En salle (2)

 

 

 

c’est un nouveau cinéma – tout neuf, tout beau, tout propre – les fauteuils sont recouverts d’un tissu bleu nuit, aux dossiers un peu raides – neufs – les portes des toilettes sont peintes en or (c’est assez prosaïque mais vaguement frappant) – l’entrée est vaste (regarde le Champo par exemple, s’il y a dix mètres carrés c’est le bout du monde- et la plupart des cinémas sont de cet acabit – sans doute plus ceux qu’on fréquente,certes: ici, on comptera six salles – on allait voir un autre film (on en reparlera sans doute en Ville&cinéma au numéro spécial Tanger) une fiction – ici un documentaire (le genre n’est pas à proprement parler ma tasse de thé (dont je ne vois pas ce qu’elle vient faire là) et je déplore n’avoir pas pu le voir – pas encore sans doute – il s’agit d’une expérience déjà tentée chez Lulu deuch’nord (rendre compte (éloges ? descentes en flamme ? tiédeurs ?) d’une production cinématographique – télévisuelle rarement – sérielle jamais) mais le film annonce donne lieu à cet aperçu composé d’images fixes – je vous les livre, on en fera ce que pourra (ici j’y raconte une histoire, probablement tout à fait – ou seulement partiellement – différente de celle narrée dans l’entièreté – le film dure 105 minutes – sans doute ai-je été plus attiré ou percuté par les images en noir et blanc, mais peu importe  

(en tout état de cause, je tiens à ce que cette maison vive – débutée le 13 mai quinze, elle n’a que onze ans – ah quand même…) – ici même un article d’un même titre, mais d’une teneur autre déjà donné à lire 

ça commence donc un peu comme ça (sans le point veux-je dire)

place à une quinzaine d’images en noir et blanc (rarement en couleurs) décrivant (entre autres) une lutte entreprise pour l’éviction des mégabassines notamment à Sainte-Soline et la protection des ressources en eau de la région – l’autorité, l’ordre, la loi et l’état en action – assemblée générale 1

puis deux

mise aux voix – je me souviens de Direct Action (sur la zone à défendre de Notre-Dame-des-Landes) (je me souviens de Rémi Fraisse mort assassiné pour tenter d’empêcher la construction du barrage à Sievens – je me souviens de la défense de l’eau par Extinction-Rebellion) – je me souviens, je suis un homme âgé et trouillard mais je me souviens – et je n’oublie pas – en couleurs les glaciers

en noir et blanc les torrents

on ne laissera pas faire

(la liberté ou la mort, sans doute – la ressource la source la vie plutôt)

la guerre cette honte renouvelée pour le genre humain –

mais il faut donc sans doute se battre – c’est par la force qu’ils veulent s’imposer, que leur opposer alors ?

l’entraide – les slogans

contre la force débridée cachée derrière une loi inique

les meurtres énucléations violences

en finira-t-on jamais de raconter la même et triste histoire ?

casser détruire tuer – mais résister

combattre – peste ou choléra ? –  ça ne se pourra pas, et la nature gagnera

pour l’eau

 

Soulèvements un film documentaire réalisé par Thomas Lacoste

 

 

3 réflexions au sujet de « En salle (2) »

  1. et voilà on dira que grâce à vous je l’ai vu… (n’arrive pas à voir tous ceux que voudrais voir, et il n’en faisait pas vraiment partie)

  2. je ne voudrais pas vous abuser : en réalité le film comporte de nombreux entretiens (en couleurs) où s’expliquent différentes situations (les luttes pour les zad, l’A68, les bassines etc.) – je crois que ce qui en est dit ici est assez partiel (partial aussi, mais de cela je fais mon affaire…). Merci pour le commentaire, en tout cas.

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