regarder

Je la regarde cette femme qui regarde, et je vois à travers elle les petits manques, défaillances, ne l’aurais pas vu sans elle ce défaut dans le revêtement… décidément, c’est pas comme si le charme de cette boite à chaussures (suis méchante là mais c’est une vengeance, en être là, à persuader.. et puis c’est idiot, elle n’attend que des habitants, du goût, de la vie,  cette maison… vais penser à elle comme à une toile blanche) comme si le charme de cette toile blanche, donc, suffisait à faire oublier les disgrâces, même les plus légères.. c’est peut-être une femme qui ne peut aimer une maison que si elle est parfaite, ou (oui elle a l’air sympathique) que si les disgrâces n’arrivent qu’en vivant les lieux et en deviennent chers.
et zut il faut que je persuade enfin la direction de résilier le contrat d’entretien.. suis sure que dans le quartier on trouverait une femme pour passer tous les matins.
J’aime bien les visiteurs réservés, qui se taisent et observent, parce que j’ai toujours l’espoir – une illusion sans doute, mais il m’en faut – qu’ils commencent à se voir légitimement présents, qu’ils prennent possession de l’espace
bon l’espace justement, elle le balaie du regard, trop petit ?
Il est temps que j’intervienne.. leur laisser la bride libre, surtout quand, comme elle, ils semblent allergiques à toute intervention, intrusion dans leur vision de leur corps, leur famille, leurs meubles dans ce vide.. mais les tenir, tout de même, les tenir
– Vous voyez….

celle qui est chargée de faire visiter

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