Toujours pas emballé

 

 

le type est là, debout, il se peut qu’il fume mais fenêtre ouverte (les conventions s’appliquent plus sur les lieux de travail comme on sait) (ou pas) il attend patiemment la venue de qui que ce soit – il est là, il n’est pas encore quatre heures du soir, peut-être un rendez-vous – devant lui au delà de la pelouse assez pelée par les temps qui chauffent, le rond-point qui ne sert à rien sinon enrichir certain.es édiles et desservir ce lotissement, obliger le pékin (ou la pékine) à freiner sur la route des vacances ou du travail ou du domicile enfin sur la route – le type fume -attend – et la maison doucement s’enfonce dans le temps et les effrois du monde

 

pour tout dire, on n’y accède pas par la rive droite du fleuve (mais par celle de l’île, oui) – ce serait trop facile – et contre productif; très probablement : la logistique d’entrée dans un tel lieu impose sans doute aussi une plus grande surface libre – peut-être – nous étions là, nous en étions là et nous attendions à peine quelques secondes

(tu sais, comme il faisait assez chaud, je pensais à ces gens qui allaient mourir – de chaud – j’ai pensé ça parce que je savais qu’à l’autre bout de ce qui, ici, marque une entrée, à la sortie donc, se trouvait un hôtel où une nuit peut-être facturée dix mille euros – l’hôtel (climatisé, je subodore) appartient au même milliardaire qui a foutu dehors un certain nombre d’humains pour entreposer là ses articles de luxe) on entre donc, c’est couvert – on entend du bruit (il paraît qu’on intitule ça « design sonore ») pas désagréable d’ailleurs

c’est ainsi que ça se présentait

bien sûr tout le monde en avait un – je n’ai pas vérifié évidemment mais j’avais le mien aussi sinon on ne verrait rien

– c’est fait pour – les camemberts des années 70, les retours de plage les soirées diapos – nous n’étions pas si nombreux et on marchait là-dedans-outre le bruit, il y avait aussi l’odeur – on appelle ça « design olfactif » – j’invente à peine – on ne va pas aller dire que ça puait, tout de même non – mais il n’y avait rien de particulier, quelque chose comme de l’air (ce qui est nécessaire), une certaine fraîcheur – une odeur particulière ? non

on avançait là-dedans comme dans un moulin, les uns suivaient les autres et vice-versa – on pourrait sire j’y étais – j’y suis allé c’était gratuit (si c’est gratuit c’est que c’est vous qui payez : il est fort possible que dans ces mots et ces images, je sois moi-même agi par le dispositif) – depuis lors (ces images datent

 

du 23 juin dernier, ça ne fait qu’une semaine en gros – il faisait chaud, on abandonnait des bébés dans des autos qui grillaient au soleil et les bébés mouraient : ici même on se jetait dans les canaux et on en ressortait mouillés (ou on en ressortait les pieds devant, ça dépendait de la chance, sûrement) (tout pour casser l’ambiance hein…) – sur la gauche de l’image, l’agent qui regarde et sourit à sa machine

que dit-on ? standupper ? instrumentalisation ? influenceureuses basé.es à Dubaï ? où en est-on ? eh bien on avance – on aurait pu revenir sur ses pas, mais pour quoi faire ? – et on sort

des inscriptions tatouées au t-shirt –  bermudas, barbalakons, shorts queues de cheval débardeurs – tatouages oui tatouages à même la peau oui j’oubliai – dehors le ciel est doux ne pas regarder en face mais plutôt vers l’est

pont au change – les bateaux les gens l’eau du fleuve, panoramiquons voulez-vous ?

on peut dîner aussi, sur l’île par exemple (réservation obligatoire – ça ne fait pas de doute – compter 100 e par personne quand même hein)

par là – plus loin, ailleurs – que reste-t-il du pont ?

des embarcations passent, un avant-goût des vacances (les vacances, mais quelles vacances ? pour qui, les vacances ?)

bateau sur l’eau la riviè-re la riviè-re – en face il fallait s’en aller, on ne regardait que devant soi, la rue, les touristes, le quai – puis de loin (cette image-là n’est pas de moi – elle appartient au site de l’artiste) – on s’en allait

non, sinon, rien

 

ah si quelque chose encore, quelque chose bien sûr quelque chose d’autre quelque chose sans le moindre sens de circulation, de flux, ou de parcours – rien non, mais je me souviens

 

 

 

 

 

 

 

Goliarda

 

 

