couleurs pour un ami

 

 

 

décidément ces mois de juillet de se suivre et de se ressembler continûment défilent (déjà soixante huit de passés et ils ne m’ont jamais trop inspiré) – je recensais les diverses fractures subies, un peu trop nombreuses en ce mois, et je me disais que l’attachement au calendrier avait quelque chose de la superstition, et qu’elle y était pour beaucoup – je ne déteste pas l’été, pourtant – il nous faut nous accrocher à quelque chose, sans doute, mais sous peine de quoi ? – J’avançai dans le jardin pensant à Philippe Aigrain qui nous a faussé compagnie

quand même les images seraient-elles d’un précédent passage – regarder rétrospectivement les choses ne nous est, au fond, que de peu : elles n’en sont pas moins violentes, ou blessantes –  les oublier ne vaudrait guère mieux -je les pose ici, dans la boîte aux lettres (elles lui parviendront certainement)

(on y voit un pied de l’agent – je ne suis pas certain qu’elles aient été plantées là, ces fleurs, j’ai plus l’impression qu’elles se sont installées non loin de la margelle du puits (on l’aperçoit droite cadre) pour y trouver ombres et humidité) il pleuvait d’ailleurs, j’étais allé voir l’état du figuier (on l’avait cru décédé, le voilà qui renaît) (le figuier est un feuilleton d’un autre ordre, mais peu importe (l’ordre,en réalité, on n’aime pas tellement ça), nous sommes ici en villégiature et nous attendons la venue d’un client) le reste du monde bruissait comme un peu toujours (on ne voit jamais les choses que de son petit œilleton (« un misérable tas de petits secrets » disait l’autre, il n’avait pas complètement tort – mais pourquoi seraient-ils qualifiés de « petit », c’est la question)

dans les verts, dans les bleus, dans les mauves – la peinture, les pastels de chez Sennellier dont il paraît que l’officine du quai Voltaire a disparu – j’y passai l’autre jour sans le remarquer, la peinture, le dessin, de l’autre côté du fleuve, les cours du type (un professeur, certainement, je ne sais plus et j’étais là en touriste comme on aime à dire – comme si le tourisme était disqualifié) sur Piero della Francesca ou alors Fra Angelico – j’aurais aimé suivre quelque chose sur le Caravage sa période vénitienne (je crois que je trouverais plus quelque chose au Vatican) encore qu’on aurait encore parlé de ses frasques de voyou, passons – je regarde la peinture et les contrastes – je regarde les dessins et les fleurs – il n’est cependant pas question, nullement, de s’arrêter – des annonces, des effets de manche, des ministres corrompus ou peu importe – la vraie est ailleurs disait-on et on n’avait pas tort –

un jour une visite aux grands formats (où Patrice Chéraut mettait en scène sa reine Margot) un passage par l’Égypte parfois (je me souviens de ces jeunes années, Vénus de Milo et Belphégor) – il se trouve que les gens, les personnes, les ami.es qui disparaissent nous manquent (on les revoit en songe mais c’est différent, même si on ne les connaissait que peu) c’est mon cas avec Philippe mais il m’avait aidé, il avait aidé le collectif L’AiR Nu auquel j’appartiens (c’est amusant, cette façon d’appartenir à quelque chose), alors pour lui en son souvenir peut-être, quelque chose comme quelques fleurs et quelques couleurs de vie – salut à toi (et merci pour tout)

à ses ami.es, sa famille et celles et ceux qui ont perdu un ami

 

Carte postale

 

 

 

souvent quelques difficultés à nommer les choses – alors l’euphémisme – prends des détours – parle d’autre chose – il y avait tout au bout de la baie

on l’aperçoit à peine, un petit point blanc « à une heure » dirait je ne sais quel aviateur, tu le vois vladje ? il s’agit d’une maison de plage – cette nuit j’en ai rêvé, je suis allé voir – une année on avait été dans ce coin-là (j’y suis déjà allé) – il y avait sur le bord de cette même plage un restaurant-boite-de-nuit-bar-dancing et comme c’était ramadan, ça n’a pas cessé dès le coucher du soleil, musique à fond – cette plage

on la distingue un peu, presque au centre de l’image isolée – c’est un bois d’eucalyptus qui longe la mer, il y a là-bas aussi des ruines – la montagne au fond se nomme le cap Bon – on y va volontiers plus au crépuscule (ici sur la gauche, les lumières du dancing (ah oui, il y a du monde quand même)

