entre deux sifflements crépitations

Je vais me tricoter une grande veste.
Je vais me tricoter une grande veste de glycine américaine qui est plus petite que les autres et moins show off
Je vais me surjeter et me point-de-rizer du schisandra pour avoir des clochettes rouges et blanches qui se font passer de loin pour des cerises
J’aurais des poches d’érable deshojo qui veut dire face empourprée en japonais, mais ventrues, en gueules de sabots de vénus
Mon dos sera piqueté de pousses de bégonia qui souffre d’avoir un nom de plante de vieux
Et de pousses d’hosta plus grand dedans, cherchant le dépliement
Les clématites me couvriront les bras avec leurs aiguilles à torsades
Mon col sera bordé de lancettes pourpres de passiflore au printemps car ce sera une veste de printemps
Le jacquard des pattes de kangourous sera difficile à faire à cause des bouches velues d’orchidées qui s’ignorent, mais j’aurais le choix de la couleur, rouge orangée et la multiplicité de jaunes, ou encore le violine qui coule bleu
Je m’assiérai sur la terrasse
Le merle et la merlette atterriront brutalement, comme des sauvages, et leurs pattes sur le sol feront top, top, ratop, ratop, vers la gamelle de croquettes pour chat
Dans mon feuillage d’heuchères, corail, chocolat, caramel, bronze, vert salade, je dirai à la merlette qui n’hésite pas à s’approcher juste à mes pieds comment vas-tu ? parce que j’aurai vu la plume presque blanche un peu défaite sur son aile gauche
J’attendrai que les pois de senteur majestic blue sortent de terre et s’enroulent sur les branches tortueuses du saule tortueux le bien nommé
Le géranium presque noir et dentelé ne m’agressera pas
La feuille d’acanthe blanche sera douce avec moi, et molle sous mes doigts comme du caoutchouc
Le cœur de marie montrera qu’il sait faire une forme en forme de quelque chose que les humains connaissent, par bonhommie
L’abutilon sortira ses lampions à jupettes, mais pas tout de suite, d’abord minuscules lanternes éclairées à l’avance
Je me demanderai quoi faire des pucerons sur les naissances si tendres des feuilles de camélia, je ferai semblant de ne pas voir que je ne les ai pas tous enlevés en y passant mon pouce et, en tant que divinité géantissime je me dirai que certaines vies ont de la chance, et puis je ne saura pas quoi faire du problème d’être cheffe décideuse et dominatrice, tout comme je ne sais pas quoi faire d’autres problèmes de chefs autrement plus nuisibles que les pucerons
Solanum pourpre et morelle laciniée ne sauront pas qu’ils sont de la même espèce, quasiment identique à une teinte près, ils feront le jersey du côté droit et du côté gauche de ma veste asymétrique
Je ne saurai pas faire les diminutions
Je ne saurai pas compter les mailles
Je ne saurai pas que le rosier liane de banks avait soif avant d’avoir vu ses feuilles abattues, désarmées, je me précipiterai mais il sera trop tard
Revivre ça n’existe pas
S’en soucier oui
Je préviendrai qui veut que le sophora twist baby prépare de la musique visuelle
Il lance des gouttes brunes deux par deux sur certaines de ses branches desquamées, grises, et l’écorce en dessous sort couleur d’olive
Chaque goutte va s’amplifier et s’accentuer en masque de médecin de la peste
Éclater jaune
Sentir la vanille
Les gens diront : c’est comme des becs de perroquet, je dirai oui ça y ressemble, les gens diront : il y en a tant ! je dirai oui, mais je ne sais pas ce que veut dire cette musique, est-ce qu’il est très heureux dans son pot, ou est-ce que, parce qu’il se sent mourir, il veut donner tout ce qu’il peut avant la fin ? je dirai oui mais je ne sais pas interpréter ce que je vois
Un jour ma veste sera morte
Ma veste de printemps
Ma veste de vent et de déflagrations qui s’entendent de loin
Le mot déflagration est un petit contenant, trop petit pour contenir les râles d’agonies
Ça vibre au loin, c’est tout près
Les ondes courent dans le sol, sous les cailloux de la terrasse
Les échafaudages ne tiennent pas
Ou alors pas longtemps, pas plus longtemps qu’une fleur de cobée cet été, un clignement de l’œil
Je me résoudrai à coudre pour assembler dos et devants et poches et manches de ma veste de printemps avec du seringat et de l’arbre au faisan, et pour cela j’utiliserai la technique du point invisible, mais rien n’est invisible même si tout disparaît
Est-ce que j’ai encore la place au creux des emmanchures de ma veste de printemps pour la plante des fées ? ses feuilles sont raides, piquantes, pointues, teigneuses, pas faciles à approcher ; ses fleurs sont comme un chapeau, celui du joker dans un jeu de cartes, ou bien celui du fou du roi, mais elle s’en fout des fous, et le fatsia aussi, qui monte un étage de feuilles à la fois méthodiquement
Sous l’apparence du fouillis, ma veste de printemps est méthodique
J’entends la double note des mésanges qui disent attention, ou viens là, ou où es-tu, ou je te connais, ou un message plus compliqué et attentif aux modifications
Ce que j’entends ne m’est assez souvent pas accessible
Le rouge-gorge saute d’un pot à l’autre en sachant où il va
N’est pas gêné par les moineaux, il n’y en a pas
À chaque fois c’est pareil, je me dis qu’ils sont tous morts, ou bien morts de peur et cachés
Et je suis soulagée quand ils reviennent, ternes, discrets

paparazzo

 

 

 

 

il y a cette image que j’ai prise au musée

elle représente deux célébrités, l’une est un mannequin (de mode) debout et célèbre (mais pas connu (de qui, c’est toute la question) de moi, et je n’ai pas pris son nom, dommage – mais c’est quand même aussi un fait révélateur et systémique : je n’y ai pas fait attention – ça ne m’intéresse pas) (après si je cherche je trouve)

l’autre (2F) assise et regarde l’objectif de l’appareil photo d’un photographe célèbre (Frank Horvat, il l’était à peine moins à l’époque), semble s’éventer avec une photo – on voit sur cette photo qui sert d’éventail un visage de femme qui sourit – brune – il y a de nombreux visages de femmes en photo sur le mur derrière eux – il y a aussi deux hommes je crois bien, soyons précis (pourquoi faire ?).
L’image date de 1962, a été prise à Rome dit-on pour le magazine de mode Harper’s Bazar (sans doute en faut-il). Il y a cette espèce de connivence avec le preneur d’image (on prend les images, comme les photos, c’est ainsi qu’on dit : on les prend – les anglo-saxons, toujours avec une longueur d’avance, indiquent pour une prise de vue shooting comme s’ils étaient à la chasse – to shoot veut dire tirer (un penalty, un coup (de fusil, le plus souvent)).