(après un prénom pareil ne s’oublie pas non plus – ça a quelque chose de l’attirance, l’emprise, la volonté de paraître ) – c’est en Sicile qu’elle naquit, à Catane en 24 du siècle précédent – dans notre ère dit-on – et qu’en 94, vers Gaète (cent bornes au sud de Rome

au fond de l’image, le Vésuve…) elle disparut) il s’agit d’un film réalisé par un homme, dont le scénario a été écrit par une femme et lui-même. Et il (me) faut souligner que dans la plupart des plans les actrices ne le cèdent en rien aux acteurs – il s’agit d’un film de cinéma qui raconte probablement quelques mois de la vie d’une écrivaine – la période troublée de la vie de cette femme, Goliarda Sapienza donc – après qu’elle ait été emprisonnée pour vol (des bijoux d’une de ses amies). Il s’agit d’une adaptation (dit la chronique) d’un de ses romans titré L’université de Rebibbia (il fau(drai)t que je me le procure) (add.du dimanche : c’est fait – encore merci !…) – un cinéma fait de retours sur soi ou flash-back – il se peut qu’il ne s’agisse que de quelques mois, au début des années 80, où Goliarda retrouve Roberta, une de ses amies, plus jeune qu’elle, qu’elle a connue en prison. Il se peut que  l’action ne se déroule que pendant quelques semaines (j’aime à le croire). Elles se retrouvent, Roberta et Goliarda et c’est une amitié magnifique et même magique probablement. Quelque chose de la liberté, entre femmes, quelque chose qui fait battre le cœur – un peu comme l’amour. Beaucoup, même mais chacun.e sait que ces choses là ne durent que l’espace d’un moment. J’aurais aimé montrer le dernier plan de ce film , il s’agit de Goliarda sur un quai de Termini la gare principale disons de Rome, Goliarda qui courre

(sur cette image, à la main, Valeria Golino, qui incarne l’autrice, tient un fac-simile de lettre – une lettre qu’un détenu (ou une) tente de faire parvenir à ses proches – on en voit une pleine valise, qui représente le signe d’un cadeau que Roberta fait à Goliarda, avant de disparaître) (à jamais) (pour toujours…)  

et cherche où a disparu Roberta – elle s’en est allée – qui l’appelle, puis qui se retourne vers nous donc et nous regarde. Cut. Générique de fin.

 

J’ai pris quelques images au film-annonce – je les fixe et les donne. D’ailleurs toujours ici comme ailleurs, la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a.

 

dans la cour de la prison de Rebibbia (cette prison me fait souvenir des Brigades rouges, mais surtout des tortures qu’elles eurent à subir, des horreurs…) (dehors tout en étant dedans)

en semblables appareils, d’autres détenues

puis ici Roberta (qui lit…)

lectrice donc – il faudrait se renseigner plus avant, sur la durée du séjour (si on peut le dire comme ça) en prison de Goliarda Sapienza – il faudrait lire aussi son Le fil d’une vie (d’abord chez Viviane Hamy puis au Tripode) – un moment particulier de la vie de l’autrice

cette prison qu’elle décrit comme une université

ici elle parle de son livre L’art de la joie – où l’héroïne prénommée Modesta* fait figure d’un double transparent peut-être de Goliarda

mais surtout une espèce de liberté (un savoir vivre – des mœurs sans entraves)

mais aussi, peut-être surtout (rien de certain là-dedans cependant) écrire

et encore écrire – le film parle des difficultés rencontrées pour la publication de ce livre mais aussi, surtout, des relations tissées avec ses amies , ces amitiés vraies et sincères instaurées en prison, puis ensuite – avec Roberta

puis avec Barbara (ici droite cadre)

et aussi Suzy Wong (gauche cadre – toutes donc co-détenues)

et aussi, dehors donc mais en ville, à Rome

le jour, la nuit, volant des voitures

vite – mais vivre – vite

vite pour n’en rien perdre

et l’écrit pour tout garder

Sûrement.

 

 

* : Modesta est (aussi) le prénom que porte la sœur du premier mari de Goliarda, Francesco Maselli.

Fuori un film réalisé par Mario Martone

 

 

 

dans le flou

 

 

 

 

il y a là un espace

– là aussi l’agent attend simplement

– demain on ira voir sur la place de la mairie qui est celle d’une église, celle d’un marché de poésie, on ira voir – écouter c’est moins sûr

– j’ai posé un fado (Amalia Com que voz) – (avec quelle voix)

– j’ai du mal, j’attends

– je ne sais quoi j’attends

– le jardin, les herbes les volatiles

– je passe  les images ne sont pas au point 

– il y en a des milliers

– sommes-nous seuls dans l’univers ? 

il y a bien le soleil les ondes électro-magnétiques et la musique, sans doute oui – mais tout est flou

– le froid revient

– le chauffage ne fonctionne pas

– une image d’une plage couvre un mur entier, des palmiers, du sable, quelques vagues calmes : c’était dans un appartement, à Argenteuil, qui donnait sur la dalle, j’étais là à faire mon travail les papiers les comptes les aides au logement personnalisées – la ceinture rouge

