Josef

 

 

 

taleur je vais aller voir le nouveau film de Tony Gatlif – je l’aime beaucoup ce garçon, d’autant que nous sommes voisin – il habite dans la rue du garage de l’auto – j’en parlerai sûrement comme j’ai parlé de Liberté de Djam ou des Princes (c’est probable- je chercherai) et je retrouve sur le bureau de la maison[s]témoin quelques images que j’ai récupérées un jour, je ne sais plus, durant l’un des confinements je crois bien – il s’agit d’images dues à Josef Koudelka – c’est un photographe tchèque (mais plus slovaque) (dans la fin du siècle dernier,les choses et les frontières ont bougé – je ne sais si cela a eu une influence sur son travail, certainement – car tout influe sur le travail des artistes – donc je les pose ici, pour décorer orner parer revoir et me souvenir de mes frères et sœurs

c’est sans ordre préconçu, comme dans le dossier – mais on peut les retrouver je crois bien sur le site (formidable) (j’adore)  du musée d’art moderne de New-York (aka Moma)

(simca blanche)

(je crois me souvenir qu’il s’agit là de pêcheurs espagnols) (non d’Irlande) – pures merveillescette brume

mais oui tout pour la musique

le rite

les enfants

les mythes – enfin tout ce qu’on aime

Formidable.

Merci Josef hein

 

 

C’est à vous, allez-y !

 

 

 

c’est une affaire d’adolescents, au début ils ont dans les quinze ans, à la fin près de vingt – ils parlent assez librement semble-t-il de la vie, de l’amour, des suites et du reste – comment c’est une vie ? comment ça se commence ? qu’est-ce qu’on y voit, quand elle est ouverte (on commence à se connaître par corps, on se défie, on s’adore) ? – il y a quelques couples qui se forment, ou se défont (hommes, femmes, ou alors pas encore) – la musique surtout : c’est un film magique (bon, on s’en fout de la magie mais ça donne une envie de vivre et de se battre et d’être : tout ce qu’il semble que les ans érodent mais non – vazy ont-ils coutume de dire n’importe où n’importe quand hein, c’est ça)

le dossier fait parler le réalisateur (Jonàs Trueba – je ne suis pas sûr d’en avoir parlé ici, un autre de ses films – assez magnifique aussi (le dvd m’en a été offert par A. ) (encore merci) Eva en août – j’en ferais chronique dans Madrid Ville&Cinéma dès que possible – si je peux, j’ai pas mal de pain sur la planche ces temps-ci – notamment le 40 de François Bon) – ici présentés donc huit des personnages qui peuplent ce film formidable – on trouve ces vignettes sur le site du distributeur, elles sont ici détaillées dans l’ordre de mes préférences

un des participants, assez solitaire, sensible, frêle peut-être, extra – un de la classe, un de ceux qui voyageront plus tard, le plus attachant qui tombe en amour de celle-ci

adorable de spontanéité – en vrai tous les acteurs (et les actrices) sont bien – en vrai aussi, si elles (et ils) jouent un rôle, la distinction du film fait en sorte de nous faire sentir qu’il se pourrait que ce ne soit pas exactement le leur – c’est une vraie merveille – ici le rôle principal peut-être

puis son chéri qu’elle rencontre durant le temps du film

sont-ce des acteur.es ou des personnes vivantes ? La limite est toujours, et où que ce soit dans quelque film que ce soit, dans quelque réalité qu’on traverse, cette limite est trouble – ici tout autant –

sensible, adorable aussi et les questions qu’ils elles se/nous posent, celles que nous posons encore ? Que nous posions alors? Est-ce que tu crois qu’on peut oublier franchement ?

beaux et belles comme des dieux – on se cherche, on se trouve (on se prend,on se déprend)

c’est de cet humour-là dont il s’agit – on adore ça parce que c’est vrai, c’est juste, c’est clair et franc – formidable

mais oui, changer le monde, rien de moins – cette ambition saine et splendide – une vraie merveille…

 

Qui, à part nous ?  (Quien lo impide ? en espagnol : qui nous en empêche ? Mais non, personne, allez-y, foncez !!!) Un film (formidable) de Jonas Trueba ( le film passe comme un rêve ; il dure trois heures quarante, il y a deux entractes, on s’en fout, on reste, on revient, on va fumer (ou autre) on fait ce qu’on veut, nous sommes dans un pays libre semble-t-il), on sort cinq minutes, on reprend sa place, s’il y avait le bruit de la croix de Malte qui entraîne la pellicule on n’en serait qu’à moitié étonné – cette vie, cette vie magnifique…)

Partir

 

 

 

un jour je m’interrogerai sur le matériel dont je me sers pour illustrer ces billets (qui est celui dont on dispose auprès des distributeurs, et donc destiné à être exporté auprès des publics potentiels putatifs conditionnels ou hypothétiques ou j’en sais rien) (il s’agit de science du marketing – le cinéma en est friand au point d’y consacrer (il faudrait que quelqu’un compte quand même) mais certainement au minimum le tiers du budget d’un film (quand même ce n’en serait pas la moitié) (il y a certainement ce genre de statistique dans les wtf écoles de commerce (à trente ou quarante mille l’année quand même) qui donnent envie de gerber) (je cesse ici mais n’en pense pas moins) – pas aujourd’hui 