) en passant le cap et regardant vers le nord-ouest, il y aura (outre le pêcheur) le Boukornine

tout ce qu’on demande, c’est de vivre – en paix – c’est tout – finir nos jours en silence – laisser aux avides leurs saloperies – on ne demande rien d’ailleurs, on n’a rien à demander – ni d’ailleurs à prendre – sur cette plage, souvent des engins à moteur inutiles et bruyants

ainsi aussi que cette épave, le sel s’y acharne – il faudrait peut-être penser à l’ôter du paysage mais

elle est plus loin, on se baigne – ici c’est l’après midi, le soleil donne dans le dos quand on entre dans l’eau tiède

(j’ai besoin de vacances, ce doit être cette ambiance, vaguement écœurante, complaisante, énonçant la décrue des accueils en lit d’hôpital (qu’on fermera, qu’on va fermer, on s’en fout) hier dans la rue ils manifestaient ces soignants, crois-tu qu’ils en disent quelque chose, ces médias vendus aux milliardaires ?  rien, en revanche le « changement » de nom de la radio, ça c’est important – à gerber) – n’importe, oui, partir

jte dis on s’en fout, mais quand même – je me souviens d’il y a quarante ans peut-être, elle vivait sur l’esplanade et m’avait demandé de venir l’épauler – j’ai toujours été « serviable » c’est une de mes qualités (il en est tant d’autres) – je suis venu bien sûr, elle n’avait qu’un mot à dire, il y avait là ce type – justement un peu le genre de celui qui a visité hier – le cheveux noir jais coiffé au peigne, il y a un siècle il l’aurait enduit de brillantine (aujourd’hui, du gel – même pas, seulement de l’eau je crois) – ce regard dont la franchise se dément immédiatement – en costume gris, je me souviens – elle venait de lui céder ceci

contre un bouquet et des annuités (elle n’en vit guère la couleur) (il finit en prison – il avait vendu ce qu’il ne possédait pas – des gens y vivent certainement, en paix – longtemps, depuis ce départ dont je ne connais plus les conditions ou les détails, elle s’attelait à « faire revenir les loyers », son mari tentait de l’en dissuader « ça ne sert à rien Jacquot » disait-il) – passe dans le poste le »partir » de Julien Clerc « on n’est pas à l’heure… » – à l’intérieur, à peine, on trouvera un garage (dans celui de son oncle, il travaillait – puis dans les pneus) ce n’est pas le désert mais c’est quand même en presque pleine campagne (ce genre de rencontre me ravit toujours) (il y a quand même pas mal de cinglés de par le monde)

spécial hein

ou seulement particulier ? – le goût de la collection

quelques portes, deux cents blocs-moteurs mais pour quel usage ? Je ne sais – je me perds en conjecture (il faut bien qu’il existe des casses-autos certes aussi – mais pour faire quoi ? les monter sur des quads ?) – ces conjonctions, oui, voilà

sur cette petite maison est inscrit « RELAX »- on ne le voit pas bien les lettres sont rouges Ferrari je suppose – c’est le soir, c’est le calme (image (c)ALilou) « au bout du téléphone, il y a votre voix/et il y a ces mots que je ne dirais pas » – une carte postale, message personnel, envoyée à celle(s) et ceux miens qui vers Berlioz reposent

Album (dispersion,… ) (7)

 

 

 

 

sait-on jamais ce qu’on est en train de faire ? je regardais ces images, un jour, j’ai continué (j’ai dû découvrir – si ça se trouve – une pile de magazines dans un coin (se fut-il agi de « Lui » ou autre joyeuseté plus libidinale, y aurais-je attaché (tant d’) importance ?) (je veux dire 7 billets, ça commence à faire) (je vais te créer un lien, t’en fais pas) (les visiteurs, les futurs acquéreurs, les passants, les oisifs (qu’ils – ou elles – soient femelles ou mâles) (on s’y perd, hein) les intéressés, les habitués et autres ectoplasmes planant dans les parages du lotissement ne m’en voudront pas, j’espère : je ne garde que ceux (et celles) que j’aime) (quoique parfois, je cède à l’actualité mienne) il y avait le goût du décor (comme au cinéma : longtemps ici, je parlerai encore de cinéma – notamment « Mon cher enfant », sans doute la semaine prochaine – on posera le billet quelque part entre la cuisine (où la famille s’alimente) et la chambre – dans le salon, le père consulte internet et facebook – mais nous verrons) – je récapitule, sur les oreilles je porte casque diffusant une musique que j’aime (rien ne peut, jamais, se passer sans musique) (je veux dire au cinéma – le film sans musique, c’est presque une honte – par exemple les frères Dardenne (qui produisent pour partie ce « cher enfant ») n’en posent guère dans leurs réalisations) – « Shine on you, crazy diamond » chante le groupe – et c’est ainsi que je commence

