épisode 5 – chez Y, à Y

 

 

 

 

c’en est une autre, pas celle de l’enfance

elle appartenait à un ami – je crois que ses enfants la possèdent encore (mais il n’y a rien de sûr après l’enquête, tu verras si tu vas au bout) – je crois bien qu’il l’avait acquise parce que la sœur de sa femme avait dans le bled (familier (ou populaire) : lieu, village isolé offrant peu de ressources; en arabe : la campagne) (mais lui n’était pas arabe, il était pako – enfin de nationalité anglaise puis française, musulman sa famille au Pakistan) une maison – il me semble me souvenir qu’il s’agissait de la résidence qu’elle acquît avec son deuxième mari (ou l’acquit-il seul j’en sais rien (pas d’appétence pour ce type-là, prof d’anglais trop straight et salaud avec ses belles-filles)) – pour lui, cet ami donc, il s’agissait d’une maison de campagne, une résidence secondaire quelque chose de ce genre – elle était au 8

je te le rapproche pour que tu le voies mieux (ça ne marche pas très bien – il était doré)

ce numéro, je suis sûr qu’il avait été collé là par sa femme – deux petites vis en haut et en bas du chiffre – je l’aimais bien sa femme, on avait projeté d’écrire quelque chose au sujet de son mari et puis c’est tombé dans une espèce d’oubli et puis – et puis (si je cherche je te retrouve une photo d’elle où on ne la voit pas, elle est derrière un livre, un Coran bien qu’elle ni lui n’aient été religieux ou pratiquants , il ne me semble pas – elle enseignait aussi l’anglais, mais en collège je crois bien (son deuxième beau-frère, donc ( tu suis, oui ?) enseignait à la fac lui) – le bled avait la même initiale que son prénom, Y – je l’aimais beaucoup ce garçon-là bien que je ne l’aie connu que peu, et qu’à la fin (plutôt précoce) de sa vie – la maison, on ne la voit pas de la rue

on garait la caisse devant la cabine téléphonique, et on ouvrait le portail vert – tu vois au fond de l’image, c’est l’église du village – à côté il y a un cimetière plusieurs fois on avait installé là (mais lui avait déjà disparu) les objets pour la brocante (une fois l’an, peut-être, vers septembre c’est sûr) (on mangeait des frites) ces arbres sont là

c’est un pigeon qui s’envole, les arbres sont là, derrière le banc à l’arrière plan, on aperçoit à peine les briques rouges

elle avait trois fenêtres sur la façade, une porte, une marquise en verre brouillé, on ne voit pas bien

en haut trois petites chambres (on voit le chien assis de profil, sur la photo d’entrée de billet) tiens la revoilà

– il y avait quelques petites dépendances

on voit à droite de l’image les tuiles rouges de l’appentis, dans lequel se trouvait (entre autres évidemment) la calandre de la petite MG (dans l’imaginaire, c’est avec cette auto qu’ils avaient fait le voyage de Londres à Karachi par la route, en quelques jours, à la fin des années cinquante) –

c’était un type dur en affaire (les artisans du coin n’aimaient guère travailler pour lui – pour lui, à quelque question que ce soit, « non » n’était pas une réponse – il devait être assez chiant, c’est certain, à discuter ceci ou cela) mais nous étions amis, on parlait de son travail (ingénieur ponts et chaussées) qu’il exerçait dans une boîte engloutie par Bouygues je crois bien – on parlait dans sa maison de Cambo-les-bains des pots de vin et de ce genre de dispositions dans ce type de contrats – on riait quand il ouvrait la boite de manchons de canard (non, du cochon, non…) –

on ne voit pas bien, elle est cachée, il y avait une tonnelle sur l’avant du jardin

sur la droite de la photo, en bois – on voit aussi la boite aux lettres sur la droite du portail –

elle était là, puis elle a disparu

on a aussi déplacé la boite aux lettres – on a enlevé le 8 –

si ça se trouve ils l’ont vendue – j’en sais rien – j’ai oublié cette maison – mais tu vois au bout de la rue, là

si tu te rapproches

encore un peu, juste là, à droite de l’église

c’est loin, tout ça, mais enfin pour Y (et dédiées à ses enfants)

2 réflexions au sujet de « épisode 5 – chez Y, à Y »

  1. (c’est bizarre cette boîte aux lettres disparue, mais les choses qui restent, tout ce qui reste, c’est bizarre et c’est bien)

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