ce qui change, ce qui a disparu et la sève

 

quelquefois ça me chiffonne ces choses qui ne changent pas
je suis assise dehors près d’une photo géante où l’on voit une femme – 1er Octobre 2019 Hong Kong Chine – une femme brandit un parapluie et une plaque d’immatriculation où est inscrit « amour » lors de de violents affrontements entre les manifestants et la police anti-émeute dans le quartier de Caseway Bay, ça ne change pas
aussi la radio ce matin, une autre femme parle de découverte de territoires inexplorés et de rencontres avec de nouvelles populations – l’expédition de Lewis et Clark, 1803-1806 – une découverte, vraiment ? donc ces nouvelles populations vivaient sur leur territoire sans l’avoir ni découvert ni exploré ? vraiment ? qui légitime quoi ? qui donne la légitimité à qui et comment ? ces questions ne changent pas
ce qui me chiffonne aussi, c’est ce qui change, les inquiétudes neuves en vue d’une catastrophe qui est déjà derrière nous – 80 % des insectes européens ont disparu en trente ans –, ça a déjà eu lieu, l’insecte mort ne va pas sortir de son tombeau pour revenir butiner ventre à terre, il n’y aura pas de rewind, de récupération possible, et ça ça change, mais comme il m’ennuie ce terme, disparu, il me chiffonne, l’adjectif disparu donne l’impression du passager, on lance un avis de recherche et on est soulagé parce qu’on retrouve ce qui était sorti du champ visuel ou sorti de l’écran clignotant du radar, les insectes n’ont pas disparu, ils sont morts, éradiqués, et ça, ça change
c’est très inconfortable, ces choses qui changent et ces choses qui ne changent pas – les mauvais esprits pourraient tirer des liens entre ceci cela, entre le mythe d’une domination d’une population sur une autre et les pratiques pratiquement meurtrières – très inconfortable, parce qu’ensuite on ne peut plus penser sans s’opposer, sans s’énerver, sans taper du pied et du poing, sans déverser en soi et autour de soi de l’amertume et de l’aigreur, aigreur, j’ai la tête qui éclate j’voudrais seulement dormir disait l’autre, c’est très inconfortable, parce qu’il faut se hisser, solidement, solitairement, solidairement, du côté d’une joie affamée et active, celle des troncs d’arbre et de leur nœuds, magnifiques, actifs, remplis de sève énergisante
se hisser du côté des troncs d’arbre, c’est l’idée
et puis faire, rien d’autre que faire, faire dans le sens du verbe fabriquer qui est le contraire du verbe pulvériser, allez roule

 

Maison maison maison

MAISON Maison Maison, c’est fou comme ce mot est flou, ou plutôt un mensonge, ou plutôt une entité inconsidérée (considérablement), est-ce que ça existe vraiment Maison, ou est-ce que ce n’est pas Sa maison, la Tienne, la Mienne qui existe, et comment étaient Leurs maisons, Celles-ci, Celles-là, se demandent les archéologues devant des alignements de fondations fossiles, parce qu’une maison ce n’est pas une donnée aérienne conceptuelle, elle existe parce qu’elle appartient à quelqu’un, dans cette façon particulière qu’elle a d’appartenance, elle existe telle qu’elle est, singulièrement, parce qu’elle est construite par quelqu’un, pour quelqu’un, qu’elle est louée à quelqu’un, vendue ou réparée par quelqu’un, pour quelqu’un, dessine-moi une maison est impossible, dessine-moi ta maison là on commence à y voir clair

PARCE qu’il y a le virtuel et le non virtuel, le non-virtuel parfois vital, je veux dire par exemple que, virtuellement, être assigné à résidence avec vu sur des cerisiers et la symphonie italienne de Mendelssohn en bain sonore ne devrait pas permettre de donner un avis éclairé aérien conceptuel sur ce qu’est une assignation à résidence mais sur la sienne seulement, seulement la sienne et s’y tenir, car résidence c’est comme maison, un mot trop vague, et pour assigner c’est pareil

ON pourrait penser que donner son avis, son avis propre, son avis seul, sans prendre de hauteur aérienne conceptuelle, c’est se priver de nourrir la grande conversation du monde, c’est peut-être l’inverse, c’est peut-être appauvrir, c’est peut-être effacer le Tu contenu dans un Et toi ? un Tu qui ne vient pas parce que, nageant dans le conceptuellement, on a perdu sa trace ?

J’entends beaucoup de gens, pas des idiots souvent, qui disent « quelle époque et quelle expérience inédite, Nous étions confinés chez Nous et ça Nous a donné un autre rapport au temps, un autre rapport à la vie », combien de claques se perdent avec ce Nous concept qui n’a pas conduit de bus, pas chargé de train, pas empilés de sacs poubelle dans un camion, pas rangé de boîtes de tomates pelées sur les rayons, pas rassemblé les caddies éparpillés sur un parking quand tout dormait, pas soigné, rien soigné, soigné personne

