d’un voyage à l’autre (2) (32 images)

 

 

(il y a eu une option « pour l’amour des images« , qui retraçait l’expo Willy Ronis du carré Baudouin, qui aurait tout autant pu figurer au même titre que ce voyage-ci mais continuons) L’exploration des images en suivant les post d’Olivier Hodasava en son Dreamlands virtual Tour donne lieu à certaines images, volées au robot qui ne les recherche pas (d’ailleurs il n’a aucune ambition – les machines nous gouvernent, certes, mais parfois/toujours elles ne font que ce qui leur est dit de faire) ici une femme sort du 2066 Cris Drive (là où fut inventé quelque chose des GAFAM je ne sais plus) un garage

(on prend les images comme elles vont – la machine les classe sans doute par ordre alphabétique) et il arrive qu’on en perde, qu’on en laisse, qu’on en garde d’autres (ici c’est en Corée)

un hôtel en forme de bateau plus ou moins échoué – intérieur ?

une espèce de magie gouvernée par un marketing et un merchandising au plus haut point de la technologie (cette femme, assise, là, qui voulez-vous qu’elle soit ? quel hasard ?) ou cet autre debout dans la nuit (la même plage)

ah non,pardon, lui se trouve dans la nuit à Bénidorm (ville espagnole, Costa Brava sûrement) ici une qui prend une photo de la même ville

et cette autre, si seule au monde sur cette plage (Aline ?)

on encore une autre, appuyée à cette balustrade kitsch

voilà l’été, en Espagne bord de mer. D’autres lieux et des milliers d’images : un oiseau

ah non, encore la Corée (et les deux bateaux, transformés en hôtel restaurants etc.) il se trouve que j’aime les voyages (mais terriblement casanier, comme on voit ici, en cette maison-témoin) mais je n’aime pas quitter les lieux

ici, dans l’une des îles Shetland (nord de l’Ecosse) (combien faudrait-il m’offrir pour que j’y aille ? grââââve question…) un arrêt d’autobus standard et deux moutons qui ne le sont pas moins (la laine dont on fait les pulls), là

deux types qui marchent sur Broadway à New-York, on pratique un zoom arrière

cette publicité envahissante (la façon de vivre étazunienne, le rêve « américain »)

l’image de la femme (et le président, et sa façon de parler et d’agir et sa propre femme, j’en passe)

un coin de rue comme n’importe lequel d’entre les coins de rue de cette ville-là – zoom avant

solitude en pleine campagne

ou hôtel en Russie, non loin de la centrale

c’est à Moscou, quartier Zarechye – c’est la Terre, bienvenue – (re)voici l’oiseau

c’est au cap d’Ail, à côté de Menton où seul s’est baigné ce type bateaux amarrés, la mer bleue comme le ciel et la planète

puis au Japon, masqué, dans un parc un jardin un homme passe

non, la grande roue d’abord, Tokyo la nuit, puis le voici cet homme

ou bien celles-ci qui attendent d’embarquer en avion toujours à Tokyo

on dirait qu’il s’agit du monde entier (mais on sent partout qu’on est en occident) on passe en Afrique mais la difficulté est là

Nairobi, quartier périphérique, on pourrait se retrouver ailleurs, encore, par exemple à Paris, mais à dix ans d’ici

c’est rue Pierre Sémard (9° arrondissement) un caviste au nom particulièrement aptonymique (c’était en 2008), on pourrait aller bien loin, ici c’est Lake Placid (US)

mobilier urbain… ailleurs encore, sur cette voie de chemin de fer

qui relie Khalka à Shimla (comme il est dit, une centaine de kilomètres et au moins autant de tunnels) Népal, Himalaya toit du monde où celle-ci attend son train

cette autre se promène avec son enfant

celui-là qui disparaît

artefact, représentation, image, mensonge, plage de Rio

ou de Sao Polo (quel tremblement s’empare des âmes, là-bas comme ailleurs ? je préfère, je déteste mais je préfère n’y pas penser) (j’oublie)  encore une image

Viareggio, en Italie (cette haine qui s’exhale… oublier, c’est impossible) on prend la pose, on sourit à l’objectif

c’est à Londres, les sourires, les jours heureux…  Parfois, on aimerait que ça s’arrête… On en finit, c’est à Gênes

des oiseaux, sans efforts, qui s’envolent…

Cléo

 

Les paroles de la chanson sont de madame Varda, la musique de Michel Legrand (si on osait, on poserait une note de bas de page avec : il faudrait comparer les paroles de cette chanson-là avec celle-ci des Parapluies de Cherbourg (Jacques Demy, 1964) – souviens-toi « non, jamais je ne pourrais vivre sans toi… » etc….) (depuis longtemps Jacques Demy y pense)

(j’aime assez les Moulins de mon coeur du même musicien) (c’est autre chose, mais c’est important – par ailleurs) (par ailleurs d’ailleurs, ce billet devrait prendre place sur l’Air Nu, pour ouvrir la rubrique « la ville au cinéma » que je tenterais de nourrir durant les années qui viennent 19/20/21 etc) (c’est ainsi qu’on aime envisager les choses – on posera les liens, à mesure et au fur que les choses se dérouleront)

