sur la place

 

 

 

je reviens de vacances – le coeur se serre parce qu’il ne faudrait jamais revenir – on ne pourrait plus alors partir, certes – et comme tous ces voyages d’Italie, celui-là fut (encore une fois) particulièrement réussi (grâce à toi, à vous, aux teintes des maisons, aux douceurs des vents, à la gentillesse des passants, des voisins, des inconnus, grâce à la chance qu’on a eu de trouver ce lieu, mille huit cents kilomètres d’ici, sud-est) ( je regrette, je regrette tant) il y avait une place devant la maison (ici elle est en photo par quelqu’un, je ne sais pas exactement – c’est sur GSW

) il s’agit d’un village à dix kilomètres passent autoroute train, la mer Adriatique, cela se trouve dans les Abruzzes – la maison donne de plain pied sur la place – on entre dans un petit salon, la cuisine, qui donne sur l’arrière sur un jardin en pente dévers et une vallée (c’est la photo d’entrée de billet à la presque nuit), le lieu est magique – la place on s’en sert quand on veut, le soir pour y jouer aux cartes, le midi (vers deux ou trois, c’est l’ombre) pour y boire un café, lire – il ne faudrait jamais que ça finisse – et la place, cette place m’a retenu – tard, tôt, peu importe – des clichés que je pose ici, comme des témoins de cette maison – par ordre d’apparition à la mémoire du téléphone – rien de spécial

c’est à la nuit, le premier soir – ou le deuxième (vingt quatre août)

la petite voiture part vers minuit – le scooter je ne sais pas- ils sont là, ou pas, des gens passent, des gens vont viennent mais n’apparaissent pas – par ordre chronologique, vingt cinq août

cette maison qui porte un numéro 20 (elle porte aussi un 19, puis un 5 – qu’on ne distingue pas trop – plus dans certaines autres) – une photo, qu’est-ce que c’est ?

un quart de seconde de vie – on n’attend rien : vingt six août

dans la journée on s’en va, plage, rires ballons parasol – glaces ou pas – chapeaux et tongues (pas pour moi j’en ai horreur) – on rit des accents qu’on essaye de prendre, des mots qu’on ne comprend pas – on rentre, on fait des pâtes ou de la polenta, une salade des tomates et du fromage – de l’huile d’olive –

ce sont des choses éphémères, on voudrait les garder, on les double encore

qu’elles restent toujours en nous comme une âme pleine et sensible, qu’elle nous soit intestine, qu’elles restent et puis

passent les heures et passent les jours

les pompiers (on voit leur voiture au fond de l’image)

vinrent ce jour-là (vingt huit ou neuf ?) brûler un essaim de guêpes dans la cheminée d’une maison voisine – ici,on voit le 5,puis le 19, puis le 20 de cette maison – on ouvrit un jour cette porte de fer, mais la capture fut impossible – il faisait doux

à la sieste plus personne – très souvent un vent léger caresse les pensées, on s’assoit

deux belvédères donnaient sur la vallée proche où se travaillent oliviers et ceps de vigne – le monde laborieux, nous autres en vacances –

cette semaine-là, c’est un peu pour ne pas l’oublier – je ne l’oublierai pas – un peu pour m’en souvenir – parfois le temps met les choses à l’épreuve, on ne se souvient plus bien, qui était là, qui partit, qui revint – je ne sais plus – il ne me reste que deux images

voilà que ça se brouille – il faisait un temps splendide, on lisait, mots croisés cartes à jouer rires et réminiscences – les enfants, les autres qui crient, qui jouent, le monde entier sur une place

(tu vois ce petit carré en bas de l’image ? qu’est-ce ? un artefact ?) – on dirait que passe une ombre au fond, toutes les demi-heure sonnent, jusque dix et demie – la douceur du monde et la beauté des choses…

Nettoyer

 

 

 

Ça va être les vacances – on va partir on va revenir – c’est l’important : on va se reposer, on va oublier un peu on va laisser passer les choses – ça ne va pas les changer, si elles doivent arriver, elles arriveront là-bas ici ailleurs – on va lire – prendre le temps de parler avec les autres, écouter ce qu’on a à dire, rire sûrement, s’étonner, poser des questions établir des réalités ou douter des illusions – il va faire beau – on va dans les Abruzzes, en orient d’Italie (ce pays malheureux gouverné par des chiens dont la pape lui-même – c’est pour dire – se défie) puis on passera de l’autre côté de la jambe – la géographie se mue en anatomie – passer les petites montagnes Apennins, tandis que les enfants passeront des jours entiers à Rome – ça ira, jambon pizza melon mozza basilic – ça ira – tomates salades – en attendant passer par le parc et poser ici quelques images qui me font souvenir des todolistes d’il y a quelques années – des images qu’on postait – c’est le matin, le mois d’Août, Paris au parc – petits métiers, nettoyeur jet à haute pression – faire du propre le matin avant l’arrivée des enfants des visiteurs des gens des vieux – tout ce monde-là

il ne fait plus chaud – il a fait mais là, c’est fini – les gens se promènent marchent

ou courent

en bas de la passerelle, une apparition – un nuage, un camion – au fond, à gauche l’hôtel de standing, à gauche la halle qui servait à garer le bétail bovin

au dessus la vague – on se hâte

on passe devant l’opérateur

 

