parce qu’il s’agirait d’une célébration dans un bar, je me suis assurée que ces mots très brefs diraient ce que je voulais dire, et que je publierais la version plus longue dès que possible.

C’est l’une des rares fois où j’ai eu la chance d’une traduction consécutive, et je m’abandonne au balancement de nos langues avec étonnement et curiosité. Je vous remercie en espagnol. Pause. Anne le fait en français. Je mentionne les jurées et mon éditrice et, après une nouvelle pause, Anne voyage avec cette phrase dans l’autre langue. Je souligne l’honneur que mon roman soit le premier latino-américain à remporter le prix et j’entends Anne dire cette phrase après un bref silence. Jusqu’à présent, sa langue et la mienne dansent en parfaite synchronie. Jusqu’ici, l’écrivaine chilienne se comporte comme on l’attend d’elle : elle est relativement jeune (le lauréat français est encore plus jeune, mais seule la jeunesse féminine semble être notable), elle s’est habillée de manière appropriée pour l’occasion, elle est consciente de l’origine féministe du prix, et elle est reconnaissante, sans nul doute, bien qu’inexplicablement sérieuse. Quelque chose se passe à ce moment-là. Le texte prend un virage soudain. Un mot qui n’a pas besoin d’interprète tend le silence entre les langues jusqu’à le faire grincer.

« Palestine » est ce mot et palestinienne est l’origine de mon nom. Ma mère s’appelle Alia, ma grand-mère aussi. Et bien que j’aie rarement cru que ce lieu d’énonciation soit nécessaire pour valider une position politique, je sais que ce terrain est scabreux et je poursuis cette stratégie. Je dis alors que, jour après jour, l’horreur se perpétue en Palestine. Et c’est cette phrase qui fait que le silence bienveillant et attentif qui écartait ma langue du français devient épais et étrange. Au même moment, du coin de l’œil, je perçois un geste un peu brusque sur ma droite. Un mouvement ou une tension qui entraîne une pensée intrusive et fugace : ils vont me prendre le micro, ce n’est pas possible. Sans en être sûre, je trébuche en lisant les deux phrases suivantes, y compris celle qui clôt mon discours : « L’horreur, toujours, se répand dans le silence ». Ce silence, aurais-je dû dire. Celui-ci, ici.

Il existe des silences volontaires et stratégiques, des silences d’attente, des silences complices, des silences combatifs, des résistances silencieuses et des silences imposés par la force. Les écrivains palestiniens vivant à Gaza ont été victimes du silence le plus féroce : l’assassinat. Je parle, entre autres, de la poétesse palestinienne Heba Abu Nada, dont les mots résonnent encore aujourd’hui : « La nuit dans la ville est sombre, sauf l’éclat des missiles ; silencieuse, sauf le bruit des tirs d’artillerie ». D’autres ont élevé la voix hors de leur pays et ont fait l’objet d’un harcèlement constant, comme le poète Mosab Abu Toha.

Ils sont des dizaines d’autres à avoir été censurés à leur tour, leurs contrats résiliés et leurs prix retirés pour faire taire et envoyer un message à la communauté littéraire : parler de la Palestine n’est pas sans conséquences. L’exemple le plus connu est celui de l’écrivaine Adania Shibli, dont la séance de remise du prix a été annulée à la Foire du livre de Francfort en 2023. Et il ne fait aucun doute que certains des auteurs qui se sont tus en Europe ou en Amérique latine ont également participé à une forme plus subtile de réduction au silence : celle qui associe faussement pro-palestiniens et antisémites, engendrant la peur de faire l’objet de cette accusation si grave et suscitant en conséquence un silence inconfortable. La rebuffade de ce matin-là, j’en suis bien consciente, est une anecdote mineure qui n’est pas comparable à ce qui est arrivé à d’autres écrivaines et écrivains. Mais la laisser passer serait participer, même de manière subtile, de cette trame de silences qui permet aujourd’hui au génocide palestinien de se poursuivre.