Ici d’autres images – volées dit-on – 3 – téléobjectifs ? même pas mais quelque chose (on arrive directement au 31 août 1997, le Ritz le sous-terrain de l’Alma la merco à deux cents à l’heure) (ces images ne sont pas libres de droit comme on dit vulgairement – faut payer pour les afficher je suppose – je les vole aussi – elles représentent des célébrités qui veulent contrôler leur image) (semble-t-il) (comme si c’était possible)

bon après je me dis : je mets des légendes ou on s’en fout ? (ce sont deux légendes, alors pourquoi faire ?) Cependant ce genre d’images représente toujours des légendes (il y avait un livre « table du salon » qui reprenait une exposition (un catalogue si tu préfères) sur ce thème – le catalogue d’exposition est un genre, au même titre que « développement personnel » ou « guide pratique » : c’est ce qui fait vivre (au sens où ça leur apporte de la trésorerie) les maisons d’édition (45 euros quand même – en anglais, sur le site du wtf éditeur de l’ex-rue Sébastien Bottin) qui était passé sur les tables du séminaire

peut-être que, sans nommer les personnages qui illustrent ces images (les personnages illustres) (il y a quelque chose du lustre dans ces positions – c’est un type qui porte un verre d’alcool probablement et un chapeau et deux femmes qui se parlent fixées là) (si on connaît les visages on les reconnaît – pour le type, il faut une légende) sans les nommer, donc, on ne paye pas de droit de reproduction ? (droit de reproduction est une affaire qui porte un versant, un aspect, un signe et un sens libidinal ou je délire?).
La dernière pour indiquer la grande élégance de ce qu’on appelle le rock’n’roll : ici l’un de ses thuriféraires les plus parfaits (on peut se souvenir que le personnage qui propose ou administre ce geste sublime à la photographie et, par là (si on ose dire) à son public, a été anobli par le fils, alors prince seulement, de STGME2 (il tape 80 – god save the King, C3, lequel tape les 75) ce qui prouve la pertinence de ces honneurs).

quel humour, au vrai

 

Un peu de « technique » : les images ici reproduites (pas la première) proviennent de captures d’écran de documents trouvé sur le wtf részosocio (dont le nom ne se traduit que par lui-même : c’est une marque – mais to »face » veut dire affronter dans le dialecte) qui n’autorise pas cette pratique ni, donc, cet usage – il faut se munir d’un logiciel de lecture de document audiovisuels (en l’occurrence VLC) pour ouvrir le document; s’affiche alors une espèce de film – un plan fixe d’une durée de dix secondes – estampillé de la légende qui indique les noms des personnes sans majuscules, suivi d’un « fry-Gallela [un numéro] »; laquelle disparaît au bout de 5 secondes – on peut déclencher la capture d’écran (si on ne veut pas de ces écritures) – lorsqu’on recherche où aboutit cette espèce de lien, un article d’un organe étazunien apparaît  – ce devait être la « suggestion » du rézosocio en question (il « suggère » moyennant finances, voilà qui va sans dire) – j’en ai gardé trois – je n’ai pas lu l’article
Et puis les étiquettes,pour s’en souvenir ? pour intégrer dans le flot et les données toujours plus nombreuses ? Non. Alors je fais sobre (ainsi que l’image d’entrée de billet le suggère) et je raconte rien.  

 

Beau comme le monde

 

image d’entrée de billet : le port refuge de l’épave

 

les prises de vue sont réalisées à partir d’un téléphone portable – il s’agit d’un dispositif créé pour l’occasion d’un atelier d’écriture – « créé » est un peu trop dire – en tout cas à la faveur d’un abonnement offert au claviste/rédacteur au canard de référence (ça ne se dit plus) paraissant l’après-midi (ça non plus, il ne s’agit que de la version papier dudit organe – ça n’existe plus guère, c’est « à l’ancienne ») – ou de captures d’écran via le site de journal – l’organe de presse – dépêchons – sont donc sélectionnées une ou deux images du jour afin d’en illustrer un carnet (si on aime, on peut retrouver ledit carnet (numéro VII) ici) . À cette faveur (dont on remercie encore ici la généreuse bienfaitrice), fin juillet un article au sujet d’une espèce de fait divers – ceux dont notre monde est fait (pour partie, sans doute) – raccourci sur l’économie et l’état de décrépitude (disons) de ce monde de (sur)consommables/livrables/périssables : la vie (c’est trop dire) des pauvres objets manufacturés (on appelle ça la société de consommation – ça épuise la planète : ces jours-ci, nous avons consommé plus que la planète ne peut nous offrir et il nous reste cinq mois à vivre…) (sur les huit milliards peut-être d’êtres humains que compte ce monde, deux ou trois ne mangent pas à leur faim ni ne boivent à leur soif) (est-ce vivre ?) – ces prises de vue enregistrées sur internet sont accompagnées d’une légende rédigée en anglais (qu’on peut, au besoin dissocier de l’image, mais je la laisse) : comme c’est un dialecte terrestre que ne maîtrise pas complètement la rédaction, elle se fait aider du grand frère G : apparaît donc suite à l’image la légende et sa traduction (dans une autre police, qui n’est pas du fait de ladite rédaction) traduite (sans retouche). Les images datent donc des derniers jours de juillet, recueillies ici ou là.  

