les jardins de Carthage

Le réalisteur, Youssef Chebbi.

 

Le film dont on parle ici était projeté dans une salle l’Espace Saint-Michel dont le directeur-gérant-exploitant vient de disparaître : Claude Gérard, à qui ce billet sera dédié, parce que c’est un homme qui a travaillé pour que le cinéma vive,dans toute sa diversité et notamment sa qualité politique. Qu’il en soit ici remercié.  

c’es ainsi qu’à l’habitude – les documents disponibles sont mis à contribution et profit – ils dépeignent ce que la distribution veut montrer du film –  pour ma part, comme c’est un endroit qui m’est assez cher, je suis plutôt content d’en parler – il ne fait aucun doute que le décor (Tunis, un de ses quartiers neufs – ses habitants son parler ses couleurs tout autant) est l’un des personnages principaux et participe de beaucoup à mon statut de spectateur. Nul doute non plus que ce qui est dépeint ici fait partie de toute l’Afrique du Nord, et sans doute du continent entier, et de l’emprise qui y règne de la religion sur les hommes et les femmes qui y vivent. Le titre du film Ashkal elliptique certainement peut se traduire par « formes ». 

 

 

Il ne s’agit pas d’une production exceptionnelle (quoique le pays soit assez petit et qu’il y règne pourtant une activité cinématographique assez importante ) mais d’un film noir comme on en connaît des centaines (c’est un genre qu’on l’aime) – un couple de policiers

une femme, Fatma et un homme, Batal

qui  enquêtent sur des faits

qui ne cessent de se reproduire : des gens s’immolent – le décor important est situé dans la banlieue de la capitale

Tunis, sur les bords de la lagune, nommé les Jardins de Carthage, un nouveau quartier voulu par la dictature précédente (incarnée par Ben Ali foutu dehors en 2011, je crois bien qu’il est mort en Arabie Saoudite) pour y loger ses ouailles – las, tout fut arrêté – ce ne sont pas ruines mais chantiers

parfaitement graphiques – les hommes s’immolent et le pouvoir fait semblant de ne rien voir – le pouvoir masculin : l’enquête se clive

Fatma veut comprendre, Batal se protège – et protège par là l’état des choses – il faut aussi dire que le père de Fatma revêt l’aspect du pestiféré : il œuvre dans une organisation »Vérité et Réhabilitation », inspirée de celle de la réalité du pays, « Vérité et Dignité » (laquelle s’est embourbée et n’a pas réussi à restaurer la confiance qu’on pouvait avoir en la volonté de faire du pays une vraie démocratie)  – de ce fait, la policière Fatma, qui travaille dans et pour un état (policier mais qu’elle voudrait de droit), est une renégate et le pouvoir l’agonit – il faut noter ce parti-pris dans le film de poser une certaine normalité : il n’est cependant pas douteux que les femmes sont très minoritaires dans les forces de police tunisiennes. Pendant que Batal souscrit à la tradition et à sa religion, à sa famille tout autant, Fatma elle travaille à élucider le mystère

Les gens brûlent.

Allégorie d’une religion qui se nourrit de ceux (et celles, mais on les voit moins) qui y croient, cette narration nerveuse se termine en un hapax apocalyptique… Une réussite sans espoir cependant

 

 

Ashkal un film (tunisien) réalisé par Youssef Chebbi

 

 

les Voiles écarlates

(le réalisateur tient la camera)

 

 

l’agent avait l’intention de décrire ce film par ailleurs tout à fait recommandable mais il s’aperçoit que dans le pack destiné (par la distribution) à la presse (et donc, par là, à la promotion sur les lieux de vente – plv dit-on dans  certains environnements écosystèmes univers, comme il vous plaira) de l’omniprésence  de la figure du (peut-être) premier rôle – voilà qui m’indispose – OSEFU2P* certes des états d’âme de l’agent mais tout de même, ça m’ennuie grââââve.

