Mais c’est qui ?

 

 

Lorsque je repris l’atelier, j’ai cessé avec la prise de tête de la consigne (j’écoute, je lis, je prends des mesures, j’exécute, certes, mais j’ai quelque chose comme besoin de me tenir sur certaines aises) – j’ai lu quelques contributions (j’adore voir et comprendre comment ces ami.es (éphémères, certes) sortent vainqueur.es du bourbier) et j’ai lu et vu la contribution de Françoise Renaud (quelques années de connaissance entre nous) et elle y posa quelques images de ce bourg – j’aime me promener – j’ai l’habitude de croiser le monde – parfois, je le suis – je n’étais pas bien sûr de la façon dont ce petit bourg cévenol était arrivé à la maison mais c’est parce que, aussi, une de mes meilleures amies vit du côté d’un autre, dans le coin, nommé Saint-Ambroix (enfin le coin je ne sais pas bien, non loin par là (vers l’est) dans un certain sud de la France) (un jour on y fut, il y avait en haut de la colline des mimosas, une maison abandonnée – elle est en réfection me dit-elle) oui, c’est pour ça : une sorte d’envie de voyage, un épisode de quelques heures jours ou semaines – mois qui sait mais l’hiver me pèse, tu sais – ces temps-ci où rallongent les jours sans qu’on parvienne à y prendre goût – et passant par là, donc, je me disais « il n’y a donc personne » car les rues furent vides un moment – puis à y regarder de plus près, moins – donc ces gens, ces gens-là, mais qui est-ce donc ? 

 

En vrai, le village, le bourg, l’endroit ou la commune débute sur la rive opposée de la Vis  (par là elle va grossir l’Hérault)

rive gauche donc – il y a là une cascade (contrechamp)

y regardant de plus près, trois ou quatre humains

difficile à dire – si on veut aller voir c’est par là

mais non, on avance et, pour tourner à droite, on laisse la départementale (cent-dix je crois bien)

et on croise cette maison :

derrière les arbres sous la véranda

est-ce un signe à l’auto enregistreuse

il semble – on passe – on avance rues étroites personne, pratiquement – puis un homme qui promène son chien (peut-être vaque-t-il, est-il sorti fumer, qui peut savoir) (il est loin, est inscrit quelque chose sur son vêtement)

on prend à gauche, une petite rue qui tourne – monte – fait bon on dirait pas vrai (surtout à l’ombre, oui)

un type qui monte dans sa camionnette (décoration peintures quelque chose) (on ne le verra plus) à la fenêtre du premier étage

(regard caméra) (soleil irisé) rue étroite

elle et il s’écartent – lui

elle

si je pensais qu’il était quelque chose comme onze heures et demie c’est qu’il y a, au bout de la rue ce bar du jardin, cette espèce d’ardoise, ce menu (11,90e ça va encore – les clichés datent de 2016 (ou 14) il me semble – cinq ans au moins)

plus loin, cette petite affichette qui indique

que c’est ouvert, à droite par là – en effet

il s’agit de l’Escope du jardin (kézako l’escope? j’ignore), il y a là quelqu’un, il regarde – je pars, c’en est presque fini – ici le foyer

si on me demande, je dis que c’est un maire ce Jean (un ex-maire) – ou Jacques – ou Jérôme – ou quoi – enfin Rouquette oui –  ces images, presque les dernières, suivantes, bordent le cimetière (je me sentirai plus en fin d’après-midi – j’aurai mangé, on aurait mangé, on se serait un peu assoupis sous les platanes, l’ombre de la place aurait rappelé celle de l’Île-Rousse)

elle aussi promènerait son chien – on passerait doucement, en se retournant

elle nous aurait probablement déjà oubliés – on s’en va, il y encore lui – parait décidé

au revoir

on part

 

L’envol

 

 

 

c’est un film réalisé par une femme, Nora Martirosyan – on peut croire dans la relève – qui se passe en Asie centrale (le Haut Karabagh, « république autoproclamée de Transcaucasie », n’est pas une enclave de l’Arménie dans l’Azerbaïdjan – non plus que l’inverse (je ne veux heurter personne, j’ai vaguement l’impression que ce qui intime la guerre aux Azéris comme au Arméniens est du même ordre que ce qui unit les juifs et les arabes – une proximité féconde et une bêtise crasse – laisse ça ne sert à rien) il y a là un auditeur (un type : il est là pour écouter) interprété avec grâce par Grégoire Colin (je crois bien qu’il jouait dans le Barbara de Mathieu Amalric, (2017) oui, il y incarnait l’impresario Charley Marouani – on ne disait pas encore « agent » tsais) là il arrive

il y a des images , comme celle-ci, qui ont quelque chose (certainement un écho de la jeunesse – pays inconnu, vide, bizarre étrange)

pour y parvenir, la route est longue

(je te l’éclaircis mais c’est quand même assez fort le début du jour

) on passe la frontière (oui, voilà, mais laquelle, dis-moi laquelle ?)

la limitation de vitesse est parfaite

il arrive en taxi donc, il est français, il se prénomme Alain, il vient pour faire son boulot, travail turbin chagrin taff normalisé des choses à auditer (c’est comme ça qu’on dit) un rapport à rédiger des constats à établir des déclarations à vérifier : la norme internationale s’incarne en lui (on se demande un peu par qui il est payé, mais on imagine une institution loin dans certains limbes ou arcanes inaccessibles au profane) – il vient, on le reçoit

avoue que, comme accueil d’un client, c’est quand même mieux que ces mains tendues, guindées, présentations conformes etc. – ça le surprend d’ailleurs, sans particulièrement l’étonner pourtant – comme s’il s’y attendait –  une bizarrerie de plus sûrement – le film a quelque chose de bizarre, hors des normes des frontières des lignes – quelque chose de différent – le directeur qui l’avait pris dans ses bras a convoqué la presse, il s’agit de cette femme

mais Alain fait son travail : il n’a rien à dire parce qu’il n’en a pas le droit – rien – il doit vérifier si cet aéroport est bien conforme –

la presse s’en va –

– là-bas un gamin porte des bidons d’eau

on le voit ici à peine, tout petit en bas de l’image un peu à gauche (le halo blanc, c’es la surimpression sur l’image du titre du film qui va apparaître : « Si le vent se lève ») – c’est le site de l’aéroport, il est fréquenté par ce petit bonhomme prénommé Edgar

