d’un voyage à l’autre #8

 

 

c’est un genre de tribune, images et texte, tous les mercredis ou les vendredis – ça pourrait aussi bien faire une carte postale de réclusion – on en est encore à la réclusion (pourquoi cinq mille et pas huit ou trois ?) (cinémas bars théâtres musées expos restaurants dance floor et autres music hall sont fermés pour combien de temps encore ? pour combien de temps encore ?) (noël sera dissemblable : tous les ans, on essaye d’y échapper – pourquoi ne pas prendre le pli ? – pourquoi aller faire des courses, des achats, des cadeaux dis moi, pourquoi ? pour qu’on nous aime ? )

quelques éléments de mobilier urbain en entrée de billet (quelque part à La Salle, Québec)

les images qui sont ici posées sont déjà médiatisées (la plupart d’entre elles apparaissent sur un rézosocio, en commentaires de signalements sur le tour du monde virtuel – tour je ne sais pas, virtuel donc deux fois plus – au carré dirait un matheux idiot – ce n’est pas qu’une lapalissade) (des images induites par d’autres qui existent donc ailleurs) dans les enceintes, Georges Harisson et son « isn’t it a pity  » – il y a sur le bureau un dossier marqué « dreamland + » lequel contient deux cent quatre vingt quatre éléments (un par jour peut-être, 5 jours par semaine, un ou deux ans de suite – marque de fabrique – ici huit occurrences) (maison[s]témoin des élucubrations – des images  n’en plus finir)

 

aux états, marques de pneumatiques dont l’une licencie à tour de bras ici (près de neuf cents – japonaise – les Conti les Goodyear les autres : les équipementiers automobiles – la crise ?)

quelque part au royaume uni (plus pour longtemps) (l’unité, je veux dire, de ce royaume – parfois je me dis que la disparition de la souveraine aux quatre vingt quatorze balais (sa mère mourut à cent un) (on ne le lui souhaite certes pas) marquera un pas dans cette désunion – que nous apportait ce royaume ? qu’a-t-il fait de ses esclaves  et de ses livres sterling ?

à nouveau aux états, un petit môme sur un banc bleu (l’image précédente le voyait choir de ce banc – un petit enfant noir) –

ici on travaille la couleur (étude en vert), encore aux états – un tropisme sans doute du réalisateur – les jeunes gens qui courent en ville (parfois ils se déplacent en meute – à d’autres moments ils glissent sur des patins à roulettes investissent les rues à la nuit tombée – les jeunes gens à qui appartient l’avenir comme à nous) et de l’autre voyage, quelques images retrouvées dans le dossier « récents » créé sans que j’en sache rien (six cent quatre-vingt documents)

ici c’est à Tandil, cinquante kilomètres au sud est de Buenos Aires (Argentine) (en cette ville se réfugia après guerre et trois années de prison, je crois, Robert le Vigan (acteur de cinéma français, pro-nazi) (il y mourut, à soixante-douze ans : la vie n’est pas chienne) (je regardais et cherchais ici la gare, et une maison bleue)

du côté de Vera-Cruz, un chien qui cherche de l’ombre – et le rose et le bleu – et le regard –

puis une plage à Dunkerque ( les couleurs qui reviennent, la voile blanche comme la peau du type- le nord) – la mer loin, la bâche –

je crois que c’est en Inde, à l’occasion de la recherche inaboutie que j’avais entreprise après relecture – durant les cent cinquante jours de l’inter-réclusion – de Nocturne indien (Antonio Tabucchi, 1984 et 87 en français traduit par Lise Chapuis, Christian Bourgois 10_18 1976)

probablement le contrechamp – c’est à Goa – le royaume était uni alors et le  Commonwealth (le même élan commun, quelque chose dans ce genre, la couronne, le kricket le golf et le polo) – nous disposons aussi de ce genre de folklore (Un barrage contre le pacifique tu te souviens ? ah Marguerite…) – alors les images

ici c’est en  France la construction de l’Iter (réacteur thermonucléaire expérimental et international) à Cadarache – le monde comme il tourne : budget initial : 5 milliards d’euros, le truc n’est pas fini mais le budget a été multiplié par 4 : sur Terre meurent de faim quelques centaines de millions de pauvres… –

deux mômes sur une mobylette à Hanoï (encore que pour les âges, je ne saurais pas te dire) – il faut illustrer, faire en sorte que quelques images de cette maison permettent aux passants de s’enhardir à poser quelques questions, à s’intéresser à ce lotissement – les temps sont durs pour tous – l’atout, c’est qu’elle se situe en banlieue , un jardin, une étendue libre, un air plutôt pur –

elles sont toutes vraies, mais celle-ci plus que les autres sans doute – « comme un petit coquelicot mon âme » quelque chose de ce genre –