(on va se gêner tiens) apparaît un peu dans la brume le servant du nuage le serveur de nuées

il fait beau – on va à l’expo (cheveux blancs obligent certainement – reliques dorés des saccages de tombes : il y a à voir et à photographier, le populaire s’y presse par centaines de milliers – le million !!! le million!!!) (je ris un peu jaune, je déteste ces raouts) (OSEF on nettoie)

on fait du propre, bruits brumes décors

on aperçoit de mieux en mieux le garçon (c’est un garçon)

il porte un gilet jaune (c’est le règlement, c’est contractuel : ne pas le porter serait probablement considéré (ou aurait été en d’autres temps ?) comme une faute grave lourde rédhibitoire : la porte ! – mais là, il le porte – avez-vous comme moi le sentiment que certains l’arborent de nos jours ? samedi prochain, tu sais quoi? acte 40… nous serons le 17 août – on ne lâchera pas)

bon, voilà qu’à nouveau il se cache – il y a quelque chose de jolie dans ces passages à vide, ces moments où la lumière joue avec l’eau, les gens passent s’amusent un peu – lui bosse…

moi j’avance, je me prépare

je change de route – je me cache : trop tôt

décadré

plan américain – la chance…

faire du propre – j’ai continué j’ai marché : au coin nord du théâtre, je ne l’avais jamais vu – mais il est normal que B2TS apparaisse ici aussi (chapeau melon moustache chaussures de cuir et costumes 3 pièces -je crois qu’il se trouve sur le mur de Saint-Louis aussi)

et à l’angle sur le mur de l’est du même théâtre – je ne sais, sépia un couple d’amis sûrement

au ciel des nuages

(tout à l’heure j’irai voir sans doute Perdrix, puis Nevada, puis d’autres choses encore)

À vous toutes et tous, que cet été vous soit doux

 

 

 

ces choses-là

 

 

il s’agit d’une chronique (c’est à dire que le temps (qui, certes, ne fait rien à l’affaire) prend part à ce qui est ici raconté) : jamais je n’avais vu ce film – c’est une erreur que je rattrape – il  en serait ainsi sans doute quelques centaines…

Peu importe, nous ne sommes pas tenus à l’exhaustivité – ici on parle de ce qui arrive et de ce qu’on aime – voilà tout – on peut aussi agonir ce n’est pas interdit – c’est (un peu) du temps de perdu et on n’en a pas tant que ça – et plus ça ira, moins on en aura – sans doute mais à nouveau peu importe :  ici le numéro 165 – je l’aime beaucoup – si je me souviens, quand tout fut dans la boite (juin 1969) je me préparai à entamer ma vie professionnelle – j’avais d’autres choses en tête – à goodyear pour deux mois, puis quatre ans de plus jusqu’au bac – double terminale – les femmes ? l’amour ? les voitures ? – non, c’est un beau moment d’alors…

 

 

Il y a les choses :

  • des chemises qu’elle (Hélène) achète pour lui (Pierre) un cadeau – trois longueurs de manche, oui;
  • la commode adjugée à 1800 qu’il (Pierre) emporte lors d’une vente aux enchères à la Rochelle (elle (Hélène) la voulait peut-être);
  • les cigarettes, la prochaine allumée à la cendre de la précédente;
  • la lettre qu’il (Pierre) écrit (à Hélène) dans le début de la deuxième journée, un bout de  table, le stylo, l’enveloppe (tout est là – c’est l’image d’entrée de billet – elle est fausse); la poste, le téléphone et le message (j’ai adoré le message « viens immédiatement » : j’adore – c’est que c’est ça, l’amour c’est immédiat, c’est tout de suite et on ne discute pas : on est);
  • les voitures (« monte dans ton Alfa, Roméo » disait – peut-être bien – la  (fo) bébé méprisante à ce Jack producteur Palance): l’Alfa Giulietta (Massina ?) de Pierre, la mini Cooper de l’amie d’Hélène, la bétaillère (qui cale) de l’éleveur de cochons (Bobby Lapointe), le conducteur du poids lourd qui bouche la route, les motos des gendarmes, l’ambulance DS break; la machine à écrire, les pommes croquées

(parfois, c’est quand même du lourd, certes), ainsi que les cerises

il y a le volet de la maison de l’île de Ré (fatalement), le bateau, le vélo

mais après

des choses, le verre de vin qui se renverse, celui de whisky et d’autres encore…

Et puis il y a les grands rôles (les premiers disons) et les seconds – mais on s’en fout : enfin, non, mais on les traite de la même manière (c’est parce qu’on les aime) : c’est ça, le cinéma quand il est grand – bien fait – bon – il y a trois choses d’abord : l’histoire, puis l’histoire, puis l’histoire – c’est certain – mais après il y en a d’autres  : notamment les rôles, premiers deuxièmes énièmes – je suis assez désolé, je n’ai pas d’images de ceux-ci mais si, ici l’ami de Pierre (c’est Jean Bouise (il est de 29) qui interprète le rôle)