 

ici une chanson qui n’a que peu à voir avec le film (pas certain qu’on l’entende d’ailleurs – c’est sans importance) (je pose Ray quand même en photo d’entrée de billet)

il s’agit d’une route, prise par l’aîné des deux fils d’un couple, il s’en va et jamais ne reviendra… N’en pas trop dire pour ne pas effrayer le petit (ils l’accompagnent tous – la famille (comment se passent les départs, définitifs ? Par la force ? la contrainte ?) ils l’accompagnent donc – c’est l’aîné

qui conduit la voiture, au début (une voiture de sport utilitaire – dont on tait la marque – prêtée par un ami). Il y a dans l’auto un chien (Terry, il me semble (au fond de l’image, dans le coffre)

qu’on a trouvé quelque part) – à l’avant la mère (formidable  Panthea Panahiha), à l’arrière le père (Hassan Madjouhni) et le petit frère (une espèce de star de série télévisuelle dans son pays, Rayan Sarlak) ici à l’image (reprise sur l’affiche du film)

(assez cabot mais semble-t-il vrai dans l’illusion – vrai semblant) le voyage

qui  s’effectue sous nos yeux ne conduit nulle part

– on parlera un peu ensemble (l’aîné avec le père)

ils partagent ici une pomme – sur la route qui conduit à l’exil permanent des enfants

– une terreur une seule voie de sortie – la famille qui a tout vendu

pour acquitter le prix de ce voyage – mais c’est pour vivre qu’il est parti

ou pour ne pas mourir

de l’espoir dans ce voyage

ces paysages magnifiques

et puis

politique absconse d’un état débilitant – mais c’est le leur – des films iraniens qui se font malgré tout – le moyen Orient à feu et à sang, pour son pétrole ? le monde actuel – aujourd’hui – un film réalisé par un homme (il est de 84) dont le père est interdit de tourner (Jafar qu’on aime aussi) – un humour et une douceur magnifiques

merveille sensible et tendre – des cagoules

comme le Kukluxklan, de l’argent, des tractations – et tout à coup, l’aîné aura disparu…

 

Hit the road un film de Panah Panahi

ici le générique

et la suite

 

 

 

Carte postale du jury

 

 

 

 

j’avais l’idée d’une autre chose, mais c’est l’actualité (de laquelle on se gausse comme de notre première quenotte) qui domine la semaine journée (hier 17 mai, en ouverture, le discours)  quinzaine (c’est Cannes) – le président du jury (nommé fraîchement d’ailleurs) (on ne sait plus rien avec ces affaires d’épidémie, pandémie, max pax taxes – on ne sait plus rien prévoir) (le monde est quand même bien fait t’inquiète) a discouru – mis ses lunettes aux verres légèrement teintés – il portait un smoking aux revers pointus (pas très seyant si tu veux mon avis – c’est sans image de lui désolé) (mais enfin tout le monde (?) le connaît, je subodore) cravate noire – le voilà allez

OSEF aussi – mais le discours m’a plu – les images qui suivent sont les plans de coupe (on entend Vinz parler en voix off – on dit – il y a aussi des plans de loin, pour capter l’attention du téléspectateur – parce que la télévision a besoin de capter l’attention du téléspectateur (tu te souviens de l’ordure qui parlait (dieu ait son âme) du « TDCD » – fuck off) c’est de la télé (à éviter c’est pour ça que j’en mets un peu ici, on n’en voit jamais nonplus) (vaut mieux éviter, ça n’embaume guère) – les plans ne peuvent durer plus de quatre ou cinq secondes – ceux sur lui un peu plus – il y avait (c’est sans image non plus) Virginie Efira (ex de la télé) qui faisait la potiche (désolé) cette tristesse de mise en scène c’est à pleurer – c’est la tradition (et le discours en était aussi empreint) il y avait donc plusieurs sortes de respiration : on avait droit donc au discoureur président du jury – donc bon – à d’autres plus larges où le président présidant préside comme de juste et parle et la potiche acquiesce – aux plans large de la salle amphithéâtre où ça devait être deux ou trois mille pékins

(plan à la grue tsais)

tous plus ou moins achalandés en robes de couleurs strass vrais diamants ou smokings du même métal (l’année dernière Spike Lee (président d’alors) en avait revêtu un rose – on fait ce qu’on peut) (Ladj Ly noir de peau comme on sait porte un smoking blanc) et aux images dans un ordre peu chronologique (on doit à la vérité de dire que l’affaire est réalisée en direct – comme dans un match de foot) (c’est sur un chaîne de « service public » (ça ne veut plus rien dire) elle se nomme deux – la chaîne payante a cessé de se faire braire à financer ce genre de rigolade j’ai l’impression)

Et donc ici les plans – du jury long métrage – il y a d’autres sections, et il y a des marchés et il y a des présentations et il y a trois ou quatre mille journalistes accrédités – des chambres d’hôtels à 500 minimum la nuit – des repas à 100 – pas pour n’importe qui – la populace regarde passer les véhicules sportifs mais utilitaires derrière des barrières – on laisse ce monde travailler – le tout est sponsorisé afin de réduire les impôts – il y a certainement un budget qu’il faudrait regarder pour se rendre compte – c’est le cinéma – la crème au moindre film valant son petit million – bienvenue dans le Var – c’est en Provence Alpes Côte d’Azur – on peut venir en avion, par Nice) (cool))