 

la légende est inutile (quoi que je ne sache pas qu’on reconnaisse ici le garçon) (je pose une étoile (*) laquelle renvoie à l’énoncé du nom de l’artiste – je ne vois pas qu’on le reconnaisse sur l’image)

je n’ai lu que peu de choses sur cet Anthony-là (je l’ai adoré, pratiquement, dans la Strada (Federico Fellini, 1954) ( la verve et la grâce de Zorba le grec (Michael Cacoyannis 1964))

les images viennent dans un ordre que je connais pas (il n’y en a pas) – ici, je reconnais que l’affaire est tremblée (ils sont sept et mercenaires (John Sturges, 1960) toute ma jeunesse sans doute (je l’ai vu au Pax) (la musique magique) – en numéro 2, Steve McQueen, avant dernier en noir Robert Vaughn – en premier le chauve Yul Brynner (et les autres, Charles Bronson, James Coburn (sans doute le dernier, là), Brad Dexter et Horst Buchholz) (c’était à A., rue des Otages, l’immeuble a été détruit, remplacé par un commissariat de police (partout et justice nulle part) (je dis ça pour aujourd’hui, 19 mai où ça défile dans la rue, envie de gerber) ici un chanteur

le premier (*) chanteur (ils font le même métier) était Julien Clerc – ici on a droit à Gérard Manset – (son Manteau Rouge) ah bah

Jacques Audiard (on vient de voir Dheepan, palme d’or à Cannes en 2015 – c’est pour ça – mais cette conjonction qui me fait frémir : le carnage de Charlie hebdo, de l’Allée verte Nicolas Appert en janvier : où en était-il, en montage ?) (entendu parler avec Michel Ciment) (et non, je ne l’aime guère – tant pis) un autre chanteur, Rachid Taha

(on aura remarqué que : 1. la nappe de la table de la salle à manger de la maison[s]témoin est jaune (il s’agit d’une toile cirée); 2. il n’y a encore que des représentations mâles)

hasard objectif, voici Simon Abkarian (qu’on avait aimé dans Djam) (Tony Gatlif, 2017) (un film gréco-turc…)  (un de mes héros que je croisais au tabac qui fait le coin de la petite rue (en impasse donc) où on trouverait un musée de la poupée – vers Rambuteau (impasse Berthaud) – s’il venait à l’idée saugrenue d’en rechercher un) un type extra – et voici, extra aussi, une réalisatrice, dessinatrice

on l’aime beaucoup, Marjane Satrapi (Persepolis, entre autres – prix du jury, Cannes 2007)

Léo et sa musique – je croyais que c’était à Monte-Carlo (où il naquit) mais non – c’est à Montreux – de la même manière je confonds : pour Marjane je pensait qu’elle était l’auteure (elle en aurait été tout à fait capable)  des Hirondelles de Kaboul (mais c’est Yasminha Khadra) (réalisé ciné d’animation par Zabou Breitman)

ah la la Maria Casarès… (après ça va être difficile, hein Mélanie…pfff)


ici dans le rôle de Marguerite (alors Antelme) Duras dans « la Douleur » (faut que je le lise, ça fait partie des  obligations) porté à l’écran (comme on dit) par Emmanuel Finkiel, (2017) mais je ne l’ai point vu – dommage ? je ne sais…

un chanteur, Christophe, « les mots bleus » et les autos de sport – salut l’artiste

et puis Blaise Cendras (cette image, ce visage qu’on ne connait que peu) (si tu veux que je te dise, c’est surtout pour ça, ces images, pour les reconnaître si par hasard on les croise) (dans la rue, ou au cinéma) (juste pour savoir que ce sont elles et eux)

quelque chose de la Révolution incarnée (on l’aime assez, encore, Adèle croisée aussi au bar-tabac de Jourdain, un jour – qu’est-ce que ça peut faire ?)