Le film date de 1961, madame Varda a trente trois ans, Michel Legrand n’en a pas trente. Illustrant les paroles, des images du film, exceptée celle d’entrée, Corinne Marchand de profil, qui chante lors d’un Discorama (je suis content de réunir tout ce monde dans un billet) de madame Denise Glaser (une autre image en couleur, montrera aussi le domicile de Cléopatre – dite Cléo – 6 rue Huygens, Paris 6). L’un des plus beaux films du monde, quand même il serait français (ou parce que) (quoi que madame Varda naquit à Ixelles, banlieue de Bruxelles, j’aime beaucoup savoir ça), je n’avais pas dix ans (je l’ai vu plus tard, t’inquiète) (plusieurs fois, certes : il m’avait semblé, à la première vision, que la maladie était plus bénigne – une autre fois, qu’elle attendait de savoir si elle était enceinte : les souvenirs, ah Cléo – Florence Victoire, quelle merveille – ils s’évaporent, changent, se muent, et nous restons avec eux, semblables, différents, nos rides et nos yeux et nos sentiments qui parfois nous mentent) (encore à nouveau, le rôle tenu par Antoine était, dans mon esprit, tenu par le prince rouge de Peau d’Âne (Jacques Demy, 1970) le jeune Jacques Perrin – il avait alors vingt ans, et se nomme/ait Simonet – comme le temps change – il a adopté le pseudonyme de sa mère – non, donc, ce n’était pas lui…). On notera aussi que le film se déroule de 5 à 7 mais qu’il ne dure que quatre vingt dix minutes (une demi-heure – comme le condamné à mort – s’est échappée).

Tout commence vers 5 heures, par la visite à la voyante Madame Irma (Loye Payen dit wiki) (j’adore) (elle reçoit rue de Rivoli)et son mari (ne dit rien, non crédité) – on annonce que la mort rôde… –puisles chapeaux, et vient le voyage en taxi (une Déesse conduite par une femme : Lucienne Marchand, peut-être est-ce la soeur de Corinne, je ne sais), l’épisode des étudiants aux Beaux-Arts, et l’arrivée à destination. Ce sont les rues de Paris. Ici, le 6 rue Huygens.Un peu de pathos, certes, mais aussi une mue de cette charmante blonde, elle dit suite à ce plan« je vais m’allonger maintenant que je me suis allongée » (sa peut-être secrétaire gouvernante Angèle (Dominique Davray) à l’arrière plan  qui rit) , elle va recevoir son amant José (José Luis de Villalonga), puis chanter cette chanson lorsque Bob(Michel Legrand donc, à droite le Plumitif Maurice (Serge Korber)) lui indiquera de commencer. C’est après cette chanson qu’elle entamera sa mue (ôter sa perruque, se changer de blanc en noir, j’illustre ensuite, vous verrez)

Ainsi les paroles :

« toutes portes ouvertes /en plein courant d’air/je suis une maison vide/

Sans toi sans toi

comme une île déserte/ Que recouvre la mer/ Mes plages se dévident/

Sans toi sans toi 

Belle en pure perte/ Nue au coeur de l’hiver/ Je suis un corps à vide/ 

Sans toi sans toi

Rongée par le cafard/ Morte au cercueil de verre/ Je me couvre de rides/

Sans toi sans toi

Et si tu viens trop tard/ On m’aura mise en terre/ Seule laide et livide/

Sans toi sans toi

Sans toi » 

« Non, dit-elle, seule, laide livide, non !! »