  1. Les membres dudit

large

(les sièges sont en or – celui du président est vide – je t’explique : quatre femmes actrices pour six hommes (un acteur, cinq réalisateurs) – l’honneur paritaire est (presque) sauf) (cependant sur cette image-ci (elle est d’avant hier – repas à la cantine du soir)

qui lève le bras, gauche cadre le délégué général Frémaux) (jury dans son jus – débraillé – enfin détendu, soyons charitable) (qui manque-t-il ? l’une des deux en robe blanche – je pense l’actrice italienne Noomi Rapace)

ou rapprochés

ici l’actrice Jasmine Trinca

là l’actrice Deepika Padukone

et là le réalisateur Ladj Ly (neupape noire chemise noire) (c’est con on voit pas Ashgar Faradi cravate blanche sur chemise blanche j’ai l’impression) 

ici l’actrice Rebecca Hall

2. les membres du public

large

ou rapprochés (pour la palme d’honneur, Forest Whitaker)

ou pour j’en sais rien

est-ce tout ? encore un

 

non c’est juste pour dire – je ne reconnais que quelques visages et puis on s’en fout un peu – le cinéma n’a pas vocation à révéler les vrais visages des vraies personnes non plus – d’ailleurs, qui sait si ça peut exister ? – et d’ailleurs encore, quelle est la vocation du cinéma et en a-t-il seulement une autre que celle de brasser des affaires ? – c’est trop d’honneur pour cette industrie qui ne demande qu’à briller – elle brille, elle brille

Je pose ça là – je retourne au cinéma voir des vrais films

 

 

Toute une nuit

 

 

y penser donne un léger tournis, un milliard et cinq cents millions d’âmes conduites (conduites ?) par un autocrate abject (les diverses exactions de ses partisans font froid dans le dos : des milliers et des milliers de morts au prétexte religieux demeurent et pour toujours sans doute impunis – c’est le cas ailleurs mais oui : bienvenue sur terre…) je te montre juste quelque chose de magnifique

(taxée dans un organe inqualifiable, peut-être, mais image quand même en disant un petit peu long : reçu par sa sainteté durant un repas privé (d’affaires) trois heures – epr plus armes) – qu’importe le flacon…


Il s’agit d’un film composé de centaines de plans apportés d’ici de là par les élèves d’une école de cinéma et de télévision — ça se passe en Inde, à une centaine de kilomètres au sud de New Delhi si j’ai bien compris – FTII Film and Television Institut of India – à Pune – ça ne va rien dire mais tant pis : là juste pour se faire une idée

on s’en fout un peu ? bah on aime les cartes, on aime le monde (pourtant…) – c’est un film où une voix d’on ne sait trop qui (L. est-il vaguement argué) (une femme) (Buhmisuta Das – peut-être la compagne de celui qui signe l’image, Ranabir Das) parle en off comme on dit – on ne la voit pas à l’image, ou du moins on ne sait pas qui elle est : elle lit des lettres qu’elle a écrites (croit-on) à son amoureux qui a disparu (il fait sans doute partie de ceux qui, tout à l’heure, ont disparu victimes des horreurs valorisées prônées demandées souhaitées ordonnées par ce Modi Narendra (maudit, oui) (enfin, j’interprète comme on sait)) tout à coup, elle ne l’a plus vu (il faisait partie d’une autre caste qu’elle, il n’y avait pas d’amour à ressentir pour elle – ou l’inverse : ces choses-là sont, comme le monde, vieilles et usées)

Et donc, il est arrivé un moment où ces étudiants en cinéma/télévision/images animées ou fixes se sont mis en grève (le pouvoir avait nommé, en 2015, un an après son accession au pouvoir, un de ses affidés à la direction de l’école – ça dit quelque chose ?)

un moment où le pouvoir a réprimé, durement, ces manifestations (ça te dit quelque chose ?) – on ne possède pas trop d’images du film (un dossier de presse – des images fixes) – on avance un peu dans l’ombre, le flou beaucoup

lancinante est la voix, et les images assez peu élaborées – impressionnistes peut-être si on veut aller vers leur valorisation : ce n’est pas nécessaire, elles parlent et en disent long, comme la voix – ce sont des juste des images comme disait l’autre – un long plan débute le film, une fête quelque chose de gai, les gens dansent boivent rient jouent

mais je ne l’ai pas trouvé – ça ne fait pas tellement grand chose, non plus, les jeunes gens qui s’amusent, et fêtent quelque chose, un anniversaire, l’obtention d’un diplôme, quelque chose qui aboutit (« c’est comme ça que les choses arrivent » disait je ne sais plus qui un poète, je crois bien) (non, une voix off) et il y a une musique, électro funk ? peut-être quelque chose qui porte à danser