QUAND on a annoncé cette histoire de couvre-feu (la question des mots, c’est quelque chose, les mots mis en question c’est quelque chose, les mots c’est important on ne rigole pas avec les mots disait ce matin une  intellectuelle très pointue, ajoutant que certains mouvements protestataires nous prenaient tous en otages, « en otages »), donc, couvre-feu, déplacements, horaires, j’ai pensé à guadalupe, partant avec son cif et son aspirateur nettoyer un quelconque escalier design tôt le matin, vers 4 heures sûrement, ou tard le soir, vers 22 heures, c’est-à-dire en dehors des horaires d’ouverture au public, je veux dire aux clients (car le public c’est autre chose), il semble qu’un client ne puisse pas supporter l’idée d’apercevoir quelqu’un en train de nettoyer son bureau quand il y est (aux horaires de bureau donc), cette situation est semble-t-il, pour lui, atroce, il semble qu’un client ayant payé son entrée dans un musée et déambulant au milieu des collections étrusques où il est notable selon le texte du catalogue que la place de la femme à cette période éclaire notre vision d’une perspective neuve, ce client (donc instruit) trouve insoutenable de voir un ou une collègue de guadalupe nettoyer le couloir où il avance pensif

J’AI vu guadalupe sortir son attestation signée datée document officiel prouvant qu’elle doit se conformer à la législation aux heures de l’ombre, heures de l’aube et du crépuscule, la dite-loi ne pointant pas du doigt les escaliers aux angles impraticables ni la chasse inlassable invisible de salissures et de poussières, chasse que nos pauvres yeux supportent si mal

LES yeux supportent très mal aussi les images d’abattoirs, est-ce que c’est lié ? Qu’est-ce qu’on ne veut pas voir quand on regarde, qu’est-ce qu’on ne pense pas à regarder, en tant que client ? en tant que public ? En tant qu’usagé ? À quel niveau d’usure est l’usagé ? Combien de Nous factices et de Maisons conçues dans l’air irrespirable, irrespirables ? Inacceptables ? Combien de Tu ? Et toi ?

poème du kérosène

j’ai de la chance
je suis enfermée dans la maison[s]témoin
en me penchant un peu je peux voir passer les gens dehors
ils vont les uns sur les autres se presser
-compresser dans les rames de métro – le port du masque est un geste
hautement technique
une caissière gantée et masquée techniquement attend
derrière une plaque de plexiglas
que passe le chef souriant
oh bizarrement la caissière est une
femme et le chef est un
homme mais que vas-tu déduire espèce de
espèce de
espèce de féministe hystérique
on fait la queue dans un aéroport en respectant les règles de
distanciation
sociale
puis on s’assoie côte à côte collés aux collés à
la compagnie loue les sièges collés aux collés à
sinon les bénéfices plongent
le kérosène sent bon
oh je voudrais ici
(bien enfermée dans la maison[s]témoin)
te chanter le poème du kérosène
tu sens bon kérosène
tu as supplanté l’huile de baleine
kérosène
dans les lampes à huile ou les lampes à pétrole
on t’appelait aussi « pétrole lampant »
qui ressemble à pétrole rampant
oh tu rampes kérosène
tu rentres dans nos bouches
muqueuses tu t’éclates pétrolette
kérosène chafouin
raffinage soutirage distillation
kérosène super héros !
plus fort que le lait des vaches en batteries
batteuses moissonneuses
vaches mythiques mécaniques
et les gens qui ont faim font la queue distanciation
distance
cachez ce
cachez ce sein nourricier cachez cet
affamé distanciation
avance masquée
dans le métro voilà comme tu t’en doutes voilà
les microbes agents infectieux nécessitant un hôte trouvent un hôte
dans l’avion le système de climatisation change l’air toutes les 3 minutes
ce qui permet – plus ou moins – d’éradiquer l’agent infectieux parait-il
il semblerait que
plus tu jettes de kérosène par-dessus bord
plus tu restes au-dessus de l’eau salie croupie
mon dieu que c’est laid d’être pauvre
le poème du kérosène bouffe la barrière de corail à pleine
gueule tralala
à force de t’étaler partout cher ami tu vas entrer en contact avec
quelque chose de pourri au royaume du danemark confrère
si tu ne vois pas le rapport frotte bien le plexiglas
mieux que ça
mieux que ça
maintenant le masque :
attention (j’arrête le poème du kérosène un instant
on va pas rigoler toute la vie non plus)
le masque est un
geste technique
qui cache un sourire carnassier
les dents longues
il y a la possibilité que toutes les 3 mn
les dents dessous les masques s’allongent
allez
on met ça en musique ?

Moins loin, moins longtemps, moins souvent

 

 

ça  a beau être Noël (« rien à foutre de Noël » se lisait sur une banderole, il y a quelques jours, en manif  : c’est un peu ce que dit la ministre de (rien à foutre de) l’écologie – de l’écologie, ici et maintenant , dans ce beau pays, ici – remarque elle était aux transports avant – et puis avant elle était à la régie autonome – enfin, elle a de la bouteille, pas à dire) enfin bon, ça a beau être Noël, on continue quand même (on s’est levé tard) (où est-ce qu’on va bien pouvoir poser cet état des choses, je me le demande) et on pose cela dans gravats et dans le garage…

 

On cherche des illustrations industrielles de ce monde, afin de donner une certaine consistance à ce qu’on pense – une thèse, quelque chose, une idée qu’on tenterait de tirer de ces jolies images qui fleurissent ces temps- ci dans le canard

(bon la légende comporte une faute de frappe, mais il ne faut pas non plus trop en vouloir aux rédacteurs – ils ont pas mal de trucs à faire) et donc ici, la saga des avions de nos jours (on a eu droit, il y a un moment, à celle des autos) et puis, il n’y a pas que le cinéma dans la vie (il y a aussi l’atome, mais laisse aussi tomber : c’est quand même assez anxiogène ces affaires-là – et puis c’est noël aussi… pardon, mes excuses, ça vient comme ça peut)