– tout ça est f(l)ou loin dans la mémoire – loin – il s’agit de cette époque et Bashung chante
peu à peu tout me happe
non, on ne se lève plus aussi tôt, non
la fatigue des ans voilà qu’ils s’accumulent – les artères, les capillaires, les systèmes
il reste du café dans la tasse mais il est froid
on avance on accumule on oublie

et vient de me parvenir :
« Le réel quelquefois désaltère l’espérance. C’est pourquoi, contre toute attente, l’espérance survit. » René Char

ne pas parler de poésie
signer des pétitions, participer à des associations, rester éveillé même si les yeux pleurent un peu sans autre peine que d’être ouverts depuis un moment
un bon moment
quatorze lustres au bas mot et n’en plus rien attendre
contre toute attente
le flux des sentiments le flou des couleurs et de l’avenir

 

 

Le salon de T Episode 4,1

10/05/2024

Bernard…Pivot

Etre sans blesser qui que ce soit ou quoi que ce soit

Vendredi : apprendre à écouter l’autre en ne le niant pas puis en l’écoutant, dépasser la sensiblerie et la susceptibilité.

-Bonjour Madame, je vous écoute…

-Nous avons réservé pour quatre…

-Ah oui, c’est en face, au soleil. Allez-y, je vous suis.

Et nous voilà parti à traverser la grand rue du village, la rue du maréchal de Lattre de Tassigny. Plus long ? Ils ont pas trouvé, m’est avis qu’ils n’ont pas trop cherché non plus. Ca se trouve, plus long.

Nous voilà arrivés sur la terrasse au soleil, je leur désigne la table Henri. Henri parce que la table est à côté de la maison d’Henri, voisin allemand qui vient deux ou trois fois l’année, ami des parents depuis longtemps, malgré la barrière de la langue. Ils tiennent, lui et sa famille, à parler français, mais à chaque fois on sent bien qu’ils ont le même niveau que moi en allemand : bon pour la grammaire, peu de vocabulaire. D’ailleurs il faudra que je m’y remette sérieusement un jour si je veux pouvoir lire Heidegger dans la langue…

La terrasse du métamicien, cela fait maintenant quatre ans que nous l’utilisons comme extension à la terrasse de la Détente. A la base, nous avions acheté le bâtiment pour que je puisse y faire « mon centre de recherches à moua toute seule » puisque je ne voulais, ne veux toujours pas, m’affilier à une université. Enfin, j’y arrive surtout pas. J’aime travailler « seule ». Le bâtiment a trois étages dont deux sont visibles de la rue, le troisième, le sous-sol, n’est visible que côté Loire. Et encore, on le devine plus qu’on ne le voit quand la végétation s’exprime pleinement. En ce moment, elle s’exprime pleinement.

La terrasse se trouve au niveau de la rue, et le dernier étage me sert de bureau. Enfin, me servira de bureau un jour. C’est en cours d’aménagement depuis cinq ans, tout comme l’exposition des toiles de Blanche.

Les gens s’installent.

On a toujours essayé de faire un décor qui nous ressemble, pour être raccord avec le côté « historique » déjà, qui est floralement entièrement entretenu par Brigitte, la mère de Blanche. Et c’est bien heureux. Si je m’avisais de penser à m’en occuper, le décor serait littéralement beaucoup moins vivant. Je  n’ai jamais eu de vert sur les mains. Donc je m’occupe principalement de ce qui apparait « sans vie », des soupières qu’on utilise pas mais que Blanche achète en quantité diamétralement opposée à l’utilisation qu’on en fait, et puis il y a le service de mémé Alice, que j’ai récupéré à sa mort. Tout le service qu’elle a eu à son mariage, probablement dans les années 1950, de Sarreguemines. Quand je l’ai récupéré, c’était pour le mettre à la Détente. Je me suis dit que puisqu’il n’avait jamais servi de sa vie à elle, il pourrait, je l’espérais en tout K, permettre d’arranger un Karma ou deux. Petites pensées à elle de temps en temps.

Les gens s’installent table Henri, sur laquelle j’avais préalablement déposé en décor la soupière de mémé Alice, remplie d’une collection d’œuvres françaises Zincontournables, jamais lues, dans une vieille édition récupérée auprès d’une voisine qui devait vider une maison qu’elle venait d’acheter. Il y a notamment du Baudelaire et du Diderot de mémoire. Jamais lus.

Les gens sont installés table Henri, une famille avec le père, la mère, le fils et la fille, ils sont quatre. Je les installe, leur explique le fonctionnement du restaurant et repart en coulisses pour aider Blanche.

Je reviens quelques minutes plus tard pour prendre la commande.

« -c’est formidable, cette soupière…on dirait un hommage à Bernard Pivot…vous savez Boullion de culture… »

Précision : cela fait deux ans que je mets cette soupière à droite, à gauche, en haut, en bas, sur les meubles, sur le frigo,  bref, qu’elle se balade dans tout le métamicien au gré du temps que j’ai à lui accorder et de mes envies.

Le visage de la femme est ouvert, contente d’avoir trouvé un endroit comme celui-là, et cette soupière lui fait penser que oui, décidément, elle est dans « un autre endroit ».