qui s’enfuit

il vend de l’eau (ces incises sont merveilleuses) ici à une enfant comme lui

là à un travailleur dans une mine de calcaire blanc

un peu partout où il trouve des clients (sont-ils (ou elles) assez crédules pour imaginer des vertus soignantes apaisantes magiques à ce liquide ? peut-être…) des vieilles personnes, des moins âgées – un petit être débrouillard (cette eau singulière, cabalistique peut-être, fabuleuse certainement, il la prend au robinet de l’aéroport, puis s’en va

la fait payer – se constitue un pécule – sans doute a-t-il ses raisons –

ici il a un ami – une connaissance, un voisin, un berger

un fou, un indigène, un autochtone qui cache des armes dans sa bergerie-

je voyais cette image et j’imaginais les ronds dans l’eau qu’ils étaient en train de regarder, tous les deux, là (il y avait cette chanson,là, paroles Pierre Barouh et René le Sénéchal)

assis là, dans cette lumière rose – deux êtres au monde – un drôle de monde – le notre, pourtant, tout à fait – on a donné à Alain un chauffeur pour faire ce travail

du cru, lui aussi – sa femme vient de donner naissance à un fils – scène de nuit, le chauffeur qui parle à sa femme qui, sur le balcon de la maternité, éclaire le visage du môme avec la lampe de son portable – on fêtera cette naissance

et on boira à l’honneur du futur soldat – oui, voilà c’est là, la frontière – il sera soldat ou il sera autre chose – il vivra en tout cas, espérons – mais pendant ce temps-là des enfants s’amusent, trouvent les armes du berger, foutent le feu à la prairie, s’amusent –

des bêtises, comme la guerre – Alain a fait son travail, on l’appelle

mais oui, tout est conforme – le directeur de l’aéroport lui explique la situation : à l’ouverture de l’aéroport correspond la réalité et la légitimité de l’état du Haut Karabagh (ça fait sans doute beaucoup) (peut-être trop)

un appel téléphonique qui vient du siège de l’agence d’audit – ça ne passe pas – ces affaires ne se traitent pas dans ces sphères – mais cette frontière est là, pourtant – et les photos qu’on peut trouver attestent aussi de l’existence ou de la réalité du lieu

– pourtant

– cependant (l’adorable forme des drapeaux, et l’ordre d’iceux-ci)

un seul avion a jamais atterri ici – probablement dans l’ère soviétique – mais depuis, aucun- bien sûr s’ils venaient jamais ils pourraient se poser – tout est prêt, tout est agencé, les consignes de sécurité, les éclairages, les cris enregistrés pour effrayer les volatiles, tout est là – il y a même l’eau courante – mais les seuls avions qu’on peut voir ne sont que mimés

– une nuit, l’auditeur demande à voir cette fameuse frontière qui n’existe pas

il aurait pu y perdre la vie

non ce n’est pas une guerre d’opérette… Une dernière séquence magnifique, un dernier plan enchanté miraculeux inspiré – et peut-être (doit-on l’espérer ?) prophétique

 

Si le vent tombe un film de Nora Martirosyan

 

Je dépose ici le générique qui clôt le dossier de presse du film, parce que hors Edgar et l’auditeur Alain quelque chose, je ne connais pas les prénoms des personnages qui interprètent ici les rôles – ce sont, dit Nora Martirosyan, des personnes fort bien connues dans le pays.

Ah si : (propos de Nora Martirosyan)

Les quatre acteurs qui interprètent le directeur de l’aéroport (Davit Hakobyan), la journaliste (Narine Grigoryan), le chauffeur (Arman Navasardyan) et l’ermite fou (Vartan Petrosyan) viennent majoritairement du théâtre.

 

 

 

 

Artisteries 5

 

 

 

faut-il croire que le syndrome contemporain des « séries » m’ait à mon tour contaminé ? (contaminé est un mot « à la mode » comme disait le lombardidier) (on ne sort pas les fusils, non, mais enfin…) (j’agonis pourtant les séries : elles nous racontent des histoires et les histoires, comme on sait peut-être, ne font pas avancer la vérité) (elles ne nous disent rien) (encore que  celle-ci (la vérité) ne soit pas non plus un but existentiel) (chacun.e fait ce qu’il peut : j’essaye de ne pas (me) mentir) (je suis sur d’ardents charbons : j’en termine et je n’ai rien écrit encore…) peu importe ces scrupules de puceau (ce genre de métaphore me ravit) (ou de pucelle, soyons justes) (je suis plutôt adepte de la sincérité) : ici le cinquième volet d’une espèce de recherche dont je ne saisis pas parfaitement la problématique, on verra, mais qui constitue cependant la trame, le tissu, le fond ou le décor d’un film The Artist dont je tente, par ces billets, d’analyser la teneur. Dans cette maison, qui plus est, j’ai déjà donné pas mal de génériques : je continue…
Le cadre est celui des images, et notamment, de leur révolution expressive : il s’agit de comprendre comment, ou en quoi, le son apporte quelque chose d’autre au cinéma (aux images de cinéma) – et quoi si possible. Le dessin est en creux : j’ai opté pour recenser les diverses options qui dans le film-même indiquent des sons mais ne passent pas par le bruit, ou l’ouïe : dans ce sens-là (aux deux sens) (on ne va pas tarder à s’y perdre : mais non) on analyse ici les génériques qui opèrent dans le film. Il en est un au début, plusieurs intérieurs (traités ailleurs), et un à la fin. De celui du début et de celui de la fin, il n’y a guère à dire : ce sont des nécessités pour tout film (nécessités juridiques, notamment : on crédite ainsi telle personne d’une participation à telle profession, et de ce fait, cette personne exerce cette profession et devient ce qu’elle prétend être). Ces indications pour parler des génériques intérieurs à la narration proprement dite du film. Ailleurs, les génériques qui investissent Peppy Miller dans son rôle de premier plan.

On trouvera ici le générique (long comme le bras, in extenso) du film.

  1. Générique de début.

Je ne pose que deux des cartons qui le composent : mettons le titre

on le voit : la police de caractère (probablement quelque chose de vieillot), une esthétique à la « Harcourt » qui réfère directement au temps de la diégèse (la lumière qui vient d’en haut à gauche, un spot qui produit une espèce d’ellipse) et puis les postes et les noms

(on remarque cependant aussi que les prénoms figurent ici à chacune des lignes, ce qui n’était pas le cas dans les génériques que singe celui-ci) (il y a beaucoup d’emprunt de tous ordres dans le film, des citations ou des plagiats, la mesure est difficile à trouver mais on s’en fout) (à peu près). Le carton directement suivant expliquera

Pourtant j’évite par là de parler de la musique qui elle aussi entame une narration : comme une ouverture de grande production (il faudrait analyser les musiques du film qui soulignent – surlignent, grasseyent, abondent –  tous les effets). Cette musique est présente tout au long du film, sauf dans la séquence (sonorisée) du rêve de George (les images de ce rêve ici).