Elle se change (elle sort)et la rue,  et les hommes sur le pas de la porte qui la suivent des yeuxsuivre la rue, effrayerles pigeonsça c’est Paris (et puis aller, marcher) (boulevard Edgar Quinet, l’avaleur de grenouilles, le type qui se perce le bras de son aiguille (un poignard javanais dit le scénario), les gens les cafés les gens les gens…) retrouver son amie Dorothée (Dorothée Blanck) qui pose nue dans un atelier de sculpture, s’en aller(la décapotable (on pense à la voiture amphibie des Rendez-vous de Juillet, évidemment ( Jacques Becker, 1948), les bobines de film…)le cinéma où officie le projectionniste , l’ami l’amant Raoul (Raymond Cauchetier, aussi crédité au générique comme photographe de plateau – on se souvient, à cette occasion, des débuts d’Agnès Varda en photographe de plateau des scènes de Jean Vilar, quelques années auparavant), on y donne « Elmer Gantry le Charlatan » (Richard Brooks, 1960) (et aussi en avant-programme sans doute, « Les fiancés du pont Macdonald » tourné à la Villette) le cinéma de la rue Delambre (Oh Burt…!), non loin de cette gare Montparnasse (lien vers le Montparnasse Monde) (et tout, souvent, illustré de ces gens)puis viendra l’épisode la scène la séquence du parc Montsouris (non loin de là, mais il n’y faut voir que des souvenirs réorganisés, mais quand même, malgré tout, là vivrait – quelques années plus tard – Coluche, non loin juste au dessus et de la prison de la Santé et de l’hôpital Sainte Anne juste là, le réservoir)Cléo seule (sans personne, livide…) et puis voici qu’apparaît Antoine (Antoine Bourseiller – à la ville, le père de la fille de madame Varda, Rosalie)le filigrane indique la guerre d’Algérie (début des années 60, Edith Piaf qui manque sons suicide, la guerre d’Algérie qui revient comme aux Parapluies…), on parle on se raconte, la maladie, l’engagement, la vie et la mort, quelque chose dans le regard de Cléo qui indique une espèce de chemindescendre ensemble le boulevard de l’Hôpital, à deux plus rien n’existerait ? – il me semble me souvenir qu’il s’agit du 67 – et dès lors la ligne – comme la 29 de Jacques Roubaud – garde sur elle – ou la 91 de l’Employée aux écritures – toute la profondeur des rues de Paris – on arrive, on croise le médecin (on lui donnerait bien quelques gifles – finalement non, la mort s’éloigne vite)il faudra se soigner, sans doute, mais il est déjà 7 heures, raccompagner Antoine par le pont d’Austerlitz (on se souvient aussi de « L’Homme de Rio » (Philippe de Broca, 1964) parce que, aussi, Françoise Dorléac…) (mais on se souvient aussi de Charonne, et de ces moments de guerre) qui s’en va à la guerre, pacifier… Il reviendra, Cléo…

 

Cléo de 5 à 7, un film d’Agnès Varda.

 

Un coin de ciel bleu

 

 

Toutes les semaines, c’est compliqué quand même, il suffit de faire un choix douteux dans le film qu’on va aller voir – l’exposition – les images, les photos, les mots des autres – et puis voilà : rien à faire… (image : (c)BC)

J’aime entendre par exemple le maire de Palerme dire que sa ville est ouverte à qui veut y entrer. J’aime à savoir que l’Aquarius bat pavillon français – on a le droit aussi de rêver. Je sais que mes articulations (mon genou), mes muscles (ventricules et oreillettes), mes autres composantes (les poser au masculin aurait quelque chose de louche n’est-ce pas) sont dans un état assez prononcé (c’est-à-dire si tu tiens aux points sur les i : avancé de décrépitude, l’état) . Je vieillis, voilà bientôt deux ans que l’ordure tient le pouvoir (« nier, nier, nier !!! » voilà la  réponse à opposer à celles (surtout) et ceux qui vous accusent de profiter de votre état de mâle blanc pour en abuser et donner libre court à votre libido malsaine – kavanaugh sans majuscule en a profité – l’ordure est dans les murs), il y a dix ans, ici, le type faisait du bruit avec sa montre, divorçait de celle-ci (elle se prénommait je ne sais plus) (Cécilia punaize) pour épouser cette autre, une espèce de chanteuse (sa soeur, magnifique actrice, pourtant – comme quoi) on se disait « non impossible de descendre plus bas dans l’indignité, le manque d’élégance, la perversion » donc et l’ignominie : et bien non on parvient à descendre encore en dessous de ces témoins, ajoutant l’hypocrisie au manque de culture et d’humanité (« pognon de dingue » n’est-ce pas).

Il semble que le garçon à sa bobonne soit en voyage d’affaire (comme le papa d’Emir Kusturica qui ne valait pas tant que ça – ça a quelque chose comme quarante ans quand même) (je ne suis jamais parvenu à trouver quelque qualité à ce cinéma-là mais peu importe) (je veux dire : ce ne sont que mes goûts) en Arménie (là où le bon Charles – charmant garçon tout autant qui avait soutenu la candidature du blingbling quand même

que la paix soit sur son âme) et puis on verra ensuite, après on s’en fout… Un peu : les retraités (la CSG ça va ?), les jeunes (les APL toujours prêtes ?) , les autres, tout le monde paiera sauf les riches (il y a quatre vingt dix neuf pour cent de gens qui nourriront et aideront le un pour cent de riches). Il s’agit d’une équation simple à réduire : le CICE, les APL et ce que l’immonde patronat nomme « charges sociales » ( la sécurité sociale est moribonde, les assurances chômage et vieillesse y arrivent, les pauvres le seront plus, les riches maîtriseront – comme le veut l’abject peroxydé – le climat à l’intérieur de leurs ghettos) (du gotha disaient le Pinçon Charlot) mais oui ils le maîtriseront : leurs résidences cachées, leurs pieds à terre dans les paradis dits fiscaux ou dans d’autres îles – qui peut aller voir ce qui se passe à Moustique ? – des chanteurs de rock’n’ roll, des stars de série bientôt condamnées pour des abus et des dérives bien compréhensibles – ce ne sont que des hommes après tout – des têtes plus ou moins couronnées, des héros du cacacarante comme disait je ne sais plus qui – il y avait un J deux M vous vous souvenez ? des affaires, des dividendes, des intérêts. Quelle merveille, quelle surabondance de « name droping »… Du pipole, des règlements de compte sur l’avenue Georges 5 (Georges Vé disait Brel) ou à Lyon, gangsters ou usurpateurs (on a vu dans les salons de l’hôtel Intercontinental – rue de Castiglione dans le temps, à l’Opéra de nos jours, à Paris – se pavaner un Benalla consultant en sécurité (oublie la majuscule aussi, s’il te plaît) aux côtés d’un Bernard Cazeneuve (on aurait bien aimé lui proposer Beauvau, mais enfin, c’est pratiquement impossible…) (il serait même capable de refuser, l’ingrat) : les affaires le restent)