De là à m’abstenir de parler de ces Voiles écarlates, il y a un pas (d’autant plus grand que je n’en parle pas mais en glose).

Bah, le film est réussi mais son matériel merdique – ici quelques qualificatifs pour puristes

On est bien avancé – mais voilà de nombreux mois que je me pose la question de ces images produites pour « faire parler » (craché-je dans une soupe indigeste ?certes) (au début des années quatre-vingts du siècle dernier, j’avais eu l’ambition de décrire ces films-annonce – j’ai jeté les habits de la thèse avec ou par ou grâce à la nécessité de gagner ma vie) – il s’agit de raconter les quelque vingt (peut-être) premières années de la vie d’une jeune fille – elle perd sa mère qui meurt d’un viol apprendra-t-on – son père revient de la guerre (il s’agit de la première mondiale) (est-ce son père ? c’est son père)

– trouve à s’employer (il dispose de mains d’or) comme menuisier, puis se fait jeter comme un malpropre, on ne l’aime pas au village mais il continue à vivre cependant – sa fille grandit et embellit – le film est une merveille – les images n’en rendent que peu compte (mais n’est-ce pas le jeu ?) (est-ce jeu ?) qu’importe ici la jeune fille(Juliette Jouan, charmante certes)

elle chante est heureuse (mais on ne voit pas son éducation,son avancement en âge comme le film le décrit si joliment) ici son père (Raphaël Thiéry, parfait)

on commandera au menuisier une figure de proue, qu’il réalisera en prenant pour modèle sa femme, morte – cette figure ornera un voilier

on l’aperçoit ici – magnifique – ces voiles-là sont écarlates, certes,mais d’autres viendront du ciel – on en voit d’autres ici (le petit jouet bord cadre à gauche,dans les mains de la jeune fille à douze ans peut-être)

car oui, il y a dans le rôle un peu de magicienne Yolande Moreau (magnifique) , dans le rôle de la mère adoptive disons, Noémie Lvovski (vivante et forte)

et puis la robe écarlate elle aussi

l’amour (dans le rôle de l’amoureux, Louis Garrel sérieux et attachant)

la brouille

le film est magnifiquement écrit, magnifiquement réalisé (le réalisateur est au cadre) et magnifiquement dirigé (on avait vu de lui La bocca del lupo avec une image brouillée et un scénario empli de turpitudes; Bella et perduta raté ais avec quelques images formidables; mais un Martin Eden qu’on avait manqué).
Et une musique formidable, elle aussi (Gabriel Yared, au meilleur).

Pour le reste…

 

L’envol  un film de Pietro Marcello (inspiré (librement dit-on) d’un conte d’Aleksandr Grin (ou Green, ou Grine) titré Les voiles écarlates) (titré Scarlett  (Écarlate) pour l’export)

 

 

  • OSEFU2P : on s’en fout un petit peu

 

 

 

dispersion 17

 

 

c’est cette façon de ne rien faire tout en faisant trop – faire vivre le site, avancer et ne pas (trop) penser à ces choses qui arrivent, qui vont bien finir par arriver – ne pas attendre, ne pas se laisser entraîner au fond, vivre enfin

Un jour, tu verras, je mettrai au point l’index des articles – « un jour tu verras » c’est une si belle chanson – il ne faut pas se laisser aller, il faut se tenir
Peu de choses, l’agent fait son travail. Il se trouve dans l’entrée, puis passe au bureau. Il a des choses à faire,réviser ses mots son langage ses appréciations son argumentaire ses questions –

un article qui date de 2011 mais OSEF – il ne relate que le crachat dont aurait été victime Mankiewicz de la part d’une Katharine Hepburn ce qui ne ressemble pas tellement à la bestiole (c’est d’un vulgaire), mais après tout peut-être (n’est-ce pas l’un de ses plus grands rôles – avec celui tenu dans African Queen (John Huston, 1951) – je (me) rappelle qu’elle était de 7, Jo était de 9, et Huston de 6) (c’est juste pour fixer les idées – le temps passe et court)