et Pierre c’est Michel Piccoli – il est de 25 : dans le film, il a quarante quatre ans – le réalisateur, Claude Sautet, en a un de plus – ce n’est pas pour s’identifier – il y a au générique – un peu comme toujours – Isabelle Sadoyan qui est la femme « dans la vie » de Jean Bouise)

ce sont deux journées de la vie de Pierre qui sont évoquées : il vit séparé de sa femme – Catherine (c’est Léa Massari (8 ans de moins que Piccoli), dans un rôle qu’on aimerait endosser) (parce que c’est le beau) (ce rôle, trop bien, trop vrai, trop humain – mais jamais trop : le cinéma, c’est ça : jamais trop) – il vit avec Hélène (Romy Schneider (13 ans de moins que Piccoli) – il a un fils Bertrand (Gérad Lartigau, 17 ans de moins que Piccoli) qui fabrique des objets qui ne servent pas à grand chose, il y a le père de Pierre qui vient le taper (100, 120 comme tu peux), les parents d’Hélène qu’on ne verra que peu, les auto-stoppeurs, la postière, la vendeuse, les médecins, les infirmiers, les gens partout – la course, la vie, les couleurs, les passages

Mais d’abord il y a le générique de début – une merveille à rebours – et ce plan formidable

c’est ainsi qu’il commence

se poursuit

et encore jusqu’à laisser la voiture de Pierre loin, si loin : un petit point qui s’efface…

J’ai pensé à ce mot du (wtf) locataire du moment du palais du faubourg saint-honoré pour qualifier l’Europe où lui-même se meut : « vieux continent de petits–bourgeois se sentant à l’abri dans le confort matériel » (*) (on cite ses sources) et qui, en effet lui va comme un gant avec sa bobonne peroxydé ainsi que celui de Washington, sa piscine, ses affidés et ses sicaires – le film date de mille neuf cent soixante dix, l’étriqué dans l’âme n’était même pas né…

Une merveille , pas une ride, sans doute – un cinéma magnifique, montage au cordeau, musique (Philippe Sarde) inoubliable, dialogues argentés (Jean-Loup Dabadie), les années soixante dix commencent…

(*) : revue NRF n°630, Paris mai 2018

 

 

Les Choses de la vie, un film de Claude Sautet.

 

 

 

rêve américain

 

 

C’est un peu l’histoire du rêve américain – c’est à dire que c’est rêvé par des américains (étazuniens, surtout) il y a à voir avec cet autre film  : en réalité, le scénario se compose de la même manière – le van est un des personnages mais loin d’être le principal – une camionnette qui transporte des personnes handicapées

d’un endroit à un autre d’une ville de province – on ne sait pas bien ce que ça peut être, la province des États-Unis mais c’est qu’il y a trop de capitales sans doute – je suppose – alors disons qu’on recommencerait comme « c’est l’histoire d’un type qui conduit une camionnette »

et ce serait suffisant (le type Vic, interprété par  Chris Galust). On appartient à l’histoire, et on la suit.  Il y a son grand-père gentil mais un peu fou, il y a la soeur de Vic aussi

il y a leur mère musicienne, qui donne (ce sera le soir) un concert dans son appartement, il y a les gens de l’établissement où vit le grand-père (l’une d’entre celles et ceux-ci est décédée, Lilya, il faut aller à son enterrement)

il y a les gens qu’il faut convoyer – une jeune femme assez obèse qui va chanter dans un concours « ‘Rock around the clock », une autre jeune fille handicapée

noire

qui doit aller quelque part, qui est évidemment comme tout le monde, en retard et puis d’autres encore – je ne sais plus exactement – mais arrive le neveu de la Lilya

qui est morte, qu’on va enterrer qui vient assister à l’enterrement – et tout ce beau monde est embarqué à cent à l’heure…

C’est un  peu le rêve américain – on aime cette nation, on vient d’ailleurs pour la plupart de Russie (les gens qui vivent dans le même immeuble que le grand-père) et on dispose d’une âme slave (je me souviens de cette chanson, je me souviens de Jacques Higelin qui la chantait, je me souviens) et donc on chante – on s’est trompé de tombe

tant pis on change et on chante, on chante et c’est l’hiver, il a neigé, il fait un froid de gueux, elle est enterrée, Lilya.  Le rêve américain, c’est aussi pas mal les Noirs – la famille de cette jeune fille (Tracy  dans le film, interprétée par Lauren »Lolo »Spencer)

qui a apporté à son boyfriend (son ami de coeur) un carton qu’il ne prendra pas et un cadeau d’anniversaire – un sabre japonais dans son étui – qu’il ne prendra pas non plus, cette jeune fille dont le frère fait partie d’un groupe de rap – ils chanteront un morceau a capella – il y a des gens qui travaillent et qui chantent

la jeune fille participe à son concours, on chante – des gens rient, des gens dansent…