Alors que je termine mes mots, les quelques applaudissements dans le salon du musée résonnent comme des carillons dans un désert. Anne quitte la scène et je reste là à écouter Paul Audi, dont le livre porte justement sur l’antisémitisme en France et dont la voix, heureusement, ne provoque pas la tension de la mienne, puis j’entends Colm Tóibín évoquer les élections que Kamala Harris perdra le soir même aux États-Unis. Les quatre discours de ce matin-là auront excédé le « purement littéraire » – comme si cela existait réellement – mais un seul se sera révélé véritablement problématique.

Parler ou ne pas parler, partager ou ne pas partager, dénoncer ou se taire, désormais, de manière active ou passive, ces décisions nous positionnent politiquement. Et prendre position face à l’une des crises politiques et morales les plus profondes du XXIe siècle semble en soi un impératif pour quiconque – d’où les manifestations un peu partout sur la planète -, mais pour celles et ceux d’entre nous qui faisons partie du champ littéraire, cela revêt des éléments particuliers. Je ne dis pas que c’est un devoir plus grand que pour les membres d’autres professions, car les actions des travailleurs portuaires en Grèce – qui ont bloqué le chargement de vingt-et-une tonnes de munitions à destination d’Israël – ou les dockers en Belgique ou à Barcelone qui ont mené des actions similaires, ont été tout aussi efficaces, sinon plus.

Mais la littérature est un langage, et le langage peut cacher ou dévoiler, normaliser ou subvertir, et c’est ainsi que, peut-être, élever la voix peut briser les discours qui normalisent aujourd’hui les actions d’Israël et en même temps compliquer les dichotomies trompeuses qui provoquent la peur et la confusion. Car dénoncer le génocide israélien contre le peuple palestinien n’est pas de l’antisémitisme. Et en même temps, l’antisémitisme est réel, il progresse et il est urgent de le combattre avec acharnement. Car dire qu’Israël est une force d’occupation n’implique pas de nier son existence ni une possible solution à deux États, même si une solution pacifique semble aujourd’hui une lointaine illusion. Et même adhérer à des campagnes de boycottage, aussi délicates soient-elles, n’a pas pour but de stigmatiser le peuple juif mais de faire pression, comme on a fait pression sur l’Afrique du Sud, pour mettre fin à un régime d’apartheid et à un assaut meurtrier féroce. Et le fait d’avoir un micro ou un bout de papier permet de citer ces points et d’autres que beaucoup n’ont pas voulu ou pu citer. « C’est le moins que nous puissions faire », a déclaré l’écrivaine Sally Rooney, et je suis d’accord avec elle.

Une fois la cérémonie terminée, débuteront un cocktail, des interviews et les félicitations habituelles, sauf que je ne participerai à presque rien de tout cela. Pendant quelques secondes, je resterai seule au pied de la scène, me demandant si la tension est réelle ou imaginaire, si ce que j’ai senti en parlant s’est réellement produit, si personne ne s’approche par rejet ou par timidité, et ce qu’il advient de ce corbeau qui insiste pour entrer dans le salon.

Je me laisserai distraire par la géométrie des arbustes et je m’interrogerai sur cette volonté française de domestiquer la nature : au centre, les troènes taillés au carré, et sur le côté, les pommiers en espalier. Je penserai alors au mot « domestication » et je me livrerai à un dernier exercice oulipien pour épuiser ce silence : des murs vides dans une salle de musée, des visages de joueurs de poker, des regards fuyants, une jurée manifestement agacée, une brise froide, des nuages, un corbeau qui picore le bord de la porte, un photographe qui refuse d’appuyer sur le déclencheur, le soleil réfracté sur ces murs résolument blancs, une éditrice solidaire, une traductrice qui confirme que rien n’était imaginaire, aucune demande d’interview, des coupes pleines de champagne, une agente littéraire étonnée, des verres vides, un écrivain irlandais qui dit « well done », un bracelet palestinien au poignet du représentant de l’ambassade du Chili, une corneille qui ne renonce pas et picore la vitre, plusieurs jurées qui ne se rapprochent pas, une qui vient me féliciter, « pas seulement pour le roman », une corneille qui s’envole vers le radar de quelque avion, et enfin quitter le musée Carnavalet et Paris, avec le prix Femina comme un souvenir qui se fondra dans le vrombissement des moteurs et parmi tant de nouvelles et éloquentes formes de silence.