c’est Ingmar Bergman photographié par Irving Penn (merveilleuse image hein) (fait penser à ce matin où j’écoutai, avec le café, une photographe qui disait que « les stars n’aiment pas la photo » – elle les traque – comment aimer un prédateur ? comment vivre sans image de soi, aussi, quand on est actrice (ou teur) chanteur (ou teuse) – il faut fermer le poste avant sept heures moins cinq en vrai) – et puis

Marceline (Loridan Ivens) qu’on a déjà vue ici (ça ne fait rien) – et pour finir, l’une de mes héroïnes (il en est d’autres, mais elle, Anna Magnani…) (dans la Voix humaine, texte de Cocteau pour le théâtre – mise en scène Roberto Rosselini, 1948, première partie de L’amore)

magique

 

la photo d’entrée de billet est de Denis Pasquier.

 

Les divers billets (au nombre de six) qui constituent cette dispersion se trouvent ici.

 

L’annexe

 

 

 

(ferait beau voir qu’on se tire pas, tiens…) (partons à la campagne) en attendant, ici quelques images qui traitent du livre offert (ici comme ailleurs) – contemporain peut-être (toujours en vitrine chez Delamain, c’est pour te dire si c’est un succès de librairie) (il est moins bien que le Ouistreham, peut-être mais a quelque chose de terrible pour le milieu du cinéma – en filigrane) ça se passait par là, un 19 décembre – en 2008 (ce n’est pas une image de l’hiver mais il y avait peut-être de la neige, certainement il faisait très froid)

on voit la petite boîte aux lettres jaune (centre de l’image), elle figure l’entrée d’un petit bureau de poste, une annexe de celui, bien plus bourgeois disons, de la petite ville en question –

la maison rose, là – la poste – mais comme on sait aussi, c’est fini ça – peu importe, il y a près de quinze ans, dans cette petite officine-là, l’annexe donc

fermée (on ne parvient pas à lire ce qui est écrit sur la porte, mais cette représentation de fleur… – c’est en décembre 2009, un an plus tard) – quatre ans plus tard, l’annexe de la poste est toujours fermée

l’affiche sur la porte a disparu, mais au sol, la représentation d’une fleur (image 2013) – non loin de là, la fontaine par temps clair (pratiquement le contrechamp de la première photo ici)

un peu à droite, en descendant, vivait dans la rue en impasse le père de la postière laquelle signait ses sms d’un Kathy – la voie en impasse, par là, à droite

une sale histoire, en vrai – mort causée par vingt-huit coups de couteau, ce matin-là donc, entre 8 heures trente et neuf heures du matin – la postière est morte – en face

gauche cadre, on distingue une fenêtre volets fermés puis une porte puis, presque au ras du trottoir, une autre fenêtre

ici en décembre 2009, la en 2013

ils appelaient ce logement « la grotte », ils étaient trois plus ou moins amis dont l’un avait été (et aurait sans doute pu continuer à être) une vedette de cinéma – il lui manquait sans doute quelque chose qu’il ne trouverait pas non plus ici – la grotte, en 2019, volets toujours tirés –

soupçonné parce que jeune, désœuvré buvant fumant éructant sans doute – un garçon gentil cependant paraît-il – il a du faire trois ans en prison quand même, pour rien – la vie n’a pas ce goût normalement : pour lui, non, orphelin famille d’accueil turpitudes terreurs viols – ses deux amis sont morts de ces trop qu’ils partageaient, bières alcools drogues – tragique mais pas seulement : broyés – de nos jours l’annexe a été transformée en salle municipale

on a changé la porte (image : 2019)

il reste la boite aux lettres jaune et aux pierres les traces ici du panneau Sncf (la poste vendait ici aussi des billets de train)

(un service,mais c’est fini tout ça) au dessus de la porte d’entrée, celle de l’effigie de la poste (le truc bleu stylisé sur fond jaune ici celui de la grande poste

) la trace seulement ici

On ne sait pas où se trouve Gérald Thomassin; on ne sait pas qui a bien pu commettre ce crime atroce (Kathy était enceinte de cinq mois)  – bientôt quinze ans et puis une image glanée ici (lien qui explicite peut-être un peu cette horreur – la vie courante – un fait dit divers – un féminicide – combien tous les ans, déjà ? – ce jour 7 mai 2021, j’entends : 39 en France depuis le début de l’année) (dans ce billet, ça n’est pas indifférent) le matin du crime

 

 