C’est un peu comme on aimerait que soit le rêve américain : les choses s’arrangent toujours – un peu de bric ici, un peu de broc là – on déménagera pour le concert un canapé, à pied, loin, on s’assiéra dedans fumer une cigarette au bord de la route, il neige c’est bientôt la fin de l’après midi, on a été chercher les clés de l’appartement de Lilya, puisqu’elle est morte, il faut qu’on boive qu’on mange et qu’on chante – on ne peut pas, non impossible d’avoir les clés, non : son neveu charme la gardienne agent de sécurité, il lui parle gentiment, elle l’écoute finit par sourire – on va aller boire, tous ensemble – on va rire aussi

c’est vraiment le bazar

on partira ensuite, on s’en ira écouter le concert, on reviendra ici, là ailleurs – ce sera la nuit : chez la jeune fille noire, le groupe de jeunes gens rappeurs se sont fait prendre, ils sont au commissariat, il faut aller délivrer le frère, mille dollars, on les emprunte ici, on les trouvera là (la mère les a planqué dans le canapé,le canapé n’est plus là…)  et puis et puis une séquence endiablée

(en noir et blanc)

on se bat

on se bat – terrible séquence… L’Amérique (les États, plutôt)si elle était comme elle nous est montrée là, comme elle est et devrait être, c’est ainsi qu’on l’aimerait…

Je ne raconte pas tout, évidemment, les images sont fixes, le texte est ce qu’il est – mais dans tous les sens, partout, tout le temps, cet amour immodéré pour les gens,ce qu’ils sont simplement (il y a surtout – ça ouvre et ferme le film – ce dialogue où Vic ne dit rien, mais c’est un dialogue, avec un de ses amis – cigarette simples mots : for-mi-da-ble.

C’est la nuit

c’est l’hiver

il fait un froid de gueux, ce sont les rues d’une ville de province, parcourues à tombeau ouvert par une camionnette qui sert au transport des handicapés – un peu comme dans ce film, là, qui était tellement bien… Ici aussi, tellement bien, c’est la nuit, il fait froid, c’est un peu un rêve américain

 

Give me Liberty, un film (extra) de Kyrill Mikhanovski.

 

La quête

 

 

c’est juste une bande annonce et il y a tout le film dedans – dans le temps, il y a un moment (quatre vingt deux je crois bien – je ne sais plus, j’ai tout perdu, j’ai recherché je n’ai rien trouvé), j’avais exercé mon goût du cinéma en étudiant le film annonce – la bande annonce, la publicité que le cinéma fait du cinéma – je tenais le truc pourtant, mais non, il a fallu gagner sa vie – il aurait fallu faire face à ces mois et ces années d’études et de recherches – peu importe la bio, j’exerce mon jugement : le film de cette semaine est passé sous le radar parce que l’époque d’alors (2015 a été pour tous une année difficile) ne se prêtait pas au cinéma (il ‘y avait pas de maison[s]témoin non plus remarque – ah si, ça a commencé le 13 mai 2015 – comme quoi…) – il y a peu, j’ai vu le film d’André Téchiné titré l’Adieu à la nuit (2018) qui traite d’un sujet semblable (c’est un blanc qui se convertit à l’islam et veut partir se battre pour se convaincre que la foi est une (ou sa) bonne étoile – je simplifie, certes  – ici, c’est une blanche qui épouse un type qu’elle aime (c’est assez elliptique sur le sujet) et le suit pour se convaincre etc.) – cette problématique torture semble-t-il notre monde (par notre j’entends ce pays, la France, et ses habitants, je veux dire les parents et leurs enfants) – il y a eu aussi le film de Jacques Audiard (dont Thomas Bidegain était un des scénaristes) intitulé Un prophète (2009) ou cet autre, La désintégration (Philippe Faucon, 2011) et puis d’autres encore – il s’agit du lieu de la blessure, la colonisation, quelque chose qui hante donc ce monde (on n’en a pas fini tout de suite non plus) – mais on voit les ravages causés par ces actes, ces actions, ces délires sans doute, mais l’adolescence est le lieu, aussi, de toutes les utopies (et – pourtant – tant mieux…). Difficile moment, difficile passe, difficiles émotions…

 

 

C’est une affaire qui commence en octobre 1994 (indique le film : en 1995, on se souvient des terribles attentats qui ensanglantèrent au minimum Paris – il s’agit de quelque chose comme ça)

c’est une histoire de famille (le père aime le folklore des cowboys – c’est son droit – apparemment cependant sa famille n’a pas à ne pas aimer ça : la fille se prénomme Kelly, le jeune garçon a pour surnom Kid) c’est une fête, tout est bien

il chante une chanson – voici sa femme et son fils qui l’applaudissent parce que c’est charmant

mais on sent que quelque chose couve, on ne saurait dire quoi – on saura tout de suite que la fille aînée s’en va

elle va rejoindre son amoureux – elle n’a que seize ans – s’ensuit alors une quête du père qui veut entraîner la mère et le fils : partout (ici chez le père du garçon)

où il ira la chercher (là dans un café ailleurs)

choux blanc comme on dit… Les années passeront, la mère n’en pourra plus (sa fille, leur fille est partie : elle leur écrit , elle a sa vie : elle a eu un enfant de son amoureux – qui n’est pas celui qu’on croyait – mais ça on le savait) – il s’agit en effet soit de sa propre vie soit de celle de sa fille

je ne pense pas qu’un parent puisse choisir mais peu importe ce que je pense : même si la mère n’en peut plus, lui, le père ne désarme pas (le fils a grandi, il suit son père, l’aide dans sa recherche : les tours jumelles se sont affaissées sous les deux avions, la terreur continue)