 Alia Trabucco Zerán

Texte initialement publié sur Revista Origami – Novembre 2024 [traduction EF]

Contemporaines

 

 

ce n’est pas qu’il s’agisse d’un décor (comme ces vues immenses de plage cocotiers sable clair et mer turquoise que je croisais lors des enquêtes à domicile, sur la dalle d’Argenteuil ou d’ailleurs) (des coursives et des duplex – l’île sur la Seine, le pont de Bezons au loin) (cette ceinture-là était encore d’un rose assez soutenu (style 84 ou 85) mais voilà : où es-tu, lotissement maison (bernararno y fit fortune avec son perinel à la mer à la montagne à la décharge quinze ans après) jardin sec et pelé rond-point arbre chétif (cette maison-ci n’a pas quinze ans, mais abrite 444 billets miens – celui-ci fait 445 – et on décore encore les murs – c’était dimanche il faisait si beau il faisait si doux : on a marché, dans le 20 – après la rue de Bagnolet, celle de Monte-Cristo (j’aurais bien mis un h quelque part dans cet intitulé mais non) (fais-je de la retape de la réclame de la publicité ? serais-je rémunéré pour mon billet ? j’ai peur que non mais tant pis – tant mieux) les lieux sont neufs, le robot recense cette galerie depuis 2024

ça appartient à quelque chose comme un emballeur – un ancien entrepôt,  un siège social historique (dont on se vante pas) apprends-je, converti, par la grâce de la pédégère, en une fondation d’art contemporain dédié à la sculpture) (pourquoi pas ? mécénat quand tu nous tiens ? comment ça va, les impôts sur les sociétés, au fait ?) (un revers de main et le tout est évacué) l’entrée y est (contrairement à la bourse du commerce ou à l’enseigne boycottée du bois de Boulogne (la navette entre le métro et facturée dit-on 2 euros – pas de petits profits, jamais) gratuite  – le monde de l’art (laisse, va) ici un petit cadeau à l’entrée (pris en sortant) – c’est au numéro 9 de la rue –

et là le pedigree de l’exposition

je te rapproche

on n’y voit rien? pardon, Daniel Arasse – le nom des artistes (des femmes) (par égard pour la paxette (laquelle ne l’est encore que pour quelques mois), je laisse les noms des commissaires (une fille et un garçon)

pas beaucoup mieux – mais il y a à lire dans cet article/billet/post/compte-rendu – et à voir : j’ai adoré ceci fait d’un seul fil

grandeur nature – renseigné par l’artiste ou ses complices

une artiste du cru – (j’y ai vu une condition rapportée à cette partie du monde (Inde-Pakistan-Afghanistan-Iran-Syrie – comme un froid) le sort laissé aux femmes ici

 

 

et l’objet

une espèce de terreur, en effet – mais ces trois mouchoirs, magnifiques

qu’on poserait sur les yeux

pour échapper peut-être aux regards de ces 519 oubliées-là

ce monde-là – ni oubli, ni pardon

une bien belle présentation

lors des journées du p/matrimoine (le 19 de ce mois-ci il me semble bien), une distribution de rubans (ils forment une œuvre d’une artiste dont je n’ai pas pris le nom – je ne la retrouve pas non plus sur le site de cette fondation qui, sur les 21 exposée n’en présente que trois) – est organisée (si j’y vais je complète – add.du 23 neuf : pas réussi à y aller)

Madeleine (2)

 

un billet /un post / un article / un compte-rendu / quelque chose donc qui fait suite à un précédent de la même Madeleine de Sinéty 

 

 

une fenêtre du musée du jeu de paume par beau temps

un petit film – court métrage, peu de sons, sans dialogue – un documentaire disons