 

 

 

Le bateau se nomme Fremantle Highway (nous nommons les bateaux, nous leur donnons des numéros de coque, nous les assurons et les faisons naviguer joyeusement) (nom qu’on peut traduire par « autoroute de Fremantle« ); c’est sous pavillon panaméen (au Panama, comme au Libéria, l’impôt sur les sociétés équivalent à zéro) qu’il a le droit de circuler sur les mers et les océans de ce monde; l’armateur doit être quelque chose comme néerlandais, ou chinois ou japonais (c’est au Japon qu’il fut manufacturé, en 2013 – la nationalité n’a pas tellement d’importance; les droits de passage sont acquittés en dollars); il partit de Brême (Bremerhaven, à l’embouchure de la Weser), un jour de juillet 2023, il me semble (le 25 Juillet, vers quatorze heures – heure locale), et devait rallier Port-Saïd (le 2 août, mais non), au bout du canal de Suez (souviens -toi, il y a deux ans : le plantage d’un navire de 400 mètres de long – mars 2021 – retracé ici ) avant d’appareiller pour Singapour (du côté de Ceylan – Sri-Lanka, l’incendie du X-Press Pearl

– singapourien

il va couler, t’inquiète

voilà – 20 mai 2021 (186 mètres de long…) qui a brûlé pendant quatorze jours, à onze kilomètres des côtes – pollutions de terreur, à l’avenant) .
Ici il s’agit d’un cargo de 200 mètres de long, large de trente-deux, mu par un huit cylindres développant seize mille chevaux, quarante kilomètres heure (vingt-neuf nœuds), qui transporte des automobiles (jusqu’à plus de six mille quand même) : ce jour-là, elles étaient neuves et il en emportait près de quatre mille, dont quelque cinq cents à propulsion électrique (la mode de nos jours est d’équiper les autos de batteries au lithium qui aiment à s’enflammer quand on les a chargées à fond – d’un coup les voilà qui brûlent – une mode assez dangereuse, mais qui ne fait rien n’a rien non plus) (une incidence et on n’en parle plus : dans le massif central de ce joli pays, on dispose de gisements, semble-t-il, de lithium : on va réexploiter ça, hein – ça s’appelle la start-up naichionne, et ça vient en droite ligne du progrès, lequel comme on sait le mène, ce monde, en droite ligne aussi et directement dans le mur – c’est la seule solution qui nous reste : le mur, allons-y bon train s’il vous plaît – ou pas) (une autre incidence et on n’en parle plus : c’est pourquoi la plupart des dictatures construisent autour de leurs frontières ce genre de dispositif – l’abject quarante-cinquième président des États Unis d’Amérique avait aussi ce tropisme) (bienvenue sur Terre).

Assommés de chiffres – assommés d’images. Ici le garage des autos neuves, vu du satellite du grand frère G

l’espèce de gigantisme de nos jours (qui a la plus grosse?), là celui des containers (conteneurs si tu préfères) équivalent vingt pieds (contenu : un peu plus de 40 mètres cubes)

(il existe (semble-t-il) sur Terre à peu près 230 millions de ce type de caisses).
Or donc,  le vaisseau Fremantle Highway se met à brûler ce jour là, vers vingt-deux heures (temps moyen, méridien de Greenwich) (GMT) – les 23 membres de l’équipage sont hélitreuillés, l’un de ces marins meurt – les voitures brûlent – ici quelques images

TOPSHOT – This aerial photograph shows emergency boats extinguishing a fire aboard the Panamanian-registered car carrier cargo ship Fremantle Highway, off the coast of the northern Dutch island of Ameland. One sailor died and several others were injured after a fire broke out on a car carrier ship off the Netherlands on Wednesday, the Dutch coastguard said. Rescue personnel received a call shortly after midnight (2200 GMT Tuesday) saying a fire had started on the Fremantle Highway, a Panamanian-registered ship with 3,000 vehicles on board, about 14.5 nautical miles (27 kilometres) off the northern Dutch island of Ameland. – Netherlands OUT
(Photo by Flying Focus / ANP / AFP)
TOPSHOT - Cette photographie aérienne montre des bateaux d'urgence éteignant un incendie à bord du cargo cargo Fremantle Highway immatriculé au Panama, au large de l'île d'Ameland, au nord des Pays-Bas. Un marin est mort et plusieurs autres ont été blessés après qu'un incendie s'est déclaré mercredi sur un navire transporteur de voitures au large des Pays-Bas, ont indiqué les garde-côtes néerlandais. Le personnel de secours a reçu un appel peu après minuit (22h00 GMT mardi) indiquant qu'un incendie s'était déclaré sur la Fremantle Highway, un navire immatriculé au Panama avec 3000 véhicules à bord, à environ 14,5 milles marins (27 kilomètres) au large de l'île d'Ameland, dans le nord des Pays-Bas. - Pays-Bas OUT
(Photo par Flying Focus / ANP / AFP)

On ne peut guère remorquer le navire en feu non plus que le surcharger d’eau (sinon, il coule) pour éteindre l’incendie – on attend (oncommence par annoncer trois ou quatre véhicules électriques, puis le nombre monte à près de cinq cents)