(je laisse les légendes – j’aime beaucoup ce mot, un peu comme celui de « destin » – pour donner accès au contenu (et aux auteurs) des images reproduites ici (sans aucun consentement, ni demande d’ailleurs) – non, mais il faut bien les parquer, il paraît qu’il y en aurait  (on est obligé de conditionnaliser les verbes, ce sont des secrets) (de polichinelle, peut-être, mais des secrets industriels) quatre cents

selon les journaux, quatre cents  – et il en sortait (je crois que l’administration de ce géant industriel basé à Seattle – EU – a décidé de faire cesser la production) – il n’en sortait plus que 42 par mois, au lieu des 52 normalement – il me semble mais franchement je ne sais plus

il paraît que les carnets de commande regorgeaient de demandes – plusieurs milliers à venir – pour concurrencer la fabrique industrielle chinoise (je crois que la marque se nomme comac – un peut comme kodak lisible dans toutes les langues, tu te souviens : les plis du capitalisme ne se repassent pas, ils sont infroissables)

se dépêcher – à la fin du siècle dernier – de réaliser des avions, aéronefs, les ailes les fuselages les moteurs, vite – se dépêcher de renouveler les flottes pour servir les actionnaires qui veulent du quinze pour cent l’an – c’est à la limite de l’usure, ce genre de taux, mais qu’est-ce qu’on peut bien en avoir à foutre, de l’usure ? –

une espèce de gâchis – le même qui s’exerce partout puisqu’on sait pertinemment que l’empreinte écologique des avions est énorme et que c’est un mode de transports qu’il va falloir abandonner à moyen terme – sinon immédiatement : mais que va-t-on faire de tous ces prolos qui bossent dans ces usines ?

et de ces chefs d’entreprise ?

parce que les stock-options c’est bien joli, mais si l’action tombe comme les deux avions (trois cent quarante six morts : des gens comme vous ou moi) en ce début d’année (on a bien essayé de faire semblant de n’en avoir rien à foutre, des gens qui meurent, eh bien quoi ? n’est-ce pas notre destin, à tous ? (j’aime bien ce mot, franchement)), que vont-ils devenir ?

il paraît que l’entreprise commence à compter – non, en vrai, ça fait un moment qu’elle compte ses pertes – mais ses actionnaires, eux, je ne sais pas –  mais il s’agit pourtant de notre monde aussi – commence à compter, et qu’elle en est à plusieurs dizaines de milliards – alors, ce qu’on va faire, c’est sans doute nationaliser, qu’est-ce t’en penses, Donald ?

il paraît aussi qu’on ne se frotte pas trop les mains, du côté de Toulouse et du concurrent direct mais européen parce que le marché, la commande, les lois du capitalisme tu sais ? la main invisible… On a beau dire, mais il faut y croire (il y a certainement quelque comptable en train de faire des additions pour savoir quel sera le montant des avions qu’on vendra quand l’autre marque sera sur la touche – ça ne fait aucun de doute : c’est ainsi qu’ils conçoivent le monde).

Regarder un peu les prix de ce genre de mastodonte : cent millions de dollars pièce (l’européen est un peu moins cher, ça va aller).

Il y a quelque part, dans un désert californien, je crois bien, une emprise militaire de plusieurs milliers d’hectares

c’est un cimetière d’avions, on trouvera bien une petite place

on ne devrait pas savoir ces choses-là.
Enfin, si.
Mais bonnes fêtes quand même…

 

 

 

 

 

 