La vie facile

 

 

T’en souvient-il de cette chanson qui fait :  » la grande vie/à mon avis/c’est la vie que l’on vit/lorsque l’on s’ai-ai-aime » ?  Je ne me souviens plus, peut-être Zizi Jeanmaire (prénom d’un autre siècle, pas vrai ? mais moi je l’aime bien cette dame, toujours parmi nous jte ferai dire)… Trouvée.

 

C’est l’histoire d’un type de peut-être seize ans qui s’en va de sa campagne (il y laisse une mère, un frère plus âgé marié père d’un enfant -on l’apprend ensuite) pour travailler en ville

(il semble – je n’ai pas fait le travail comme il faut, je n’ai pas lu l’entretien avec le réalisateur; parfois je n’ai pas le temps, je n’ai pas l’envie) (la solitude, sans doute) un boulot de merde comme on dit de nos jours (le film se déroule de nos jours, sorti en décembre 2016, présenté l’année dernière à Cannes à la Semaine de la Critique), quand le bâtiment va, tout va : c’est le cas, semble-t-il à Phnom Penh, capitale du Cambodge, située au milieu du territoire mais sur le Mékong

ici le champ : là où bossent des milliers de gens pour l’établissement de résidences ou hôtels de luxe pour « population solvable » (c’est beau comme de l’antique, l’hôtel de ville y est d’architecture greco-romaine…)

contrechamp : le fleuve – alors « Le barrage contre le Pacifique », un peu comme la mer, et celle de Marguerite (sa mère), la rue Saint-Benoît, Robert Antelme et les années cinquante, ça m’évoque et me dit à l’âme des mots et des choses qui me disposent, fatalement sans doute, très bien à l’égard du film, je le reconnais), le jeune type (il se nomme Bora dans le film – évidemment aussi voilà un prénom qui descend des montagnes sur Trieste tu sais – son nom en vrai : Sobon Nuon, simple et vrai, magnifique) est happé par la grandeur ou la beauté de la ville

(une photo retournée et recadrée prise au dossier de presse, ici au film annoncele clinquant n’est pas douteux, mais n’importe), les couleurs, la joie de vivre et de côtoyer des amis, des garçonscomme des fillesdes histoires eau de rose (comme on voit, le rose, oui), Bora retrouve un frère plus âgé lequel remarqué par un riche américain semble disposer de nombreux atouts

il se nomme Solei (Cheanik Nov) (on ne les connaît pas, non) le voilà qui aide notre héros, les choses vivent avancent, les temps changent, la mère au loin, du coeur, s’en ira, impalpable au loin « fais attention à toi, tu as bien mangé ? » tu sais comment elles sont, et tout parle, Bora grandit sans doute, son frère lui montre la voie ou le chemin, peut-être gagner mais derrière soi abandonner (son amie, son amour, Aza – Madeza Chem – adorable

la vie qui va) nuances, charmes et douceurs, là-bas quand on ne répond pas, ça veut dire oui, trahison sans doute, aidé par un travail au son magnifique de transition et de simplicité fluide, un peu comme dans un rêve

sans tapage ni violence, une sorte de reconversion, quelques années plus tard, épilogue sans doute, Bora installé, bien coiffé propre sur lui, atteignant peut-être une espèce d’idéal légèrement frelaté, le futur se chargera (on ne le lui souhaite pas) peut-être de drames, quelque chose sourd cependant des images…

Fin.

 

Une merveille, « Diamond Island » de Davy Chou (sa photo en entrée de billet).