un emplacement dans un cimetière – Stéphane  Audran (aka Colette Dacheville dixit wiki) – dans ce cimetière (Tolla, Corse-du-Sud) dominant un lac que ses restes (s’il se peut) aperçoivent de l’intérieur d’une tombe de marbre rose – ici on prépare, on répare, on bosse

espèce d’indiscrétion – personnage public – le contraire de privé, est-ce public ? ou professionnel versus privé ? – on tient à sa biographie (je l’aimais beaucoup, surtout dans ce film, Le festin de Babette (Gabriel Axel, 1987)

et deux images glanées dans le magazine aux mots croisés duquel on s’amuse – ici une image des deux premiers rôles du dernier film de Tony Gatlif, Tom Medina (2021) -lui, il est de 48, à Alger) (vraiment bien) – ici, on a posé quelques images de Josef Koudelka, je me souviens –

Slimane Dazy et David Murgia dans les rôles

puis ici un peu de catastrophisme c’est important pour faire passer le temps (il n’y a pas le point désolé) (il est assez inutile, j’édulcore (il y aura une légende) et tout le monde l’a reconnue)

la cathédrale Notre-Dame de Paris en flammes, le 15 avril 2019

enfin une photo d’archive (au premier plan, j’ai l’impression le croisement rue du Renard rue Rambuteau) (début 70 je suppose aussi)

Ces chers parents

 

 

 

 

de la nécessité de décrire avant d’écrire – longtemps la question des sources de ces images s’est posée au rédacteur – longtemps à y penser, à se demander ce que veulent dire les films-annonces (ici les images en sont issues), que mijotent-ils (en quatre-vingt-un lors de l’examen de maîtrise, l’un des membres (une femme) du jury m’informa que Chantal Akerman (que j’adule, que j’adulais sans doute moins alors) pour l’annonce donc de son News from home (1977) avait commis une bande-annonce uniformément noire – et quelques mots en voix off – ah non, je n’avais pas vu) (j’avais vu quelque autos, des poursuites et des baisers, quelques scènes de lit, quelques affriolantes émotions) (j’étais – je suis toujours sans doute – pétri de cette analyse structurale qui m’a bercé longuement jusqu’à ces sciences sociales qui aident, comme béquilles, à comprendre et interpréter) (ah ce si cher Claude Lévi-Strauss…) – on a affaire à un documentaire – un fils, aidé de son frère, tentant de découvrir élucider mettre au jour quelque chose sur leurs ascendants communs – des images animées, des photos des voyages – une valise comme la malle de Fernando peut-être

on l’ouvre

des photos, noir et blanc, de la fin des années quarante

jolies et simples

des gens animés de conviction, qui entreprennent – souvent dans ces époques troubles (mais elles le sont toutes…), le rédacteur se demande ce qu’il en aurait été de ses idées, de la défense de son droit si dans ces temps il avait été immergé – des gens de peu sans doute, un peu

en tout cas pas des célébrités – peut-être reconduits à la frontière, renvoyés dans l’union des républiques socialistes soviétiques pour laquelle ils (et elles) avaient développé affects et espoirs

probablement (mais le pacte germano-soviétique ? la famine d’Ukraine ? les purges du petit père des peuples ? les blancs les rouges ?)

qui serions-nous pour les juger , vu.es d’ici, du siècle suivant

munis de nos pauvres souvenirs ?