plus de quarante morts en fin d’été – ça n’a pas de rapport, ne cherche pas – ici une image du cinéma de plein air de la Villette, un soir, couverture rouge

chapeau de paille d’Italie, il fait frais, c’est l’été mais quand même, le soir comme l’humidité tombent… Non, aucun rapport, je cherche le bonheur et la joie de vivre – elles affleurent de temps à autre, j’aime les retrouver sans trop les découvrir

on a encore le droit de rigoler (pour combien de temps ?), j’aurais aimé voir et donner à voir quelque chose d’un peu plus amical (j’essaye tu remarqueras) d’un peu plus humain, d’un peu plus digne, mais non, j’ai comme l’impression que l’ignoble prend place de plus en plus importante, l’hypocrisie du pouvoir qui dit quelque chose et promeut appuie aide et force l’inverse…

Il est tard, il n’y a pas de cinéma aujourd’hui (il y en a , il y en a toujours…) (tel est le cinéma…) il y a quelque chose de l’indignation, de l’horreur, de la perte d’humanité et de générosité (tout, dans le monde qu’on côtoie, tout dit que l’important, c’est l’individu mais pas les autres, l’accueil ou l’hospitalité certainement pas, chacun chez soi et les vaches seront bien gardées…) . Tout cela blesse, meurtrit et les coeurs saignent : qu’y faire ? Regarder autour de soi…

La liberté ou la mort

 

 

Il s’agit d’une période trouble, troublée et tumultueuse (comme on aimerait qu’il s’en trouve de nos jours, tant les injustices, les indignités, les mensonges sont présents partout dans cette politique menée, dans ces mots employés et dans ces images posées). La première scène voit le roi Louis seize laver les pieds de jeunes garçons comme son Dieu le lui impose (c’est son Dieu qui l’a posé sur le trône, il lui obéit). Le roi est incarné (sobre et inquiet) par un Laurent Laffitte de la comédie, je crois bien : il plaît, et on l’aime. Au début.

Le travail des lumières est assez incroyable (j’aime la lumière au cinéma, ici la photo est due à Julien Hirsch (sous le lien, il raconte un peu de son travail)). Une vraie distribution, magnifique, emmenée par Adèle Haenel

et le rôle des femmes dans l’histoire est aussi magnifique que le sien. Elles emportent la vie, le monde… comme dans la réalité ? plus personne n’est là pour le dire (j’aime savoir que des gens comme nous – longtemps j’ai vécu sur le faubourg Saint-Antoine, ont pris le présent par les cornes et l’ont maîtrisé ou du moins ont tenté, j’aime savoir ça) mais le cinéma a cette audace (il en a beaucoup) et , crédules que nous sommes, nous nous y laissons prendre. Il y a Olivier Gourmet qui joue le rôle d’un verrier et sa femme interprétée par Noémie Lvovski

il s’agit d’un grand et beau spectacle, qui raconte des faits et des gestes, des guerres et des fusillades (on frémit en pensant à cette troupe qui tire sur des manifestants : on se souvient de ces manifestations où on parlait de « nasse », on frémit – on se souvient un peu de Rémi Fraisse, tout autant, et de Romain D.), il y a, assez halluciné, un Gaspard Ulliel à qui on transmet l’art du verre (et son sourire formidable quand il dit « le Roi m’a touché la tête… »)

il y a beaucoup de sensibilité, de drôlerie et de drames, de morts : ici l’une des habitantes de cet immeuble du faubourg Saint-Antoine, lavandière comme Adèle Haenel, interprétée par Izia Higelin (la soeur à Arthur, oui)

tragique, drôle, sensible – il ne faut sans doute pas trop exagérer dans les compliments, mais toutes proportions gardées, j’ai vaguement pensé au Guépard pour les scènes de guerre et les scènes qui montrent la royauté en acte à Versailles : je reconnais que c’est un peu excessif, mais il y a quelque chose : c’est que le lyrisme est présent (on ne sait pas bien comment il fait, mais il nous parvient)). Il y a quelques scènes avec des chevaux, ce noir-là qu’on tente d’attraper et qui foncera vers la caméra

de nombreuses scènes de palabres parlementaires où on découvre un Marat survolté (Denis Lavant, splendide)

on plaide avec Robespierre (Louis Garrel, intraitable (zéro sourire, mais on est habitué))

on retrouve Paris, le Louvre, on voit Versailles et la cour, on frémit aux tueries, et puis le « Mon peuple, où es-tu ? » de Louis seize, à la fin sur cette place qui n’est pas encore de Concorde : il arrive ce qu’il doit arriver et ce n’est pas seulement à Louis seize qu’on décolle la tête, mais aussi à cette aristocratie qui se sert de l’esclavage, qui humilie les pauvres et les tient sous un joug illégitime, tue des enfants et des femmes et des hommes, c’est le peuple qui parle : c’est le peuple qui  crie, même : « la liberté ou la mort ! » …

du vrai cinéma, du grand et du beau comme on l’aime…

 

Un peuple et son roi, un film mis en scène par Pierre Schoeller.