« L’inconnu de la poste », une enquête et un livre de Florence Aubenas publié ces temps-ci, à Paris, aux éditions de l’Olivier

 

 

 

 

Album (dispersion continue) (6)

 

 

 

 

 

non, la colère, non – même si ça servait à quelque chose, c’est impossible, c’est sûrement trop tard – mais on reste en prison – on regarde quand même les choses qui passent (les images sont des choses) – elles me rappellent ce que je suis, de quoi je suis fait – il y a eu cet entretien que j’ai écouté, avec Allain Leprest

c’est un chanteur, un poète aussi bien qui disait « une chanson, c’est cinquante pour cent les mains » – c’est plus que d’avoir quelque chose avec les chansons (ou avec la chanson) – je regardais aussi cet entretien de Jacques Higelin (gaffe : lien vers facebook) (merci à Laurent Peyronnet) au sujet de Léo Ferré – mais oui, l’âme – j’aime assez les chansons comme j’aime les images –

(des tonnes : requiem pour un fou) les stars et les espions –

là elle joue dans « madame la juge » (une ex-avocate qui devient juge – série de 4 ou 6 je ne sais plus épisodes télé fin du siècle dernier années soixante-dix – elle nous a quitté en 85; au Père Lachaise avec son Montand à côté d’elle)

je lis un truc sur Marguerite (un truc, c’est petit de dire ça) sa biographie par Laure Adler (un folio (3417) acheté 3 euros chez momox) – le Jouvet avec cette actrice Asie du sud-est, Foun Sen (l’épouse de Léo Joannon (dont on tait les frasques avec la Continental – on ne les oublie pas cependant ) que j’ai croisé(e) dans le « Oncle Dan » dont je rapporte l’index, la semaine prochaine ici même) (elle tient de le rôle de l’assistante du télépathe Winckler (ainsi que l’un des personnages de « La vie mode d’emploi » (Georges Perec, Paris Hachette, 1978) et pseudonyme vivant)

incarné par Erich von Stroheim – puis avec Jany Holt (laquelle est, si je ne m’abuse, l’une des grand-mères de l’auteur, Jean-Marie Périer) (ça se passe dans « L’Alibi » (Pierre Chenal, 1937) – ce ne sont que des images et tous ces gens sont morts (ça ne change rien, ils sont là) – une image du Joli Mai

de Chris Marker (1962-3) (lion d’or vénitien, on peut le regarder comme le « Chronique d’un été » (Jean Rouch et Edgar Morin, 1961) des images de ces années-là) – j’avance tu sais mais pour quoi en faire et vers où, je ne sais pas bien – je repose celles-ci (je les aime tant) : attendre l’autobus sur les hauts de Lisbonne (il en est des tas, des hauts de cette ville)

discuter avec un voisin 

on ne le voit que mal, mais il est là – ici avec probablement sa femme

dans « Le tramway de la ligne 28 » (Denis Pasquier, chez l’auteur, 2020) – cette vie-là, dehors et riante – bien d’autres choses sans doute mais que j’oublie – il faudrait garder ces choses, les inscrire dans un album pour tenter de se rassurer sur son existence – et la leur –

on a presque oublié qu’on allait lire le journal en terrasse, café verre d’eau – ici le trottoir de la droite de la rue de Verneuil – et puis encore trois images

de ces nuages

plutôt merveilleux (du côté de l’Alaska)

sans doute reviens-je de (ou vais-je) loin pour ne pas regarder ce qui se passe ici et maintenant – cette honte et ce décharnement de l’hôpital pour aboutir à celui de la sécurité sociale, les avancées dues à l’issue de deux guerres mondiales – la résistance, et son conseil national – poubelle de l’histoire capitaliste – se battre et mourir – la publicité et le marketing – l’ordure – j’en finis avec cette image rézosocio – on s’y rappelle souvent à votre bon souvenir (des images pour vous y aider, quelque chose de tellement beau (le souvenir) utilisé pour quelque chose d’abject – (on peut remarquer le genre des photographes saisi par cette image) cette charmante Varda, M veste rouge fils (de Louis) et petit fils (d’Andrée) et l’artiste de rue JR (Cannes hors compétition, présentation de « Visages, villages » voilà non pas 2 mais 4 ans) (quoi qu’il puisse arriver, la publicité comme le marketing et leurs avatars (dont le rézosocio est le parangon immonde) (mais une immondice d’un organisme immonde devient-elle autre chose ?), quoi qu’il puisse en être de ces forces, rien n’attentera jamais à l’amour qu’on a pour ces gens)

