la première des choses

 

 

 

black out sur le tennis, cannes, le dôme de chaleur et de Milan – affreux – en face se trouve la scala – osefpm – on reprend du service – sans changer le moindre mot – on avance même si le temps ne fait rien à l’affaire (la barre d’espace de mon ordinateur (de merdalakon, certes)  fait comme la touche du k : elle bloblotte (tout comme, d’ailleurs, le claviste, mais c’est une autre casquette) (on peut suivre les pérégrinations d’icelui en optant pour le mot dit clé « cerisier TEC ») : l’agent est là, debout devant sa baie (elle n’est pas sienne, mais) il est là, derrière à présent sa baie , il fume un clopo attendant le chaland – il faut bien faire quelque chose, alors il attend – pourquoi faudrait-il faire quelque chose au lieu de rien ?  l’agent attend

(normalement, les heures devraient s’afficher, mais) c’est le matin – la veille, la tondeuse a tracé sur l’herbe des allées laissant des massifs d’adventices (ceci emprunté à Jane Sautière – les mauvaises herbes poussent, la nature a horreur du vide etc. etc.) (6h19)

« c’est pas moi qu’on rumine et c’est pas moi qu’on met en gerbe » chantait le poète – il est tôt, il fera sans doute bon, le matin est un enchantement car le monde dort – enfin un certain monde, l’humain – on ne prend pas garde aux autres, ici, on scie la branche sur laquelle on est assis (on arrache les haies, on coupe les arbres, on épand des pesticides, on amplifie les récoltes, les rendements sont bons on remercie le ciel et on achète des machines énormes – l’affaire (ultra-libérale) est faite) – c’est un monde empli de paradoxes (7h14)

on posera les heures (c’estfait) – il est tôt, on lit, on boit du café on écoute les oiseaux s’appeler les uns les autres – on se dit que les choses devraient s’arranger, quelqu’un devrait venir (une femme providentielle tu vois le topo…), sous le cerisier il fait doux : on pourrait jouer aux sept erreurs (jacques faizan ou je délire ?) on a taillé lé cytise, on a sorti la table et les chaises pour déjeuner dîner apérotiser tranquillement – d’un côté du champ, c’est une question de lustres, on a planté des lilas, des cerisiers sauvages, deux bouleaux (mais le locataire en a coupé un sans s’en rendre compte – ses chevaux ont mangé un des tilleuls de l’autre côté – merci bien) ça repoussera dit-il – écœurement – des églantiers, un laurier : ça ne se voit guère (6h16)

de l’autre, même affaire (reconstruire la haie : l’image suivra) avec six érables, un chêne était là, un autre y est venu, un laurier sauce, un buis donné par la voisine de la maison au toit de chaume, une haie de benjès qui ne dit rien – un pin qui a cru pendant des années sur le balcon – un tilleul (au vrai, deux mais l’un d’eux a été tué par le locataire ou ses chevaux – ça repoussera, c’est ça oui) (ça a déjà été dit oui) (8h13)

rien n’est mis en scène, c’est en l’état – on emporte la table pour dîner sous la glycine – on attend Joséphine qui ne vient qu’à la nuit tombée (il s’agit de chauve-souris) on entend Huguette  qui parfois se pose sur le faîte de l’annexe droite cadre (ici une chouette) (j’avais une tante qui se prénommait ainsi – il est vrai qu’elle était d’alliance) (il m’arrive de penser à ma famille, ces nombreuses tantes, ces nombreux oncles, j’appelle mon frère (mes sœurs se taisent dans leur dix-septième arrondissement (le bon, certes)) – au puits on prend l’eau, on arrose on taille la haie tandis que le voisin pousse dessus parce qu’elle le gêne (un huit mai, il tailla toute la sainte journée ses haies, on lui en fit vers neuf heures du soir la remarque,  le type trouva pertinent de répliquer « de toutes façons vous n’êtes pas chez vous » ah la beauté des pensées de ce péri-urbain (et des actes : ça vote à 6 pour 10 pour l’ordure) (ah oui quand même) – il a pris son camping-car et s’est tiré)  on y met des tuteurs ou repousse on taille (7h34)

le matin, la première des choses

 

ici une vue de la haie sud (on n’y voit rien – au fond les frênes dont on se demande s’il ne faudrait pas se séparer)

et là quelques fleurs, pour la route

Jachère de Philippe Aigrain

 

 

(version complétée du noms des hôtes de la galerie Terrasses d’Aligre)

Hier soir j’étais en avance – dans une galerie de la rue Prague (au numéro 5, Terrasses d’Aligre) était présenté l’ouvrage de Philippe Aigrain intitulé Jachère

L’objet est simplement magnifique (il sortait des presses) – la couverture porte deux rabats – des illustrations aux tons chauds – j’étais en avance (je me suis trompé comme souvent) je me le suis procuré (j’avais dans l’idée d’avoir participé à la recherche de fonds qui a été organisée, mais non) (je me suis trompé comme souvent) et je me suis assis – on préparait l’intervention

on voit ici à droite Guillaume Vissac, l’éditeur du livre et des ouvrages de la maison publie.net – l’un des hôtes du lieu (je me renseigne et le cite : merci à vous, Mireille : Pour précision, les hôtes de la galerie sont Myriam Burgi et Philippe Albizzati), vers le fond Joachim Séné qui lirait tout à l’heure – au mur (bord cadre en bas, les agapes post-lectures)
le monde arrivait

et la galerie ne tarda pas à être pleine comme un œuf – chaleureuse ambiance – simple, douce et gaie – comme Philippe (sur l’écran défilaient les images de Roxanne – on aperçoit assise Jane Sautière) – et donc Guillaume présenta le livre (une œuvre assez collective, comme l’aurait, à n’en pas douter, aimé Philippe – mention spéciale à celles et ceux qui le réalisèrent : pour les illustrations (foisonnantes, magnifiques) Roxanne Lecomte; pour l’édition, donc lui – même, et Christine Jeanney (excusée, c’est pourquoi et, entre autres, pour elle que je pose ici ce billet); Marie Cosnay pour la postface; et Benoît Vincent pour l’édition aussi) – puis on lut: Joachim

puis Jane

puis Joachim, puis Jane encore – on écoutait, concentré.es impliqué.es ému.es

puis vint Mireille, l’épouse de Philippe qui, nous parlant aussi de leurs deux filles, Suzanne et Louise, remercia elle aussi pour le livre et sa réalisation (laquelle, posthume fait, cependant chaud au cœur)

une bien belle soirée. On remercie donc.