 

 

Pour l’amour des images

 

 

Il est des choses qui me sont plus difficiles que d’autres (qu’à d’autres, tout autant) et parler de photographie (celles qui viennent sont – comme la plupart d’ailleurs – magiques) en fait partie : ça arrête le temps, ça propose quelque chose qu’on aime, ça intime de penser quelque chose de différent sur le monde tel qu’on le conçoit, qu’on le voit tous les jours  – évidemment, c’est la même chose, il n’y a pas deux réalités, évidemment.

Il y a là deux types (qui peut dire s’ils sont frères, amants, associés, collègues ennemis peut-être pas mais ce sont des semblables) et un miroir; c’est pris à la Guidecca (cette île en face des Zattere, dans l’ombre quand il fait soleil) par le type qu’on distingue dans l’image du miroir. C’est repris par moi, mais c’est l’Italie, ce sont des gens qui travaillent. Ils sont là, mais ce que j’aime c’est cette façon qu’a celui de gauche de tenir son poignet (il porte un bracelet montre comme son collègue, ils sont un peu chauves, ils sont en bras de chemise et c’est qu’il fait chaud à Venise, en été).

C’est parce que c’est Venise, certainement.

Ce sont les grèves qu’il y a eu, juste avant guerre ou juste après (je n’ai pas pris de note, je retournerai sur place, je verrai) mais ce qui est certain, c’est que c’est la grève. (il s’agit d’une photo intitulée  « Grève à la SNECMA-Kellerman » – du nom du boulevard où était située l’usine, datant de 1947 – add.01.10.18). Ce type, là, allume son clopo, derrière lui les déchets de sa machine (c’est sa machine, ça ne fait pas de doute), tourneur ajusteur quelque chose en usine, Panhard Levassor du quai de Javel ou Citroën quelque chose – mais comment il est vêtu, le brillant de ses chaussures, la propreté impeccable des piles de tambours probablement, tout le travail et le savoir faire, tout est là, la dignité du travail surtout. Comme pour elle, cette merveille (une histoire sur cette Rose Zehner, adorable)

elle revient informer ses collègues de la suite des négociations, elles vont entrer en grève (l’histoire dit que cette femme a vu le photographe – lui aussi, et dès après son cliché, il n’en pris qu’un, il a disparu – et l’a pris pour un flic) (la photo, une preuve, un alibi, un témoignage – à charge, à décharge ? je me souviens des clichés qui ne sont pas parus (mais qui ont été pris) de Lady Diana morte dans le souterrain de l’Alma) : on l’écoute, on suit son geste… Le travail, ses luttes, ses victoires

celle-ci, un meeting au vélodrome d’hiver, Paris 1 rue Nelaton, quinzième arrondissement  : la photo ne rend pas compte de l’entièreté des choses, mais elle en suggère bien d’autres. J’aime les regarder, mais en rendre compte avec d’autres photos est plus difficile – je n’y parviens pas, je n’ai pas de point, je n’ai pas d’appareil ou de technique, tant pis, ce ne sont que des sentiments, même si on sait que, parfois, évidemment, ils mentent

mais certainement pas devant ces sourires. Ni devant ceux-ci (on entend presque les mômes (ce sont des Napolitains, tu parles comme on les entend dans leur sabir…) demander au photographe si il veut leur photo)

de quoi j’me mêle ? (ce qui m’appelle, c’est celui qui porte une casquette, on dirait Paul Frankeur). Enfin, des images, des photos, des centaines je n’ai pas compté, je n’en ai pris qu’une petite dizaine, pour me souvenir (mais déjà, Willy Ronis, déjà, on en avait vu de nombreuses de lui, sur Belleville comme on y pense parfois).