Las. J’ai trente secondes, peut être moins, pour me décider. J’ai hésité au moins cinq d’entre elles, puis j’ai pris la décision :

« -Je comprends…oui, c’est vrai qu’on pourrait dire ça…mais je vous préviens tout de suite, je ne suis pas fan du personnage… ».

Le visage de la femme se referme un peu, probablement parce qu’elle sait déjà ce que je vais dire, et j’aurais aimé avoir pris le temps de le formuler autrement :

« Oui, je vois ce que vous voulez dire, mais il a quand même reçu beaucoup de monde, tellement de gens…

-Effectivement, et il a aussi reçu Matzneff. »

Je n’ai pas pris le temps. J’aurais dû.

J’aurais du prendre le temps de lui dire que ce n’est pas du tout parce qu’il a reçu Matzneff que je ne suis pas fan du personnage. Premièrement, je ne suis fan de personne. Encore moins de moi. Quoique. Ca se discute. Bref, ce n’est pas parce qu’il a reçu Matzneff. C’est plutôt parce qu’au moment du grand méa culpa de la Littérature Française au sortir des années 70, il a fait un choix éditorial que je n’aurais pas fait. Mais je n’aurais en même temps jamais atteint son poste.

Il a arrêté de recevoir un certain Tony Duvert. Qui a écrit notamment « L’île atlantique », toujours pas lu, mais dans le bureau à l’étage en prévision de quand j’aurais du temps. Ce que j’ai lu de lui pour y goûter c’est  « Le Bon Sexe illustré », qui m’a à la fois fait rire, mais rire, et c’est très rare, et à la fois m’a agacé au plus haut point parce que j’y voyais tout le cheminement faussé et bon à la fois. Comme si il avait cru courir dans un territoire inconnu de tous, mais qu’il s’était retrouvé balisé par toute une culture qu’il n’a pas vu venir. Bref, il s’est fait avoir par son époque. Et ce style !!! Classe !!!

Donc Bernard Pivot, à la bonne époque, parle de lui comme des autres, loue son style et plus encore. Mais au moment de la Grande Lessive Télévisuelle, Tony refuse de se renier en quoi que ce soit. Refuse de s’excuser. Refuse. Refuse. Et refuse encore.

Défendre ou encenser un mort, quel intérêt ?

Sur le fronton de la maison des parents, rue du maréchal de Lattre de Tassigny à Chaumont sur Loire, comme sur toutes les maisons où les parents ont vécu, il y a une inscription, une citation de Lamartine. Ils y tiennent énormément. Sur bois et amovible pour respecter les conditions des Bâtiments de France.

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme, qui s’accroche à la notre et la force d’aimer ? »

Quand les clients me le demandent, je leur répond qu’il y a des jours où je la comprends, et d’autres non.