This handout photograph taken on July 28, 2023 from the Coast Guard plane and released on July 29, 2023 by the Dutch coastguards, shows a fire aboard the Panamanian-registered car carrier ship Fremantle Highway, after a fire broke out on the Fremantle Highway late on July 25, 2023, killing one crew member, and prompting a massive effort to extinguish the flames. Towing of the cargo ship on fire off the coast of the Netherlands, with thousands of cars on board, is expected to begin on July 29, 2023, even though the fire has diminished in intensity, according to the authorities, who have been trying for several days to prevent an environmental disaster. An electric car is suspected of sparking the deadly blaze and officials said on July 28, 2023 that nearly 500 of the vil y a sans doute une façon d’envisager les choses vis à vis des incendies et des voitures qui gouverne ce type de billet –  ehicles were aboard, far more than initially reported. – RESTRICTED TO EDITORIAL USE – MANDATORY CREDIT « AFP PHOTO / NETHERLANDS COASTGUARDS » – NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS – DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
(Photo by Handout / NETHERLANDS COASTGUARDS / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE – MANDATORY CREDIT « AFP PHOTO / NETHERLANDS COASTGUARDS » – NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS – DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
Cette photographie prise le 28 juillet 2023 depuis l'avion de la Garde côtière et publiée le 29 juillet 2023 par les garde-côtes néerlandais, montre un incendie à bord du navire porte-voitures immatriculé au Panama Fremantle Highway, après qu'un incendie s'est déclaré tard sur la Fremantle Highway le 25 juillet 2023, tuant un membre d'équipage et déclenchant un effort massif pour éteindre les flammes. Le remorquage du cargo en feu au large des Pays-Bas, avec des milliers de voitures à bord, devrait débuter le 29 juillet 2023, même si l'incendie a diminué d'intensité, selon les autorités, qui tentent depuis plusieurs jours pour éviter une catastrophe environnementale. Une voiture électrique est soupçonnée d'avoir déclenché l'incendie meurtrier et les responsables ont déclaré le 28 juillet 2023 que près de 500 des véhicules étaient à bord, bien plus que ce qui avait été initialement annoncé. - RÉSERVÉ À UN USAGE ÉDITORIAL - CRÉDIT OBLIGATOIRE "AFP PHOTO / GARDE-CÔTES NÉERLANDAIS" - PAS DE MARKETING PAS DE CAMPAGNES PUBLICITAIRES - DISTRIBUÉ EN TANT QUE SERVICE AUX CLIENTS
(Photo by Handout / GARDE-CÔTES NÉERLANDAIS / AFP) / RÉSERVÉ À UN USAGE ÉDITORIAL - CRÉDIT OBLIGATOIRE "AFP PHOTO / GARDE-CÔTES NÉERLANDAIS" - PAS DE MARKETING PAS DE CAMPAGNES PUBLICITAIRES - DISTRIBUÉ EN TANT QUE SERVICE AUX CLIENTS
A thermal camera shows the cargo ship Fremantle Highway, on fire at sea on July 26, 2023. Coastguard Netherlands/Handout via REUTERS THIS IMAGE HAS BEEN SUPPLIED BY A THIRD PARTY. MANDATORY CREDIT. NO RESALES. NO ARCHIVES.
Une caméra thermique montre le cargo Fremantle Highway, en feu en mer le 26 juillet 2023. Coastguard Netherlands/Handout via REUTERS CETTE IMAGE A ÉTÉ FOURNIE PAR UN TIERS. CRÉDIT OBLIGATOIRE. AUCUNE REVENTE. PAS D'ARCHIVES.

ici une carte simplifiée qui montre l’emplacement où se trouvait le navire quand il se mit à brûler (ce sont des îles  situées au nord de la Hollande

fin de l’histoire : le bateau brûle toujours un peu mais on a la possibilité de le remorquer, on l’entrepose dans le port d’Eemshaven (Hollande) – c’est par là (pointillés rouges)un peu de géographie (zoom arrière) (le port d’attache, désormais, du navire est signifié du point rouge)

où il restera, dit-on,jusque’à la fin de l’année – (on attend que cesse l’incendie)

 

il y a sans doute une façon d’envisager les choses vis à vis des incendies et des voitures qui gouverne ce type de billet – les bateaux, les avions,les façons de parcourir le monde,celles de faire des affaires et du commerce – quelque chose de la vie humaine -non loin de la guerre cependant – contre le feu, le sel, les éléments – personnelle, cette façon, oui

Une histoire simple

 

 

Je déserte un moment le terrain du cinéma pour parler un peu football, une histoire simple – les événements se déroulent sur un long moment mais les images illustrent ces temps un peu reculés – les mœurs du moment, et puis la suite et puis de nos jours – une belle histoire qui se termine à la fin de l’année dernière (la guerre en Ukraine ? rien à en faire – les choses vont comme elles vont, ainsi que les affaires). Les images sont reprises du canard ainsi que les légendes que j’engage à lire.

Au début de ce conte réaliste se tient la fin des « trente glorieuses » et au cours du « premier choc pétrolier » – (tu te souviens, crâne d’œuf ? un président aux mains baladeuses – safari – diamants – avions renifleurs – oui ? non ?) ici assis avec un de ses homologues (l’émir du Qatar)

en réalité, l’histoire pourrait être sous-titrée France-Qatar – on vend des armes ou des trucs, on achète du gaz et du pétrole – alternance ? Numéro 1

on a les amis qu’on mérite ? Je ne sais pas, l’État est cependant le même, semblable – voyons voir

ah les armes, oui- alternance ? Numéro 2 (ah de la couleur)mes si chers amis (mais de dos) – il faut parler la démocratie, la diplomatie, une autre façon de marcher – les affaires, toujours – alternance ? Numéro 3. Non continuité des affaires – quand on aime hein (le président de la République décore qui il veut)

sur ces entre-faits mais dans la continuité

et puis

les affaires – quand on aime hein (t’as vu ? ça a marché – oui, viens que jt’embrasse)

les années passent – la compétition va commencer (juste un deal – pratiquement quelque chose de normal : tu m’achètes un club, je t’aide pour la coupe, qu’est-ce que tu en penses ? )

Un club ? Non mais je brode…

la vie est belle et on sait comment dépenser son argent – ça va se corser

des fois moins des fois mieux – ou pire(on a remplacé Sepp, il était trop vieux,par Gianni)

  influences aides compétitions performances – ah bah

l’important, c’est de participer, le sport (et le football) c’est d’abord et avant tout que le meilleur gagne ! il faut l’ expliquer peut-être

certes, mais entre amis, on se comprend

la vie est belle, le monde est tel qu’il est, le boycott n’existe pas et les amis sont les amis (bonjour tout le monde – noter la contre-plongée quand même)

et puis la compétition se joue à la régulière (alternance ? 4)

on a perdu, c’est vrai, mais restons beaux joueurs

Fin.
(Provisoire)
(justement oui : add. du 27/06/2023 vers 4 du) il ne faudrait pas croire quel’un des potentats manquants ici chargés par la cinquième constitution de cette république soit absent de ces preuves d’amour – l’abjection de ses jugements de ceux et celles qui l’ont élu, qu’on ne rappelle pas ici, ne peut guère cacher qu’il ne différait que de très peu des divers personnages évoqués ici. Pour tout dire, et signifier le rang auquel se place ce terne élément, mettons qu’en lui s’incarne  l’alternance Numéro zéro

 