notre vision d’un monde fantasmé disparu

de nos yeux nos propres yeux, les fiches, les archives, les regards qui surveillent – le monde qui précède la guerre froide – leur monde au sortir de la guerre, l’enfer, et celle d’Espagne, et la découverte d’eux

apprendre à regarder, sans doute – apprendre d’où nous venons – ici les deux frères à la gare

eux comme nous, passent les trains – passent les vies –

oui, le fait est que nous n’en savons que peu – notre patrimoine génétique, notre matrimoine tout autant – nous sommes là, assis et nous y pensons – il y a un moment sans doute exceptionnel (pour moi, c’est une première chance de le retrouver) on voit les deux frères hantés

on les discerne à peine (ainsi que leurs parents, voilà tout)

espions, probablement – et se taire sur ces actions – oui, aussi – le deuxième moment de chance mienne est la mise en scène du début, où le réalisateur sort avec sa valise

ce café bistrot me disait quelque chose (j’y déjeune parfois avec A.) (c’est pour ça) par là (on aperçoit la grande maison dans l’arrière-plan de la première image)

non, mais rien – la chance

 

Mes chers espions, un film documentaire de Vladimir Leon
dans la série Documenaire,  ici même cette autre merveille

dispersion #16 (moyen moyen)

 

 

 

souvent il vaut mieux écouter une jolie chanson – style Les Moulins de mon cœur  pour se souvenir aussi de Cléo – plutôt que de plonger dans ces turpitudes – mais ça ne s’est pas fait : j’ai ouvert le canard (l’agent attend toujours les visites, et comme c’est (enfin c’était) dimanche, il n’y a pas grand monde – cette maison va s’emplir de goules, de monstres, de terribles êtres humains qui existent, pourtant, terreurs et horreurs, mais oui c’est ce monde-là)
entre ici, dis-je, je lisais ce billet* d’un prof à science po comme on dit – arabisant dit sa fiche wiki – historien géopolitiquement – il y parlait de la guerre qui a lieu aux portes de l’Europe comme encore on dit (car l’Ukraine se trouve en de ça de l’Oural) il y était question de ces armes dronatiques – elles sont produites chez gens-là – j’ai cherché quelques illustrations alors, je ne les nomme pas par courtoisie,mais je suis obligé de citer les légendes parce qu’elles mentionnent aussi le pedigree de l’opérateur et de son affiliation – il s’agit probablement d’une espèce de droit d’auteur – il y a donc dans les conditions sociales de production de ces armes ces trois-là 

celui de droite à l’image (mais ils le sont évidemment tous, et même à l’extrême) a mis au monde une fille, laquelle a épousé ce garçon-là (auto-portrait réalisé en  mosquée)

typiquement familial – ici avec le beau-père

un industriel et son commanditaire.
Du trio de départ, voici l’homme qui se trouve à gauche

ici il est avec le précédent (tout autant intitulé « boucher » que le précédent qu’on voit ici

décoré par l’altesse) , là offrant à l’altesse quelque chose de joli

après parfois, il y a des erreurs de casting, c’est vrai – (on aurait sans doute dû,  aux pieds de l’altesse, poser quelque tabouret)

désolé mais il faut que les têtes tombent… – depuis ailleurs mais non loin, l’alternance a porté au pouvoir une autre manière d’extrémiste du même bord, terriblement présent comme son altesse –

(le cliché date de deux ans…) dieu que ces sourires en disent long…

 

(*) étant abonné au canard je tiens à la disposition de qui le voudrait le texte du billet de blog du prof cité plus haut)

 

Juste un travelling

 

 

 