entre deux sifflements crépitations

Je vais me tricoter une grande veste.
Je vais me tricoter une grande veste de glycine américaine qui est plus petite que les autres et moins show off
Je vais me surjeter et me point-de-rizer du schisandra pour avoir des clochettes rouges et blanches qui se font passer de loin pour des cerises
J’aurai des poches d’érable deshojo qui veut dire face empourprée en japonais, mais ventrues, en gueules de sabots de vénus
Mon dos sera piqueté de pousses de bégonia qui souffre d’avoir un nom de plante de vieux
Et de pousses d’hosta plus grand dedans, cherchant le dépliement
Les clématites me couvriront les bras avec leurs aiguilles à torsades
Mon col sera bordé de lancettes pourpres de passiflore au printemps car ce sera une veste de printemps
Le jacquard des pattes de kangourous sera difficile à faire à cause des bouches velues d’orchidées qui s’ignorent, mais j’aurais le choix de la couleur, rouge orangée et la multiplicité de jaunes, ou encore le violine qui coule bleu
Je m’assiérai sur la terrasse
Le merle et la merlette atterriront brutalement, comme des sauvages, et leurs pattes sur le sol feront top, top, ratop, ratop, vers la gamelle de croquettes pour chat
Dans mon feuillage d’heuchères, corail, chocolat, caramel, bronze, vert salade, je dirai à la merlette qui n’hésite pas à s’approcher juste à mes pieds comment vas-tu ? parce que j’aurai vu la plume presque blanche un peu défaite sur son aile gauche
J’attendrai que les pois de senteur majestic blue sortent de terre et s’enroulent sur les branches tortueuses du saule tortueux le bien nommé
Le géranium presque noir et dentelé ne m’agressera pas
La feuille d’acanthe blanche sera douce avec moi, et molle sous mes doigts comme du caoutchouc
Le cœur de marie montrera qu’il sait faire une forme en forme de quelque chose que les humains connaissent, par bonhommie
L’abutilon sortira ses lampions à jupettes, mais pas tout de suite, d’abord minuscules lanternes éclairées à l’avance
Je me demanderai quoi faire des pucerons sur les naissances si tendres des feuilles de camélia, je ferai semblant de ne pas voir que je ne les ai pas tous enlevés en y passant mon pouce et, en tant que divinité géantissime je me dirai que certaines vies ont de la chance, et puis je ne saura pas quoi faire du problème d’être cheffe décideuse et dominatrice, tout comme je ne sais pas quoi faire d’autres problèmes de chefs autrement plus nuisibles que les pucerons
Solanum pourpre et morelle laciniée ne sauront pas qu’ils sont de la même espèce, quasiment identique à une teinte près, ils feront le jersey du côté droit et du côté gauche de ma veste asymétrique
Je ne saurai pas faire les diminutions
Je ne saurai pas compter les mailles
Je ne saurai pas que le rosier liane de banks avait soif avant d’avoir vu ses feuilles abattues, désarmées, je me précipiterai mais il sera trop tard
Revivre ça n’existe pas
S’en soucier oui
Je préviendrai qui veut que le sophora twist baby prépare de la musique visuelle
Il lance des gouttes brunes deux par deux sur certaines de ses branches desquamées, grises, et l’écorce en dessous sort couleur d’olive
Chaque goutte va s’amplifier et s’accentuer en masque de médecin de la peste
Éclater jaune
Sentir la vanille
Les gens diront : c’est comme des becs de perroquet, je dirai oui ça y ressemble, les gens diront : il y en a tant ! je dirai oui, mais je ne sais pas ce que veut dire cette musique, est-ce qu’il est très heureux dans son pot, ou est-ce que, parce qu’il se sent mourir, il veut donner tout ce qu’il peut avant la fin ? je dirai oui mais je ne sais pas interpréter ce que je vois
Un jour ma veste sera morte
Ma veste de printemps
Ma veste de vent et de déflagrations qui s’entendent de loin
Le mot déflagration est un petit contenant, trop petit pour contenir les râles d’agonies
Ça vibre au loin, c’est tout près
Les ondes courent dans le sol, sous les cailloux de la terrasse
Les échafaudages ne tiennent pas
Ou alors pas longtemps, pas plus longtemps qu’une fleur de cobée cet été, un clignement de l’œil
Je me résoudrai à coudre pour assembler dos et devants et poches et manches de ma veste de printemps avec du seringat et de l’arbre au faisan, et pour cela j’utiliserai la technique du point invisible, mais rien n’est invisible même si tout disparaît
Est-ce que j’ai encore la place au creux des emmanchures de ma veste de printemps pour la plante des fées ? ses feuilles sont raides, piquantes, pointues, teigneuses, pas faciles à approcher ; ses fleurs sont comme un chapeau, celui du joker dans un jeu de cartes, ou bien celui du fou du roi, mais elle s’en fout des fous, et le fatsia aussi, qui monte un étage de feuilles à la fois méthodiquement
Sous l’apparence du fouillis, ma veste de printemps est méthodique
J’entends la double note des mésanges qui disent attention, ou viens là, ou où es-tu, ou je te connais, ou un message plus compliqué et attentif aux modifications
Ce que j’entends ne m’est assez souvent pas accessible
Le rouge-gorge saute d’un pot à l’autre en sachant où il va
N’est pas gêné par les moineaux, il n’y en a pas
À chaque fois c’est pareil, je me dis qu’ils sont tous morts, ou bien morts de peur et cachés
Et je suis soulagée quand ils reviennent, ternes, discrets

Happé

 

 

 

il y aura toujours les chansons
j’espère
je lisais le journal, attablé, œuf mayo salade verte
la salade verte, avec l’œuf et sa mayo c’est tout un
j’écoute dans le poste cette petite merveille
je me prépare à assister aux leçons de Claudine Tiercelin
Métaphysique et philosophie de la connaissance
ce sera pour février si jamais il arrive
tu sais toi, de quoi ce sera fait
demain ?
parfois je me dis « tiens je vais en parler à… »
ou alors « il faudra que je le dise à quand je le verrai… »
il n’est plus
non, des fois la vie est con
des fois, belle
ce matin par exemple

il y a cette chanson qui tourne

Tu vois ce convoiQui s’ébranleNon tu vois pasTu n’es pas dans l’anglePas dans le triangle
Comme quand tu faisais du zèleComme quand j’te volais dans les plumesEntre les dunes
Par la porte entrebâilléeJe te vois rêverA des ébats qui me blessentA des ébats qui ne cessent
Peu à peu tout me happeJe me dérobe je me détacheSans laisser d’auréoleLes cymbales les symbolesCollentOn se rappelleOn se racolePeu à peu tout me happe
Les vents de l’orgueilPeu apaisésPeu apaisésUne poussière dans l’œilEt le monde entier soudain se trouble
Comme quand tu faisais du zèleComme quand j’te volais dans les plumesEntre les dunes
Par la porte entre-bailléeJe te vois pleurerDes romans-fleuves asséchésOù jadis on nageait
Peu à peu tout me happeJe me dérobe je me détacheSans laisser d’auréoleLes cymbales les symbolesCollentOn se rappelleOn se racolePeu à peu tout me happe

j’aime beaucoup ce
où jadis on nageait

je me trouve dans l’angle
dans le triangle
il faut bien tenir le cap
faire avancer le truc
La Maison
tu te souviens sa femme l’appelait la grande maison
elle va fermer
cinq ans durant
seras-tu là
qui saura jamais de quoi demain
sera fait