ensemble ils finissent par retrouver sa trace, suivre son parcours vers l’Afghanistan à suivre son embrigadé de mari –

mais finalement, le fils refusera de suivre son père, cette fois ce sera non

le père part seul, en auto

(grands espaces, peines, accident mort) le fils reprend la quête, va jusqu’en Afghanistan, en plein carnage (Ben Laden qui va mourir, la guerre, les blessures, la mort tutoyée)

un type l’aide

(grands espaces, blessures, recherches vaines puis abouties, accident (le meurtre du mari qui s’est débarrassé de son fardeau, a pris une autre femme – prison et tortures plus tard) il rentrera par la chance qu’il a – puis un jour, bien des années plus tard (vers le moment où se déroule le film – 2015…) il retrouvera cette soeur portant voile et servant dans une épicerie… Ils se reconnaissent, ne se parlent pas.

Fin de l’histoire.

Vingt ans dans la vie d’une famille : française, blanche, classe moyenne, province… Combien de jeunesses perdues, combien d’erreurs commises, combien de foi diverse et simulée, combien de confiances trahies, d’inhumanités et de traîtrises et pourquoi ? La guerre, où qu’elle soit… Les acteurs sont épatants, en tout cas.

Les Cowboys, une film de Thomas Bidegain (2015)

(le père : François Damiens, la mère : Agathe Dronne, la fille aînée Kelly : Iliana Zabeth, le fils jeune : Maxime Driesen (il se nomme Georges, en vrai dans le film), plus vieux : Finnegan Oldfield)

 

 

 

 

Train fantôme

 

 

Trois histoires composent ce film, et c’est juste magnifique : toutes les trois se déroulent à Memphis (Tenessee) qui (comme on sait ?) est la ville où naquit à la chanson Elvis Presley (aka Elvis the pelvis) (il est né au monde à Tupelo, à soixante kilomètres au sud – en janvier 35) . Il ne fut pas le seul à chanter ici : la réalité veut que les studio Sun records se soient installés à Memphis, et ce fut là qu’un jour, pour sa mère, The King fit graver son premier disque du monde.

Il est dès lors présent partout (il y vécut, Graceland est le nom de la petite maison où il vécut, je crois et mourut (à 42 ans), peut-être d’overdose de médicaments dans la ville. C’est là que le train s’arrête, passe, s’en va.

Dans l’hôtel nommé Arcade qui sert pour une (assez grande) part de décor au film (les trois histoires s’y déroulent un moment sans qu’aucune ne se croise) dans ce lieu, il y a la présence du gardien de nuit (interprété par Screaming Jay Hawkins) et du groom (Ciqué Lee)

), dans chacune des chambres on trouvera un portrait d’Elvis (dit The King).

Le train en question ne vient de nulle part, ne va nulle part – ou du moins, sa destination n’est-elle pas exactement explicite. Et les trois histoires usent de macguffin – on ne sait pas pourquoi les choses arrivent : on ne verra pas Graceland, on ne saura rien du mort que convoie Luisa vers Rome

le type de l’épicerie sera-t-il mort ?

On ne sait pas pas… On entend un coup de feu, dans chacune des histoires (est-ce celui tiré dans l’épicerie ? On ne sait pas…)

Memphis est mystérieuse…

On peut pourtant noter un invariant (ça ne sert à rien, mais c’est amusant quand même) : le rouge que porte le gardien ressemble à celui de la valise des deux amoureux

comme à celui (plus passé, plus vieux, plus terni) de la voiture des trois types alcoolisés.

On peut sans doute noter aussi que le fantôme d’Elvis n’apparaît qu’à Luisa; que le chanteur des Clash (Joe Strumer

l’anglais – le supposé mari de Dee-dee la bavarde -ici droite cadre

) déteste Elvis (parce que tout le monde l’appelle ainsi) et fait tourner le portrait contre le mur de la chambre; le troisième des bras cassé (est l’ami du coiffeur blanc – à l’image le second, Will, plus ou moins pote avec le gardien de nuit)

interprété par Steve Buscemi  – ce dernier apparaît dans le premier épisode des deux amoureux japonais.

C’est peut-être un conte : en tout cas, Luisa attrapera son avion

les trois types bourrés se sauveront; les amoureux poursuivront leur route (non sans s’être emparés d’une serviette de l’hôtel)

 

Mystery Train, un film de Jim Jarmusch (1989)

(les amoureux japonais, Yuki Kudo – c’est elle – et Masatoshi Nagase – c’est lui)

je me fais vaguement l’effet d’être instrumentalisé : les copies de ces films sont neuves, c’est une affaire de distribution sans doute en lien avec la présentation du dernier film de Jim Jarmusch présenté à Cannes il y a deux mois (c’est son treizième – le précédent, Paterson, était une merveille – on lira avec profit ce billet duquel je ne retirerai pas le moindre traître mot) , qui est sorti je crois bien mais que je n’ai pas vu. En revanche, j’irai sans doute voir Le Traître de Bernardo Betolucci, et probablement aussi le dernier de Quentin Tarantino. Bof, tant pis, c’est un réalisateur qu’on aime bien.