7 minutes, une cinquantaine de plans voilà tout – mais aussi, disons d’abord puisqu’il s’agissait d’une exposition de photographies – alors une image photographique

pour commencer – et puis l’histoire, peut être que raconte cette locomotive (la vapeur… la fumée… le bruit – non, pas le bruit mais presque) qui passe au loin

le regard de la petite – alors presque comme du vrac ces images en forme de photogrammes, ici fixes

l’écran est un petit mur, et le projecteur tourne – une machine

des vapeurs –

le (ou l’un des) chefs de la gare Montparnasse, sans doute

le même, vérifiant l’heure

puis à nouveau,

signalant ou signifiant le départ probablement

la machine

des gestes quotidiens, des riens presque, mais le mouvement

et le feu pour la vapeur

une fois puis deux

et ce sourire-là

une fois, deux fois

trois fois

voilà tout (de la joie, de la vie) – en images, arrêtée

une splendeur

 

 

 

de la musique et de la danse

 

Une espèce de merveille qui envahit l’écran et la salle, c’est la musique et la danse de ce film : elles parviennent à dire l’humanité qui existe en nous, on l’espère, cette vraie humanité qui a parfois un aspect naïf, mais qui existe quand  même, peut-être plus que la haine. Aujourd’hui, c’est l’horreur : des corps jonchent les ramblas, on les a enlevés, on a dû nettoyer, le truc a été revendiqué et ceux qui ont agi l’étaient eux-mêmes par cette sorte de vantardise humaine qui imagine être le centre de la dignité. Ce qu’on a à leur opposer ? De la musique. Et de la danse.

Une horreur, mais nous sommes en vie. Il y a de la musique, des artistes et de la liberté, elle existe cette liberté même si certains aimeraient la ligoter (l’un des films précédents de Tony Gatlif, était intitulé « Liberté » (2010)) . Elle est là, nous l’avons, nous la défendons. Il y a des jeunes filles, deux : l’une, Avril (interprétée par Maryne Canyon)

 

l’autre, Djam (Daphné Patakia, créditée aussi de la chorégraphie)et la production du film est grecque, et turque et française. Peu importe l’ordre mais réunir ces trois institutions sous un même projet est déjà une preuve de la vérité de l’histoire. On se souvient (voilà seulement dix ans) du sauvetage des banques US (cette ignoble et abjecte façon de donner aux plus riches) , eh bien la Grèce (comme le Portugal) payent à présent (et depuis cinq ans au moins) pour ces errements. L’horreur que subit ce peuple et ce pays (ces pays, les pays pauvres) est à l’image des guerres subies elles aussi dans cette partie du monde, ce Moyen-Orient endeuillé déjà de tant et tant de guerres, de réfugiés, de morts tant, et tant, et tant…

Le beau-père de Djam (incarné par Simon Abkarian) Kakourgos, lui donne pour mission d’aller faire forger une bielle pour le moteur du bateau qu’il possède, défectueux et de toutes façons sans objet – il n’y a pas de touristes pour visiter l’île de Lesbos…

Le film trace une route : les deux jeunes femmes vont de Turquie en Grèce, déroulent une histoire, vont, avancent, rient et dansent, mangent et boivent. L’histoire c’est celle de notre vie à nous. Que nous restera-t-il, sinon nos yeux pour fixer les huissiers ? Scène magnifique de cinéma, Djam qui insulte les vautours, magnifique également celle où le moteur du bateau retourne : du vrai cinéma comme on l’aime.

Mission menée à bien : confiance, amour, joie et gratitude… Le reste du monde ? Sans doute, une histoire, des histoires… Mais la vraie dignité humaine est là : chanter, danser et rire. Ce sera tout.

Trois plans formidables : lorsque Kakourgos raconte l’histoire de sa vie avec la mère de Djam… Formidable cinéma à nouveau

A voir, magnifiquement.