 

la chanson merveilleuse, Happe Alain Bashung avec Jean-Marie Fauque (ou l’inverse)

les images sont (c)MdBC – croquées plus que « rognées » par PdB

l’avenir est pour bientôt

 

 

 

 

dans ces moments-là, on est pris par quelque chose qu’on ne connaît que mal, déjà croisé déjà ressenti mais déjà disparu tout autant et c’est tant mieux, semble-t-il, tant mieux que ça ne réponde plus, tant mieux qu’on oublie, tant mieux que le calme revienne – il est plus doux que ces ruades, cris, terreurs aussi parfois des drames, non, oublier oui – revenir au film qui n’est rien (on n’en dévoilera que peu, presque rien)  (on est sortis de la salle et que reste-t-il, une image ou deux, un  what the fuck un rire, un sourire qui plisse vaguement les yeux – ici on travaillera à Rome – c’est une ville qu’on aime encore assez) comme on y a travaillé ailleurs (on aurait aussi bien pu en faire un passage numéro deux – cependant cette maison[s] ne cessera pas de tenter de comprendre et aimer et faire partager et continuer à rechercher et encore) ici encore, mais l’affaire est plus centrée sur un cinéaste (Nanni soi-même, je ne sais s’il agit pour son propre rôle) (il se prénomme Guiseppe au générique) et sa compagne /épouse peut-être productrice (Marguerita Buy alias Paola) . Alors commençons par le générique

des acteurs et des actrices

(ce n’est pas très clair, mes excuses)

ça me fait penser à cet humoriste

(j’ai oublié son nom, mais c’était un pseudo) qui poussant la porte d’un opticien

lançait un »salut les bigleux !! » retentissant

Jean-Yves La fesse voilà oui – comédie burlesque – c’est le genre d’ici, en moins burlesque parfois –  je repose les noms du générique en fin – ce cinéaste a toujours eut ses films produits par son épouse – sauf celui-ci – mais elle va avec lui chercher des appuis financiers (des sous en clair) par exemple l’appui des plateformes de nos jours,comme on fait maintenant (type Net-truc) :  et ils se heurtent à une espèce de nouvelle esthétiqueévidemment c’est un peu difficile à accepter et on condescend à tenter d’expliquer 

ça reste difficile – ils s’en vont sidérés

ils feront autrement –

avec des chansons par exemple

et de la dansec’est vrai il y a bien d’autres choses (un autre film, un autre contemporain,une autre disposition), les enfants aussi bien, notamment leur fille qui se marrie

avec un homme plus âgé – cette conjonction entre son film

son état de père

ses relations avec son épouse

ses rêves

et pour finir

évidemment l’amour…

 

Vers un avenir radieux un film (radieux) de Nanni Moretti

 

 

 

sons de maison

Hier quelqu’une est sortie que je ne connaissais pas — je connais maintenant tous ceux et celles qui sortent entre deux clinquements de casseroles, la fenêtre du restaurant donne sur ma cour, et je suis souvent dans ma cour, je fais les cent pas, je réfléchis, je fume ma cigarette électronique parfumée à la pastèque, je suis abasourdie par la fleur du bégonia géant, toute blanche, que je n’ai pas vue se former, je suis curieuse des appendices en formation de mon pied de houblon qui est un pied femelle (« c’est une fille ! »), — Son nom Humulus lupulus vient du latin « humus » qui signifie « terre » et « lupulus » qui veut dire « petit loup » — ce sont de futurs cônes qui sont particulièrement beaux, qui seront bientôt  particulièrement beaux