en réalité, ce que le cinéma prend pour de la promo(tion) (tout ce qui peut parler de lui est bon à prendre) n’en est pas dans cette maison (ou alors pour le medium lui-même) : l’idée même de promo(tion) répugne mais le consentement règne de nos jours – ventre mou, la culture n’est pas en reste (le cinéma, est-ce de la culture ou n’est-ce qu’une espèce d’épicerie?) : il existe un centre national d’icelui (trônant dans les beaux quartiers, chers aux Pinçon-Charlot), non loin d’un bar qui fait le coin (où le minuscule à talonnettes fêtait son élection, c’était en l’an sept de ce siècle) (on incendia sa marquise en décembre 18) (le jury, au premier étage de cet établissement, se réunit et décerne son prix, nommé d’un Louis Delluc (cinéaste, lui-même, et critique de cinéma) ce sont institutions, pratiquement, ainsi que les divers palaces de Cannes on en passe et des meilleurs – c’est le cinéma, l’argent y est maître, y coule à flots s’il se peut, ses servants sont rémunérés à cette aune. Alors en parler dans cette maison, pourquoi faire ? En dire encore et plus ? Mercredi est le jour des sorties, et cinquante deux fois l’an, en ce seul pays, quinze ou vingt nouveautés fleurissent… Cessons ces vérités : le film du jour date de l’année dernière (2021), a sans doute été tourné durant la période qui suivit le confinement (premier – ce genre de choses se sait – ici j’en réponds – à l’été vingt) (un film égale quelques mois de vie professionnelle des techniciens de création (c’est un joli intitulé non ?) et vingt quatre des deux ou trois managers – ce n’est jamais l’œuvre d’un.e seul.e – plusieurs centaines de plans, huit à dix semaines de tournage (ici on dit cinq ou six,juillet-août 2020), bien plus avant, plus encore après) . Mercredi, on en parle (trêve des confiseurs mise à part) : à la réalisation, une femme (ainsi qu’au scénario), un peu plus de cinquante ans (elle naquit en 68, au siècle dernier), premier film formidable.

L’histoire d’une jeune femme (Irène, 19 ans sans doute – Rebecca Marder, splendide de joie et d’énergie)

qui vit à Paris, veut devenir comédienne, prépare le concours d’entrée au conservatoire. Elle est juive mais, au début, ça ne compte pas.

Ça se passe en 1942, à l’été – ça n’est pas vraiment dit. Elle ne veut pas le voir. Elle, elle ne pense qu’à vivre : jouer, travailler aimer courir vivre – autour d’elle se construit ce qu’on sait de ces moments-là dans ce pays-là. Elle, elle joue, elle répète, elle vit (son professeur de théâtre (Bastien Bouillon) indique que « le plaisir est contagieux »: elle, elle le sait et elle le croit)
Sa grand-mère Marcelline est formidable (Françoise Widhoff, formidable, oui).

Son père inquiet (André Marcon, idem).

Son frère, drôle, transi (Anthony Bajon).


Son chéri, adorable (Cyril Metzger).

Passent les jours. Un jour, une des merveilles du film :

cette promenade

en vélo,

en sept images,

mais un seul plan

le cinéma

dans toute sa sublime splendeuret puis sans la moindre distinctionl’histoire qui suit son chemin

 

Une jeune fille qui va bien, un (bien beau) film réalisé par Sandrine Kiberlain (ici le dossier de presse)

Non, aucun

 

 

 

ce pays est une tuerie, vraiment – on le voit dans ce film comme on le voyait dans les autres – une tuerie – le film s’intitule Aucun ours un titre qui lui va bien – il a été primé à Venise, au festival nommé Mostra (montrée, affichée je suppose) qui est une manifestation voulue par le fils de l’ordure (tu sais bien, celui qu’on a pendu par les pieds, sur une place de Milan, en avril 1945 – on a oublié, mais dans le pays en question, il n’y a pas tellement de différence si tu veux mon avis) (il y avait dans la péninsule dite ibérique, deux autres types du même acabit, mais qui s’en sont tirés tranquillement, eux) (que ces gens-là soient maudits) – cette manifestation qui a lieu au lido perdure et montre donc le cinéma, mondiale, comme à Berlin, Cannes, Toronto ou Locarno – ce n’est pas tant qu’on aime ce genre de rencontres, mais elles font parler, donnent de l’ampleur et de l’écoute et permettent de ne pas oublier. Il ne faudrait pas parler de ces choses-là parce qu’elles fâchent, ce n’est pas diplomate ni bien élevé (les tortionnaires aiment à rester dans le calme et le silence de leurs geôles).