Madeleine (1)

 

 

il y aura deux épisodes : les images fixes (ce billet-ci) et les images d’un film, projetées sur un des piliers de l’exposition, le projecteur visible, le public passant ou pas devant – mais le film m’a plu – l’exposition  présente les diverses étapes disons des voyages de la photographe – Madeleine de Sinéty

journaliste donc (dite Sinéty…) – ici un portrait d’elle par elle-même (un peu peintre aussi)

probablement des rencontres, des amours, des mariages – des images beaucoup – des enfants aussi – et puis les voyages (ici l’image de la petite quatre-chevaux de mon enfance)

(ou du moins, une semblable) le désert puis le froid d’Iran

ou d’ailleurs (on pense à L’usage du monde – on pense aux voyages, au grand tour, les cargos et les départs au long cours) (et moi à Y. et sa femme C. en route vers Karachi) – mais une première étape peut-être d’abord, du moins chronologiquement m’a-t-il semblé ici

(éditions Rue des Scribes à Guingamp) qui donne lieu au film de la deuxième partie – qui en est une émanation, un objet autre que d’illusion : ici un photogramme

cheminot – l’embarquement plus ou moins secret – et des images encore, (comme celle-ci

qui découvre donc l’écran en pilier) suivra le voyage aux états-unis (mais qui ressemble plus à un marchand ambulant qu’un autre marchand ambulant ?)

et des fleurs (c’est plus à Paris)

et des fleurs (plus le quai aux Fleurs, à Paris – mais ça ne fait rien)

et cette image-ci (comme la 4 chevaux tout à l’heure, quelque chose de bizarrement proche)

un gros quartier de viande dans le coffre d’une (grosse) voiture, un papier kraft, un homme enchapeauté imperméable beige : quelque chose… et puis la campagne sans doute aussi

une foire aux chevaux, sans doute – quelques explications

de l’humanité, beaucoup (et donc, s’il se peut qu’on y croie encore, de l’empathie) (quelque chose de daté peut-être, de la deuxième moitié d’un siècle…) – et ceci aussi, qui nous ramènerait en France

de la simplicité, de la spontanéité, de la vérité – revenir plus tôt dans la chronologie, plus vers le Montparnasse-Monde d’alors

et vers celui d’hier encore

puis ces images de campagne, rurales, un autre monde, quelque chose d’autre que l’urbain côtoyé chaque jour sans doute : un dépaysement (ou alors un conte…) (j’ai pensé à Jeanne Favret-Saada et à son magique Les mots la mort les sorts

et pour finir, ce cahier qui téléscope des recherches menées depuis bien des années (tu sais, non mais le monde continuait de tourner comme toujours disons, entre mars et mai 1978…)

 

 

 

une exposition au musée du jeu de Paume (Paris, place de la Concorde, jardin des tuileries)

 

 

La technique me dépasse et me barbe aussi (l’un entraînant sans doute l’autre) mais l’agencement de cette maison a quelque chose qui me contraint mais me dépasse aussi – le sentiment du n’importe quoi du moment qu’on y (que j’y) pose quelque chose (l’amie de tentatives a plus de constance dans les idées, il me semble) (elle vient d’emménager  dans la salle de visionnage) (je pourrais y coller le billet mais ici ce sont images fixes – ça ne change pas grand chose, je sais bien) – afin de faire avancer le bidule* (je me souviens de guy lux – voilà bien une référence  intellectuelle quoi que télévisuelle – à méditer – philosophique – et de cette blonde, là, qui présentait l’avant journal de la mi-journée comme c’est dit – danièle gilbert qui nous a quitté.es il n’y a pas si longtemps crois-je me souvenir (mais non, 83 aux pelotes dixit l’oracle : c’en était une autre, je me souviens de son sourire, faire-valoir comme Léon Zitrone mais point sur la même image, ni sur le même plan – Simone Garnier (je l’aurais bien vu en Françoise cependant) elle aussi toujours parmi nous – de même source)) – j’ai conservé cet esprit, cette espèce de conception midinette (ou peuple) du monde : c’est égal, je m’en irai avec – je pose des images que je tire de journaux (la série dispersion) ou des lieux que je fréquente (j’avais conçu un journal d’atelier tout à fait sensible à ce sujet – l’actualité ou du moins la mienne – il est quelque part j’ai cessé à un moment (il se trouve toujours des princes desquels je me fais le bouffon – le clown – l’idiot – je ne le sais pas mais m’y trouve cantonné, à un moment – bernard l’hermite ou quelque chose de ce style : c’est égal je continue (de cette avancée, je ne connais ni l’usage ni la teneur, je continue simplement) (je n’ai pas rancune, seulement de la mémoire et encore s’effrite-t-elle)
* : quel bidule ? une façon d’exercer, probablement (mais qui peut savoir ?) ce titre de film en forme de proverbe ou de viatique
S’en fout la mort j’ai l’impression et l’attrait des images (jouir de la pulsion scopique)
j’y retourne immédiatement