À bientôt, mon fils

 

 

 

 

je l’aurais traduit ce titre : en chinois, il semble qu’il s’agisse d’une maxime – donc de Confucius – « terre ancienne vaste ciel » – ah non c’est Lao Tseu qui en serait l’auteur (on ne sait pas, vraiment, on n’a guère de culture que la nôtre) – je ne sais pas mais l’anglais comme dialecte mondial, je sais ça, oui – et les distributeurs d’ici ou de là ne font pas exception – de longtemps ces questions se posent, sans en trouver de réponse autre que celle voulue par ce libéralisme mal nommé, cette « loi du marché » et sa main invisible – afin que les choses rapportent le plus vite et le plus possible : peu importe les humains ( l’illustration ces temps-ci avec le procès des patrons inqualifiables – mais tellement dans l’air du temps – de france télécom – je m’égare mais pas trop)

Il s’agit d’une quarantaine d’années vécues par une famille – et quelques amis – une tragédie d’entrée (la mort d’un enfant) et un peu plus de trois heures d’histoire et d’émotions. Un film qui vient de Chine, primé au festival de Berlin cette année (les deux interprètes – papa et maman – ou plutôt l’inverse – y ont reçu le prix d’interprétation – les rôles sont stéréotypés

le père s’assoit et mange – entre le petit : l’enfant unique d’alors – cette liberté de quiconque de procréer mise à mal par le gouvernement d’alors – sauf pour ceux qui en ont les moyens financiers –

mais voilà qu’elle retombe enceinte – lui propose de garder l’enfant : impossible

et l’amende ? Son amie mais sa cheffe lui rappelle la loi

elle avortera

et sera décorée pour cet acte – mais concomitamment le drame de la perte de leur premier né (je n’ai pas exactement compris, mais l’idée y est : le petit va mourir – il se rend avec son ami (le fils de la cheffe :

ce sont deux familles amis

) c’est ainsi : les enfants vont jouer près d’un barrage

et il se noiera – la scène terriblement efficace

une première séquence, une narration assez libre, chronologique, mais libre – on avance, les heures passent, ils émigrent sans doute dans le sud du pays

le vide et le manque subsistent, quand même ils adopteraient un autre enfant

un peu con comme sont cons les ados quand ils le sont – et puis le film continue, ils vieillissent ensemble, ils vivent encore

ils sont gens simples

travaillent et vivent (d’autres histoires y sont aussi)

puis la vieille amie va, elle aussi, mourir, et veut revoir ces anciens amis

ils reviendront donc les voir, la revoir elle, sur son lit de mort – il y aura du pardon dans l’air

des maladresses sans doute dans le scénario, un peu aussi dans les explications – je ne comprends pas tout, mais je vois quand une valise est vide par exemple : peu importe – pas vraiment mélodrame à la Mirage de la Vie (Douglas Sirk, 1962) mais un film qui a la carrure d’un classique

même si les choses sont attendues, les acteurs sont à l’unisson

les enfants, les parents, une espèce de vie – cruelle, désespérante parfois… (en ouverture de billet, la jeune soeur de l’ami du père du môme, je crois bien, mais je ne me souviens pas de cette image : je la pose parce qu’elle a des couleurs, un peu comme cette dernière ici, et quelque chose de joyeux…)

 

« So long, my son » un film de Wang Xiaoshuai

 

Ça c’est Paris (Dehors passant par le pont Royal)

 

 

j’étais dans le bus, j’allais vers je ne sais où – Pyramides probablement (le lieu où se produit  l’ « Accident de voiture » de Modiano) – il y a quelque chose dans les quartiers de Paris, certains (celui de la rue du Bac très prégnant pour moi – notamment parce que TNPPI y vivait et m’y avait trouvé l’une de mes premières adresses à Paris – 32 rue de Lille, 10 mètres carrés, je ne sais plus le loyer mais je me souviens du gros rat de l’escalier et de la folle du deuxième) (je lui portais fréquemment des roses)

c’était le 68 si je ne m’abuse – ça ne peut être que lui – et j’ai croisé ce garçon

derrière lui, des touristes, au fond de l’image le Grand Palais, la passerelle Léopold-Sédar-Senghor – sur laquelle ce boxeur a foutu sur la gueule aux flicards du petit cintré lors d’un des actes (le 8 – soit début janvier, voilà six mois) gilets jaunes – on n’oublie pas, c’est là, il se nommait Christophe Dettinger, je me demande s’il est en prison, je crois que non – mais ça c’est Paris – les quais, les prolos qui s’usent sur des vélos à porter à manger aux bourgeois qui s’engraissent et se maintiennent en forme dans les ateliers de fitness – il suffit

de passer le pont – passent les bateaux-mouche

Pont Royal, la Seine coule

peut-être désespérant quand même, malgré tout, le soleil, les touristes, le monde qui bouge – non, parfois ça ne me convient pas – les beaux quartiers et leurs chapeaux

dans le souterrain, un embouteillage, on attend, on transpire – il faisait chaud, tu te souviens, la semaine dernière ? ça n’arrêtait pas de nous bassiner avec ça, chaque émission de radio commençait par ça, la chaleur, on oublie le reste il fait trop chaud on ne parle que de ça –  non parfois ça ne me convient pas – mais en sortant les arbres des Tuileries

et sur le trottoir, rue Saint-Honoré, cette petite rose (que j’offre – outre aux lecteurs et trices – à TNPPI)