On a commencé par Venise, on finit par Venise (le visage du vendeur est trouble, au loin il porte une moustache, mais c’est ma prise de vue qui défaille – en réalité (?) il a l’air assez surpris et peut-être même vindicatif – il n’aime pas qu’on lui tire le portrait (alors qu’il n’est qu’une infime partie de cette image magnifique, tellement années 50…)

 

Une exposition de photographies de Willy Ronis, entrée gratuite au carré Baudoin, en haut de la rue de Menilmontant, Paris 20 – fermée le dimanche…

Chanteur de charme

 

 

 

Un peu comme dans les livres de Philip Roth (qu’il repose en paix), il arrive qu’au cinéma (un peu aussi comme dans les Mille et une nuits) ce soit quelqu’un qui prenne la parole (et du même coup l’image) et nous raconte une histoire. Ici, il s’agit d’un jeune type réalisant – plus ou moins seul, apparemment : c’est une des failles du film – un portrait (documentaire ? fiction ? les acteurs jouent-ils ? les acteurs ne jouent-ils pas toujours quand ils sont à l’image ? comme nous tous ?) (que de questions, hein…) de son père – celui-ci ne sait pas être le père du jeune barbu mais ce sera caché, et ce sera l’une des grandes qualités du film ( qui n’en manque pas d’ailleurs). Il s’agit d’un vieil homme (dans les soixante quinze piges) (ça ne fait jamais que dix de plus que le rédacteur qui se sent dans la même position) un chanteur (on pourrait se souvenir « jme présente je m’appelle Henri (ici Guy)/ j’aimerai bien réussir ma vie être aimé é/é/é / être beau gagner de l’argent/puis surtout être intelligent « – stop !)

Années soixante dix :  on a souvent droit à quelques flash-back au temps où le type était une star (il y avait cette chanson, qui était-ce j’ai oublié mais ça va revenir « n’avoue jamais/jamais/jamais/jamais ») (le sarcasme sur la profondeur des paroles entonnées par les chanteurs de charme a bon dos) (Guy Mardel – bizarrement, le réalisateur qui tient le rôle principal ne le cite pas – c’est  pas gentil – mais est-ce que citer quelqu’un ressort de la gentillesse ? je ne sais) ici Guy et son attachée de presse sont au bar (elle, interprétée par Nicole Calfan, adorable : quarante ans de complicité)Des chansons (textes un peu idiots, mais l’amour ne l’est-ce pas aussi ?) (parfois ?) et ce type aux cheveux blancs qui montent des chevaux, en dépit de toute prudence vu son âge et son contrat, qui boit qui fume, qui vit : peu importe. Il chante et les gens sont heureux (les femmes aussi).

Des apparitions, des silhouettes peut-être: chanteuses (Dani), ou pas (Elodie Bouchez) chanteur (Julien Clerc splendide) présentateur (Michel Drucker) ou acteur dans un rôle (Nicole Ferroni parfaite) : on a l’impression de quelque chose d’artificiel, et ça l’est mais c’est aussi affectueux . Très (en entrée de billet : la photo de la mère du réalisateur, incarnée par Brigitte Roüan, magique). Il n’y a pas à geindre sur le passage des ans, mais « deux heures, paf » dit le chanteur, le temps d’un concert et évidemment, à nos âges, ça cogne.

Il fait bon ça se passe en partie dans le sud de la France (le type possède un mas, un cabanon amélioré – très amélioré), il y vit avec femme (Pascale Arbillot qui se défend : très juste) et chiens et chevaux, petite piscine, grands espaces… La tournée qu’on suit, les concerts qu’on traverse, la relation qui unit le père au fils (et bien sûr qu’on sait qu’il sait être le père de l’olibrius : et bien sûr que l’olibrius sait que son père finit par savoir), les repas, les loges, et puis le « tu étais très bien » du fils, vers la fin et le regard du père qui demande : « c’est vrai ? »…

Vraiment réussi.

 

 

 

Guy, un film de Alex Lutz (2018)

d’ici là

 

 

 

 

un type convoie dans son véhicule étudié pour des gens d’un point à un autre : ils sont handicapés, mentaux ou physiques, quelque chose les empêche, ils sont empêchés.

Le type est noir (il se nomme Koffi, il était à la projection du film ce jeudi, c’est son calme qui impressionne et sa gentillesse), il conduit les attache les fait descendre monter dans le petit camion, met la radio ou la coupe quand elle est trop intrusive (une bande son – alors on doit citer à qui elle est due : Tristan Pontécaille – on cite rarement les techniciens mais c’est une erreur, c’est le monde de l’illusion que de croire qu’un film a un auteur, ils sont nombreux et tous y travaillent – les coupures des sons quand on les aurait coupés nous mêmes : ce qui fait penser à cette série, la suite à six minutes de Christine Jeanney), conduit dans la ville (au fond de l’image la tour Eiffel tronquée par le brouillard)

(c’est Paris, début du tournage octobre 2015, fin sans doute vers mi-2017) (je suis passé par là avant hier,

et souvent je vais avec mon ami Chasse-Clou boire un verre au Carillon parce que c’est pas loin, et que cette proximité me (nous) fait prendre conscience de la réalité du monde, et de sa cruauté et de sa bêtise – mais aussi de l’amitié et de la joie, on y allait avant). Ces moments-là de la vie de la capitale et ensuite, les luttes contre la loi travail (ni loi, ni travail : cette abjection). Et la campagne électorale. Et le passage du temps, l’alacrité des regards, la tendresse des gestes, des sons de musique sans oublier que « le type était sourd quand il a écrit ça » : l’humour…

Et ceci écrit sur un mur (« l’obscurité de l’âme de celui qui s’agrippe à l’essence du passé « )

Un camion qui fait partie de ce qui, pour l’immonde, « coûte à la nation un pognon de dingue ».