des images, des mots, des sentiments

un pays lointain, l’Asie, l’océan qui porte le nom du pays, des humains pas si différents, tellement semblables – on aime la liberté, qu’on soit d’ici ou de là – et un flux d’images montées les unes à la suite des autres, qui nous parle tellement de ce qui a été ressenti – un système, une façon de contrôler les âmes justement – les humilier, les haïr, les faire disparaître (ça dit quelque chose) – il faut aussi expliciter les conditions de production, ce n’est pas spécialement un film de fiction non plus que documentaire, c’est un film qui indique une direction (la liberté, la joie, l’amour aussi bien – mais en creux) et qui s’y tient – il y a quelque chose de merveilleux dans le cinéma, quelque chose qui indique un chemin qu’on en soit ou pas conscient – il n’est pas innocent qu’il soit réalisé par une femme, si tu veux mon avis (il ne m’étonnerait pas qu’il en soit de même de l’image et du scénario) (on s’en fout : quoi qu’il en soit, ce sont jeunes gens, et comme ailleurs – ici par exemple – il me semble que cette idée soit fondée et défendue – une espèce de relève que j’aime à saluer)

des images des mots de la musique : invincibles (j’adore)

Toute une nuit sans savoir, un film de Payal Kapadia
co-scénariste qui a écrit, avec l’auteure, les lettres dites : Himanshu Prajapati

 

 

les dessins et les images sont tirées du dossier de presse (probablement glané chez le distributeur français du film)

Riace, Calabre

 

 

 

à Becky Moses

 

un de ces jours, il faudra faire en sorte que ce qui se passe en maison[s]témoin ne parte pas sans index – j’y pense depuis un moment sans parvenir à résoudre cette possibilité – mais un autre index (me) devient nécessaire (les nécessités aboutissent toujours à un travail d’ampleur inattendue mais devant le clavier, assis au chaud (blanc hétéro pacsé retraité sans doute dans le statut social) (enfin de multiples avantages, disons) l’inspiration de celles et ceux qui  font réellement quelque chose est toujours porteuse – il me semble – en tout cas je fais en sorte que – j’écris pour que le temp passe – lequel, ce faisant, me conduit où tu sais – je n’ai pas vécu de guerre, dieu merci (comme disait mané) ou j’en sais rien je veux dire : dieu ? merci ? j’en sais rien – je préfère sans doute écouter une chanson (par exemple « I’m on the dark side of the road »  qui me fait faire retour sur la vente de ses chansons par Bob Dylan –

bon le 25 avril marque une date libératoire du fascisme (1945) fin de la guerre en Italie et le reste aussi – ne pas oublier, et les ami.es Portugais.es aussi – un bien beau jour qu’aujourd’hui – 

– ce monde, ce monde-là, celui du divertissement sûrement, comme ce que je fais ici) (je me divertis) mais faisant connaître si ce n’est fait encore des personnes pour qui le monde compte (comme pour moi) – manière de résister, certainement, aujourd’hui que l’ordure brunâtre s’est à peine éloigné – ce racisme répugnant porté par une presque soixantenaire (née le 5 août 68, ça ne peut pas s’inventer) fille de tortionnaire et de voleur – que le sensiblement égal en plus hypocrite en a repris pour cinq ans – aujourd’hui donc vingt-cinq avril débute une façon d’hommage au travail accompli en Italie par Domenico Lucano condamné par la justice de son pays mais surtout par la raison d’État, lequel est tenu comme depuis un siècle (un siècle…) par le fascisme le plus immonde – les choses changent ? je n’en ai guère l’impression… (dire que je vais émigrer un jour, inch allah (comme diraient quelques ami.es) dans le nord de cette péninsule…) n’importe : l’affaire se déroule quelque part par ici

un peu à l’ouest de Monasterace Marina, un village, à quelques kilomètres de la mer (une extension dudit, Riace Marina montre son image

) par là

j’y suis arrivé par l’est, et dès que je l’ai vue

on la discerne à peine, droite cadre, presqu’en haut de la colline, semblant abandonnée

plus près

rapprochée

j’ai pensé qu’elle pourrait être pour moi – j’étais dans un état d’esprit procuré par le livre de Mimmo, le maire de Riace : Grâce à eux, Comment les migrants ont sauvé mon village (Buchet Chastel, 2021),lequel se termine par une évocation des chèvres

nombreuses semble-t-il dans ce si beau pays, si désolé – on voit ici, droite cadre, le chevrier de dos

j’allai voir ce village non pas en touriste (je n’aime pas le tourisme) mais en éclaireur – je me prépare à émigrer (je dois dire, peut-être ici, en cette maison, que mes premières années sur ce monde, se vécurent sous l’égide d’un aphorisme qui m’est resté « la valise ou le cercueil » qui s’adressait plus aux pieds-noirs et autres harkis du pays voisin, je reconnais, mais qui m’a marqué que je veuille ou pas) j’irais en Italie, il y fait plus doux (j’aime ma liberté, peut-être irais-je en Grèce, une île – je rêve – je me demande – j’élabore – j’imagine) j’entrai dans le village

dès l’entrée cette brouette (jte rapproche)

m’affirme que oui, il y a du boulot, du travail à faire, ainsi que dans la première maison repérée – le village, ici, dédié aux saints Côme et Damien qui lorsqu’on les fête (du 25 au 27 septembre) intiment aux habitants d’ouvrir leurs portes aux pèlerins – le village

qui un jour (le premier jour du mois de juillet 1998) vit arriver, en son extension maritime (Riace Marina), venant de Turquie un voilier parti le 24 juin, cent quatre-vingt quatre personnes à bord, toutes kurdes de nationalité, syrienne, turque, irakienne, iranienne.