Méthodo
parfois je tente de (me) faire croire que je m’amuse – il y a une espèce de tendance à essayer de suivre quelque chose, de bout en bout, du début à la fin – par exemple, de la naissance à la mort – il y a cette tendance – sans doute ce qui explique qu’il m’arrive rarement de terminer les trucs que j’explore, j’envisage, je découvre, je les laisse en plan (d’ailleurs, je n’en ai pas d’autre) – je travaille mais je ne sais pas exactement à quoi, mais je travaille. Je n’aime pas spécialement le football (je préférerais le rugby si tu préfères sauf que depuis quelques dizaines d’années c’est devenu une machine de guerre et je n’aime pas la guerre – du tout), je déteste le sport (je n’ai pas lu le Churchill qui vient de sortir à la fabrique mais j’en ai eu vaguement l’envie – déboulonner les statues tsais) il se trouve que je mène depuis pas mal de mois des recherches (que j’ai interrompues il y a quelques temps) (comme par hasard) qui ont pour point de convergence, focale polaire centrale, la conjonction disons d’événements qui sont anniversaires : la Commune de Paris, l’enlèvement d’Aldo Moro et son exécution, la pandémie et sa forclusion folklorique du début des années 20 (les années folles, comme on sait) (hein). Pour établir disons solidement celui du milieu, je recherche et compile les articles du journal auquel j’ai été abonné (merci encore, tellement) qui ont trait à lui et à son principal (disons) personnage (disons encore) Aldo Moro qui est un des « mot-clé » que j’utilise pour les retrouver (il y a aussi les dates, le mot Italie et d’autres encore que j’ai oubliés plus ou moins) : et il m’arrive de trouver des articles un peu différents – je lis aussi le journal du jour pour en prendre quelques clichés que je fais paraître (entre autres) dans mon « carnet » qui est une prise de pouvoir (partielle) dans un autre blog – je prolonge depuis novembre une modalité d’atelier d’écriture – j’avais déjà, par pas vraiment ailleurs mais dans le même état d’esprit, commis une participation assez copieuse (intitulée 110 images quand même).
Je suis arrivé à un article parfaitement documenté dont je n’ai plus trouvé l’existence (sans doute en manquant l’acte, je suppose, mais je ne peux l’affirmer complètement). En tout cas, les images, pour la plupart, en viennent ; d’autres des développements ultérieurs. Tout reste pendable, des agissements des uns comme des autres (il s’agit en effet d’un histoire simple, peut-être, mais d’hommes, c’est incontestable).
Ici je siffle la fin de ce conte, et je m’en retourne à d’autres agissements.

Extérieur nuit (3)

 

 

 

 

Un dernier développement ici sur le film de Marco Bellochio Esterno Notte (2022) : ce billet pour tenter de poser quelques suites fictionnelles empruntées par le réalisateur et ses scénaristes. Les recherches entreprises ont permis d’explorer par exemple un article des cahiers du cinéma (nouvelle formule) écrit par un des psychiatres amis du réalisateur (ici) .  Beaucoup de choses, bien sûr, restent dans une ombre propice à toutes les interprétations.Voilà quarante cinq ans, à six jours d’ici, on mettait à mort ce type d’une soixantaine d’années, pieux, aimé et aimant (notamment son petit fils, Luca) au prétexte qu’il représentait une société et un système honni.es, haï.es qui se débarrassèrent de lui parce qu’il était gênant pour leur vues politiques. Dans cette occurrence, les partis politiques ont été et restent  lourdement coupables tout comme le Vatican de trahison envers un de leurs plus fidèles serviteurs. La morale n’est certes pas sauve, et ces manquements aux règles les plus basiques de l’humanité ont probablement permis à d’autres encore de poser des bombes (notamment dans la gare de Bologne, le 2 août 1980 : 85 morts, plus de deux cents blessés) aveuglément. Rien de nouveau sous le soleil ? L’humanité en fut gravement blessée,mais il semble malheureusement qu’elle n’en ait tiré aucune leçon.

 

 

Plusieurs incises mettent au jour ou en scène des événements un peu étrangers aux faits qu’on connaît pour être réels. Par exemple la discussion d’un émissaire pontifical (à gauche de l’image)

avec un des avocats des brigades rouges au procès de Turin qui se déroulait dans le même temps que l’enlèvement, la séquestration, la prise d’otage (il y a sans doute plus de raisons qui motivent l’enlèvement dans la mise en place ou scène de ce procès que dans l’avènement inachevé du « compromis historique »). De grosses sommes d’argent sont en jeu : « la merde du diable » comme dit un des intervenants (ou les déjections diaboliques) pour effacer l’enlèvement, construire une négociation, et éviter le pire… D’ailleurs le pape en informe Eléonora, l’épouse (tout aussi pieuse que lui) d’Aldo : une scène les montre devant un tas de liasses de billets de banque

elle vient supplier ici son excellence de l’aider – l’aide est sonnante, trébuchante, inutile –

Le gouvernement (Andreotti) en est aussi informé

tractations, négociations, discussions – inutilement… Le pape trahira son ami sous l’emprise de la politique – il était âgé, certes, et malade, sans doute : est-ce suffisant pour expliquer cette trahison ? probablement (ou pas).

Un autre développement, plus fictionnel encore peut-être, est réalisé à l’occasion des fêtes pascales – on y voit le petit Luca briser l’œuf en chocolat – plus loin, mais dans le même espace-temps, (en flash-back) Aldo raconte à sa famille qu’il a réservé pour elle un caveau qu’il fait creuser – l’endroit où il sera d’ailleurs enterré, dans la plus stricte intimité,  après qu’il aura été exécuté.