 

Collision

 

 

 

c’est une esthétique moderne qui ouvre le film

un autobus dans la nuit – c’est le matin, ramassage scolaire (tout à l’heure Mérou rejoint le héros, ils vont au lycée) – drone et en haut de l’image les deux petits faisceaux qui n’ont rien à voir, ils se suivent et éclairent seulement la nuit – le plan dure un moment, on domine et on plane – il s’agit d’une histoire assez simple, l’amour et l’amitié – c’est toujours un peu la même histoire aussi – ça se passe à la frontière entre la Suisse et la France – le collisionneur, l’accélérateur, l’immense machine construite sous terre est là qui calcule

LHC : large hadron collider (soir grand collisionneur de hadrons – GCH ça va aussi…) (quelques schémas, reproduire le big bang, identifier les produits de la collisions, vitesse de la lumière – ce n’est pas que ce soit simple, mais c’est un peu comme ce qui attire deux êtres, on ne sait pas bien en déterminer la cause – les hadrons sont des particules complexes)

CERN : conseil européen pour la recherche nucléaire – centre de recherche sur la physique des particules

Elle calcule, elle observe – il s’agit d’une machine infernale (on se fatiguerait à énumérer les milliers d’électro-aimants, de kilomètres de fil de cuivre, de tonnes d’hélium nécessaires au refroidissement etc. j’en passe : c’est une machine incroyable) (infernale, je ne sais pas – je ne suis pas suffisamment croyant, sans doute) – on la visite dans le film (ce sont des élèves de terminale S comme science) – ici notre héros porte un pantalon rouge

(tu te souviens comme on aime à déconner dans ces temps-là ? oui, on est tellement aussi tiraillé par le désir – on se marre entre deux haies de thuyas buis troènes bien propres et taillées comme il faut – on fume  on boit on danse on bosse on fume on danse) – la machine, sous terre

continue son manège – un truc que j’aime c’est qu’on fait de la musique : ils sont quatre amis, donc, un groupe de garage, mais notre héros joue aussi dans une harmonie, il porte comme tout le monde une veste jaune

(on en rit) : ce que j’aime c’est que ce soit une harmonie (un orchestre ? non, une harmonie – ça ne dispose pas de corde – ça n’a pas de théorie non plus), mais je n’ai que des mots pour éclairer cette histoire (et des images, certes)

oui, c’est lui, là – sans doute est-ce l’amour qui l’éclaire (je pensais à la fin de « Kiss me deadly » tu sais… (Robert Aldrich, 1955) (une première au garage)) – il y a de l’allégorie, de la poésie,  de la musique, de la neige – c’est une assez jolie histoire, prenante mais à peine, sensible, distinguée

élégante et simple

ici un des amis disparaît (il se nomme dans le film Mérou, un des meilleurs amis du héros) dans un scintillement (son ombre, son âme, son aura qui apparaît sur une image de google street view: formidable !)

et puis l’amour sans qu’on le sache incidemment, comme un hasard majestueux

la photo de classe et la rencontre tout un peu dans un même mouvement

dans les bleus

une espèce de merveille quand même… À suivre, sûrement.

 

Les Particules, un film de Blaise Harrison

 

des palmes

 

 

 

de temps à autre, un peu d’histoire ne nuit pas – par exemple en 1955, il n’y avait pas encore de palme à Cannes sur la croisette au palais etc. (on parle de cinéma – pour les palmiers, je ne sais pas – il y en avait sûrement) mais on distinguait quand même certains films (grand prix comme en formule un, tu vois le topo ?) et cette année-là fut couronné « Marty » de Delbert Mann (étazunien, tu les connais ? ben non…) – il paraît que Ernest Borgnine et Betsy Blair (les deux premier rôles – l’homme d’abord, évidemment) ont obtenu des oscars pour leurs prestations – on a oublié mais s’il passe un jour on ira (il faudrait s’en souvenir…) – tout ça pour dire que parfois, les palmes vont mieux aux canards (on a dû la faire une centaine de fois celle-là) ou aux académiciens (on en reparle) (elle n’est pourtant pas si drôle) attends que je regarde le jury : président : Marcel Pagnol… (voilà) (attends que je regarde : il y avait quand même une femme au jury, Isa Miranda – Scipion l’Africain (Carmine Gallone, 1937) et La Ronde (Max Ophüls, 1950)… –  (prix d’interprétation féminine Cannes 49 – dans Au-delà des grilles (René Clément, 1948) avec la réplique pour Jean Gabin