C’est l’histoire d’un réalisateur de cinéma

qui prend des photos dans un village 

les villageois tentent de le convaincre qu’il a pris en photo un couple illégitime – ce qui est doublement faux : la photo n’existe pas, le couple légitime non plus, sinon dans le fantasme des habitants (lesquels attribuent à la naissance une fille en mariage à un garçon – tu vois le niveau) –  s’ensuivent des développements

des palabres

une espèce de prestation de serment

toute une tradition abjecte et machiste – le monde de nos jours – abus de pouvoir, emprisonnements, mises à mort – il y a ici pourtant ce mouvement Femme Vie Liberté qui existe – il y a depuis quelques mois des révoltes qui tentent d ‘être matées dans le sang – par ailleurs, dans ce film, on en tourne un autre, de l’autre côté de la frontière (du côté turc) mais rien ne va plus non plus

le réalisateur a une patience formidable, une gentillesse à tous égards du meilleur aloi – le monde (ce monde-là mais comme le nôtre) fonce à une allure incoercible –  droit dans le mur

dis-moi, dis qu’allons-nous devenir ? Alors on tente de le conduire ailleurs, ou on tente de le dissuader, ou on l’emmène de ce côté-ci, à gauche par là, au fond

bien sûr que non, par là, il n’y a aucun ours…

 

Aucun ours un film (formidable) de Jafar Panahi (2022)

Ici même :

Trois Visages un autre film, magnifique, du même réalisateur.

Partir (Hit The Road) tout autant, du fils du même.

dispersion quinze

 

 

 

des images il y en a partout – je veux dire dans cette maison (19 opérations) plus les dispersions (une bonne quinzaine) mais ça ne fait rien je les ai trouvées, je les pose – l’agent ne m’en voudra pas mais il y en aura partout

ici une écrivaine traductrice mais je n’ai jamais rien lu d’elle (ça viendra sûrement), elle m’est apparue

Agnès  Desarthe

(la chanson de Barbara, plutôt libidinale d’ailleurs, m’a toujours fait penser à Yvonne la femme du général – il n’y en a qu’un – mais c’était un autre temps, on y coupait les têtes) (si la photo est bonne)Françoise Dolto

la maman de Carlos – je l’adore – elle; lui moins mais pas mal quand même (je me souviens de lui dans le studio des Buttes Chaumont)Laurence de Monoghan et Jean-Claude Brialy

l’important, dans celle-ci, c’est le genou (pas vu le film, je reconnais,pourtant j’aime assez l’élégance du réalisateur – il portait un pseudonyme et nous  enseignait l’art du raccord, s’il sort à droite, il entre à gauche etc.)Sophia et Marcello

c’est de nos jours, ces temps-ci à cause de cette peste brune qui envahit tout (à Nice par exemple ces jours-ci) (mais le dire n’est-ce pas le faire exister plus ?) enfin ce couple-là, et cette espèce d’amour-là (mère fils sans doute, quelque chose) –

Diego Maradona

on y est presque (en voyant cette image, avoue qu’on ne peut que croire qu’il prend des trucs) (que la paix soit sur son âme) – ici c’est son prénom que j’aime, cette chanson aussi (Johnny et le fils Hamburger)

Ariane Mnouchkine

la fille de son père (sa profession, son apparition dans le dvd des producteurs,j’apprends qu’il a épousé Simone Renant, celle (formidable) du Quai des Orfèvres (Henri-Georges Clouzot,1947) (celle : je veux dire photographe) (je l’aimais tant tu sais) une femme formidable, Ariane

trois du même (comme Aznavour)

Michel Bouquet trois fois, ici avec Stéphane Audran, interprètes de « La femme infidèle »

plus une

continuons, veux-tu

Antonio Lobo Antunes

on s’en fout, c’est vrai, mais tout ça vient quand même d’un journal (le recours aux images) sa chemise, son pull, sa façon d’être rue de Verneuil, je me souviens (je ne cherche pas, je suis pressé) (par quoi, c’est bien autre chose) –  ces gens-là