Carte postale d’ailleurs d’ici de ci de là

 

 

 

 

il y a dans cette maison[] quelques vues d’ailleurs parce que l’atmosphère à Babylone est assez irrespirable – ouvrir les yeux, fermer la télé, la radio, l’ordinateur – débrancher le zoum – oublier les accidents, les Birman.es et le reste du monde (les phynances étant ce qu’elles sont, on a cessé d’acheter le journal on n’a pas renouvelé l’abonnement on est dans un sale état mais ça reste confiant en l’avenir – on attend de pied ferme (comme on dit) le client – il n’y a cependant personne sur le rond-point, personne sur la pelouse légèrement pelée et personne à l’agène-da)

ce sont images du bout du monde (enfin de quel monde, je ne sais pas – du côté de Fairbanks, Alaska) ici il fait encore assez paisible – là c’est le même endroit (pratiquement) mais à une autre époque de l’année

il faut bien que je m’éloigne un peu – c’est que la vie n’est jamais simple – je ne me plains pas je constate – ici une espèce de contre champ en plein jour

ça nous change un peu – il fait beau comme ici – il fait froid semble-t-il – les millions et les millions d’individus qui œuvrent, actent, vont viennent – empêchés par cette saloperie de virus – je lisais des  articles sur l’Inde (l’abject personnage qui s’y complaît), sur la Turquie (même constat) – je vais avoir du mal mais tant pis, j’essaye : outre la promenade (j’y suis l’obligé de Olivier Hodasava, pour son Dreamland), quelque atelier où on va se souvenir de la naissance du grand Charles (pas celui-là, enfin comme disait l’un de mes oncles « je me comprends ») c’était au temps où on mangeait au resto U (Mabillon, ou Albert Châtelet) – désargentés (un soir de Noël nous y trouva) et on passait par la rue Jacob sur cette petite placette (innommée encore crois-je)

(cette image d’Atget Eugène date de la fin du siècle dix-neuf de cette ère il me semble) à peu près du même angle, celle-ci de l’année vingt de celui-ci, de siècle

sans doute a-t-on détruit quelque construction, gauche cadre – on y a planté des arbres – l’hôtel du Maroc où séjourna Baudelaire un moment, c’est la porte bleue – on passait par là (le palmier, premier plan, les deux peupliers)

(le tout petit troisième, à gauche) on allait à la table d’Italie (elle n’existe plus, un peu plus haut dans la rue)  (au six neuf) qui se tenait dans cette officine

poissonnerie (le cadre de la vitrine a été conservé) – ça a toujours été un endroit pour friqués même si on y croisait Albert Cossery sapé comme un prince – ce carrefour

où croissent trois ou quatre arbres

et cette rue de galeristes – il y a celle-ci, dans les noirs (dont on parlait ici)

il s’y trouve toujours ce souvenir

un jour, j’avais la mission de céder une reproduction originale (j’aime beaucoup cet oxymore) (signée, numérotée, sous cadre « dans son jus » m’avait dit un expert d’Artcurial, une galerie assez huppée du bas des Champs-Elysées, installée dans l’immeuble du canard appartenant à l’avionneur ami des chefs d’état (son petit-fils, je crois, vient de décéder dans un accident d’hélicoptère – celui qui a pêché par les armes…) quelque part, en bas de la rue, je crois bien que c’était là

(gauche cadre, avec un chapeau, elle passe) je tenais cette œuvre de mon oncle italiano-lybien qui produisait vins et huiles d’olives (le tableau était-il dans le salon au miroir vénitien, je ne saurais te le dire) en Tunisie – puis il en fut plus ou moins chassé, s’installa donc en Italie – le tableau était-il au mur du salon, là où, sous le miroir en forme de soleil, on s’asseyait dans des canapés de cuir blanc, je ne sais pas le dire non plus – mais regardant cette rue (elle est de Seine) est apparue dans une vitrine cette représentation

laquelle est, pour moi, récompense

 

billet en dédicace à CE., pour marquer (or donc) le bicentenaire de la naissance de Charles Baudelaire (et à l’atelier d’écriture initié par François Bon)

 

 

 

souvenirs

 

 