du travail

j’ai bien essayé, je suis vraiment d’une bienveillance, de voir d’un peu plus près cette expression : « ressources humaines », et j’avais un a priori si positif que la fée clochette devait dans mon cerveau déverser ses paillettes, « ressources » c’est-à-dire « ce qui peut améliorer une position fâcheuse, avoir de la ressource, de l’ancien verbe resourdre (ressusciter, relever, remettre sur pied) », j’y voyais personnellement, et on peut dire avec l’innocence qui me caractérise, un clin d’oeil au mot « source », ça sort de terre Ô magnifique Ôde à la vie essence même de notre présence dans ce cosmos en expansion gonflé de matière noire (une matière non identifiée, et qu’est-ce qu’on sait du monde ? c’est la question), source donc source, eau vive, petits poissons, qu’est-ce qu’il peut bien y avoir de négatif dans source ? et puis humaines, l’humanité c’est beau, c’est un cadeau, à ce moment précis j’ai vu passer une vidéo où un jeune quidam blouson-noir (sorte de hooligan) sortait de l’eau un chiot, ou bien un chien très mal en point, au bord de se noyer, incapable de remonter les berges abruptes d’un canal bétonné, le jeune homme tendait le bras, se plaçait en déséquilibre pour le ramener au sec, oui donc, « humaines », humanité, j’ai pensé que c’était ça la marque d’une grande humanité, que ça faisait un grand ensemble, une grosse patate (j’ai appris le concept de patate au collège avec la grosse patate des nombres décimaux), il y avait donc la grosse patate de l’humanité où on pouvait caser des mots comme aide, gentillesse, attention, sympathie, générosité, altruisme, et d’autres grosses patates sur le côté bien moins aimables, et il fallait placer un trait séparateur assez étanche entre les saloperies et le reste, je ne sais pas vous mais pour ma part je trouve cette façon de voir plutôt claire, rassurante, donc « ressources humaines », ça ne peut pas faire de mal cette affaire-là, ça ne peut pas être nocif allons bon, resourdre-remettre sur pied, les petits poissons et les sauvetages, qui peut trouver ça moche à part Caligula, ensuite j’ai vu dehors une trace sur le mur un peu alambiquée, étrange, sans doute le passage d’une limace ce que j’en sais, et ça formait comme une silhouette de tête pourvue de jambes et de bras inventifs, c’est une « ressource humaine » je me suis dit (tout ça pour indiquer d’où je parle, c’est-à-dire d’un endroit saturé de patates dérisoires, de minusculitudes, allons allons, marchons toujours), et j’ai ensuite pensé que ce « ressources humaines », et surtout au pluriel, faisait référence au travail (de mon côté, j’avais dû, au travail, faire preuve de ressources ainsi que preuve d’humanité, mais c’était autre chose), car là il s’agissait de « recrutement, gestion des carrières, formation, gestion de la paie et des rémunérations, évaluation des performances », c’est-à-dire décider qui travaillait, à quel poste et pourquoi, qui serrerait les boulons dans le sens de la marche pour que la machine tourne, Charlie-Chaplin-clé-à-molettes, et j’ai pu voir la grosse patate remplie de qui ne convient pas, contrats rompus-suicides, enfin ça ne sentait pas très bon d’un coup les « ressources humaines », celui ou celle « en charge de » avait autorité sur qui et tous et toutes placé-e-s plus bas, sur qui se trouve où et pourquoi, c’est-à-dire qui travaille à quoi, c’est-à-dire qui travaille pour qui, c’est-à-dire quelle vie s’utilise pour quelle autre, « en charge de », mettre de l’ordre, il y avait aussi ce côté trieur de pommes talées, ce côté garde-chiourme en charge de virer qui a la tête ailleurs ou qui est trop fragile, qui n’est pas performant, là j’ai revu un dessin, celui d’un vieil homme surmonté d’une bulle, il dit « nous, l’argent c’est pas le problème, nous c’est pouvoir manger qui nous inquiète », ensuite j’ai vu (vraiment ce qui passe devant mes yeux, on le constate, s’enchaîne sans logique apparente) qu’un gestionnaire aux ressources humaines avait mis à la porte une employée pour une erreur de quatre-vingts centimes, ça n’avait rien à voir avec les chiots qu’on sauve de la noyade, vraiment, cette langue, j’en suis témoin, est désobéissante, elle s’extrait des patates dès qu’on regarde ailleurs, les traits séparateurs ne savent plus où se mettre, et puis l’aplomb, le fil à plomb, l’enclume, le plombé infini enfile le costume du bien, du bon, de l’amélioration, alors je vois des choses, des détails à la suite, avec ou sans logique, je ne sais pas quelle fourchette saurait titiller sous les mots doux les malfaisances, ou bien une fourche ? c’est du travail en tout cas, du travail

À Victor Jara

 

 

c’est une histoire bourrée d’allégories – comme on aime – on aime le réalisateur, on aime sa manière (il est apparu dans un film de Nanni Moretti, « Santiago Italia » qui est aussi une merveille) – c’est toujours la même histoire, je le crains : la faculté de l’humanité à se détruire, se torturer, se piétiner, se battre, se blesser à mort pour enfin se tuer, j’avais à l’esprit Victor Jara

Patricio Guzman revient au Chili, le temps d’un festival, je crois – rencontre quelques amis, passe au dessus de ces montagnes qui isolent son pays du reste du monde – une île dira son ami écrivain

Jorge Baradit – on sait qu’il s’agit du pays où il est né, on sait qu’il l’a quittât par la grâce de l’ambassade d’Italie – il n’y est pas revenu – le pays a sombré sous l’immonde : une constitution réglée en 1980 en fait le laboratoire du « libéralisme » le plus éhonté. On y parle des montagnes : ici un ami sculpteur qui raconte la pierre de ces montagnes et les témoins qu’elles sont de ces horreurs

Francesco Gazitùa (les images viennent d’un dossier de presse distributeur : si on aime, c’est là) – des hommes des femmes aussi qui se battent pour respirer vivre créer – ici un autre sculpteur

Vicente Gazardo – une de ses œuvres et lui, dans le soleil

et tout est là : traduire ce que disent les roches dans un langage qu’on comprendrait

nous montons, les roches nous parlent – nous marchons : sur ces pavés (une petite scène : magnifique)

où en sont fichés d’autres

pour ne pas oublier, tenter de se souvenir, garder quelque chose de ces gens morts dans d’atroces circonstances, dans la rue, comme les pauvres et les chiens

comment veux-tu qu’on oublie ? Aujourd’hui, le pays est en crise profonde (elle dure depuis la chute d’Allende, le 11 septembre 1973

un séisme, l’allégorie du volcan – chute orchestrée par les US et notamment ce Kissinger de si noire mémoire), aujourd’hui les gens sont, depuis trois semaines dans la rue et continuent d’y mourir encore (on annonce vingt deux morts – mais ces annonces viennent du pouvoir lui-même – comment veux-tu qu’on oublie ?). On croisera Javiera Parra (le coup au cœur, la petite fille de Violeta, elle aussi chanteuse – comment veux-tu qu’elle oublie, elle aussi, comme Patrizio, comme tous ces gens – comme nous ?)