2. Générique de fin.

La liste des artistes donc (les comédiennes et les comédiens : sans le dire, mais en l’explicitant quand même, les places respectives) réalisateur, producteur puis les artistes:

qu’on va tous citer (pour finir par le chien – l’ordre est sauf)

il continue par nombre de prestataires techniques (j’abrège quand même) pour en arriver aux mentions obligatoires des œuvres dont on s’est servis pour la réalisation du film, et notamment les musiques (Edward est le prénom à l’état civil de Duke)

(la musique additionnelle si on peut dire est due à Ludovic Bource : le musicien de pratiquement tous les films du réalisateur)

Plus loin :

on voit l’emprunt d’un des films, « The mark of Zorro » (Fred Niblo, 1920) avec Douglas Fairbanks dans le rôle (formidable) dont on voit quelques images lors de la scène où, plus tard, George détruit les films dans lesquels il a joué sans doute, y met le feu et manque de mourir (on pourrait gloser sur le fait que les copies qu’il détient sont flamme (on est 1932, semble-t-il) et qu’elles devraient prendre feu sans doute en explosant, le tuant sur le coup, mais on est et on reste au cinéma).

Viennent ensuite les dédicaces :

(Paul Rassam est l’oncle (producteur de cinéma à Hollywood : ça aide) de Thomas Langmann, Gilbert Marouani (agent de talent dit wiki – décédé en 2016) d’autres connaissances sans doute dont, pour le réalisateur, le footballeur à la main d’or…)

Enfin, à la fin de la fin, une autre dédicace à un musicien (collaborateur sur les OSS 117 du réalisateur) qui vient de décéder au moment de l’exploitation du film.

Présenté à Cannes en 2011, « The Artist » y fait assez bonne figure, puisque Jean Dujardin y obtient le prix d’interprétation masculine (rappelant en cela celui de Jean Yanne en 1972 pour son interprétation dans « Nous ne vieillirons pas ensemble » (Maurice Pialat, 1972) (montage Arlette Langmann, l’épouse de Maurice Pialat, production Jean-Pierre Rassam, l’oncle de Thomas Langmann)) – (une espèce de bonus de nationalité j’ai l’impression) (président du jury: Robert De Niro) . Il semble que ce soit à Cannes, cette année-là, que le film ait été acheté par la maison des frères Weinstein (de si #metoo sinistre mémoire). Poussé par elle (assez (probablement la plus, alors) puissante) dans le monde étazunien (et donc international) du cinéma, il y obtint les oscars du meilleur film, réalisateur, premier rôle et un nombre impressionnant de prix ailleurs dans le monde. D’un budget de 12 millions d’euros, le film en a rapporté 130 au box-office mondial.

 

ici les divers éléments des artisteries qui composent cette recherche :
artisteries 1
artisteries 2
artisteries 3
artisteries 4

Artisteries 1

 

 

 

Outre l’index des films chroniqués ici (j’ai quelque chose avec les index, tu as remarqué ?) (heureusement que ce n’est pas avec les majeurs

: ici le gauche de Constance (Missie Pyle) qui le destine à George (à son côté, qui la retient, le producteur Al Zimmer, interprété par John Goodman)) j’ai un travail à réaliser au sujet du film The Artist (Michel Hazanavicius, 2011) (jm’en suis allé le louer sur l’avenue) (je ne l’avais pas vu) (mais là ça y est) (j’ai posé mes notes, augmentées d’un résumé du film ici) . Il traite du passage pour le cinéma de sa version muette à la parlante (on a ensuite essayé les odeurs (odorama) mais ça n’a pas pris; on a tenté aussi de faire bouger les fauteuils au rythme de la narration (sensurround), ça n’a pas pris non plus; on a fait porter des lunettes bicolores aux publics afin qu’ils ressentent un effet de relief, ça a merdé) (au moins pour les borgnes, dont fait partie votre serviteur) (on a de l’imagination pour faire venir les spectateurs – et les spectatrices sans doute). On ne fume plus dans les salles et le billet vaut treize euros… Les choses changent.
En cette maison qui sans rechigner accueille mes élucubrations (merci encore), je pose un billet (dans le salon) à ce sujet : il illustre l’un des dispositifs utilisés dans ce film pour faire en sorte que les publics comprennent (ou pour souligner certains effets) ce qui se passe sur des images où des gens, le plus souvent, parlent – effets de dialogues donc matérialisés par ce qui se nomme des « cartons » (on dit « intertitres » si on veut). On a recours au son par trois fois : le film devient donc, en un sens sonore (cet aspect des choses est traité ici). Pour faire court, disons que le cinéma s’est mis au parlant fin 1927 (un blanc grimé en nègre noir chante des airs de jazz, mais il n’y a pas de dialogues sonorisés, seules les chansons ont cet honneur – il y en a 4 ou 5) : deux ans plus tard (sans qu’il y ait là rapport de cause à effet) une des plus importantes crises économiques secouait la planète. Probablement par cette crise montèrent les fascismes dans le monde entier (si l’abject benito était déjà au pouvoir en Italie, l’immonde salazar (aux finances d’abord, puis aux manettes) au Portugal et d’autres encore ailleurs, l’adolf inqualifiable (et c’est encore trop d’honneur) y parvenait avec mèche moustache éructations postillons et vindicte). Immonde serait cette histoire, mais ici (dans ce film – qui se termine après 1932), peu d’écho : on parle du cinéma. 

 

Le film commence par une scène de torture

Le héros souffre (George Valentin, le héros, l’artiste du titre sans doute, est interprété par Jean Dujardin). On lui ordonne

il souffre (des oreilles, peut-être mais il souffre)

(ça se voit hein) mais répond

On voudrait le forcer à parler (c’est le credo du film). On n’y parviendra pas.

Plus tard

les années passent

le type ne parle toujours pas. Dans une espèce de jeu de mots, sa compagne (Doris, interprétée par Penelope Ann Miller) pourtant tente de l’aider

elle et lui s’éloignent,

de plus en plus… et lui s’enfonce dans une décrépitude terrible…  Son producteur a beau l’enjoindre

il refuse de se laisser aller à la parole. De son chien il dira

De lui-même :

Mais si, oui, trop. Dans l’alcool, il sombre.