La scène de la visite du caveau en travaux, parfaitement fictionnelle raconte quelque chose (la vie après la mort probablement) : étrange et mystérieux – que se passe-t-il après la mort ? que croit-on? en quoi croit-on ? Une autre scène montre l’arrivée d’un prêtre dans la prison du peuple où est retenu Aldo depuis une cinquantaine de jours à présent.  Il semble que, dans les faits réels, cette venue ait été demandée par le futur martyre (du vocabulaire religieux, oui)

où place-t-il la lumière, ce Bellochio? – en amorce,droite cadre, le jeune prêtre

Ailleurs encore, une fausse piste, comme celle du cinéma : le clap indique

« le séquestré »/

réalisation Zapparoli   : ici une explicitation  de la réalisation

en revanche, l’opérateur est bien Francesco Di Giacomo (à ce qu’il semble) : on assassinera le double (en vrai, le triple, le faux, la doublure) dans un simulacre

la réalité est évidemment autre ( fantaisies disait Freud (1) – puis fantasmes…) (on sait en effet que c’est dans le coffre de la 4L rouge, recouvert d’une couverture, qu’Aldo sera mis (tellement inutilement) à mort, vers 6h30, le 9 mai (dans le garage)

D’autres développements, à nouveau, avec souci de réel peut-être, la séquence de nuit où Éléonora va vérifier la fermeture des boutons de la gazinière : en vérité, elle les ouvre, puis les referme

Appropriation du réel (puisque Aldo faisait la même chose – mais dans la narration ici donnée…) – un peu du même ordre que le rêve d’Adriana

On dispose aussi dans la narration qui relate le point de vue d’Éléonora de l’appel téléphonique qu’elle donne à la veuve de l’un des hommes d’escorte de Moro, tué le 16 mars : ici la chambre à coucher du mort, au lit matrimonial, au téléphone blanc – lafemmemédusée stupéfiée sidérée…

Et Éléonora, elle aussi, qui ne sait pourquoi – encore une fiction ?

En tout cas, pour échapper aux embrassades du président de la République Giovanni Leone

Défiance. Les dernières volontés d’Aldo Moro : la plus stricte intimité, personne de la démocratie chrétienne,personne d’autre que sa famille. Car tous l’ont lâché : le pape (ici regardant à la télévision la famille d’Aldo)

comme ses « amis » de la Démocratie Chrétienne

(du parti communiste, il n’est même pas question – cependant, l’un des plus obstinés à ne pas négocier pour sauver la vie du président)

Des six épisodes qu’on nous donne, on retiendra aussi cette image pratiquement subliminale

on y voit trois serviettes cartables attaché-case – les lunettes probablement d’Aldo, des gouttes de sang sur un exemplaire du journal Il Popolo lequel titre

Oggi Il Governo presenta il programma alle camere (aujourd’hui le gouvernement présente le programme aux chambres) – l’énigme des serviettes/cartables reste pendable il me semble (on n’en a retrouve que 4 – il semble qu’il y en ait eu 6…) – le journal reste une preuve – on peut remarquer aussi droite cadre de la dernière image le téléphone de voiture (dernier cri à ce moment-là) : toutes choses qui accroissent la notion de vérité produite dans le film…

 

Un générique complet et détaillé du film peut être consulté ici.
Le recensement des divers articles publiés dans le journal de référence paraissant l’après midi est consultable ici (mise en place à mesure)

les épisodes précédents de cette exploration :
le 1;

le 2; 

 

 

 

 

 

 

 

dispersion 19

 

 

(redite) cette série à l’existence mitigée, se place dans des conditions sociales de production que l’agent ne maîtrise pas – elle vient, passe, s’arrête et recommence comme une espèce de chanson lente, saudade morna blues ce que tu veux – un moment passe, les choses à faire attendent, les financières comme les autres, la santé comme la cuisine, vaguement quelque chose d’une certaine terreur vis à vis de ce monde-là, qu’elle essaye (en pure perte) de comprendre, discerner, distinguer – la mémoire, les sentiments – alliant la dispersion vis à vis du travail à mener à l’existence et la vie de cette maison  

 

il y avait Brigitte Fontaine qui chantait les zazous, non ? je ne sais plus exactement – l’un des batteurs les plus prolifiques de nos années

bonjour la pose (que la paix garde son âme) – étude de cas : ici la main baguée je crois bien

et celui-ci (dit l’gros nanar)

et le bijou

non, rien de plus. Une façon de se tenir

tu reconnais le pont Neuf en bas de l’image droite cadre ? – non loin du quai de Conti où vivait Modiano père, mère et fils –

pratiquement la même époque – la Floride – toujours Paris tu vois –

déjà posée ici, mais on ne s’en lasse pas – le rire oui et la dérision –

passent les vies – pourtant, ses idées ses amis ses pensées

deux fois de suite bizarrement (ici dans La Bandera (Julien Duvivier, 1935))

abject – tant pis, suivi d’une merveille caractérielle aussi mais qu’est-ce que ça peut faire ? le piano et elle, pour toujours pour elleplus contemporain? peut-être – et puis beaucoup de mal à lire ses écrits, notamment L’aveuglement mais j’aime son diminutif, Zé qu’on ne lui accolait peut-être pas – les mains aux hanches, j’adore

et enfin ce couple tellement  rangé calme doux – on ne dirait pas…

 

la série dispersion s’écrit et s’illustre ici 

 

 

dispersion #16 (moyen moyen)

 

 

 

souvent il vaut mieux écouter une jolie chanson – style Les Moulins de mon cœur  pour se souvenir aussi de Cléo – plutôt que de plonger dans ces turpitudes – mais ça ne s’est pas fait : j’ai ouvert le canard (l’agent attend toujours les visites, et comme c’est (enfin c’était) dimanche, il n’y a pas grand monde – cette maison va s’emplir de goules, de monstres, de terribles êtres humains qui existent, pourtant, terreurs et horreurs, mais oui c’est ce monde-là)
entre ici, dis-je, je lisais ce billet* d’un prof à science po comme on dit – arabisant dit sa fiche wiki – historien géopolitiquement – il y parlait de la guerre qui a lieu aux portes de l’Europe comme encore on dit (car l’Ukraine se trouve en de ça de l’Oural) il y était question de ces armes dronatiques – elles sont produites chez gens-là – j’ai cherché quelques illustrations alors, je ne les nomme pas par courtoisie,mais je suis obligé de citer les légendes parce qu’elles mentionnent aussi le pedigree de l’opérateur et de son affiliation – il s’agit probablement d’une espèce de droit d’auteur – il y a donc dans les conditions sociales de production de ces armes ces trois-là 

celui de droite à l’image (mais ils le sont évidemment tous, et même à l’extrême) a mis au monde une fille, laquelle a épousé ce garçon-là (auto-portrait réalisé en  mosquée)

typiquement familial – ici avec le beau-père

un industriel et son commanditaire.
Du trio de départ, voici l’homme qui se trouve à gauche

ici il est avec le précédent (tout autant intitulé « boucher » que le précédent qu’on voit ici

décoré par l’altesse) , là offrant à l’altesse quelque chose de joli

après parfois, il y a des erreurs de casting, c’est vrai – (on aurait sans doute dû,  aux pieds de l’altesse, poser quelque tabouret)

désolé mais il faut que les têtes tombent… – depuis ailleurs mais non loin, l’alternance a porté au pouvoir une autre manière d’extrémiste du même bord, terriblement présent comme son altesse –