 

il y a certainement des endroits où on aimerait tant aller – j’avais à l’idée cette chanson (Gérard Manset, La mer Rouge) qui me faisait souvenir de cet aventurier, et  de ses trafics d’armes ou d’êtres humains – c’était l’époque, le début dit-on parfois de la fin qui nous échoit ces temps-ci avec cette joyeuse maladie qui nous emprisonne dans nos propres errements (la planète n’en a juste rien à faire, tsais) (les océans s’acidifient, et alors ? les températures montent ici, descendent là, et après ?) – et puis comme on sait, elle n’empêche rien, cette maladie – les affaires sont les affaires, on enrichit l’uranium afin de se doter du graal – l’imbécillité humaine est sans fond – là-bas on emprisonne des savantes (c’est pour ça, ce billet, tu vas voir) (mais je ne vais pas la nommer, elle est assignée à résidence, à son poignet un bracelet comme en portent les repris de justice) et samedi dernier, un certain François Nicoullaud (oui, c’est dans la vraie vie, me dis-je) (sous le lien, un article de Libé), ancien ambassadeur de notre beau pays en Iran il y a quelques années, est décédé. Ici, à Paris (ici, c’est à Paris, pardon). Alors ces quelques images que j’ai trouvées grâce à lui (car c’est à Suez qu’il est né, alors me dit-on, Port Tewfik – il est né en Égypte, et sa vie (pas que professionnelle) durant il a œuvré pour qu’advienne la paix). Ça ne fait rien, je me permets de poser ces images dans la maison, elles indiquent des réponses (l’envie de partir sans doute) à la question « c’est comment par là-bas ? » même si elles ne montrent que des plans – on y sent la chaleur, c’est déjà ça de pris…

souvent ce genre d’image m’indique que je ne prends que ce qui ressemble à ce que j’imaginais * – mais tant pis, un porte-conteneurs…

– elles viennent aussi des bords du canal – mais très souvent (ce sont des images posées là par des gens et pas le robot) elles vantent des hôtels

j’aime le bateau droite cadre, et devant la petite silhouette –

est-on le matin, est-ce le soir ? – est-ce quelque chose de la merveille de l’enfance – les bateaux surtout

lesquels croisent à longueur d’année

n’importe encore – non, juste pour dire aussi que samedi dernier, c’était le nouvel an en Iran, Norouz ils appellent ça (elles aussi) ça veut dire le printemps – et celle pour laquelle ce billet tente de garder souvenir – tente et y parvient – a posté à son comité de soutient cette merveille de pierres turquoises – c’est l’an nouveau 1400, soit un nouveau siècle… Des choses changeront-elles ?

*add. du 25 mars vers trois et demie :
j’avais oublié, mais il y a cette image (un dessin, sans doute, mais du point de vue du bateau) du canal de Suez, dans le cahier de mon père (7 ans jour pour jour – ça me donne de l’espoir, tu vois) (j’en manque tant)

Carte postale de la place

 

 

 

 

pas de danger qu’on s’en aille – et pourtant, c’est pas l’envie qui manque  (d’ici que le petit cintré hypocrite en bleu informe qu’on va nous refoutre en prison, y’a pas des kilomètres) (font braire) (des images de la place, pour la peine)

y’a quand même du monde, avoue – de jour de plus haut ?

ça poireaute pour entrer dans la basilique (entrée 10 euros minimum non? le trésor, je ne veux pas le savoir) – dommage pour la deuxième colonne (saint Théodore terrassant le caïman sublime) – si ça se trouve je n’irai plus de ma vie, seulement en image, et après ? là c’est plutôt l’hiver l’après midi – et là

plutôt l’été – sont nombreux quand même (on nous a épargné les volatiles) – il y en a tant, tu ne peux pas imagines pas comme disait ma tante – ça existe aussi la nuit avec la pleine lune si ça peut t’arranger

y’a moins de monde, sans doute – tard le soir – ou jours de pandémie (du temps où il ne s’agissait pas d’opérette et de volonté de foutre à bas le système de santé hérité du conseil de la Résistance – dormons tranquille, les travaux de l’Hôtel-Dieu, Paris capitale du monde, tendant à transformer cet hôpital en centre commercial vont très bon train, on remercie) (c’est central, oui, et bientôt et les jeux olympiques, et la samaritaine tu comprends) ou alors aussi sous l’eau, la punta, l’aqua alta (ils ont le Mose remarque bien aussi – le barrage contre cette marée… 10 ? 12 ? 20 ? (milliards d’euros))

et pour finir, une calmement le matin – tranquillement – doucement – cette sérénité…