À un moment du film, (vers la fin) une espèce d’acmé de la narration : le héros va se suicider, il est ruiné, il a été sauvé une première fois mais non, il retourne dans sa maison dévastée, se saisit d’un revolver et se le fourre dans sa bouche

le suspens est à son comble et

dit l’image. Mais non, ce n’est que Peppy (Bérénice Béjo)

qui (pauvre chou) ne sait pas très bien conduire

Une main secourable sortira George de cette situation sordide, car cette main appartient à celle qui l’aime (Peppy) et que lui aussi, fatalement, aime. Cependant

dit-il, elle le convaincra de revenir sur les plateaux. Ils triompheront sans doute : à la fin du film

en dansant ensemble (mais non en parlant) et le producteur cependant sera certain de sa bonne affaire et de sa réussite.

Tout ça

pour nous…

 

The Artist un film (un peu bidon, je reconnais) de Michel Hazanavicius.

 

Ce billet est écrit dans le cadre d’un travail mené en duo avec André Gunthert dans le cadre de son séminaire de culture visuelle intitulé « la révolution expressive des images documentaires ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

Carte postale d’ici

 

 

 

pratiquement quarante huit billets pour l’année – je vais arrêter je crois pour celle-ci – sauf contre-ordre – pas mal de cinéma pas mal de dispersion, c’est l’heure des comptes ou quoi ? – n’importe (on ne va pas regarder en arrière – on ne va pas oublier non plus)

cette image du relieur de la place Dauphine, jouxtant presque le café où on joue à la belote (en face de la « roulotte » du couple) (je suis fatigué tu sais – de temps à autre, oui)

ici l’ouvreuse d’Edward Hopper – au cinéma, ces jours-ci, la maladie le pax – des images simplement pour se souvenir (là les deux mêmes plus ou moins)

l’ouzo sur le port, c’est en août probablement -j’ai oublié, je ne me souviens plus des olives et des chèvres qui passent – le vendeur de chaises en plastique qui passe lui aussi le matin vers onze –

il y avait cette chanson que je n’aime pas vraiment Marcel Mouloudji, « Faut vivre » mais qui dit (en creux, négativement peut-être)  ce qu’on a à faire (il était de 22) – le col de la chemise des années soixante-dix – paroles du chanteur – faut continuer tsais – ici le Bosphore ((c)MCH)

 

on y retournera – rien ne dit que l’autocrate restera sur son pouvoir abusif –  ces oiseaux-là planent sur les eaux du Bosphore

ce sont les voyages qui manquent – moins souvent, moins loin, moins longtemps, c’était le verdict au tournant du siècle, et vingt ans plus tard, des tornades, des îles sous le vent et l’eau – Catane et son parcours autour du Vésuve en train – et les trombes d’eau,  inondations… – un laurier pour la routeon n’est jamais trop loin de l’enfance quand même – le sentiment que la décade qui s’annonce sera difficile – mais peut-être voit-on mieux l’avenir lorsque le passé est profus – ici les prix Nobel de la paix de cette année (ce sont deux journalistes)

et plus proche, elle qui me fait souvenir de cet article-là (voilà un peu plus d’un an de ça)

non, mais le cinéma, par exemple : c’est la dispersion qui m’anime même ici, le cinéma cet univers perverti (regarde Sunset Boulevard si tu veux (Billy Wilder, 1950)) : cet art avait un demi siècle – était-ce un art ? en est-ce un ? OSEF, probable – tout ce travail et rien pour s’amuser, ça rend Jack un peu mauvais tsais

tu le vois, là, il contemple le lieu de sa mort prochaine – par gel; de froid; à la poursuite de son fils, afin de le tuer – il ne rigole pas vraiment, Jack –  il est pris par ses fantômes – sans doute l’écriture a-t-elle cette qualité de faire revivre les fantômes – on aime à le croire ? pfff…  Bientôt Noël, alors ? Cette image-là, c’est moi (des jours entiers à fuir…)

(c’est de l’incrustation) (laisse va) (j’adore)

Bonnes fêtes (wtf ?)

 

 

 

Partir quand même

 

le titre du billet est aussi celui d’une chanson de Françoise Hardy (bof) 

L’image d’ouverture appartient au film  

générique commence à devenir une espèce de série (y’en a déjà trois) (ça fera quatre) dans cette maison (quand même en serait-elle témoin) ça ne peut pas nuire, je suppose, mais ça fatiguera sans doute – on verra bien – c’est d’abord une partie importante du cinéma parce qu’elle ressort du droit : c’est un exercice obligatoire pour n’importe quel film – et ça en dit assez long sur la façon dont la production et la réalisation envisagent le cinéma, souvent – certains n’en n’ont juste rien à faire; d’autres les soignent : c’est le cas ici – c’est d’ailleurs un film fait avec soins, ça me plaît qu’on ne violente pas le cinéma – par ailleurs encore, c’est difficile de trouver le générique d’un film si on ne dispose pas d’une copie – et je n’ai pas énormément de copies de film à la maison si tu veux – ici il s’agit d’un court métrage, le titre est repris d’une chanson, lequel est le titre du livre écrit par le héros – un livre à succès semble-t-il (un best-seller, peut-être : en tout cas, il se trouve dans le wtf cultura de Cormellain (sous le lien, la chronique pour Ville&cinéma donnée à l’aiR Nu) – ville probablement fictive (on a demandé d’éclaircir ce point en haut lieu, il n’a pas daigné répondre) (l’auteur du livre (qui est aussi l’un des deux premiers rôles du film) a semble-t-il était reçu chez un histrion du petit écran, ancien journaliste sportif, le gendre idéal disait-on à un moment mais là il commence à prendre trop largement de l’âge pour prétendre à ce rôle…) – normande (trois cents kilomètres de Paris, comme les 300 pages du roman du Julien…) – dotée d’un hyper-marché et d’une piscine à vagues…)

 

dans le film, le générique de début fait apparaître quelques images et au son la chanson chantée (paroles édifiantes – on en entend deux couplets, merci…)

les diverses graphies deviennent jaunes à mesure que se déroule le générique (très joli effet)

(c’est pourquoi, parfois, on verra sur ces images une espèce de film jaune avancer de gauche à droite sur les lignes, les mots)