 

 

 

Regard camera

 

 

souvent il joue là, sur ces sièges inconfortables mais à la ligne « design » (qui commence à dater : mais c’est le propre de la mode de disparaître, se consommer se consumer, mourir périr disparaître encore et plus rien n’existe que ce qui se fera – on en deviendra fanatique et au nom de ce fanatisme on ira jusqu’à tuer), il est là je passe le matin, il doit vivre par là, Jumin ou Georges Thill – du blues,un petit ampli un fender bleue pour le solo derrière comme chez ceux du métro une base basse mélodie – là

bon après elle n’est pas bleue (il doit en avoir une autre bleue, je l’ai vue un jour) je passe sans demander la permission de prendre (on dit chouter) (et mieux encore shooter) (mais c’est le propre du paparazzo (qui ne s’emploie qu’au pluriel) que de prendre sans autorisation – confère fin août 97, le matin très tôt, et Dodie et Diana- j’étais dans ma cuisine ce dimanche matin-là, vers six heures, à mettre les informations) le type me regarde sans aménité comme tu peux voir – ce qui se comprend – je décadre pour m’inquiéter de sa machine

truc à piles sur planche à roulettes j’ai l’impression -mais ça ne m’intéresse que peu – j’agonis la technique, mais c’est une erreur, grossière – je préfère m’intéresser au bleu des chaussettes bleues – comme l’autre fender – ou alors j’ai rêvé et ça n’y change rien –  je passe, je vais vers la boite à livres, vide, sous la vague (je pense à celles de Virginia W. (traduites par Christine Jeanney) – je prends à droite vers la nouvellement « ferme aux animaux » et là, qui vois-je (un autre jour, c’est vrai mais qu’est-ce que ça peut faire ?) Jane qui arrose là quelque plante souffrant de déshydratation – il a fait chaud – il est peut-être dix heures,je dois vaquer « à bientôt – ça fait un bien fou… » – sans image

un moment de repos pour quelques semaines l’agent prend ses congés payés (un de ces conquis sociaux que la pourriture tente toujours de circonscrire sinon de sacrifier)

Petites écuries

 

(il pourrait s’agir d’une fiction – quelques images (un bon peu tout de même) viendraient en complément d’un texte (l’agent, son attente, le décor les tapisseries, les vues – celle d’une plage avec palmiers sable blond mer turquoise qui orne le grand mur du salon – le reste de la maison, dans les couloirs, ces petites choses qu’on montre aujourd’hui – l’agent (le clope, le costume prêt-à-porter cintré légèrement trop ajusté, la chemise col ouvert blanche, les chaussures pointues la barbalakon), devant lui le rond-point, la pelouse jaunie de l’été – le ciel par dessus les toits du lotissement, bleu passé plissé de fins nuages et personne d’autre
(il me semble me souvenir que dans ces lieux (Petites écuries, rue d’Enghien, du faubourg Saint-Denis) se tenait le départ de la malle-poste du Un début dans la vie d’HdB – vaguement de loin…)

