Carte postale

 

 

 

je ne sais pas mais parfois regardant ce jardin ça me désespère – rien n’y pousse, rien n’y change, quand il pleut il y a là un peu de boue qui se solidifie lorsque le temps se met au beau – parfois on aimerait crier « Y’a quelqu’un ? » mais c’est parfaitement inutile, il ne vient personne, la maison reste témoin de son isolement, plus personne ne veut investir dans ce genre de construction – c’est vrai que ça date, les murs mêmes se fendillent, le climat change et les hivers sont de plus en plus rigoureux – les étés de plus en plus chauds – et tu crois vraiment que ça suffirait à faire taire ce qu’il nous faut faire en sorte d’exister ? ici c’est un relais, l’agent est là, il fume sans doute une cigarette, regarde le rond-point qui fait face à la maison, le lotissement, les arbres chétifs (depuis dix ans, quand même, ça devrait pousser)(foutre non) (encore qu’il suffise de s’imaginer que oui – « tu ne peux pas imaginer » disait-elle) (entre la fiction de l’agent et l’agencement de la biographie c’est bien là que se tient la littérature ou la fiction d’elle-même)

alors le ciné ce sera une autre fois, j’ai manqué la séance – je pose juste quelques images qui me sont parvenues, celle-ci

qui vient d’Italie (merci à toi XG) (cette façon de ne mettre que les initiales a quelque chose de parfaitement abscons, comme pour anonymiser – ne le fais pas alors – eh bien non) cette autre du côté du rézosocio

(probablement un faux – c’est égal j’avance quand même – les images, quoi qu’il puisse en être ne sont jamais que des représentations – ni vraies ni fausses – elles passent par milliards – on s’en va, on s’en fout)

bah c’est juste au menu d’un restaurant aisé parisien – les mœurs contemporaines – pour se faire une idée (quelque chose de tellement vulgaire dans la divulgation des prix des choses, dans le montant de l’addition – dans la mesure – ça m’étreint et m’égratigne) –

ça c’est Paris – de la tour Montparnasse (dédicace à L’eaé) – un détail – la ligne verte borde le fleuve – mais qui peut y vivre ? (au presque centre le dome des invalides – elle vivait rue fabert un moment je crois disons de 75 à 92) tout ça est furieusement personnel (on ne dit pas ces choses-là – l’agent se laisse aller au journal) ici un gisant une gisante une représentation d’une représentation – une reine crois-je savoir – je vis cette statue de mes yeux un jour (mais est-ce bien une statue ?) en lecture pour l’atelier

et pour finir une miniature (entre le Tigre et l’Euphrate supposé-je)

(chacal essayant de faire fuir un lion (1427) volé chez Jhibay – mais encore aussi pour un obituaire (je ne le fais plus, j’ai cessé ces mémoires – le carnet d’atelier s’est refermé, avec ses diverses séries dont les fleurs qu’il faudra reprendre)

Dean Tavouralis (un chef décorateur de cinéma – notamment mais pas seulement des films de Coppola) mari d’Aurore Clément –  les voilà tous les deux en plan américain – plateau d’Apocalypse now dit le wiki –

et pour vraiment finir, pour en finir avec avril, alors qu’on entre en mai – une dernière image (mais la mer qui monte)

 

 

 

Alimenter

 

 

à certains moments, je me dis voyant ces images d’autres temps que, dans cinquante ou soixante ans, on n’aura plus la place pour poser ces images-là – ni simplement les regarder (une quinzaine en dix ans) (on ne sera pas là, c’est vrai, mais celles et ceux qui ? comment ça, le déluge ?) – et que celles des années soixante nous manquent – et qu’en faire si nous les avions devant nous, à trier ? – dans cette maison[s]témoin, (« entre ici Jean Moulin » m’abjuré-je à chaque fois) je place aujourd’hui quelques images prises à l’histoire – c’est quelque part entre ici et Mantes-la-jolie je crois bien – je ne sais pas bien, je n’ai pas vraiment été regarder(maintenant, si), les méandres du fleuve certainement (c’est ça, oui) mais j’ai commencé par lire ce texte qui fait partie d’un tout (WIP*) titré EXEUNT**  cette pose-ci intitulée Un lieu que le monde ignore du côté de La Frette-sur-Seine mais je pensais qu’il se situait sur la rive gauche, qu’on verrait sûrement l’eau en regardant vers le bas de la rue (c’est le cas, mais à l’inverse : on est rive droite et tourne le fleuve) – mon intention était de poser ce billet dans la rubrique « sur les pas » de pendant le week-end, mais le mercredi est de retour et je n’ai pas le temps de chercher/trouver des images des films que j’aurais aimé poser ici (le dernier des frères Dardenne Tori et Lokitala comédie L’innocent  réalisée par Louis Garrel) – ce sera pour une autre fois. Ici donc : que l’agent y trouve quelque raison de s’intéresser à une espèce d’histoire
* : work in progress
** : (latinitade) didascalie qui indique aux acteurs de sortir du plateau
 « ils sortent »

Il s’agit de l’histoire d’un petit commerce – ainsi que la plupart des enseignes de cette catégorie, il est tenu par un homme d’un certain âge – ça va vers soixante dix/quatre-vingts – je dispose du même dans la rue du garage (Morand) je pourrais en faire aussi l’histoire, mais non : ici ça se trouve dans un lieu fortement improbable (pour un habitant de Paris onze s’entend), ce doit être dans le sept huit ou neuf cinq (95, ok) – je n’ai pas regardé – c’est peut-être avant tout alimentaire et général

mars 2008

(sommaire pourtant : en vitrine tout au moins, spécial et particulier : sopalin, papier toilette, charbon de bois…) mais c’est aussi un café – ça communique à l’intérieur, c’est tenu par un Kabyle (dixit XG), on y boit un café clairet –

septembre 2011

peu de changement l’année suivante  sinon qu’on y découvre

dépôt de pain

qu’on y vend aussi du pain – parfait – avançons dans le temps (les géraniums et la guirlande de lampes de couleurs)

c’est 2013, ça n’a pas beaucoup évolué – peut-être ne fait-on plus boulangerie sommaire – saut dans le temps

c’est juillet 2018 (moins de géraniums)  – puis mai 2019 : on ferme on vend

voyons voir

intéressé.es ? commerce ou profession libérale ? alors pour la surface :

du terrain, 354 mètres-carrés; des planchers, 535 – on y va ? Très bien, allons-y : travaux (à droite)

continûment (à gauche)

on découvrira ce type qui démolit sans doute un peude face

avec un peu de temps (octobre 2021)

intéressé.es maintenant  ?

yapluka alors

 

Bonne suite.