Rock Hudson

surtout pour ses rôles dans les films de Douglas Sirk – l’un de mes favoris, mais j’en ai plein – et l’image est belle il me semble- il ne se ressemble d’ailleurs pas – que des portraits

Jean-Paul Sartre au comité Russell

JiPé jl’aime aussi beaucoup – non c’est égal, je pensais qu’elle aurait dû refuser, mais pourquoi faire ? Venger sa race disait-elle – femme, blanche, française. On salue, profondément

y aller

 

 

 

Image pour se souvenir

 

le mois dernier, le « film du mois » d’une association (Périphérie, pour ne pas la nommer, c’est basé à Montreuil-sous-Bois, c’est plutôt bon esprit mais ça ne répond pas, ni au mail ni au téléphone (attitude déplorable mais tellement contemporaine – tellement cinématographique aussi) donnait à voir un « Au cinéma! » d’une certaine Johanna Vaude (ça ne répond pas non plus – mais c’est tellement artistique et contemporain, cette attitude) (certes, mais ladite Johanna Vaude a répondu – encore merci) était donné à voir et j’ai quand même fait des captures d’écran du générique (comak : sur les 10 minutes que dure le film, deux et demie si ma mémoire est bonne y sont consacrées). Il y a deux cent huit extraits (dont deux ou trois uniquement sonores – en vrai probablement 4) pour composer ce film. Il s’agit d’un film de montage qui explique (certaines de) nos raisons d’aimer le cinéma, vues à travers les yeux et les actes des personnages incarnés par ce médium (des gens comme Fritz Lang, Sam Fuller ou Claude Chabrol qui n’en parlent pas (du cinéma) (dans leurs films) n’y figurent pas donc – à moins que ce ne soit par choix de la réalisation – ou encore par possibilité de se procurer tel ou tel extrait – « se procurer » renvoie immédiatement au tiroir-caisse dont on parlera plus loin)

ici la dernière image de ce générique (au Coliseum, on joue (on donne, on peut voir) « Tequila Sunrise » – je ne sais à quel film réfère cette image : c’est assez difficile).

Là, la première (c’est classé par ordre alphabétique)

Il apparaît en surimpression sur des images (ici »Le Locataire » avec le Roman (qui réalise aussi) et l’Adjani)

J’ai donc décidé et résolu de rapporter ici, en cette maison qui aime le cinéma (celui-ci ne le lui rend pas – au vrai, OSEF pas mal car on sait qu’il n’y a qu’une chose qui intéresse ce médium, c’est le tiroir-caisse (accessoire en passe de disparaître) ou le box-office (c’est en anglais, c’est plus une affaire d’argent) (un peu comme la librairie, si tu veux bien voir) j’ai résolu donc de rapporter ici ce générique. Je poserai bien les 22 images qui le (re)constituent (la deuxième ici 

mais je trouve ça assez pénible quand même ça informe

ou informerait sur la teneur et la qualité des films choisis

Le cinéma adore se regarder le nombril (pulsion scopique dirait je ne sais qui- Sigmund ? Carl Gustav ? Jacques ? qui d’autre?)

presque autant que ses spectateurs (et trices soyons clairs) aiment s’y retrouver (et s’y réfléchir mirer reconnaître, j’en passe et des pires – dans celui où j’ai certaines de mes habitudes, un carton en début de séance,lumières encore allumées, qui suit les annonces et les films-annonces indique « Bonne Projection » ce qui est tout dire).

En vrai, je suis curieux et je me demande : combien de femmes réalisatrices dans ce bazar ? (on détermine évidemment le biais immédiatement par le sujet même du film – une femme cinéaste « parle »-t-elle du cinéma ? dans quelle mesure ? dans quelles conditions (me too quand tu nous tiens) etc…) –

quelle est la nationalité des films choisis (comparer avec la production mondiale sera(it) cruel) (mais un « nationalité » pour un film est-ce bien raisonnable ? celle de la maison de production sera(it) plus pertinente). Etc.