mais n’en sont à présent qu’à l’étape de commencement, je suis aussi curieuse de la silène à fleurs doubles et des grappes qu’offre l’arbre aux faisans, mais peu importe, ce serait trop long de décrire un par un tout ce que j’ai mis en pots ici, l’idée est que je connais toutes celles et ceux qui sortent dans la cour qui longe ma cour, la dame à l’accent ukrainien qui me salue toujours avec intensité, le jeune homme assis sur une palette pour fumer, la jeune fille à lunettes très discrète, mais hier cette femme que je ne connaissais pas. Elle est sortie. Elle voulait prendre la lumière, ça se voyait. Elle s’est avancée au milieu de la cour qui fait aussi office de parking, avancée à un endroit où personne parmi celles et ceux que je connais ne s’avance. Elle a regardé les toits, le ciel. Elle avait l’air surpris de cette bataille dans le ciel, les mouettes qui par moment deviennent acariâtres, et bavardes et inarrêtables. C’était comme une découverte pour elle. Elle ressemblait à une femme qui n’aurait jamais vu de mouettes. J’ai eu envie d’être cette femme qui n’aurait jamais vu de mouettes et qui découvre.  Ensuite on a entendu des pleurs d’enfants. Cette année les touristes sont très nombreux. Il y a beaucoup de familles. Il y a beaucoup d’enfants. Il y a beaucoup d’enfants qui pleurent. Pas tout le temps, mais régulièrement, ça arrive, les pleurs. Comme une idée qui se rappelle à soi. Quelque chose qu’on aurait oublié. Et j’aime cette femme, parce qu’elle ne découvre pas les pleurs d’enfants, elle les connait. Elle quitte le clinquement des casseroles et les ordres donnés qui s’étendent plus loin que la fenêtre, et elle essaye d’attraper les cris, de voir d’où viennent les cris, ça m’a toujours ému les gens qui essayent de voir. On se tord le cou. On n’est plus tout à fait soi. On désire être transformé par les ondes extérieures. Les enfants pleurent aussi à cause de ça, de l’obligation d’être là sans bouger, d’être obligé de subir l’instant sans bouger, coincés dans une poussette ou collés à une main. Les parents viennent ici parce que c’est un endroit célèbre. Les enfants n’aiment pas la célébrité. Ils trouvent ça légèrement barbant. Aussi, je suis d’accord avec eux. Et les mouettes crient sur la célébrité des lieux et elles les recouvrent de fientes blanches, laiteuses. Elles n’en ont rien à faire de nos sarcasmes et de notre façon de nous habiller, à nous, humains, surtout le dimanche matin quand les cloches sonnent. Ici, quand les cloches sonnent, il y a beaucoup de jupes plissées bleu marine, beaucoup de gens qui sentent le savon et lancent un regard assuré,  déterminé, sans rien qui marque la surprise. Je crois qu’il y a deux camps ici, et je suis du côté des mouettes et des pleurs d’enfants, à côté de mon latin qui dit petit loup, petit loup, comme un surnom gentil qu’on donne.

« C’est le plus important. Tu ne crois pas ? »

Ma mère est ma maison.
Ma mère est faite de texte.
De textes.
C’est de plus en plus visible. C’est ce qui arrive avec les paysages en grands dangers, brossés par le vent, réduits à l’essentiel. Il ne reste plus que la ligne d’horizon et l’armature d’un tronc, un peu d’herbe, le bleu de la mer, c’est tout. Ce qui faisait foisonnement, la végétation dense, les ruelles, les fontaines de Trévise, les habitants et leurs déambulations, les points de vue panoramiques avec la rose des vents gravée sur une table d’orientation, les fêtes folkloriques, les processions de la fête de Saint Bernard, tout ce qui perdait le regard, les cigales la nuit, les nappes sur les tables dehors, froissées, éclairées par les lampadaires, les craintes d’orage et d’inondations, tout s’est enfui, recroquevillé, a disparu.
Il ne reste que quelques histoires droites, réduites au plus simple déclencheur. Ce sont toujours les mêmes. Il ne reste à ma mère que du texte. Elle écrit de moins en moins, et puis plus du tout. Des cartes de vœux, et je ne sais plus la dernière fois qu’elle a rempli un chèque. Ses lettres sont de plus en plus tremblantes, maintenant ce sont des chiffres qu’elle trace, elle fait ses comptes qui sont des contes, car elle ne s’appuie pas sur des données mathématiques. Je veille bien à ce qu’elle ait toujours des stylos à portée de main. Je lui ai acheté un cahier, c’est elle qui me l’a demandé, elle devrait y poser des additions, en tout cas c’est ce qu’elle désire, c’est l’outil de repérage auquel elle se raccroche.
J’ai longtemps cru que rien n’était plus éloigné de ma mère que le texte. Je disais :
elle parle pour ne rien dire
ce qu’elle dit n’a pas de sens
elle dit une chose et son contraire
elle parle pour parler
elle fait de l’air avec sa bouche et ses cordes vocales, c’est ce que j’ai longtemps cru.
En fait, elle est au-delà du texte, ce qu’on peut qualifier de prouesse.
Ou elle se trouve bien au-dessus du texte. Tout en haut. C’est lui qui la porte. Ce sont ses fictions qui la tiennent, soutiennent. Dans le paysage réduit à l’essentiel qu’elle est devenue, sa ligne d’horizon et son tronc sont ses fictions.
Elle me les répète sans arrêt.
On pourrait penser à un problème cognitif, à une maladie dégénérative, à une baisse des capacités logiques, à une perte de raisonnement, oui, beaucoup pourraient le penser, mais elle s’en fout. Elle répète. Elle ne se sent pas malade. Je vais bien, elle dit, et puis j’ai toute ma tête.
C’est le plus important.
Tu ne crois pas ?
Heureusement que j’ai toute ma tête.
C’est bien, je suis contente.
J’ai vendu la maison, je me suis bien débrouillée. J’ai été futée, heureusement.
(la maison a été vendue par obligation, ce n’est pas elle qui l’a voulu ou s’en est occupée, elle me montre le papier du notaire et m’explique qu’il vient d’arriver au courrier, c’est moi qui lui ai donné il y a six mois, nos histoires se chevauchent, parallèles qui ne se rencontreront pas, mais je veille bien à ce qu’elle ait toujours des stylos à sa disposition)
Plus son paysage se minimalise, plus j’augmente le mien, factice. J’ajoute et j’ajoute des pots sur la terrasse de cailloux cernée de murs.
Chaque matin je vais voir si le pied de houblon trouve une nouvelle direction avec sa tête de serpent. J’ai soif de lianes. Les clématites, les chèvrefeuilles et les tiges de cobée s’enroulent ensemble, selon la même chorégraphie indistincte. Les feuilles des capucines de Canaries s’élèvent, larges près du sol, réduites dans l’ascension. Le schisandra croule de fleurs discrètes qui se confondent avec des cerises, et son feuillage de soie cache un peu le géranium menthe dressé, debout. L’akébia n’en finit pas de faire de nouvelles volutes dans sa course avec les haricots géants d’Espagne. En Espagne, lorsque ma mère était enceinte de moi, elle a assisté aux processions, capuchons sombres, deux trous noirs pour les yeux, torches levées dans l’obscur, chants funèbres, et elle a eu peur. Ma mère est ma maison.