Et puis longuement, cet homme

Pablo Salas – et là, on est un peu frustré – : c’est un cinéaste qui filme toutes les manifestations chiliennes depuis les années quatre-vingt (car on se bat, toujours, depuis…) , on voit ses archives incroyables, on se demande pourtant comment il fait pour vivre (la frustration vient de là) et produire – il est vrai que l’entreprise a un air très artisanale – mais les archives ses archives sont là – mêlées aussi au film lui-même – on se souvient, rien n’est oublié :

ainsi que les montagnes, qui bordent la ville en son est

on se souvient

« n’oubliez jamais » chantait Joe Cocker (en hommage à son père, certes) – ni oubli ni pardon – et aussi, peut-être surtout cette image de l’enfance du réalisateur

cette boite d’allumettes, ces montagnes – les Andes, pillées pour le minerai de cuivre  : la nuit passent les trains qui vont au port, emmener le minerai qui vaut de l’or, dépeçant le pays de ses ressources – ici une mine accès interdit

affrétés par d’opulents hommes d’affaire qui se vautrent et se prélassent dans leurs résidences ultra-surveillées, au bord de lacs qu’ils se sont appropriés avec l’argent du cuivre, privatisés et gardés par l’État lui-même et sa constitution.

N’oubliez jamais.

 

La cordillère des songes, un film de Patrizio Guzman (2019)

en maison[s]témoin, sur le Bouton de nacre (autre merveille du même réalisateur)

 

 

d’un voyage à l’autre #5

 

 

 

étant donné que l’ami Lucien s’en est allé à Rome (et en est revenu) (la fiction, les dévoilements, les indiscrétions, les habitudes particulières ou la réalité des choses étant, ici, sur la toile le web internet virtuel etc. pléthore) je dépose cette image qu’il me dit avoir postée sur touittaire « pour ses fans » (je ne le suis pas – j’en suis pourtant – mais pas sur ce réseau-là)

dont j’apprécie particulièrement l’arrière-plan

pixellisé, certes – donc je me promène aussi (cette ville magique et magnifique) (un peu comme partout sauf qu’il y a le climat et les collines, le Tibre et la villa Borghèse – et d’autres choses encore) – passons (on y retournera, espérons-le) mais pour le moment

je ne parviens pas à lire mais cette plaque est apposée sur un mur de l’ex-immeuble de la police (plus ou moins) secrète de l’ignoble salazar (sans majuscule) en souvenir des quatre morts du 25 avril 1974, laquelle plaque ne fut mise là qu’il y a peu (on préfère toujours oublier) – c’est à Lisbonne (on y retournera aussi, oui, espérons) (on vit d’espoir quand on voyage) (on n’en finira jamais) – j’ai aussi celle-ci en magasin

mais ça, c’est Paris au troisième acte des gilets jaunes (dont le cinquantième se déroulera ce samedi – je pense souvent à Nuit Debout, il m’arrive d’oublier : je ne suis pas militant) – mais passons, le monde est à nous

quelque part à la Nouvelle-Orléans ou à Bâton-Rouge (je ne suis pas non plus très rigoureux – je prends des images mais ne les indexe que peu) (j’aime la femme en rose sur son palier) (et la batterie de paraboles)

quelques années plus tôt – une série commence à deux –

mais d’autres gens – Sophia dite Maria et Luchino (le polo fermé au cou) – constituer un panthéon ou quelque chose de cet ordre (on n’aime guère le panthéon reconnaissant mais tant pis)

une autre de la même – en passant – poing fermé – ce ne sont pas des voyages, mais qu’importe – j’essaye de ne pas penser au travail – j’essaye de ne pas penser que, bientôt, il en sera fini – la Force du destin, la Norma, ou comme tu veux –

des changements en ville

je passe seulement

l’officine des roses de TNPPI – rue du Bac – Paris

petits métiers (pour gens de couleur) architecture grossière – contrechamp

on ne s’arrêtera pas de vivre quand même – on a à continuer – on doit avancer – ici le mur du cimetière Montmartre

sans les images de B2TS mais ici avec (mais sans type à cabas)

c’est Paris, oui – ailleurs aussi

c’est en Hongrie, c’est en fleur – zéro trace de la pourriture endémique de ce monde

des images qui peuvent parler d’elles-mêmes sans trop savoir pourquoi elles se côtoient ici sinon cette volonté de ne pas mourir de surnager de vivre et de rire

comme dans cette jeunesse un peu ternie à présent – elle s’éloigne, elle s’érode, elle s’oublie – ces avions au ciel qu’on saluait, ces roses qu’on portait, ces cailloux qu’on posait – et puis le reste du monde

ses beautés éphémères (image (c) Juliette Cortese)

platine/épaules/verre/piscine

débardeur/jean moulant/ceinture/poing levé dans le stade – du pain et des jeux ? – toute une machinerie qui intime à se rendre compte, à se souvenir, à ne pas oublier cette vie-là, ce monde-ci, ces façons d’être et de se tenir

(la plage de Dunkerque quand même)

c’est journal en images (des semaines et des semaines de lutte)

JO Cox, morte assassinée par un déséquilibré (seize juin 2016, à coups de couteau, type d’extrême droite fan du brexit sans doute) – ne pas oublier, non et continuer à lutter