Dans la bibliothèque des dvd de la maison(s)témoin, à l’extérieur parce que le monde bouge plutôt à l’extérieur, ici il n’est pas douteux qu’on trouve des appartements témoin : voilà une photo pour illustrer le monde de la vraie vie, dans la salle à manger… (Building G, Koh Pich – Diamond Island en khmer – photo copyright Narun Ouk)

Bon appétit…

Alimentaire

 

 

Il s’agit juste d’une sorte d’épicerie – si j’ai bien compris, je ne suis pas complètement certain, je n’ai pas posé de questions (je n’en pose jamais dans ce genre de réunion, en même temps) – réservée aux coopérateurs : ils ont le droit d’acheter des légumes, des produits type fromages etc. et entretien aussi semble-t-il dans la mesure où ils donnent quelques heures de leur temps tous les mois (un peu moins de trois heures je crois bien) (et aussi une centaine de dollars d’inscription, il m’a semblé).

le magasin, capturé par le robot, juin 2009 (devant l’entrée le bénévole -gilet jaune fluo –  qui aide à porter les sacs) 

Ca se passe à New-York, quartier Brooklyn, sous quartier Park Slope entre la 4° avenue et Union street. Apparemment, d’après le film (vu au cent quatre à Pantin- je crois que la maison(s)témoin devient une succursale de ce cinéma-là- entrée libre, salle assez emplie, notamment du fait du début de la « semaine du développement durable » qui commençait hier), le quartier est en phase d’embourgeoisement avancé (on entend ici des gens qui nous donnent des explications sur ce changement dans ce quartier – moi j’y ai vu Belleville et Oberkampf, mais chacun voit midi à sa porte à ce qu’on dit). On fait attention à ce qu’on mange, et aussi à combien on paye pour ces produits de bonne qualité. On a, preuve à l’appui, comparaison faite avec les mêmes produits vendus sous d’autres enseignes, l’évaluation des gains en argent réalisés.

l’épicerie en mai 2011 (apparemment fermée, on attend l’ouverture; sur le banc, assis, deux bénévoles qui attendent aussi de pouvoir raccompagner les clients au besoin : il s’agit d’une des possibilités pour parvenir à devenir client du lieu)

Le film (documentaire d’assez bon aloi) intitulé « Park Slope Food Coop«  est réalisé en 2016 par une personne qui a réalisé le même type de produit, d’épicerie, de lieu dans le dix huitième de Paris, association nommée « La Louve » (supermarché autogéré, ici) (ouverture automne 2016 dit wikipédia bizarrement mais il me semblait connaître le lieu avant). Il s’agit (sans doute) de quelque chose comme du prosélytisme : une réalité sociale de notre monde moderne.

l’épicerie en octobre 2013 (à droite cadre sans doute la remise sous la marquise verte) (l’adresse est 782 Union street donc)

Comme d’habitude, ce type de dispositif n’a pas non plus tellement besoin d’écho : il semble que la situation de ce commerce se tienne assez bien (celui de Brooklyn est installé là depuis 1973 : on entend les précurseurs raconter leur histoire, sympathique et donc, édifiante – la photo d’entrée de billet, c’est eux). De nos jours, il s’agit de notre santé donc. Dans ces temps où les végétaux semblent prendre une certaine importance dans l’alimentation des jeunes gens (je n’en suis plus mais des vieux aussi) (j’en suis, ça va aller) : on fait attention donc, à son (petit) intérieur.

en septembre 2014

(la bénévole qui raccompagne les clients pour les aider a repéré le robot) les enfants sont là, le monde US donc, il fait assez beau (dans le film il pleut, c’est Noël, il neige même). L’important est sans doute plus dans le fait que les flux de produits sont réalisés avec des producteurs locaux et que ces produits peuvent profiter à des personnes dont les ressources sont moindres – produits non nécessairement bio (organic in english) mais achetés avec l’aval des divers coopérateurs – du fait des coûts réduits de la main d’oeuvre, et de la mise en place d’une marge de 20 pour cent unique sur tous les produits.

en novembre 2016

Franchement, les documentaires et moi, nous ne sommes pas très amis (que ce mot a perdu de son sens…) : cette chronique pour signaler ce film, mais surtout pour indiquer ce quelque chose de la mode (peut-être est-ce  cette mode du documentaire qui me fait un peu ne pas goûter le genre ? je me souviens de « Nanook l’esquimau » (Robert Flaherty, 1922) ou des « Trois soeurs du Yunan » (Wang Bing, 2012), ou même de ce « Camion » (Marguerite Duras, 1978) qui peuvent expliquer aussi mon peu de goût pour ce mode narratif)  indiquer ce quelque chose donc qui se passe aujourd’hui dans la haine qui monte (ça commence quand même à faire vingt ans…) pour la grande distribution, la consommation à outrance suremballée et tout le kit qui nous vient de ce merchandising d’outre-atlantique.

On résiste, alors ? (ici, nous autres avons pour nous, cependant, encore, l’appétence pour la gastronomie…)

Food coop, un film de Tom Boothe, 2016.

Photos: courtesy of GSV.