 – on n’en finirait pas mais ce qu’il est bien, le Montcorget, sur la photo (back from Hollywood, traversée du désert etc etc. : le métier d’acteur…) – jte parle même pas d’elle tellement elle est mignonne) (un univers est constitué d’un certain nombre de personnages : c’est toute la structure de cet univers qui se dévoile quand on commence à les connaître – par exemple il n’est pas douteux que les directeurs (et trices) des autorités administratives indépendantes soient des personnages connus de ceux qui les nomment (soit le gouvernement etc.) – je lisais (mais je m’égare) une somme sur les avocats d’affaire et les diverses concussions qu’ils peuvent réaliser avec d’autres hauts personnages (ils sont huit mille en France quand même – ils tournent, se trouvent ici ou là puis repartent ailleurs – cotisent pour leur retraite – disposent de salaires afférents comme de voitures de fonction appartements etc.) (je m’égare, mais j’aime les institutions) (c’est la même chose dans le cinéma : il faut connaître les gens) il y avait au jury cette année-là Marcel Achard (académicien) aussi (président du jury 58 et 59) – on n’en finirait pas – tout ça pour dire que les films comme les personnages passent – cette année (on parle de ça sans digresser) par exemple on a décerné l’or en palme à un film intitulé « Parasite » (président Alejandro Gonzales Inaritu (je ne dispose pas des diverses tildes et autres accents inversés, mes excuses), quatre femmes au jury – elles sont aussi sous le lien – on pourrait les nommer, mais je m’égare à nouveau – de femme présidente du jury, il en fut dix – Olivia de Havilland, Sophia Loren, Michèle Morgan, Françoise Sagan, Jeanne Moreau (par deux fois), Isabelle Adjani, Isabelle Huppert, Jane Campion et Cate Blanchett – pour mémoire, nous sommes à la soixante douzième édition de cette aimable réunion – une fois sur sept : enlève au cinéma les rôles féminins (il ne s’agit pas de parité) et tu pleures de rage…) à Parasite donc : du gros qui tache – mais un billet pour ce film je ne voudrais pas en commettre – bien que les diverses lacunes du scénario, sa perversion peut-être même, en disent long sur le monde dans lequel nous tentons de survivre – il y avait eu aussi ce Square du même tonneau (Ruben Östlund, 2017) (président Pedro Almodovar) m’a-t-il semblé (le tonneau intitulé du gros qui tache) – lourd, indigeste (ça ne se mange pas), frelaté, malsain : en un mot ça se veut réaliste sur ce qui nous occupe – et d’ailleurs qu’est-ce qui nous occupe ? le texte, les images, la littérature et le cinéma, la poésie ? Je n’en dit de ce film, en effet, rien, je mets une photo quand même, allez ne soyons pas chien (on joue à l’eau…

il y a deux familles et deux maisons – ces dernières sont les personnages principaux du film – pas à dire, c’est bien fait mais à qui donner le prix d’interprétation ? – les deux familles sont composées de la même manière, maman papa deux mômes fille et garçon – les uns plus âgés et plus riches que les autres) mais cependant, dans les grandes largeurs, on nous intime de ne pas divulguer quelque chose de la fin du film (on dit « spoiler » de nos jours, quelque chose d’extrêmement contemporain – à réfléchir – mais à gerber – et comme des abrutis, les journaleux ou autres animateurs socio-culturels se sont jetés sur « divulgacher » ignoble saleté reconnue dans le dico – passons), le réalisateur lui-même s’y met (ce qui montre qu’il s’agit d’une espèce de produit – laisse, c’est du cinéma) : dans le dossier de presse il nous enjoint à ne pas commettre l’irréparable – si nous ne le faisons pas, il considérera cet acte qui n’en est pas un comme une offrande – de là à penser que la culture sépare les individus (je veux dire moi et lui) comme elle les relie, il n’y a qu’un pas (le film est raconté en long large travers lourd simple ou léger dans la notice wiki – ah ces encyclopédistes n’ont aucune retenue) (je me garde cependant, pour conserver mon offrande, de poser un lien sous ce wiki plus ou moins maudit, donc).

Je (ne) sais (pas) bien ce qui m’occupe à présent (je ne veux pas parler des films que je n’aime pas, je ne veux pas argumenter, je ne veux pas convaincre – je préfère estimer ceux que j’aime), je n’ai pas les idées claires – je voulais illustrer quelque chose comme cette monotonie de l’ignoble, probablement (par exemple en Italie le maire de cette ville, Domenico Lucano, qui accueillait des malheureux dans son village de Calabre (Riace)

Domenico «Mimmo» Lucano à la sortie du Tribunal de Locri, mardi.

déchu de ses droits et mandats et peut-être emprisonné, ou la capitaine du bateau Pia Klemp laquelle sauve des malheureux naufragés en Méditerranée  

capture-piaklemp

– je retiens ce matin de lundi, les pêcheurs de Lampedusa qui s’honorent à recueillir des malheureux malgré les injonctions ignobles de l’État et son immonde représentant en la personne de son ministre de l’intérieur Salvini, qui s’honorent donc – ici les yeux et les mains arrachées (rien de plus normal pour notre représentant de l’État Nunes (il lui manque un tilde aussi à lui), du même acabit que l’autre de l’abjecte ligue du Nord), ce qui nous occupe ? comme la peur de perdre son travail, celle de ne pas parvenir à en trouver, celle de sortir de chez soi, de perdre son chez-soi – la peur ? cette peur… – le prix de la vie, de la profession, c’est ainsi : un prix, une décoration, une reconnaissance, des projets, des réalisations, des rencontres et des détestations.