Marielle Franco, assassinée au Brésil par les amoureux de Bolsonaro (le 14 mars 2018,à coups de feu, des balles provenant des stocks de l’armée : merci qui ?) et puis le monde tourne – non, bien sûr non, on n’oublie pas – écouter de la musique, regarder de belles images et le beau côté des choses

allez allez

en fait l’idée c’est de faire ce que l’on fait
avec plus ou moins de bonheur
plus ou moins de chance
plus ou moins de sérénité et de ténacité
plus ou moins de questionnements
sans oublier que nous ne sommes pas des îlots ou des gardiens de phare, faire c’est aussi regarder ce que font les autres avec plus ou moins de hardiesse, plus ou moins de vilenie, plus ou moins d’âpreté, plus ou moins de courage et/ou de cohérence
le faire des autres vient heurter s’engouffrer s’insinuer saupoudrer pénétrer notre faire à nous
et c’est ce qu’on garde de ces poudres de ces poteaux ou ces tenailles qui compte
par exemple j’ai lu cet homme qui dénonce ceux qui sont fiers de leur hideur
j’ai vu ces sit-in
ces armes maniées à la cow-boys
ces pelleteuses que des bras sans force repoussent, bras accablés
ces têtes hautes qui refusent de s’asseoir au fond du bus, qui refusent que les noyés se noient
faire, ce n’est pas difficile
faire, c’est impossible
c’est entre ces deux plateaux de la balance que son propre visage se sculpte en trois dimensions
et dans ce faire il y a aussi l’insu
ce qui survient et n’était pas prévu
parler de cinéma, ce n’est pas parler de cinéma, c’est parler des gens de comment ils vivent de comment ils sont vus de comment ils se voient de ce qui est proposé dans le faire
on peut se placer en vigie
on regarde ou on tourne les yeux
on fait comme ça nous chante
et parce qu’on fait ce qui nous chante ça sonnera toujours assez juste
(l’idée)
parce que les idées, ce ne sont pas des concepts, ce sont des corps
les rêves de piscines vides n’existent pas
ou bien c’est que les boutiquiers ont gagné ?
les boutiquiers à cols blancs dont les suv possèdent un pare-chocs anti rhinocéros en centre-ville ?
non les rêves de piscines vides n’existent pas
hop
inutiles
et déjà envolés
allez allez, ne traîne pas dit la voix, tout va bien

des palmes

 

 

 

de temps à autre, un peu d’histoire ne nuit pas – par exemple en 1955, il n’y avait pas encore de palme à Cannes sur la croisette au palais etc. (on parle de cinéma – pour les palmiers, je ne sais pas – il y en avait sûrement) mais on distinguait quand même certains films (grand prix comme en formule un, tu vois le topo ?) et cette année-là fut couronné « Marty » de Delbert Mann (étazunien, tu les connais ? ben non…) – il paraît que Ernest Borgnine et Betsy Blair (les deux premier rôles – l’homme d’abord, évidemment) ont obtenu des oscars pour leurs prestations – on a oublié mais s’il passe un jour on ira (il faudrait s’en souvenir…) – tout ça pour dire que parfois, les palmes vont mieux aux canards (on a dû la faire une centaine de fois celle-là) ou aux académiciens (on en reparle) (elle n’est pourtant pas si drôle) attends que je regarde le jury : président : Marcel Pagnol… (voilà) (attends que je regarde : il y avait quand même une femme au jury, Isa Miranda – Scipion l’Africain (Carmine Gallone, 1937) et La Ronde (Max Ophüls, 1950)… –  (prix d’interprétation féminine Cannes 49 – dans Au-delà des grilles (René Clément, 1948) avec la réplique pour Jean Gabin

 – on n’en finirait pas mais ce qu’il est bien, le Montcorget, sur la photo (back from Hollywood, traversée du désert etc etc. : le métier d’acteur…) – jte parle même pas d’elle tellement elle est mignonne) (un univers est constitué d’un certain nombre de personnages : c’est toute la structure de cet univers qui se dévoile quand on commence à les connaître – par exemple il n’est pas douteux que les directeurs (et trices) des autorités administratives indépendantes soient des personnages connus de ceux qui les nomment (soit le gouvernement etc.) – je lisais (mais je m’égare) une somme sur les avocats d’affaire et les diverses concussions qu’ils peuvent réaliser avec d’autres hauts personnages (ils sont huit mille en France quand même – ils tournent, se trouvent ici ou là puis repartent ailleurs – cotisent pour leur retraite – disposent de salaires afférents comme de voitures de fonction appartements etc.) (je m’égare, mais j’aime les institutions) (c’est la même chose dans le cinéma : il faut connaître les gens) il y avait au jury cette année-là Marcel Achard (académicien) aussi (président du jury 58 et 59) – on n’en finirait pas – tout ça pour dire que les films comme les personnages passent – cette année (on parle de ça sans digresser) par exemple on a décerné l’or en palme à un film intitulé « Parasite » (président Alejandro Gonzales Inaritu (je ne dispose pas des diverses tildes et autres accents inversés, mes excuses), quatre femmes au jury – elles sont aussi sous le lien – on pourrait les nommer, mais je m’égare à nouveau – de femme présidente du jury, il en fut dix – Olivia de Havilland, Sophia Loren, Michèle Morgan, Françoise Sagan, Jeanne Moreau (par deux fois), Isabelle Adjani, Isabelle Huppert, Jane Campion et Cate Blanchett – pour mémoire, nous sommes à la soixante douzième édition de cette aimable réunion – une fois sur sept : enlève au cinéma les rôles féminins (il ne s’agit pas de parité) et tu pleures de rage…) à Parasite donc : du gros qui tache – mais un billet pour ce film je ne voudrais pas en commettre – bien que les diverses lacunes du scénario, sa perversion peut-être même, en disent long sur le monde dans lequel nous tentons de survivre – il y avait eu aussi ce Square du même tonneau (Ruben Östlund, 2017) (président Pedro Almodovar) m’a-t-il semblé (le tonneau intitulé du gros qui tache) – lourd, indigeste (ça ne se mange pas), frelaté, malsain : en un mot ça se veut réaliste sur ce qui nous occupe – et d’ailleurs qu’est-ce qui nous occupe ? le texte, les images, la littérature et le cinéma, la poésie ? Je n’en dit de ce film, en effet, rien, je mets une photo quand même, allez ne soyons pas chien (on joue à l’eau…