L’attente

on reconnait à droite le pont de la rue de l’Aqueduc – celle de gauche je ne la comprends pas – si j’y retourne je regarde –

le lieu a été indiqué par la Trésorière – il se trouve entre la rue du Faubourg Saint-Denis et la rue d’Enghien (c’est dans le dix) – sous le porche d’un passage

beaucoup de ces images nous (le « nous » est de majesté) sont déjà connues

trois femmes masquées , des lunettes de plongée – images collées cimentées (ici un groupe déjà explicité)

là l’entièreté de l’exposition

souvent la question de savoir ce qu’on est en train de faire (c’est juste qu’il s’agit de choses jolies, me disais-je) mais une espèce de trop-plein peut-être – depuis le temps que ces choses traversent l’espace public

on les trouve, on les prend

on les colle

un mur ici, là, ailleurs

des gens aux vêtements recherchés parfois

des événements – des cinglés aussi pourquoi pas ? des raretés, des opportunistes

singuliers ou pluriels

parfois doublées – simples,subtiles ou brutes – peut-être bien ma préférée de celles posées ici

sans trop prendre garde, faire attention, une image : celle d’une décapotable

puis une autre

ça pourrait ne jamais cesser

sans doute est-ce ce qu’on espère un peu

(celle de gauche est itérative et on la trouvera partout) (on aurait pu modifier l’assiette du cliché – on a quelque presse malgré tout le plaisir pris à ces vues)

découper, ranger, penser classer (évidemment) (de gauche à droite et de bas en haut) (comme s’il s’agissait de notre lecture)- trois d’un coup

continuer encore

animaux tout autant qu’humains : face caméra, on sourit

parfois invisibles

parfois méconnaissables

un mur, des images, un fond dans les gris les roses

des sujets qui posent

une sorte de déclinaison

on n’en finirait pas

et d’ailleurs pourquoi en finir ? des poses et des postures

des sourires et des ombres

souvent seuls – rarement spontanés mais c’est ce qui fait aussi leur qualité

à nouveau, encore

gémellité, solitude, vide ou peuplé

regarder, reconnaître, disposer offrir

j’en termine

les quatre amies

le drapeau algérien, la petite fille en belle robe et beau petit bonnet, le métro

et les deux derniers

 

Bac to the street aka B2TS une série (j’abhorre les séries) d’images collées sur les murs de Babylone

Carte postale de retour

 

 

 

je dispose d’une version étendue du Bird’s lament de Moondog – elle dure unpeu plus de vingt-six minutes – je la fais tourner lorsque j’ai un texte à écrire, pour l’atelier d’été notamment – le temps passe, sans le moindre objet – à quoi ça sert ? Le train avait quarante cinq minutes de retard et des jeunes gens attendaient – deux filles plutôt blanches, l’une en rose l’autre en bleu, trois gars en noir et gris  plutôt métèques typés maghreb (ça baisouillait gentiment) – l’un d’eux sur une trottinette électrique tournait ici, emmenait une fille (la bleue) là – l’une d’elles (la rose) alla prendre en photo le panneau annonciateur de retard pour l’envoyer à sa mère « elle va me tuer » – l’un des types « sur l’appli le train est annulé  » – on attendait là puis il est arrivé tranquillement – un passage à niveau du côté de je ne sais où avait succombé au soleil – des places réservées, une climatisation rendant à la voiture un climat hivernal – l’arrêt à Surdon est maintenu – des gens comme s’il en pleuvait – c’était un treize juillet (et BC tapait les 84) il faisait sur le quai une chaleur estivale – on revenait de la mer – les bains, les promenades, les sables infinis, les horizons ouatés – les moules frites au cabanon – à disposition, une quinzaine d’images en travelling avant (en vrai, dix-neuf) – et l’apparition d’un arc-en-ciel qui propage la bonne étoile, le bon sens, l’avenir radieux – ces superstitions de l’enfance – je les pose, les dispose et les propose les unes des autres à la suite – la maison ne ferme pas pour l’été mais on ne connaît pas la fréquence de parution des billets – le soir suivant l’équipe perdait face aux Ibères, il y avait sur les trottoirs des centaines de jeunes gens emmaillotés de bleu et buvant de la bière, beuglant des « aux armes citoyens » – tous ensemble tous ensemble ouais – une pathétique horreur – en retard de trois quarts d’heure le train entra dans la gare Montparnasse – le contrôleur intima de poser des réclamations sur le site dont au micro il mâchonnait l’adresse (en italien le w w w se dit wou wou wou)  – le métro ne marchait pas non plus que le 96 – on avançait, les images étaient dans le téléphone on était en été il faisait si beau il faisait si doux disait la chanson – des images