(le film a été projeté diffusé sur arte – l’est encore je crois bien – jte mets le lien –  jl’aime bien)

ils et elles chantent encore

mettons qu’il s’agisse du générique de début (à la mode contemporaine : les financeurs d’abord

les autres on s’en fout on verra plus tard) (participation, soutiens…) on chante encore

tu vois les lettres sont en jaune (et le nom de la réalisatrice, graphiste à ses heures) (ou l’inverse)

le titre – c’est parti, on va cesser de chanter (mais dans le film, quatre morceaux de musique des années passées) (pour les paroles, dans le même ordre d’état d’esprit que la première… : on n’en garde que (dieu merci) (comme disait ma grand-mère) peu (je l’aime toujours)) – on m’en a dit « mignon », « sympathique », « très joli » – d’accord (en cette occurrence, mon avis est absolument désintéressé – je le trouve marrant et vraiment bien fait (j’aime beaucoup les travelling avec mobylette par exemple)) puis on m’en a aussi dit  « fin, subtil, délicat » – mais voilà, le film se termine : générique de fin (j’adore aussi cette façon) – dans le rôle de la mère de Julien

(parfaite) – revoir les actrices/acteurs et les identifier – se souvenir – dans celui du père à Julien

(tellement bien – et dans sa voix off dans le supermarché et dans son dernier plan…) – puis Caroline jouée par la chanteuse aussi

et enfin Julien

(par le fils petit presque d’une amie) (très bien ensemble, tous les deux) et puis tout le personnel

ah non, une fois encore le titre (carton rose)

voilà pour les acteurs/trices (l’ordre m’importe cependant) (les minuscules et les majuscules aussi) (six femmes, quatre hommes) – puis ici les techicien.nes (deux assistantes réal quand même – deux assistant.es caméra aussi) (non, mais ça en dit un peu sur le budget c’est tout)

continuons (dix femmes sept hommes) (production et post-production)

(10/12) pardon une équipe de préparation aussi (2/7) (total : 28/32) – puis les moyens techniques via les fournisseurs

(générique graphisme dû donc à la réalisatrice) et cetera

et donc les quatre chansons (outre la musique plus ou moins additionnelle) qui, si on récapitule sont des interprétations du boys-band; de Ménélik (bonjour le sexisme mais osef : c’est du rap…); de Francis Cabrel (comment te dire…) ; et enfin de Larusso (elle la chante un peu plus hystérique, faut reconnaître, que la Caroline ici) – remerciements un (un certain nombre de prénoms seulement : iels se reconnaîtront – je souligne le « ma famille » qui ne lâche jamais l’affaire)

remerciements deux (les lieux de tournages – l’hyper U de Douvres-la-Délivrande; la piscine de la presqu’île de Lillebonne, entre autres)

et encore (enfin) récap

et encore le carton financeurs quand même si jamais on n’a pas encore percuté (le visa, l’isan, le copyright : les droits)

 

 

Partir un jour, un film (court mais vraiment bien) d’Amélie Bonnin

histoire d’un îlot (2)

 

 

suite de l’exploration d’un coin (ou plutôt de 4) d’une banlieue, au delà du périphérique parisien – extra-muros – quelque part au sud – du comment changent les villes

on en est arrivé là en revenant de l’expo (jusqu’au 9/01/2022) – il semble que les deux institutions dépendent de la même administration (à moins que ce ne soit que la même administration veille aux deux lieux) : on voit ici indiqué ce « lavoir numérique » (l’accès administratif se situe au 10 de la rue Victor Marquigny (la rue porte le nom d’un héros de la résistance FTPF (francs tireurs partisans français) – il a été tué « passé par les armes » dit Maitron (je ne manque jamais de citer cette merveille qu’est le Maitron) le 2 juin 1944, au mont Valérien – ça n’a pas grand chose à voir – c’est en face qu’il vivait : on fera un billet qui intègre les dix années passées, photographique sans doute) – enfin c’est là

je repose ce plan – on y voit la rue du Val-de-Marne (qui, donc (pour partie), se trouve dans Paris treize)

et ça se passe plutôt de ce côté là (juin 2008)

ici la perspective de la rue Victor Marquigny, à Gentilly donc (laquelle commune limitrophe de Paris sud fait partie d’un truc intitulé grand-orly-seine-bièvre (je ne mets pas de majuscules, ces toponymes contemporains m’exaspèrent)) – pas mal d’arbres avoue : zoom arrière

premièrement j’aime beaucoup cet immeuble du centre de l’image et de trois étages – quelque chose de rapport probablement* – il est là, au coin, derrière lui des arbres – c’est juste un coin de rue, il y a plus de dix ans (juin 2008) on s’en fout, tu me dirais (le même point de vue dix ans après en fin de billet : tu me diras hein…)

il faut bien que les choses changent – ici en  2012

c’est vrai aussi – mais regarde au premier (tu vois que derrière, déjà quelques arbres ont été arrachés)

on ne s’en fout pas, non – mais je m’égare, je ne voulais pas spécialement parler de cet immeuble de rapport qui fait le coin : ici ce même coin, en 2014 (j’anticipe un peu)

je voulais parler de cet îlot parce que on y trouvait, déjà à l’époque (2008, donc – tu suis hein) cette construction cachée (quelques véroniques poussent là tranquillement) donc par ces arbres

qu’on enlèvera bientôt

une opération immobilière comme il en est des centaines ou des milliers, parce qu’il faut, pour ça aille, qu’aille d’abord le bâtiment

on ôte  les arbres (juin 2012)

on découvre ceci

le robot ne s’en approche pas plus à l’époque – mais en 2014, ce même coin

et ce bâtiment qu’on garde, donc (encore quelques arbres, comme si on ne se décidait pas)

palissades grafs gris du temps

lavoir bains-douches

d’un tel autre temps, de telles autres mœurs – fini terminé – prendre en main les destinées du quartier (2018) (une certaine brutalité)

des arbres, tu disais ? (2020)

ah oui – des ombres…

plutôt envie de s’en aller

sept étages de rapport –

et remontant la rue Victor Marquigny pour aller vers l’autre coin (dernier épisode, à venir) on croise cet homme qu’on salue aussi

la douceur de l’habitat – et de l’angulosité minérale de nos mœurs

 

* : c’est à peu près sans relation, mais j’apprends taleur que la moitié des appartements en location dans Paris (c’est sans relation, donc) est détenue par 3,5 pour cent des propriétaires.

chambre 12, hôtel de Suède – enquête et hors-champ

 

 

 

 