Voilà tout, un moyen métrage (quarante cinq minutes), un cadre magnifique comme l’image qu’il borde, un scénario en acier (minimal, mais en acier), le film s’intitule « d’ici là », c’est une tentative certainement déjà aboutie de quelque chose qui existera on l’espère en salle (mais trois quarts d’heure, quel exploitant oserait ? et en combinaison avec quel autre ?), mais on en parle parce que ça existe. C’est coproduit par périphérie et subventionné par la Scam (brouillon d’un rêve – auquel les amis de l’Air Nu (j’en suis) avons prétendu sans y parvenir mais ça viendra), le CNC et la région (brrr) mais c’est écrit en images : une merveille.

 

« D’ici là » un film de Matthieu Dibelius.

Passage le 27 septembre à 16h15 à la Scam : 5, avenue Velasquez, Paris 8 – réservation obligatoire et impérative (ahah)  ici :

Réservation impérative à : cineastesenresidence@peripherie.asso.fr

 

Dans le brouillard

(on ne la voit guère, mais sur l’image ci-dessus, la jeune fille, Haemi, fait signe (de son bras, côté passager) à son ami Lee Jongsu (hors cadre : c’est ce qu’il voit) : elle et son ami Ben arrivent chez lui…)  

 

 

ça va se passer à la campagne (les maison(s)témoin de la campagne, je ne suis pas certain mais les lotissements qui viennent et mangent les abords de la ville, oui) (je ne suis pas sûr) depuis un moment le brouillard est tombé et le type court

on se demande pourquoi – il cherche des serres abandonnées, en plastique, auxquelles son contemporain nommé Ben dit qu’il aime mettre le feu (pourquoi ? pour s’amuser)

(ici, voici Ben) (la question en sous titre s’adresse à la jeune fille, Haemi) un type à l’aise financièrement – il conduit un petit coupé allemand carrera 4S – c’est une voiture qui vaut à peu près dix années de smic – et je me suis arrêté à ça (c’est un peu bête comme idée, mais il en est ainsi) l’homme conduit cette voiture il revient d’Afrique (le Kenya, je crois) en compagnie de cette jeune fille, Haemi, dont notre héros (celui qui court dans le brouillard) est amoureux

ici il est de dos (il se nomme Lee Jongsu), elle est de face, elle paraît plus jolie depuis, dit-elle, qu’elle est passée par le bistouri – alors il la trouvait « moche », quand ils se sont connus, dans la même petite ville de la campagne voilà quinze ans peut-être, mais à présent les choses ont changé – elle doit avoir un charme – c’est à peu près certain, elle en a – mais la voilà qui revient d’Afrique flanquée de ce Ben, riche, sympathique, gai, accueillant, simple : toutes les qualités… et voilà qu’ils viennent le trouver, lui, notre héros, dans sa campagne – ce sont des plans d’une grande beauté lorsqu’elle danse devant eux deux, puis tout à coup, elle se rassoit et s’endort… – tout comme elle disparaît tout à coup… Lui la cherche, court, se demande, mais plus que tout, il cherche quelque chose comme la vérité (où a-t-elle disparu ? est-ce Ben qui l’a perdue, enlevée brûlée vive ou pas ? endormie ? qu’en est-il de leurs relations, à elle, lui, Ben ? toutes sortes de questions inépuisables et justement, tout se trouve dans ces questions)

qui est-il, lui, pour la chercher ? Certes, il l’aime (ou le croit, ou le rêve) mais devant son rival (est-il bien un rival ? ou un ami ? un ennemi ? un double rêvé ?qui est-ce ?) il ne peut rien, ou presque… Mais je voudrais revenir surtout sur la scène finale, où le jeune Lee Jongsu passe devant la voiture qui flambe (et je voudrais revenir sur ce feu, ces flammes) pour me souvenir des formidables histoires qui courent sur le film « Le Guépard » (1) dans lequel Luchino Visconti demandait qu’on dépose dans les tiroirs des commodes du palais des Salina des dentelles, des vêtements de luxe, des chaussures, peut-être des parfums (toutes choses qu’on ne perçoit pas à l’écran, puisque c’est – comme on dit – du « cinéma ») et je me suis dit, reconnaissant le feu qui passe derrière les vitres du petit camion que Lee Jongsu conduit, nu semble-t-il, et laisse derrière lui – je me suis dit : « s’il s’agit d’un vrai feu, ce n’est pas celui de la carrera 4S de Ben » (ici une image d’une serre qui flambe)

vraiment, à l’écran… (mais ce n’est qu’un rêve d’enfant…)

Toute la différence est sans doute là : le cinéma, qu’est-ce que c’est ? Une illusion pour dire le vrai ? ou une vérité pour décrire le mensonge ? En tout cas, Haemi (la jeune fille qui disparaît) qu’on ne reverra plus garde, quelques temps encore après la fin du film, un charme presque inoubliable…