 

 

 

(ce sera un) bel été – à vous

Monstres

 

 

 

c’est à dire que dans cette histoire on se demande qui donc seront sont ont été les monstres – des cirques déambulent, des artistes font leurs numéros – ça a quelque chose de miraculeux, et si par une nuit d’orage… des personnes et des personnages, il y a Cléopâtre et son Hercule, il y a Hans et Vénus – tout est dans le mythe, c’est-à-dire dans le cinéma – le numéro 264 de l’avant-scène cinéma traite du sujet, plan à plan (un travail d’il y a 45 ans) – la moviala des sous-sols de l’institut d’Art et Archéologie : le refus de travailler pour rien, je me souviens de la cinémathèque universitaire tenue par Caude Beylie – je me souviens des regards de Cléopâtre, de cette simple volonté de prendre l’argent là où il est – profiter de l’attirance qu’elle provoque – plus tard on fera le parallèle avec ce qui se passera dans le monde dans les dix ou quinze années suivant la présentation de ce film au public (c’est en 1932) – les débuts du parlant tout de même – le cirque, quel cirque sinon celui des sentiments  : peu de public, mais beaucoup de coulisses – des repas plantureux, des fêtes, de la joie – et puis en réalité, non, il n’en est rien – on s’attend toujours à ce que les choses se terminent bien, mais le fantastique comme genre inclue ces fins désastreuses – plus tard on entendra dire et on montrera des choses plus horribles encore (des morts-vivants, des zombies, des êtres maléfiques et pervers) mais le dernier plan de ce film-ci est d’une terreur absolue – je tiens l’image mais je ne sais si je la poserai – et comme il s’agit de la maison et qu’elle témoigne de ce qui reste de nous – elle témoigne de ce qu’elle veut et dont on lui demande de témoigner – j’hante ces lieux et les miasmes des histoires qui font agir la mémoire, l’imagination, le souvenir sont mis à contribution – par images donc

les coulisses

il ou elle qu’on revoit ici – Joséphine Joseph mi-homme, mi-femme

une troupe, des attractions, des êtres qu’on ne se permettrait plus d’exposer dans un divertissement – serait-il allégorique – tous et toutes dotées de sentiments

humains vivants

joyeux ou terrifiants

encore aujourd’hui, je me demande

ces gens, ces acteurs (souvent dans le rôle qu’ils et elles occupent au monde)

Freaks dit le titre original – Monstres donc mais en français La monstrueuse parade –  mais qui sont-ils, qui sont-elles vraiment ? Ici Hercule à droite de l’image (on reste dans les coulisses)

ici Cléopâtre

qui charme Hans

tandis que la promise de celui-ci s’attriste

ici les deux réunis (à la ville (- dans la réalité (?)) elle est sa sœur)

comment dire, un beau film ? Des volontés de suivre les Frankenstein et autres des concurrents, pour les dépasser : de l’audience d’abord – le box office sans doute – il semble que dans une version différente (je ne sais si elle a jamais été exploitée) ce sont les dieux eux-mêmes qui, par la foudre, punissaient Cléopâtre -j’ai dû lire ça quelque part (peut-être ici), mais d’où est-ce que ça vient, je ne sais – la nuit la pluie la vengeance

la solidarité

l’entraide

qui pourraient paraître comme des valeurs positives sont en un sens perverties – rien n’est simple – la terreur comme l’amour…

 

Freaks (La monstrueuse parade – Tod Browning, 1932)