ça se passe donc là – la réalité des choses : une des séquences d’un film, À bout de souffle (Jean-Luc Godard, 1959) (on en a parlé pas mal ici si tu veux voir – du moins on en connait les aboutissants)

ici, il s’agit plus d’une exploration (on ne sait trop comment (il n’en dira rien), mais le réalisateur (Claude Ventura) a par devers lui pas mal de pièces à conviction trouvées probablement dans les archives de la production (l’adresse du 4 rue de Cérisolles Paris 8 n’existe plus) – le téléfilm, comme on a dit, est plutôt centré sur les relations Georges de Beauregard (GdB)/JLG – on a cette image par exemple

qui montre, sur fond d’église de Saint-Germain-des-Près (on pourrait voir passer là soit Margot, soit Jipé – premier jour de tournage, paraît-il, soit 17 août 1959) (on est devant le café de Flore – gauche cadre l’autobus à plateforme où se tenait le préposé qui actionnait sa sonnette après avoir vérifié/tamponné ton ticket) (des souvenirs des « Exercices de style » de Queneau aussi) – de gauche à droite JPB (alias Bébel – on va le revoir avec sa montre plus tard) /JLG (en flamand rose) / GdB (on note les cravates?) (ce sont des gens bien) (toute une époque) (prise de vue : voiture

) or donc, il s’agit d’un décor que cette chambre 12 : le type (Xavier Villetard dans son propre rôle – scénariste, co-auteur, acteur téléphoneur intervieweur) cherche à savoir si JLG a foutu sur la gueule à GdB ou si c’est plutôt l’inverse (ceci pour le Mac Guffin du bazar, entendons-nous) – il va chercher à en parler avec JLG par exemple (il se fait envoyer paître, semble-t-il) donc il cherche d’autres informations ou sources, il recoupe il va de ci de là (les notes de musique de la bande originale (comme on dit) (extra) due à Martial Solal l’accompagnent – il n’a pas été chercher le musicien, c’est dommage) – il va en ville, il cherche (rive gauche plutôt) rencontre untel (lui aussi en merco) (j’aime le 96, derrière)

Claude Chabrol qui indique qu’il n’a fait que donner son nom comme garantie (il est crédité au générique comme conseiller artistique) (et comme directeur de production – quand même…)  (de la même manière, François Truffaut est crédité au scénario (or il n’y avait pas de scénario…) : ainsi  le film a-t-il pu se monter (se produire, se financer : on saura qu’un René Pignières veut un (son, c’est la mode et ça rapporte) film « nouvelle vague » : GdB le lui offrira… (le Pignières en question distributeur  fondateur (en 1934), avec les deux Beytout, de la SNC société  nouvelle de cinéma – distribution (entre beaucoup d’autres de La Bandera de Julien Duvivier, avant-guerre par exemple – 1934) (la preuve) des « Gendarmes » avec Louis de Funès dans ces années-là (furieusement nouvelle vague, hein…) (non, mais l’argent n’a que peu d’odeur et sans argent, pas de cinéma : donc on s’en fout, on le prend où il est) – équipe de tournage assez réduite, dit-on , mais de GdB l’équipe : par exemple le chef opérateur, Coutard  (dans l’annuaire, on découvre l’adresse du Raoul (il est mort en 2016 – il était de 24), j’ai trouvé ça

au 5 de la rue Boutarel (sur l’île) (il faut me croire sur parole, là – comme on est enclin, toujours d’ailleurs, à le faire au cinéma…) on ne la voit que trop rapidement, mais j’aime bien sa montre analogique, à la mode en ce temps-là – 1993) (je te la montre)

(clcdld)* hein –

ils sont au Select (boulevard du Montparnasse), le type Xavier V. pose des questions, l’autre répond, blasé, que oui, GdB et JLG en sont venus aux mains, devant « la belle Fero » (un café/restaurant rive droite, rue François-Premier)

(au fond à droite, les arbres sont ceux des Champs-Elysées; à gauche ceux de l’avenue Georges Vé) (pour situer) (à l’à peu près même époque, ce café était aussi un quartier général pour les journalistes et photographes de Paris Match, puis d’Europe 1 puis plus tard de Salut les copains – toute une histoire dont on retrouve les prolégomènes dans le projet DF)  : là où ils se sont foutu sur la gueule et le personnel (attentionné) du café les a séparés… (des bruits de caniveau ? peut-être en tout cas pas confirmés par les autres) – il y en a un paquet dans le (télé)film (des autres veux -je dire) – des types, plutôt, comme ici  – on le voit trente trois ans plus tôt, avec son chapeau ici mais dans la même attitude de lecture

Pierre Rissient – à sa gauche, la scripte-girl (Suzon Faye, on ne l’entend qu’au téléphone) (moi je ne la connais pas, j’aurais plus dit la fille au crayon derrière la camera pour la scripte mais bon) – le type, là, était assistant – sur cette photo-là

la petite robe de prisunic (on en voit la facture ou alors ce n’est que suggéré, en tout cas c’est dit) (le son du film fait comme JLG aime à faire : chevauché, on entend ici quelque chose de l’autre côté autre chose -un peu un gimmick, une sorte de masque) la photo entière (sans doute de Raymond Cauchetier, le photographe de plateau – qu’on n’interrogera pas… : dommage il n’est pas sur la liste) (Rissient coupé, à l’extrême gauche)

on aperçoit aussi Phuong Maittret la maquilleuse (qui n’avait pas grand chose à faire semble-t-il – JLG refusait qu’on maquille les acteurs semble-t-il encore – surtout la petite américaine…) (mais de la maquilleuse, on ne saura rien : elle n’est pas interrogée non plus – on sait qu’elle répond au téléphone par monosyllabes, ce sera tout d’elle) (comme il y a là deux visages asiatiques et féminins, on ne sait pas trop laquelle est qui – probablement la première en partant de la gauche)

puis continuant sa recherche qui se pratique en neuf jours, il ira trouver

un certain François Moreuil (alors époux de la Jean Seberg, elle a 21 ans, il en a alors 25…) (réalisateur de cinéma et télévision, décédé en 2017) puis un José Bénazéraf (1922-2012)

réalisateur lui aussi, mais de films porno(graphique)s (le genre marchait fort à ce moment-là, mais avec internet les choses ne sont plus ce qu’elles étaient) qui partageait ses bureaux avec GdB – vient ensuite Roger Hanin (1925-2015) (marié à Christine Gouze-Renal productrice (le 4 août 1959…), sœur à la Danielle Gouze épouse Mitterand enfin tout ça) (en 1959, il est interprète d’un film de la série des Gorilles, plus ou moins (plutôt plus) navets à base de barbouzes et compagnie gaulliennes – on passe hein) encore qu’il interprète ici le rôle que devait tenir un certain Paul Gégauff (espèce d’éminence grise de la nouvelle vague machisme cynisme vol et autres turpitudes dont on dit qu’elles seraient la base de la personnalité du Poiccard) vient ensuite Richard Balducci

chargé de presse du film (c’est mieux qu’attaché ? peut-être mais c’est le même rôle) qui tient (au débotté) le petit rôle du maître-chanteur (à la fin du film, rue Première Campagne comme dit Patricia) (il est sur la photo plus haut, au dessus de la scripte Suzon Faye) – puis encore, à Joinville (studios de cinéma d’alors) Cécile Decugis, la monteuse (1930-2017) (bonjour le boulot : sans scénario, sans trop de clap, sans son – sans compter les sautes d’humeur du réalisateur…)

