Enveloppes jaunes

 

 

 

je dispose de cinq images pour étayer quelque chose comme une démonstration, certainement pas une injonction et encore moins une influence comme on dit maintenant (codm) – je tiens aussi à m’amuser et l’une des meilleures façons d’y parvenir est d’aller au cinéma (la chanson Le cinématographe de Boris Vian m’anime toujours) – une enveloppe jaune arrive dans une boite aux lettres et toute la vie professionnelle s’éteint en quelque sorte – tout est à recommencer – les deux personnages principaux (elle, c’est Derya (Özgü Namal déterminée), lui Aziz (Tansu Biçer nuancé))

qui ici sourient à l’opérateur (ce n’est pas une image du film) affrontent cet événement avec des réactions un peu différentes – elle et il se doivent de continuer cependant leurs chemins (elle est comédienne, il est prof et dramaturge – tous deux travaillent dans un même théâtre national – et c’est de cette nation dont il est question : la leur comme la notre) – la vie se déroulait à Ankara (ou à Berlin, ou à Paris ou ailleurs encore comme New-York ou Bombay – ça aurait aussi bien pu prendre place dans ville&cinéma)) et voilà qu’elle oblige à s’en aller

on les accuse, on les juge

on les condamne – leur fille les suit lors du déménagement à Istanbul chez la mère d’Aziz (une femme formidable) mais le patriarcat où baigne toute cette histoire, et en un sens la religion, obligent à des comportements qu’on aurait tendance à éviter – c’est à notre dignité que ces religions et ces sociétés en veulent  (elle efface de son profil rézosocio des messages que le pouvoir trouverait compromettants – ainsi obtient-elle (happy end) un rôle dans une série très suivie proposée sur une « plateforme » honnie mais riche; lui va à la mosquée avec son (odieux) beau-frère comme s’ils étaient amis  ou du moins partageaient quelque chose comme la même foi : avec l’aide de ce sale type Aziz trouvera un emploi de chauffeur de taxi – c’est (sans doute) mieux que rien…) il leur faut prouver leur appartenance à ce monde fait de patriotes et de croyants…
Alors le couple a tendance à se fracturer – la famille semble tenir sous les coups répétés de cette société et la question se pose en sortant de ce film : que ferions -nous, nous, dans de telles circonstances (ici, à New-York, à Lagos ou à Tokyo…) ?

 

Yellow letters un film réalisé par Ilker Çatak (primé ours d’or au festival de cinéma de Berlin, 76° du nom)

(on trouvera un dossier de presse sous ce lien – se demander en quoi un lien a à être souligné, graphiquement métaphoriquement aggravant son importance)

 

ce qu’il y a c’est que j’ai quelque chose avec la Turquie et ses Turcs comme ses Turques – quoi c’est tout le problème – je crois plus qu’il s’agit de quelque chose avec l’empire (ottoman déjà probablement mais cette forme d’état) – depuis le voyage à Istanbul d’il y a à peu près quinze ans, ce passage Bosphore, ces îles cette mer de Marmara, ce défilé vers cette mer dite Noire – en faire le tour a été un moment une idée qu’il faudrait que je reprenne (au départ, il n’y avait pas de guerre en Ukraine sinon en son Dombass et sa Crimée ce qui fait déjà beaucoup) – les prétentions du tsarulet ex-nkvd/kgb/(quelle importance la façon dont on intitule cette police secrète) qui s’arroge tous les droits (ce générique du feuilleton Destination Danger, la part belle donnée par un Ian Flemming à ces agissements – des purs héros ? double zéro sept – des hommes, blancs et hétérosexuels et queutards finis (non pas Patric Mc Goohan) – on aimerait pouvoir en rire et demander, par exemple, à ce père et sa fille empoisonnés (Sergueï et sa fille Iulia Skripal) par les services de renseignements ce qu’il et elle en pensent – tant d’affaires irrésolues, de meurtres, d’exécutions de personnages gênants – ces trois femmes kurdes, assassinées rue Lafayette à Paris, les services secrets turcs : le type souffre d’une tumeur au cerveau, il meurt : tout est accompli – Anna Politovskaïa – tant et tant de mortes et de morts – ou de quelque chose avec les Kurdes (dont ce film parle : on voit le drapeau de cette nation (le Kurdistan, est-ce une nation ? comme la Kabilye qui tous les dimanches sur la place de la République à Paris, demande son autonomie…) qui comme le peuple auquel mon patronyme me fait appartenir subissent depuis des siècles des tentatives d’éradication (à cheval sur les territoires des Turquie Syrie Iran et Irak) – aussi bien le Liban… 

 

2 réflexions au sujet de « Enveloppes jaunes »

  1. ah j’hésitais… vais tenter avant qu’il quitte l’affiche de Utopia (espoir aujourd’hui de pouvoir enfin voir Nuestra Tierra)

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