les Voiles écarlates

(le réalisateur tient la camera)

 

 

l’agent avait l’intention de décrire ce film par ailleurs tout à fait recommandable mais il s’aperçoit que dans le pack destiné (par la distribution) à la presse (et donc, par là, à la promotion sur les lieux de vente – plv dit-on dans  certains environnements écosystèmes univers, comme il vous plaira) de l’omniprésence  de la figure du (peut-être) premier rôle – voilà qui m’indispose – OSEFU2P* certes des états d’âme de l’agent mais tout de même, ça m’ennuie grââââve.

De là à m’abstenir de parler de ces Voiles écarlates, il y a un pas (d’autant plus grand que je n’en parle pas mais en glose).

Bah, le film est réussi mais son matériel merdique – ici quelques qualificatifs pour puristes

On est bien avancé – mais voilà de nombreux mois que je me pose la question de ces images produites pour « faire parler » (craché-je dans une soupe indigeste ?certes) (au début des années quatre-vingts du siècle dernier, j’avais eu l’ambition de décrire ces films-annonce – j’ai jeté les habits de la thèse avec ou par ou grâce à la nécessité de gagner ma vie) – il s’agit de raconter les quelque vingt (peut-être) premières années de la vie d’une jeune fille – elle perd sa mère qui meurt d’un viol apprendra-t-on – son père revient de la guerre (il s’agit de la première mondiale) (est-ce son père ? c’est son père)

– trouve à s’employer (il dispose de mains d’or) comme menuisier, puis se fait jeter comme un malpropre, on ne l’aime pas au village mais il continue à vivre cependant – sa fille grandit et embellit – le film est une merveille – les images n’en rendent que peu compte (mais n’est-ce pas le jeu ?) (est-ce jeu ?) qu’importe ici la jeune fille(Juliette Jouan, charmante certes)

elle chante est heureuse (mais on ne voit pas son éducation,son avancement en âge comme le film le décrit si joliment) ici son père (Raphaël Thiéry, parfait)

on commandera au menuisier une figure de proue, qu’il réalisera en prenant pour modèle sa femme, morte – cette figure ornera un voilier

on l’aperçoit ici – magnifique – ces voiles-là sont écarlates, certes,mais d’autres viendront du ciel – on en voit d’autres ici (le petit jouet bord cadre à gauche,dans les mains de la jeune fille à douze ans peut-être)

car oui, il y a dans le rôle un peu de magicienne Yolande Moreau (magnifique) , dans le rôle de la mère adoptive disons, Noémie Lvovski (vivante et forte)

et puis la robe écarlate elle aussi

l’amour (dans le rôle de l’amoureux, Louis Garrel sérieux et attachant)

la brouille

le film est magnifiquement écrit, magnifiquement réalisé (le réalisateur est au cadre) et magnifiquement dirigé (on avait vu de lui La bocca del lupo avec une image brouillée et un scénario empli de turpitudes; Bella et perduta raté ais avec quelques images formidables; mais un Martin Eden qu’on avait manqué).
Et une musique formidable, elle aussi (Gabriel Yared, au meilleur).

Pour le reste…

 

L’envol  un film de Pietro Marcello (inspiré (librement dit-on) d’un conte d’Aleksandr Grin (ou Green, ou Grine) titré Les voiles écarlates) (titré Scarlett  (Écarlate) pour l’export)

 

 

  • OSEFU2P : on s’en fout un petit peu