Voilà près de vingt cinq ans : le sud de l’Italie se paupérise, les mafias pullulent, les réfugiés sont esclavagisés dans des conditions ignobles, voilà vingt cinq ans (au moins) que ça dure – à ce moment-là, Mimmo Lucano pas encore maire (mais presque) , aide à les accueillir, dans la tradition, simplement, de son village. Ils et elles refondent la vie sociale grâce à leur travail sur les maisons inhabitées et abandonnées : on en recherche les propriétaires, on leur demande l’autorisation de remettre en état leurs propriétés, ils acceptent et en échange permettent d’y vivre, on y travaille et les choses se passent. Normalement c’est à dire humainement. Il y a moyen d’espérer.

Ici l’arbre devant la mairie

Les habitants du village élirent Mimmo (Mimmo le Kurde…) maire. On mit en place des nombreux dispositifs pour aider ces « damnés de la terre » que sont les réfugiés de quelque pays que ce soit. Et puis comme on sait en Italie, le fascisme est toujours un peu dans sa position naturelle : il rampe. Vint l’abject salvini, un de ses affidés mit en examen Mimmo du fait de son manquement à l’administration du village : il avait signé un papier aidant une réfugiée à rester en Italie (je pense souvent à la vallée de la Roya (j’y ai travaillé un temps à enquêter le petit train qui relie Limone à Vintimille) et à Cédric Héroux qui enfin est lavé des accusations iniques portées contre lui). Condamné à 13 ans de prison, l’ex-maire (il a été défait aux élections) a fait appel ici, en France, on attend son procès. Et il n’est pas question de laisser faire : ici on exprime notre entière solidarité avec cet homme magnifique   

Le livre s’ouvre sur l’histoire de Becky Moses, qui est morte brûlée vive dans le bidonville de San Ferdinando, de l’autre côté de la presqu’île, là-même où se déroule la trilogie de Jonas Carpignano, cinéaste lui aussi impliqué dans l’accueil et la vie des réfugiés (son dernier film, A Chiara chroniqué ici). Ici aussi l’article lui est dédié : j’ai cherché

le cimetière: cette route sur la gauche de l’image y monte. J’y suis arrivé

il est dit dans le livre de Mimmo « le souvenir de Becky est avec nous pour toujours. Elle repose au cimetière de Riace, entre les niches de la rangée la plus haute: pour la voir, il faut regarder le ciel ». Juste là.

En redescendant, j’ai croisé ce garçon

qui travaille peut-être à rénover cette maison

(ces deux images datent, selon le robot (

dont j’ai trouvé aussi une image) de 2009) : la maison a cet aspect dix ans plus tard, au 22 de la rue du saint Esprit (via Spirito Santo)

J’aimerais bien demander à Mimmo comment s’appelle le type qui l’a rénovée. Je suis certain qu’il le sait. En tout cas, ça ne fait rien, ce qui est fait est fait et il fait parfois beau en Calabre. En partant, comme dans l’épilogue du livre (et comme au commencement de ce billet), j’ai croisé à nouveau ces chèvres

le chevrier et ses trois chiens blancs

Cet article, pour le 25 avril 2022 et la maison[s]témoin (zeugme), en l’honneur de tous les réfugiés du monde et de tou.tes celles et ceux qui les accueillent. Ici même paraîtra, dès que possible, l’index des noms propres et des lieux cités dans le livre.

 

 

 

 

 

épisode 21 – jardin

 

 

 

Il y avait un jardin attenant à la maison

il y a dans les projets l’un d’entre eux qui se nomme VIVRE sans majuscule qui est censé paraître (ou apparaître) le jour des quatorze lustres de l’auteur (quatorze lustres, c’est long – et ça passe comme un rêve) – ici il s’agit du jardin des lustres deux, trois et quatre – ça s’arrête à un moment – c’est autobiographique mais on s’en fout, il s’agit de la maison – contre le mur de briques qu’on verra sur la droite des images rebondissaient les balles jaunes ou blanches de tennis frappées pour l’exercice dit « du mur » – le tennis oblige à cette discipline – au fond de l’image, la maison des B. aux tuiles rouges, le père conduisait une merco 200 diesel voyageur représentant placier en quelque chose – je ne sais pas je n’ai jamais su – j’écris ce billet pour rapprocher le souvenir, je pose sur la platine Patti Smith et son « Horses » dont j’aimais tant l’écoute vers la fin des années 70 – si tu préfères

c’est une affaire entendue, classée terminée – on n’a rien oublié – ou du moins on ne sait pas ce qu’on en a oublié – ça se passe là

ici c’était en juillet 2008 (indique la référence) – en réalité (je ne sais pas trop ce que ça peut bien vouloir dire réalité mais ça ne fait rien)  j’étais en train de me dire deux choses : d’une part, que au toit de cette maison dans laquelle je vécus des années cruciales de cette vie (toutes les années sont cruciales), il y avait ici une lucarne – sur ce pan de toit  (alors qu’il en était une d’un des trois autres greniers qui composait l’étage (outre les chambres de mes deux sœurs) (les fenêtres des chiens dits assis) (on a du la virer mais on a posé des vélux (3) aux autres greniers –

ici ce sera en mai 2011 (haie mieux taillée, arbres assez nombreux – on aperçoit au fond la maison des B.)