(je vais faire du café, allez) courage surtout –

Carte postale sans titre (jeudi)

 

 

 

non mais il n’y a pas de cinéma (je lis une chronique d’un des participants du CLAN qui suggère d’inventer le mot « sousvivre » pour la période actuelle) (c’est assez exagéré – ça m’inspire un peu sous-homme de mémoire obscène et pourtant seulement du siècle dernier) il y a bien des écrans, ça ne convient pas et manquent les autres – alors des images (ici, on est sage : le titre du film documentaire de David Dufresnes, « Un pays qui se tient sage » qui reprend les mots immondes d’un fonctionnaire à Mantes-la-Jolie (pas inquiété du tout, ledit fonctionnaire, car l’inspection générale veille et c’est beau comme notre régime) ce titre donc nous va comme un gant huit à une main standard) images que je ne choisis pas (j’avais l’ambition – souvent remise au dessus des autres – de ne pas utiliser (je suis assez ambitieux, je reconnais) plusieurs fois la même image (j’en ai perdu un certain nombre, et elles me manquent, donc je réutilise) (désolé) (je continue, je ne suis pas bien sûr du terme, mais il me semble  faire office de bousier – un insecte qui devant lui pousse une boule – Sisyphe quand tu nous tiens, si tu préfères)

(sortie de Besses, indique le nom de fichier – en montagne sans doute) carte postale du front (maladie toujours en place, dix mois plus tard, les mots d’un salo-mon sur les masques alors, les personnels médicaux soignants : tu crois qu’on va oublier ?)

(environ de) Trieste porte du château de Miramare : il est des lieux où (c’est à peu près certain) on n’ira jamais – d’autres où (c’est presque sûr) nous nous rendrons: celui-là est de la seconde catégorie)

Les mariés de la tour Eiffel (Chagall qui mangeait un midi dans un bistrot (disons) refaisant le plafond de l’opéra disait qu’il était peintre en bâtiment) (amateur, professionnel ? l’idée de la passion et la fonction – je pratique mon métier en amateur, j’y mets de l’art) (je ne travaille plus qu’ici – je continue comme tu vois)

je ne me lasse pas (gauche cadre, la Salute) (crois-tu que, lorsque cette maladie sera passée, nous édifierons quelque tours pour saluer le dieu qui nous en aura débarrassé (pasteur sanofi astrazeneca motorola bezos comme un mantra)

on nomme ce type de photo un « fond d’écran » (l’écran a besoin de fond) quand on sort de la salle, il ne nous reste rien de tangible du film – on val’oublier,on allume une cigarette, « qu’est-ce qu’on fait ? » on marche « c’était bien, hein » – attend que je regarde, je ne sais plus – il y a chez nous, en notre temps, des êtres qui indiquent en parlant de quelqu’un qu’ils abhorrent « non mais lui il sert à rien » (on dit ça aussi, de nos jours, des personnes à la retraite – c’est l’idéologie qui sourd, qui transpire, que vomit jour après jour, phrases après phrases, ceux qui nous gouvernent) j’en suis assez blessé

ah une automobile étazunienne – hello Guy ! – (c’était une parenthèse, je disais) et je me dis, pansant un peu ces écorchures de mes contemporains « servir ? » et je vois le personnel des domestiques, après six heures du soir, sur des vélos sacs disproportionnés sur le dos, aller livrer quelque paresseux ou trop pris par un télétravail de merde (lapalissade) – quelque fois, la honte me prend

(composition du Modern jazz Quartet) (on l’entend presque, cette composition) je pose une galette sur la platine (métaphore) et j’entends des paroles qui me calment (« tellement peu, presque rien » par exemple)

(place Félix Éboué Paris 12) (un des lieux du tournage) bientôt je cesse,il est tard, j’ai rendez-vous

(Aliano, Basilicate) je me souviens de Gian-Maria, je me souviens de Carlo Levi – avance,medis-je, avance et surtout, ne te retourne pas – je m’arrête, à mes poches sont mes mains, je tiens des clés, un billet nommé pass qui porte une puce électronique, sur le boulevard, il y a peut-être un peu de vent, je traverse et vers l’est

j’aime assez Paris (au mois de mai, sans doute, oui) (à bientôt) – tenir.

Hein.

(add. du soir) ici en passant ce matin sur le boulevard (février -bientôt le printemps, allez)