On aura d’autres critères, certainement, mais il serait bon de les identifier avant. C’est ce que je m’emploie à faire.

La suite sera donc au (dans un, plutôt) prochain numéro (comme on aime à dire). En attendant (j’ai passé tout de même mine de rien une dizaine d’images de ce générique…)

je pose cette image-là car je ne connais pas cette actrice (je ne parviens pas (mais ça n’a aucune importance, je sais bien) à l’identifier) : quelqu’un.e aurait une idée ? (des recherches ont déjà été menées, auprès du robot, auprès de l’asso (ou de la production…) On verra.

il s’agit d’Assumpta Serna, une actrice espagnole, qui joue dans le film Matador (1986) mis en scène par Pedro Almodovar (merci, donc, à Johanna Vaude)

Huis clos

 

 

 

On a déjà parlé ici de ce réalisateur, Leonardo Di Constanzo, de sa façon de donner à voir les marges du monde – je ne sais pas si le monde n’en est pas complètement constitué, de ces marges : où est-il le standard, le mainstream, l’ordinaire et le normal ? Je me demande… Ici un microcosme

 

Le film commence autour d’un feu (au vrai il y a eu trois ou quatre plans (au générique de début) de la montagne environnante, en journée) : il fait nuit, des hommes, une demi-douzaine, boivent de la bière et rient aux souvenirs des jours de pêche – ça se passe en Sardaigne semble-t-il – ça pourrait se passer n’importe où – des hommes qui vont s’en aller, le lendemain ferme la prison dans laquelle ils travaillent tous.
Mais non.
Ils vont y rester encore un peu : on ne trouve pas d’endroit où enfermer une douzaine de (re)pris de justice. On dira au plus aguerri d’entre les matons (interprété par Toni Servillo) de garder la boutique – il est aussi le plus patient – le merveilleux dans le film c’est qu’il n’est pas tellement fait pour le rôle (je veux dire : pas l’acteur mais le personnage) mais que, petit à petit, il l’endosse sans trop de gêne ni de difficultés. Plus merveilleux encore, peut-être, c’est que le film parvient à nous faire comprendre que la prison est une fiction, une erreur grossière de l’humanité pour tenter de faire quelque chose des profondes tendances de ceux qui la constituent – la haine, peut-être, l’amour aussi sans doute, la présence des autres, la solitude, la paix – enfin chacun.e verra, à son propre avis.

En tout cas, à voir, sans aucun doute.

Ici les matons sur le plateau

l’administration pénitentiaire a des défauts : ici par exemple, la cuisine a très mauvais goût : les prisonniers font grève, voilà qui risquerait de mal tourner. L’un d’entre eux, pourtant, l’un des plus respectés aussi, se propose de faire la cuisine (des pâtes essentiellement, avec des polpettes, de la viande, du veau comme on veut) (le rôle du cuisinier est tenu par Silvio Orlando)

et ce qu’il y a c’est qu’on ne le lui refuse pas…
Un autre coup du sort, peut-être, est la venue d’un orage : plus de lumière – que faire ? On se réunit

on discute, on négocie entre gardiens, on cherchera des lampes tempête on éclairera la scène, on mangera tous ensemble…
Sans colère ni violence, sans effusion de sang ni coups – quelque chose comme de la bonne volonté


de la volonté d’être digne – une histoire simple si on veut

À la fin, on apprend des choses, des relations, des éclaircissements, des faits simples et directs, qui nous entraînent jusqu’à nous faire comprendre que les rôles sont peut-être, est-ce destin, est-ce hasard, on ne sait

les rôles tendent vers l’égalité

 

Ariaferma  un (très beau) film de Leornado Di Constanzo