de mon temps comme disent les vieillards il n’y avait qu’un seul poirier au milieu de la pelouse, lequel ne donnait rien sinon des fruits comme le bois durs – peut-être est-ce l’un d’entre eux (août 14) qui dominent les autres ?

les fenêtres n’étaient pas de cette eau, ici elles semblent ne pas s’ouvrir sinon en glissant dans leur plan – j’agonis ce genre d’ouverture – ça tombe bien, je m’en suis allé de ces lieux en soixante treize (juin 15)

je n’avais pas vingt ans – le volet à peine entrouvert au premier sur l’image précédente est celui de ma chambre (ex-cuisine, ex-chambre verte – vaguement le sentiment d’avoir déjà déployé cette géographie ici) – haie furieusement bien taillée avoue quand même

juillet 2017, l’un des troènes semble fatiguer – mars 2018 :

décidément on ne verra personne aux fenêtres, on ne verra personne au jardin – on s’en fiche un peu c’est vrai – parfois l’idée revient de m’y rendre, de sonner, de dire « bonjour j’ai vécu ici de septembre soixante à juillet soixante-treize, vous permettez que je regarde comment vous avez arrangé le bazar ? » – juin 2019

en face vivaient les propriétaires (image d’ouverture: la bâtisse de droite mansard et compagnie) tu te souviens de madame Thomas ? elle a passé l’arme à gauche dans les années d’alors – une vieille femme assise à sa fenêtre, la mère de l’huissier ou du greffier enfin quelque chose on s’en fout – (quelque chose de la justice et du droit – quelque chose de propre sur soi – aisé) (on se fout de pas mal de trucs j’ai l’impression, non ?) (c’était il y a longtemps, c’est vrai) – janvier 2022

à peine quelques mois – le troène est malade, les automobiles (électrifiées ces temps-ci) la haie le mur les greniers – et les arbres qui croissent…

 

j’ai oublié, je me vois assez bien cependant y retourner, marcher dans les rues, emprunter celle-ci qui monte – je l’ai fait un jour, dans les années du début de ce siècle, alors que j’avais l’intention, ou simplement l’idée, d’entreprendre avec son épouse, quelque chose sur le voyage de Y. en voiture et au Pakistan à la fin des années cinquante – et puis les choses ont semblé partir et s’éloigner, l’épouse de Y., ainsi que lui en deux mille, s’est éteinte – avril ne pas se découvrir (j’entends bien que le moment n’est pas aux réminiscences, remémorances et autres souvenirs perdus) (le moment est abominable et je me réfugie, probablement, loin dans le temps, loin aux moments pourtant où attentats crimes meurtres et tortures étaient tout autant légion qu’aujourd’hui – la guerre est certainement le fait le plus récurrent de l’histoire des hommes – j’entends bien) – non ça ne fait rien – un raku parfois peut se revêtir de fils d’or – on aime à le savoir – pour ne pas oublier
par ailleurs et dans le même contexte-mouvement-exercice et la même volonté difficile à assouvir, on a à proposer à la revue DIRE quelque chose – on a carte blanche – alors pourquoi pas le premier chapitre de VIVRE ? – tu sais quoi, je me demande mais je continue dans le rouge quand même (celui des brigades)

 

c’est sans le savoir vraiment, mais ça ne me gêne pas et ça  continue l’épisode 10 du raku

Deux amies

 

 

 

 

juste regardé ce film hier soir (c’était mercredi je crois) – et connaissant déjà les deux réalisateurs pour en avoir apprécié une des œuvres (ici, en cette maison[s]témoin même) (ils n’ont que deux films à leur actif) – dans des dispositions semblables il me semble (la guerre dans son horreur civile militaire et humaine – tristement semblable toujours à elle-même) (aux portes de la Pologne cependant on trie les réfugiés, noirs d’un côté blancs de l’autre – on avait déjà fait pression pour d’autres réfugiés, d’autres exilés, d’autres malheureux qui n’avaient pas la même couleur de peau – les Polonais comme les Hongrois ou d’autres de ces obédiences se servent de l’Europe comme d’un bouclier raciste – et l’immonde du Kremlin (lequel finance ici même l’abjecte fille du borgne) fait semblant d’être du bon côté de la morale) (je m’égare un peu mais dimanche qui vient, on passe aux urnes : on a des choses à faire, et d’importance – quand même le piéjacons de ma jeunesse se fait entendre, au loin) – juste regardé ce film, ça se passe en Géorgie (où l’immonde a déjà tenté et réussi quelques annexions – combien de morts, de blessés combien ? et même le compte, qu’en faire ?) (on ne va pas laisser tomber, mais les bras en tombent souvent – simplement la paix serait trop demander – impossible…) ici non plus, il s’agit de l’histoire de deux jeunes filles, quatorze ans, brunes toutes les deux, amies dans la même classe à l’école – il s’agit du passage de ce rôle plus ou moins d’enfant allant chercher le pain à celui d’adulte plus ou moins mariées…