(le cliché date de deux ans…) dieu que ces sourires en disent long…

 

(*) étant abonné au canard je tiens à la disposition de qui le voudrait le texte du billet de blog du prof cité plus haut)

 

Non, aucun

 

 

 

ce pays est une tuerie, vraiment – on le voit dans ce film comme on le voyait dans les autres – une tuerie – le film s’intitule Aucun ours un titre qui lui va bien – il a été primé à Venise, au festival nommé Mostra (montrée, affichée je suppose) qui est une manifestation voulue par le fils de l’ordure (tu sais bien, celui qu’on a pendu par les pieds, sur une place de Milan, en avril 1945 – on a oublié, mais dans le pays en question, il n’y a pas tellement de différence si tu veux mon avis) (il y avait dans la péninsule dite ibérique, deux autres types du même acabit, mais qui s’en sont tirés tranquillement, eux) (que ces gens-là soient maudits) – cette manifestation qui a lieu au lido perdure et montre donc le cinéma, mondiale, comme à Berlin, Cannes, Toronto ou Locarno – ce n’est pas tant qu’on aime ce genre de rencontres, mais elles font parler, donnent de l’ampleur et de l’écoute et permettent de ne pas oublier. Il ne faudrait pas parler de ces choses-là parce qu’elles fâchent, ce n’est pas diplomate ni bien élevé (les tortionnaires aiment à rester dans le calme et le silence de leurs geôles).

C’est l’histoire d’un réalisateur de cinéma

qui prend des photos dans un village 

les villageois tentent de le convaincre qu’il a pris en photo un couple illégitime – ce qui est doublement faux : la photo n’existe pas, le couple légitime non plus, sinon dans le fantasme des habitants (lesquels attribuent à la naissance une fille en mariage à un garçon – tu vois le niveau) –  s’ensuivent des développements

des palabres

une espèce de prestation de serment

toute une tradition abjecte et machiste – le monde de nos jours – abus de pouvoir, emprisonnements, mises à mort – il y a ici pourtant ce mouvement Femme Vie Liberté qui existe – il y a depuis quelques mois des révoltes qui tentent d ‘être matées dans le sang – par ailleurs, dans ce film, on en tourne un autre, de l’autre côté de la frontière (du côté turc) mais rien ne va plus non plus

le réalisateur a une patience formidable, une gentillesse à tous égards du meilleur aloi – le monde (ce monde-là mais comme le nôtre) fonce à une allure incoercible –  droit dans le mur

dis-moi, dis qu’allons-nous devenir ? Alors on tente de le conduire ailleurs, ou on tente de le dissuader, ou on l’emmène de ce côté-ci, à gauche par là, au fond

bien sûr que non, par là, il n’y a aucun ours…

 

Aucun ours un film (formidable) de Jafar Panahi (2022)

Ici même :

Trois Visages un autre film, magnifique, du même réalisateur.

Partir (Hit The Road) tout autant, du fils du même.

L’envol

 

 

 

c’est un film réalisé par une femme, Nora Martirosyan – on peut croire dans la relève – qui se passe en Asie centrale (le Haut Karabagh, « république autoproclamée de Transcaucasie », n’est pas une enclave de l’Arménie dans l’Azerbaïdjan – non plus que l’inverse (je ne veux heurter personne, j’ai vaguement l’impression que ce qui intime la guerre aux Azéris comme au Arméniens est du même ordre que ce qui unit les juifs et les arabes – une proximité féconde et une bêtise crasse – laisse ça ne sert à rien) il y a là un auditeur (un type : il est là pour écouter) interprété avec grâce par Grégoire Colin (je crois bien qu’il jouait dans le Barbara de Mathieu Amalric, (2017) oui, il y incarnait l’impresario Charley Marouani – on ne disait pas encore « agent » tsais) là il arrive

il y a des images , comme celle-ci, qui ont quelque chose (certainement un écho de la jeunesse – pays inconnu, vide, bizarre étrange)

pour y parvenir, la route est longue

(je te l’éclaircis mais c’est quand même assez fort le début du jour

) on passe la frontière (oui, voilà, mais laquelle, dis-moi laquelle ?)

la limitation de vitesse est parfaite

il arrive en taxi donc, il est français, il se prénomme Alain, il vient pour faire son boulot, travail turbin chagrin taff normalisé des choses à auditer (c’est comme ça qu’on dit) un rapport à rédiger des constats à établir des déclarations à vérifier : la norme internationale s’incarne en lui (on se demande un peu par qui il est payé, mais on imagine une institution loin dans certains limbes ou arcanes inaccessibles au profane) – il vient, on le reçoit

avoue que, comme accueil d’un client, c’est quand même mieux que ces mains tendues, guindées, présentations conformes etc. – ça le surprend d’ailleurs, sans particulièrement l’étonner pourtant – comme s’il s’y attendait –  une bizarrerie de plus sûrement – le film a quelque chose de bizarre, hors des normes des frontières des lignes – quelque chose de différent – le directeur qui l’avait pris dans ses bras a convoqué la presse, il s’agit de cette femme

mais Alain fait son travail : il n’a rien à dire parce qu’il n’en a pas le droit – rien – il doit vérifier si cet aéroport est bien conforme –

la presse s’en va –

– là-bas un gamin porte des bidons d’eau

on le voit ici à peine, tout petit en bas de l’image un peu à gauche (le halo blanc, c’es la surimpression sur l’image du titre du film qui va apparaître : « Si le vent se lève ») – c’est le site de l’aéroport, il est fréquenté par ce petit bonhomme prénommé Edgar