il y a deux familles et deux maisons – ces dernières sont les personnages principaux du film – pas à dire, c’est bien fait mais à qui donner le prix d’interprétation ? – les deux familles sont composées de la même manière, maman papa deux mômes fille et garçon – les uns plus âgés et plus riches que les autres) mais cependant, dans les grandes largeurs, on nous intime de ne pas divulguer quelque chose de la fin du film (on dit « spoiler » de nos jours, quelque chose d’extrêmement contemporain – à réfléchir – mais à gerber – et comme des abrutis, les journaleux ou autres animateurs socio-culturels se sont jetés sur « divulgacher » ignoble saleté reconnue dans le dico – passons), le réalisateur lui-même s’y met (ce qui montre qu’il s’agit d’une espèce de produit – laisse, c’est du cinéma) : dans le dossier de presse il nous enjoint à ne pas commettre l’irréparable – si nous ne le faisons pas, il considérera cet acte qui n’en est pas un comme une offrande – de là à penser que la culture sépare les individus (je veux dire moi et lui) comme elle les relie, il n’y a qu’un pas (le film est raconté en long large travers lourd simple ou léger dans la notice wiki – ah ces encyclopédistes n’ont aucune retenue) (je me garde cependant, pour conserver mon offrande, de poser un lien sous ce wiki plus ou moins maudit, donc).

Je (ne) sais (pas) bien ce qui m’occupe à présent (je ne veux pas parler des films que je n’aime pas, je ne veux pas argumenter, je ne veux pas convaincre – je préfère estimer ceux que j’aime), je n’ai pas les idées claires – je voulais illustrer quelque chose comme cette monotonie de l’ignoble, probablement (par exemple en Italie le maire de cette ville, Domenico Lucano, qui accueillait des malheureux dans son village de Calabre (Riace)

Domenico «Mimmo» Lucano à la sortie du Tribunal de Locri, mardi.

déchu de ses droits et mandats et peut-être emprisonné, ou la capitaine du bateau Pia Klemp laquelle sauve des malheureux naufragés en Méditerranée  

capture-piaklemp

– je retiens ce matin de lundi, les pêcheurs de Lampedusa qui s’honorent à recueillir des malheureux malgré les injonctions ignobles de l’État et son immonde représentant en la personne de son ministre de l’intérieur Salvini, qui s’honorent donc – ici les yeux et les mains arrachées (rien de plus normal pour notre représentant de l’État Nunes (il lui manque un tilde aussi à lui), du même acabit que l’autre de l’abjecte ligue du Nord), ce qui nous occupe ? comme la peur de perdre son travail, celle de ne pas parvenir à en trouver, celle de sortir de chez soi, de perdre son chez-soi – la peur ? cette peur… – le prix de la vie, de la profession, c’est ainsi : un prix, une décoration, une reconnaissance, des projets, des réalisations, des rencontres et des détestations. 

 

les 13 autres – suite du précédent

 

Trouvée, cette citation qui énonce l’ambition de ce travail (je crains de n’y pas parvenir cependant) : Nous attendons à tort une explication alors qu’une description constitue la solution de la difficulté, pour peu que nous lui donnions sa juste place, que nous nous arrêtions à elle, sans chercher à la dépasser. C’est cela qui est difficile, s’arrêter. Ludwig Wittgenstein (1)

(« la juste place » en question, je ne suis pas  si sûr de l’avoir trouvée) (et d’y être encore moins) Dans les gravats et  dans les murs quand même.

 

A propos du dernier des treize précédents, on note qu’il fait partie de cette humanité qui détermine que survivre sera difficile pour tout le monde et que, donc (l’île en sa possession doit en être une espèce d’avatar) il est bon de préparer l’après-chaos (autant que l’esclavagiste (11) est libertarien – secte plus ou moins abjecte à laquelle appartiennent aussi, dit-on les frères Koch – en 6° et 7° position dans ce recensement – ainsi que, par exemple,  Clint Eastwood ou d’autres du même acabit. J’ai en effet dépassé, déjà, la description – mais tant pis ) autant celui-là est transhumaniste – même genre de truc dégueulasse qui prône un homme immortel (mais riche quand même vu qu’il parvient à se payer les meilleures techniques et soins pour prolonger la vie – et d’abord la sienne, évidemment). Si on n’avait pas encore (je m’égare) le sens de ces réalités, elles sont donc ainsi exposées noir sur blanc.