Deux jeunes filles : à droite Eka (Lika Babluani) et à gauche son amie Natia (Mariam Bokeria)

(au moment du tournage elles ont dans les quinze ans) amies

à l’école ensemble (l’école était présente dans l’autre film aussi – et je crois bien cette Lika aussi (il me semble) (c’est ça en effet) – ensemble pour en revenir

ensemble pour s’amuser et rire

rentrer sous la pluie ensemble

danser parler

l’amour de Natia pour ce jeune homme

Lado (Data Zakareishvili) qui lui offrira

en cadeau (allô Sigmund?) (non, mais ça va) cette arme à feu « c’est pour toi » lui dit-il – afin qu’elle puisse se défendre – qu’elle la protège – (à la guerre comme à la guerre est-on tenté de penser mais le film se passerait en 1992 – il se déroulerait à Tbilissi – sorti en 2013 dix ans après la révolution des Roses) – le film raconte les difficultés pour manger simplement

mais elles passent un peu à l’arrière plan

encore que le pain reste une espèce d’arme, aussi

même si ce « on crève la dalle » semble mensonge. Non, tout est lié : Natia est aimée d’un autre (le type du milieu, Kote (Zurab Gogaladze), ici, avec ses quatre acolytes) (il se trouve au milieu de l’image, il ne fait pas partie spécialement d’un certain « milieu »)

et quelque chose échappe ici : ce groupe de jeunes gens, à peine plus âgés que les jeunes filles, s’arrangent bien qu’elle le refuse

dit-elle – pour enlever Natia et lui faire épouser (crois-je comprendre) de force donc semble-t-il le Kote en question… ce qui révulse son amie Eka

Un vieillard la fera taire à coups de poing.
Obscur côté des mœurs, j’imagine… Et le mariage a lieu, qui donne l’occasion au film de montrer Eka

probablement assez libérée de ces contraintes pour danser et faire rire et mimer peut-être une parade, nuptiale et probablement traditionnelle

moment magnifique qui fige dans la réalité ce mariage plus ou moins forcé… Je ne sais pas, mais la relation qui unit les deux amies a quelque chose de sublime (le film entier est sous cette qualité – c’est seulement dans ces conditions que le cinéma confine à l’art) – d’autres éléments le constituent que je tais mais il montre ce passage, ce gué, ce seuil franchi par ces deux amies entre l’enfance et l’âge adulte – peut-être plus du point de vue de Eka

et cette espèce de maxime qui clôt ce film… c’est à ne pas croire

 

 

Eka et Natia (le titre géorgien : Les longues journées claires; le titre à l’export In bloom (soit En fleurs) ) un film de Nana Ekvtimishvili et Simon Gross (2013)

 

 

 

 

 

maison bleue

 

 

ce n’est pas un problème mais une astreinte (c’est aussi ainsi qu’on identifie les personnels qui sont de garde certains jours fériés dans certains établissements) (un peu comme pour les farmacies – à ce propos je ne parviens à joindre le notulographe et comme il a des problèmes de santé et d’équilibre ces derniers temps, j’espère que ce n’est que technique- anéfé ce n’est que technique) (j’aime pas trop ce genre de mood – ça va mieux) j’ai gardé quelques images parce qu’en cette maison, elles vont et viennent au rythme de l’envie du rédacteur (l’agent est d’astreinte, le mercredi en général)

(il aime le cinéma, certes – à ce propos on peut voir ce « De nos frères blessés » (Hélier Cisterne, 2020) qui nous parle un peu de l’Algérie au milieu des années cinquante – une chronique de la vie de Fernand Iveton, et de sa mort par décapitation sur ordre de l’État d’alors (président Coty, premier ministre Mollet, garde des sceaux  Mitterrand : la honte) – mais aujourd’hui il pleut, je n’ai pas le sens de la critique – sans doute suis-je dans une proximité trop contiguë de cette guerre – des images plutôt et d’abord celle-ci pour en (provisoirement) finir avec ce film 

on le voit là (en vrai) avec son épouse, Hélène (elle tient un place forte, dans le film)

– mais pas du cinéma tout de suite : ici Ernst Lubitsch qui pose gentiment avec Jeannette MacDonald

ce qu’elle peut se permettre de faire des (ou aux) hommes, sans doute (duo avec Maurice Chevalier dans le « Aimez-moi ce soir » (Rouben Mamoulian, 1932) y’avait aussi Mirna Loy…) (c’était pas non plus ce qu’elle a fait de mieux) (quant au maurice.. passons) : ça ne nous rajeunit pas : près d’un siècle…) –  non mais on s’en fout pas mal – l’important c’est aujourd’hui, maintenant  et aujourd’hui – mais le propre de cette rédaction c’est sa dispersion – ici une image d’une image de pose

c’est que comme tu sais j’aime beaucoup les actrices (Françoise Fabian, par exemple à cause de l’Algérie, sans doute; Nicole Garcia à cause de son balcon sur la mer – pour ce compartiment du jeu, je veux dire – le Maghreb en gros) ici Jodie Foster parce que j’aime comme elle est, et ce depuis son premier (grand – elle avait 14 ans…) rôle dans Chauffeur de taxi (ça vous a un drôle d’air, traduit hein) (Martin Scorcese, 1976) – mais ce n’était pas exactement le sujet ou l’objet du billet – c’est la crainte et la tentative de ménager ce qui peut arriver dans le monde, la vie, qui m’agit  –

un passage sur les traces de Dreamland Virtual Tour  dans une ville, Birmingham (c’est aux États, en Alabama – l’un de ces états du sud qui adorent le racisme le plus éhonté) (ce n’est pas le propos non plus, mais ça a tendance quand même à écœurer – un peu comme celui qui œuvre aux frontières est de la Pologne – cette pourriture ambiante mais humaine, qu’est-ce qu’on peut faire, sinon se battre contre elle ? ) (pardon, je m’égare) alors c’est au 1801 avenue F que ça se trouve