(assistante de Marie-Josèphe Yoyotte (1929-2017), LA monteuse du cinéma français d’alors (elle a réalisé le montage de Moi un noir de Jean Rouch (eh oui) et des 400 coups du Truffaut ( avec donc Cécile Decugis qui est aussi LA monteuse de la nouvelle vague avec la plupart des films de Roro (alias Maurice Scherer) aka Éric Rohmer) – ensuite viendra l’actrice Liliane David (1937-2018) (l’amie – de la même eau qu’Anne Colette est celle du JLG – du François Truffaut)

celle à qui Poiccard vole quelques billets dans sa chambre mansardée de bonne – elle parle aussi de Paul Gégauff  dont on tient ici une image d’alors, en compagnie de JLG (découpée) (le Gégauff en question (1922-1983) a fini sa vie sous les coups de couteau de son épouse du moment – c’est pour te dire l’amour et la joie qu’il inspirait…),un peu de Claude Chabrol en off encore, puis viendra Poiccard avec trente trois ans de plus

sa montre – premier grand (premier) rôle pour lui – il est de 33 –  premier film de long métrage pour JLG – non, on ne va pas salir cette magnifique entente

mais non, bien sûr – pour finir, l’enquête se dirige vers Genève, y rencontre un certain Roland Tolmachoff, à présent gérant d’un hypothétique (introuvable) Sunset (JLG y séjourna un moment dans les années 55, 56 – sa mère morte dans un accident de Vespa, à 45 ans (dixit A. de Baecque je crois bien – JLG lui travaillant à un barrage quelque part), ils se réunissaient parfois dans un café avec Berutti  peut être Parvulesco, Combaq d’autres encore, le Parador (introuvable itou) enfin un de ses amis d’alors

mais sinon, à part quelques zones ombreuses, tout, absolument tout, est vrai

Mais non – mais donc, ce Poiccard, cependant trahi par cette Patricia, court mortellement atteint dans le dos par l’inspecteur Vital (Daniel Boulanger) et s’affaisse

vers le croisement du boulevard Raspail (là où se trouve son effigie rénovée)

alors que passe on dirait bien une 4 chevaux (comme celle que conduisait ma mère) il tombe (au milieu des clous hein) et passe

une 403 comme en conduirait mon père

 

Chambre 12, Hôtel de Suède, un (télé)film (magnifique) de Claude Ventura et Xavier Villetard

 

les fleurs en entrée de billet : à destination de Jean Seberg et de toutes les oubliées des génériques

*clcdld: c’est le cas de le dire (on intègre ici l’affiche du film

)

– par rapport au générique de fin de ce film-ci (il me semble qu’il n’y en a pas dans le ABDS) on remarquera que Suzon Fay (seulement en voix off, certes) n’est pas présente : elle intervient pourtant entre Claude Chabrol et Raoul Coutard; Cécile Decugis vient après Jean-Paul Belmondo (on entend seulement l’interprète de Poiccard avant l’intervention à l’image de la monteuse). La maquilleuse Phuong Maittret (qui deviendra, dit-il, la confidente de Jean Seberg) absente ne répond (comme on l’a entendu seulement) que « par monosyllabes au téléphone ».
On a cherché sans y parvenir à identifier le Jim Pallette dont on entend la voix (peut-être est-ce lui qui travestit la voix de JLG au téléphone)

Pour en finir (provisoirement), il existe un livre sur le film écrit par Michel Marie (prof de ciné en Sorbonne) chez Armand Colin, La nouvelle vague et son film manifeste À bout de souffle (2012) (31 euros quand même) – quelques extraits ici)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

chambre 12, Hôtel de Suède – distribution

 

 

 

toute notre gratitude à l’Employée aux écritures pour nous avoir fourni (par la poste) le lien vers le site qui permet le visionnage de ce beau documentaire 

 

Lorsque j’ai entendu dans le film le réalisateur au bout du fil (entre parenthèses, gardons confiance dans la réalisation pour nous affirmer que c’est lui qui est au bout du fil) répondre : « non mais vous rêvez non » sourires puis raccrocher après un « voilà au revoir »

« pourquoi je rêve ? « , demande l’interlocuteur, ici penché en avant, « dites-moi pourquoi je rêve » quand même ce serait Jean-Luc Godard, je me suis dit mais comment veux-tu qu’il réponde ? est-ce qu’on sait jamais pourquoi on rêve ? sinon pour ranger les souvenirs, dormir tranquille et reposer un peu cette pensée toujours en travail… Il y a cette image de « jeunes gens insouciants »

(bof) (on est août 1959) (je regarde ces images et je vois de loin Otto Preminger qui maltraite ses actrices; je vois, de loin encore, le même Jean-Luc Godard qui ne veut pas parler avec Marina Vlady (premier rôle de Deux ou trois choses que je sais d’elle – récemment en poème/express*875) sinon par micro et oreillette interposée) je regarde le générique d’un des films qui fera croire au reste du monde qu’existe une « nouvelle vague » cinématographique en France (une « bossa nova » au Brésil), alors voilà pour dire avant qu’il ne commence, ces jours-ci, ces temps-ci, à quoi ressemble le décor (ici en 2010 – légèrement difforme par la grâce du robot

là avant hier

) alors qu’on nous informe dans le (télé)film que l’hôtel va être détruit dans les huit jours (on s’en fout, je reconnais – ça donne une caractère d’urgence, de fatale destinée à l’enquête) et puisque cette maison reste témoin de ces agissements-là, alors pour la troisième fois ici (deux autres : ici et ) , le générique – il s’agit d’un téléfilm comme on dit

il date de 1993, semble-t-il (bouquinistes, mais pas de Notre-Dame) au son, les cinq notes dues à Martial Solal qui inondent littéralement le (télé)film (on croirait du Georges Delerue, c’est pour te dire…) (magistrales) (ça rime…)

un type arrive au volant d’une merco – l’hôtel s’appelait de Suède, c’est joli (ça me fait penser à Ingrid Bergman, qui envoie une lettre à Roberto Rossellini) c’est le générique de début