(me revient aussi ce qui se disait d’Andreï Tarkovski dans le Sacrifice où le plan – sublime – de l’incendie de la maison a été réalisé deux fois – à la fin de la deuxième reprise, l’équipe pleurait…)

 

Burning, un film (magnifique, cependant) de Lee Chang-dong (présenté au festival de Cannes en mai)

(1) Formidable livre que la biographie de Luchino Visconti, en folio (4891), par Laurence Schifano « Visconti, une vie exposée »

 

quelque chose se passe

 

 

Deux femmes dont l’une (Dolorès – en jaune photo d’entrée – Lola Duenas adorable – on l’avait déjà croisée dans « Les ogres » (Léa Fehner, 2014) , autre merveille d’un cinéma actuel et contemporain fait par des femmes) sauve la vie de l’autre (Irma, robe à fleurs, souriante – Bojena Horackova mélancolique mais qui revit) sont les premiers rôles d’une présentation du sud de la France comme il est – encore qu’il y ait, il me semble, assez peu de racisme (il semble aussi qu’en Provence Alpes Côte d’Azur, cependant, le vote pour l’ordure soit assez conséquent et les actes de racisme fréquents) – il s’agit sans doute, probablement, d’une idylle et d’un choix, d’un désir ou d’un fantasme : peu importe, il s’agit d’un film qui existe, et bien.

Bord de l’eau, Camargues, on reconnait cette espèce d’ambiance de vacances (mais on ne voit pas les flamands roses…), bien que les gens, tous les gens qu’on croise (qu’elles croisent aussi) travaillent : il s’agit de la présentation, fictive, documentaire, mixée des deux genres, d’une France qui (un peu comme dans « L’île au trésor » (Guillaume Brac, 2017, chroniquée en maison(s)témoin il y a peu) possède sa qualité première : accueillante, ouverte, gentille, généreuse… Hospitalière. Dolorès l’incarne, en quelque sorte

Irma plus sur la défensive (choquée par la vie, sans doute, sauvée des eaux, ressuscitée… )

amies à la vie à la mort, pratiquement : une relation affectueuse et simple – comme on les aime… Vivre, enfin :  travailler

aimer, manger boire et se reposer

danser

aimer

une réussite un espoir…

Un premier long métrage, un film de cinéma : l’une des qualités de ce film est de mettre en scène des femmes – la plupart des dialogues parlent au féminin – d’un certain âge – « quel âge tu me donnes ? » demande Dolorès – on répond 42 mais c’est plus – quant à Irma après cinquante ans, plus de boulot… et même si sans raison – mais c’est aussi la leur… – les esprits viennent là en début et fin de film, on s’attache à ces personnages, deux femmes sincères, drôles et vivantes.

 

Il se passe quelque chose, un film d’Anne Alix.

entre ciel et eau

 

 

des îles il y en a pas mal sur le plan d’eau – on fait un effort pour ne pas se croire en ville, ce n’est pas la mer, ce n’est pas l’océan, mais ça ne fait rien, on se baigne et il fait beau – la chance… des vues de haut

c’est une des dernières boucles de l’Oise, avant qu’elle n’aille rejoindre la Seine à Conflans

un paradis, mais d’un jour – baignades surveillées, accès sécurisés,  agents de sécurité – sans doute, quelque chose du contemporain, mais peu importe finalement, ce qui existe vraiment, c’est quelque chose comme une entente

si au loin est la ville

ici semble épargné – on joue, on chante

(un repas accompagné à l’accordéon, des gens, comme vous et moi) et de tous âges, on se promène on se baigne s’il fait beau, ici une mère et sa fille qui discutent de l’avenir (le son du film : une merveille de plus) (ajoutée à celle de la musique due à Yongjin Jeong : extra…)

il y a peut-être quarante petites histoires, les unes rapportées aux autres, les unes et les autres, jeunes vieux filles garçons des histoires, des gens des corps – ma préférée c’est celle du veilleur de nuit, rescapé in extremis, qui m’a fait penser à Doïsotievski, qui en réchappa in extremis aussi –  un petit train

rien, une petite fille qui regarde et le train qui roule : voilà tout, le soleil ou la pluie, une saison sur une île, on trouve parfois un cygne (ici c’est l’hiver)

pas mal de gens qui se marrent

un lieu, un territoire, quelque chose en ville, non loin tout au moins, tout le monde et n’importe qui, ça n’a pas d’importance, on est là et on vit, on se regarde et on se voit, on s’apprécie et on se sourit – ou pas – on s’amuse et on rit, à la nuit on s’en va, et quand l’été sera fini, on attendra (peut-être) le suivant, ici c’est l’automne sûrement

et puis il y aura sans doute l’hiver – on se promènera

le film, quant à lui, sera terminé, monté montré : splendide…

(les 4 dernières images : (c) Julien Vivet , recadrées, contrastées : bibi) (les 4 premières : issues d’une image de drone – via gsw)

L’île au trésor, un film documentaire de Guillaume Brac.