(à droite part l’avenue, à gauche la 18ème rue) – immeuble de briques rouges, image de 2009 – puis 2011 (rien de spécial) (on aime à être exhaustif – ce qui est absolument inutile) (mais l’utilité reste un concept ou une manière de voir qui m’indispose)

plus tard, 2015 vaguement le sentiment que ça se dégrade un peu

puis 2016 reprise

sur le mur de la rue, dans le triangle blanc cette inscription qui subsiste

jusqu’au terme des travaux

une boite de nuit, j’ai supposé – la rue dix-huitième du nom dans ce bled paumé – la carte que j’ai tenté de centrer sur Birmingham

la dix-huitième rue

(au fond de la perspective, un immeuble qu’on verra bientôt détruit) – l’arrière du bâtiment dans les verts (2011)

puis qui virera aux bleus (2016)

plus tard dans les mauves –

puis cette affiche sur le mur (il s’agit du maire actuel de la ville) (démocrate)

cependant dans la rue, cet arrêt de bus (milieu de nulle part sans doute)

désolé peut-être, en tout cas solitaire

un coin de rue – témoin peut-être – ici un type

et cet immeuble qu’on voyait tout à l’heure au loin et qui m’intriguait – il marque le coin de l’avenue E et de la 19ème rue – on ne le voit plus dans les images assez contemporaines – ici en 2019

de plus près (2012)

déjà à l’abandon) puis 2018 (pas mieux)

jusqu’à 2022 (terminé)

 

 

 

 

 

des arbres en ville

 

 

 

l’évolution des choses – passant un jour par la rue de l’Ourcq revenant du parc – tant de choses y signent le passage (celui du temps où la ville vivait de son travail et non de ses services…) – il y eut cette photo

pas que ce soit particulièrement un quartier que j’aime (le dix-neuf, ça va encore – ça correspond aux moments du travail où on allait, par exemple avec Christian C. manger au restaurant vert qui marque le coin – maintenant tout ça est assez friqué) – l’affaire n’a pas été construite de toute pièce mais fait le pendant d’une espèce de réfection – je suis allé voir dans la mémoire des images – ici il y a dix ans

deux choses au moins : l’industrie du quartier (les garages au fond, voisins, remplacé par la chose en fausse briques marron (immonde – et qui ne l’est pas moins les terrasses en hauteur

et le petit balcon à l’avant dernier… – je veux dire : à qui est-ce destiné à ton avis ?au tout venant ? ) – les arbres (je me souviens de cette incise de Léo « aime enfin les arbres » il disait aussi « fous en l’air tes pantoufles/ mange debout »  ainsi que Zampano le fait remarquer à cette femme qu’il va aimer en sortant du plan et de la pièce où Gelsomina mange des pâtes) (en spéciale dédicace à Kiki) – à cette époque-là, ce lieu était une agence nationale pour l’emploi (ça a changé de nom, maintenant les chômeurs (comme la technocratie courbée et aux ordres les nomme) sont désinscrits – portés ailleurs qu’on ne les voie plus) – la boîte aux lettres n’y est pas encore

mais les arbres – ils sont encore là quelques années plus tard – on détruira (l’image est datée par le robot de mai 2012) (la voici, la boîte, légèrement appropriée)

pour plus tard promouvoir des appartements middle class – septembre 14 (boite aux lettres grisée – est-ce fond de travail ou tentative de la municipalité ou de la poste elle-même de faire disparaître le dessin ? on ne sait) (970 mètres-carrés de bureaux à louer)

à droite, les arbres ont disparu, mais les revoilà quelques mois plus tard

on aperçoit alors la boite aux lettres décorée sublimée par Da Cruz (c’est le quartier de Da Cruz plutôt)

on ne la voit guère – mieux ici

et encore mieux là -petite histoire de la boite aux lettres : mai 2017

puis juillet même année (l’histoire du tagueur tagué)

reprise (juillet 18)

et les arbres toujours (mai 19)

passent les années, les jours et les semaines – détruire dit-elle (ah Margot) (et son corsage) – mars 2020

des arbres, quels arbres ? (aucun d’entre eux ne sera abattu) (la grande classe)

mars 2021 – renouveler réaménager refaire réimplanter implémenter rénover revenir – des arbres ? mais quels arbres ? je la repose, j’apprécie particulièrement la terrasse du premier étage

un bâtiment parisien (géré pour le bien-être des habitants – j’adore) (greenwashing éhonté ? ou yellow standing ?)

(agence parisienne du climat sous ce lien)

(non mais rien)

je passe