rien de spécial (Xavier Villetard joue probablement son propre rôle (ça veut dire quoi, » joue son propre rôle »  dis-moi ?) je crois que Claude Ventura fait la voix off

c’est ainsi que se déroule le (télé)film, une heure vingt de recherche (à voir encore je crois un moment ici) de rencontres, d’entretiens, un documentaire dont le sujet serait les relations qu’entretiennent le producteur et le réalisateur d’un film qui deviendra, sans qu’aucun d’eux en sache quoi que ce soit, une espèce de parangon de cette « nouvelle vague » – j’ai réalisé pas mal de « captures d’écran » comme on dit (capture d’écran ? ça veut dire quoi, capturer un écran… ? nous avons besoin des mots),  je les poserai plus tard ici, et puis voici les cartons du  générique de fin –

on ne dispose pas de celui de « Fin » sur l’écran – il n’y en a pas – Xavier Villetard attend pour traverser, devant le quinze du quai Saint-Michel (je préfère le mot toponyme, juste avant, de Montebello)

et puis c’est en noir et blanc – sonore – avec

tout ce monde interprète son propre rôle (réalisateurs, assistant, opérateur de prises de vue, acteur : pas une femme tu remarqueras) (je ne suis pas certain qu’ils soient cités dans l’ordre d’apparition à l’image)

ici deux femmes, la monteuse et une actrice (à laquelle, dans le film À BOUT DE SOUFFLE le Poicard fauche de l’argent, au début de ses pérégrinations) (Jim Palette ? je ne sais qui…) (seulement sa voix ?)

personnel télévisuel plutôt (on se perd en conjectures : jouent-iels leur propre rôle ?)

en tout cas image arrêtée (ou alors un autre, celui de leur profession?)

(l’accent grave sur le A tu repasseras) et puis

seul sur le quai

une esthétique des années soixante – À bout de souffle se dit Breathless en anglais – sans respirer – la suite au prochain numéro…

 

Chambre 12, Hôtel de Suède, un documentaire (donc) (télévisuel…) de Claude Ventura

 

 

histoire d’un îlot (1)

 

 

 

hier soir pendant le week-end m’est resté fermé durant une bonne heure – travaux de soubassement j’ai pensé – puis c’est revenu mais j’ai eu le temps de me dire (avec une certaine frayeur) que si jamais, tant pis, déjà un, puis je viendrai toujours dans la maison[s]témoin poser mon bagage (deux) (oui, mais sinon ? ) – un moment, juste un moment – ou je passerais par l’aiR Nu (trois) ou recommencer ailleurs (parfois, c’est la fatigue, parfois le blues comme on dit, le spleen qui est directement (pour moi) attaché relié collé au fog et à Jack the ripper (c’est mieux que l’éventreur – qui me renvoie immédiatement à ce qui s’est passé en septembre en Pologne, l’hôpital de Pszczyna, en Silésie : tu sais quoi, ce sont des humains les auteurs du meurtre…) – non, mais tant pis je continue et pérégrine doucement – sans doute fais-je suite à la visite d’un samedi après-midi, dans le sud (le bout du monde) – tout en me disant que oui, mais sinon …? 

 

il s’agit de l’histoire d’un pâté de maison (on dit bloc(k) ça fait mieux, ça fait NYC, américain, capitaliste, gagnant) – c’est réalisé en quelques années et par quatre rues

en bas, où est indiqué le supermarché (pour être indiqué sur le plan, il faut payer, ce n’est pas plus compliqué (ni plus immonde) que ça) il s’agit de l’avenue Paul Vaillant-Couturier (je mets un lien, on ne sait jamais) dédiée à un militant communiste (la ceinture rouge comme on disait) (pourtant, moi qui ne fus jamais mao non plus, pas même spontex, je n’ai jamais porté cette obédience dans mes idées ni mes défenses) (tendance Gramsci disait mon prof après une vingtaine de secondes d’arrêt sur image…) – je ne sais qui peut être Victor Marquigny (une plaque, donnant lieu à un autre développement est posée au 14 de la rue) (héros de la Résistance) non plus que le Freiberg de l’autre rue – ce que je sais c’est que le quatrième côté du bloc(k) (donc) marque la frontière (administrative) de Paris et de Gentilly – rue du Val-de-Marne, Paris 13 – à ce propos ici

si on voit le panneau (écriture noire sur fond blanc entourée de rouge marquant la commune – image de juin 2008 dit le robot) disant la limite

ici (image de juin 2015) il a disparu : le petit rectangle blanc qu’on parvient à discerner sous le panneau stop indique (au même emplacement)

nous voilà rassurés – le grand panneau blanc sur le côté du terrain vague quant à lui promet :

« déconstruction sélective » : c’est beau comme la technocratie faite déesse -passons sans vomir svp – voici donc ici une brève histoire de ce bidule – on dispose par ordre chronologique le coin Paul-Vaillant Couturier-Freiberg, pour commencer juin 2008

puis mai 2011

guère trop de changement – attends de voir – ici juin 2012

toujours rien ? mai 2014: pouf

on distingue au fond que le bâtiment qui barre la perspective est  décoré, à présent – approche subreptice (ici sera bâti le fameux « lavoir numérique »)

décoration factice en forme de communication menteuse n’importe c’est entamé – la zone a disparu- on va vous remplacer ça (zoom arrière) : ici août 2014

(on a opté pour l’exhaustivité des images des passages de la voiture robot) (un peu comme un jeu – mais jeu qui ne serait aucunement amusant) quand le bâtiment va… (août 2016)

au fond de l’image, les trois ou quatre étages d’algeco (qui sont, en réalité, une des formes de la construction dominante de nos jours) jouxtent l’immeuble de six ou sept étages (où viendra s’installer un groupe de libraires par correspondance) au premier plan la merveille (tu veux savoir qui va habiter « ici prochainement » ?

parfait (tout fait sens : le beau temps et les arbres, les lunettes de soleil pour la classe sociale, la blondeur qui revient de faire des courses tissées au Bengladesh comme la barbalakon, les basketts du môme plus ou moins hystérique : toute notre belle modernité…) (la vie est belle hein…) et puis nous voilà en 2017

les livrables sont pratiquement réalisés – on avance (juillet 2018)l’épicerie l’immeuble dans les verts au fond (il se situe derrière le « lavoir numérique »promis ) (je vais me renseigner, il doit s’agir d’une résidence étudiante) aujourd’hui (enfin novembre 2020) il semble qu’on y vive

si m’est prêtée la vie d’ici là, un point sur les autres parties du bloc(k) – pâté – îlot urbain.