qui s’enfuit

il vend de l’eau (ces incises sont merveilleuses) ici à une enfant comme lui

là à un travailleur dans une mine de calcaire blanc

un peu partout où il trouve des clients (sont-ils (ou elles) assez crédules pour imaginer des vertus soignantes apaisantes magiques à ce liquide ? peut-être…) des vieilles personnes, des moins âgées – un petit être débrouillard (cette eau singulière, cabalistique peut-être, fabuleuse certainement, il la prend au robinet de l’aéroport, puis s’en va

la fait payer – se constitue un pécule – sans doute a-t-il ses raisons –

ici il a un ami – une connaissance, un voisin, un berger

un fou, un indigène, un autochtone qui cache des armes dans sa bergerie-

je voyais cette image et j’imaginais les ronds dans l’eau qu’ils étaient en train de regarder, tous les deux, là (il y avait cette chanson,là, paroles Pierre Barouh et René le Sénéchal)

assis là, dans cette lumière rose – deux êtres au monde – un drôle de monde – le notre, pourtant, tout à fait – on a donné à Alain un chauffeur pour faire ce travail

du cru, lui aussi – sa femme vient de donner naissance à un fils – scène de nuit, le chauffeur qui parle à sa femme qui, sur le balcon de la maternité, éclaire le visage du môme avec la lampe de son portable – on fêtera cette naissance

et on boira à l’honneur du futur soldat – oui, voilà c’est là, la frontière – il sera soldat ou il sera autre chose – il vivra en tout cas, espérons – mais pendant ce temps-là des enfants s’amusent, trouvent les armes du berger, foutent le feu à la prairie, s’amusent –

des bêtises, comme la guerre – Alain a fait son travail, on l’appelle

mais oui, tout est conforme – le directeur de l’aéroport lui explique la situation : à l’ouverture de l’aéroport correspond la réalité et la légitimité de l’état du Haut Karabagh (ça fait sans doute beaucoup) (peut-être trop)

un appel téléphonique qui vient du siège de l’agence d’audit – ça ne passe pas – ces affaires ne se traitent pas dans ces sphères – mais cette frontière est là, pourtant – et les photos qu’on peut trouver attestent aussi de l’existence ou de la réalité du lieu

– pourtant

– cependant (l’adorable forme des drapeaux, et l’ordre d’iceux-ci)

un seul avion a jamais atterri ici – probablement dans l’ère soviétique – mais depuis, aucun- bien sûr s’ils venaient jamais ils pourraient se poser – tout est prêt, tout est agencé, les consignes de sécurité, les éclairages, les cris enregistrés pour effrayer les volatiles, tout est là – il y a même l’eau courante – mais les seuls avions qu’on peut voir ne sont que mimés

– une nuit, l’auditeur demande à voir cette fameuse frontière qui n’existe pas

il aurait pu y perdre la vie

non ce n’est pas une guerre d’opérette… Une dernière séquence magnifique, un dernier plan enchanté miraculeux inspiré – et peut-être (doit-on l’espérer ?) prophétique

 

Si le vent tombe un film de Nora Martirosyan

 

Je dépose ici le générique qui clôt le dossier de presse du film, parce que hors Edgar et l’auditeur Alain quelque chose, je ne connais pas les prénoms des personnages qui interprètent ici les rôles – ce sont, dit Nora Martirosyan, des personnes fort bien connues dans le pays.

Ah si : (propos de Nora Martirosyan)

Les quatre acteurs qui interprètent le directeur de l’aéroport (Davit Hakobyan), la journaliste (Narine Grigoryan), le chauffeur (Arman Navasardyan) et l’ermite fou (Vartan Petrosyan) viennent majoritairement du théâtre.

 

 

 

 

quatorze (assez familiale)

 

 

 

quand on en aura fini, on passera à autre chose-ainsi pour le moment voici – des mois et des mois d’images – une histoire du personnel de la boite cinéma et chansons je suppose –

Gilberto Gil (à droite) et Caetano Veloso (c’est l’autre) des gens qui ont fait de leur vie une musique – parfois des regrets de n’avoir pas suivi cette voix-là – ça change quoi, les regrets ?

ah oui, aussi quelques tableaux (j’en pose un magnifique à la fin) (ici le prêteur et sa femme, qui est au Louvre – usure trompe l’œil comptes courants) (Quentin Metsys quinzième siècle sans doute) (les images restent troubles) la peinture aussi sans doute avec moins de plaisir (mais je me souviens des craies de Sennelier pastels gras cours du prof des beaux-arts au Louvre justement)

jl’aime bien elle (elle vivait en haut du boulevard Malesherbes je crois – avec sa famille- dix-huit ans – chez ses parents) (une jolie chanson de Souchon)  (un petit cimetière centre – assez ruinée – un fils il me semble) (revient alors Bernard Frank aussi – un peu trop à droite tout ça peut-être) puis Orson et Rita

dont on ne s’interroge pas du penchant (étazunien; hollywoodien; cinématographique; tout ça va dans le même sens, probablement)

ah Golda Meir – le poids du regard – ma grand-mère – aussi vrai qu’Anna Magnani est ma mère – mon père sera Cary Grant –

ici Anna Gruwez, la juge d’instruction belge, formidable  – on pense comme on veut –

et une scène de Bacurau (Kleber Mendoça Filho, 2019)  qui lève le poing, en mauve, Bàrbara Colen – film formidable – et puis voici Piet

Mondrian (esthétique furieusement années 20 hein) (un siècle de passé…) ici une préfète dont j’ai oublié de garder le patronyme (c’est juste pour le costume) (car jamais n’a tué, en effet et nulle part au monde, le ridicule)

(je crois qu’ils’agit de Martine Monteil,patronne de la brigade criminelle,en 2019) laisse va – encore un peu de Bacurau (le final je crois bien)

et pour finir « The inextinguible temptation to leave »

(qu’on pourrait traduire par l’irrépressible tentation de la fuite (ou du départ) (ou de partir) (fuir, là-bas fuir…)  de Mark Rothko

La suite au prochain numéro – s’il y a lieu

 

dispersion est une série destinée à orner les couloirs et les gravats de  la maison[s]témoin