Quatorze : (1973, informatique – un demi-gog) (image en grand qui doit dater de dix ans)(computer scientist) dégingandé coooool (wtf) (trop de sourire le tue)

Je continue par ordre alphabétique mais on devrait mettre ici le 22 vu qu’ils sont ensemble  (plus ou moins) (avant que l’un ne mange l’autre – ou lycée de Versailles) (bah)

Quinze : (1928 – l’un des plus âgés de la bande – ça ne veut plus rien dire, je sais bien : je veux dire les images, ne rendent pas compte des 90/1 balais du magnat – on se perd en conjectures : est-il né le 29 janvier 28 ou le 28 janvier 29 ? – la question est grave – en tout cas, bon anniversaire ..!!! – immobilier Hong-kong)

Seize : Li Ka-Sing (1929 – je crois que c’est sûr – entrepreneur armateur juge de paix – Hong Kong comme le précédent) ( il a lâché l’affaire en mars 18)

refilé le bébé à son fils Victor (lol) (Victor Li Tzar-Kuoi – je meSerts des majuscules mais c’est que je ne sais pas – so sorry – mais je ne me laisse pas, cependant, dépasser) une image dudit successeur en compagnie de son père

Dix sept : (tir groupé) une jeunesse – 47 – sans cravate sans doute ceci explique-t-il cela – telecom, internet; Chine) (moyennement rigolo, hein)

Dix-huit : (le plus jeune 34 – us – philanthrope paraît-il) (un tout petit peu de cravate – la jeunesse – mais très content de lui)

Dix-neuf : (franchement copain avec la maire d’ici Paris – a succédé à Rudy Juliani (toujours très copain de Trump) comme maire de New-York, c’est pour ça) (78, us, finances) (une seule image, cravate rouge rayé machin)

homme d’affaire versé dans l’analyse financière (il a failli faire président mais s’est retiré, laissant la place au peroxydé – républicain évidemment, puis indépendant, voilà qu’il est devenu démocrate – y’a que les imbéciles etc.)

Vingt (interminable…) : (61 (héritier-mégalo), Inde, télécom santé média énergie)

(cravate pas mal, micro, sourire) défraie (à peine) une certaine chronique avec le mariage de sa fille (décembre 18) (dépense à peine cent millions de dollars pour cette petite fête – elle est mariée avec l’héritier d’un autre milliardaire indien, Piramal pharmacie/ finances / immobilier : il vaut mieux rester entre soi) (vit dans un pied-à-terre immense (37 000 mètres carrés dit une chronique – salle de ciné/terrain de tennis/piscines gratte-ciel etc.)

Vingt-et-un : 

encore un fils (mais c’est l’aîné) du Sam précédent (décédé) (sa soeur en number one ici) (son frère en 12), us 74 épicier)

Vingt deux : (lui c’est le président – de ogle – , le 14 est dégé, on va pas pinailler non plus) (45, us) (on dit Sergey maintenant, parce que là ça fait un peu russe)

sourire micro dégingandé quand même

Vingt-trois : 75, us, casinos immobilier (copain de Netanyahou, c’est tout dire)

Vingt-quatre : 62, us, informatique (vaguement le sentiment qu’il est à la retraite mais je dois me tromper) (copain comme cochon avec Bill Gates- numéro 4 des merveilles d’ici) (moins riche, sans doute ?)

 zéro cravate (c’est pour ça le plan retraite) (sportif en diable)

Vingt-cinq : 64, Chine, tourisme hôtellerie cinéma (d’état tout ça)

(tout le kit et même plus – signifiant : traduction) (pas un marrant non plus)

Vingt-six : 89 us finances assurances (copain comme cochon avec le 4, participations croisées etc.)

 

Que de turpitudes  (l’argent ne fait pas le bonheur etc. – j’en ai fini, ça ne m’a pas plu, tant pis – ces gens sont d’un convenu, avec leurs cravates, leurs sourires, leurs airs entendus, c’est à pleurer de l’humanité – même si certains, sans doute, se montrent philanthropes (pour échapper au fisc, remarque : mais c’est que l’Etat ne fonctionne pas non plus tellement bien – et la guerre, dans tout ça ? aucun marchand d’armes, aucun militaire si je ne m’abuse – ça n’enrichirait donc pas ?) (et la vraie réalité des choses ? ils ne mangent quand même pas plus que trois fois par jour, dorment, rêvent, vont aux commodités seraient-elles ornées d’or, le papier qu’ils utilisent – et puis circulez – il y avait aussi cette propension qu’ils affichent pour les demeures excessives (des villas de 1200 mètres, la maison de l’indien plusieurs dizaines de milliers- le nombre de domestiques et tout ce bataclan qui indique quelque chose de l’excès sans doute) pendant ce temps-là, les trois milliards six cent millions les plus pauvres qui se battent pour des racines ou des miettes – je ne sais pas bien, j’ai un peu de difficultés) ( drôle de travail que je m’impose certes – peu importe : il y a aussi d’autres « chiens de garde »  qui défendent l’ordure je sais bien aussi)

Se posera la question de la photo d’entrée de blog – je ne suis pas certain d’être intéressé non plus – je préfère les belles choses… Ça n’a pas d’attrait – je me disais »parler des « Invisibles » avant – peut-être on verra (c’est fait).

 

 

 

(1) en préface présentation à l’article d’Alexandre Laumonier pour son roman 4 paru chez Zone sensible (maison d’édition qu’il dirige d’ailleurs) .