je dispose d’une version étendue du Bird’s lament de Moondog – elle dure unpeu plus de vingt-six minutes – je la fais tourner lorsque j’ai un texte à écrire, pour l’atelier d’été notamment – le temps passe, sans le moindre objet – à quoi ça sert ? Le train avait quarante cinq minutes de retard et des jeunes gens attendaient – deux filles plutôt blanches, l’une en rose l’autre en bleu, trois gars en noir et gris plutôt métèques typés maghreb (ça baisouillait gentiment) – l’un d’eux sur une trottinette électrique tournait ici, emmenait une fille (la bleue) là – l’une d’elles (la rose) alla prendre en photo le panneau annonciateur de retard pour l’envoyer à sa mère « elle va me tuer » – l’un des types « sur l’appli le train est annulé » – on attendait là puis il est arrivé tranquillement – un passage à niveau du côté de je ne sais où avait succombé au soleil – des places réservées, une climatisation rendant à la voiture un climat hivernal – l’arrêt à Surdon est maintenu – des gens comme s’il en pleuvait – c’était un treize juillet (et BC tapait les 84) il faisait sur le quai une chaleur estivale – on revenait de la mer – les bains, les promenades, les sables infinis, les horizons ouatés – les moules frites au cabanon – à disposition, une quinzaine d’images en travelling avant (en vrai, dix-neuf) – et l’apparition d’un arc-en-ciel qui propage la bonne étoile, le bon sens, l’avenir radieux – ces superstitions de l’enfance – je les pose, les dispose et les propose les unes des autres à la suite – la maison ne ferme pas pour l’été mais on ne connaît pas la fréquence de parution des billets – le soir suivant l’équipe perdait face aux Ibères, il y avait sur les trottoirs des centaines de jeunes gens emmaillotés de bleu et buvant de la bière, beuglant des « aux armes citoyens » – tous ensemble tous ensemble ouais – une pathétique horreur – en retard de trois quarts d’heure le train entra dans la gare Montparnasse – le contrôleur intima de poser des réclamations sur le site dont au micro il mâchonnait l’adresse (en italien le w w w se dit wou wou wou) – le métro ne marchait pas non plus que le 96 – on avançait, les images étaient dans le téléphone on était en été il faisait si beau il faisait si doux disait la chanson – des images
(ce sera un) bel été – à vous



















on le sait peu mais c’est oncryable avec quelle const
pardon « incroyable » plutôt