Album (dispersion continue)

 

 

 

 

 

non, la colère, non – même si ça servait à quelque chose, c’est impossible, c’est sûrement trop tard – mais on reste en prison – on regarde quand même les choses qui passent (les images sont des choses) – elles me rappellent ce que je suis, de quoi je suis fait – il y a eu cet entretien que j’ai écouté, avec Allain Leprest

c’est un chanteur, un poète aussi bien qui disait « une chanson, c’est cinquante pour cent les mains » – c’est plus que d’avoir quelque chose avec les chansons (ou avec la chanson) – je regardais aussi cet entretien de Jacques Higelin (gaffe : lien vers facebook) (merci à Laurent Peyronnet) au sujet de Léo Ferré – mais oui, l’âme – j’aime assez les chansons comme j’aime les images –

(des tonnes : requiem pour un fou) les stars et les espions –

là elle joue dans « madame la juge » (une ex-avocate qui devient juge – série de 4 ou 6 je ne sais plus épisodes télé fin du siècle dernier années soixante-dix – elle nous a quitté en 85; au Père Lachaise avec son Montand à côté d’elle)

je lis un truc sur Marguerite (un truc, c’est petit de dire ça) sa biographie par Laure Adler (un folio (3417) acheté 3 euros chez momox) – le Jouvet avec cette actrice Asie du sud-est, Foun Sen (l’épouse de Léo Joannon (dont on tait les frasques avec la Continental – on ne les oublie pas cependant ) que j’ai croisé(e) dans le « Oncle Dan » dont je rapporte l’index, la semaine prochaine ici même) (elle tient de le rôle de l’assistante du télépathe Winckler (ainsi que l’un des personnages de « La vie mode d’emploi » (Georges Perec, Paris Hachette, 1978) et pseudonyme vivant)

incarné par Erich von Stroheim – puis avec Jany Holt (laquelle est, si je ne m’abuse, l’une des grand-mères de l’auteur, Jean-Marie Périer) (ça se passe dans « L’Alibi » (Pierre Chenal, 1937) – ce ne sont que des images et tous ces gens sont morts (ça ne change rien, ils sont là) – une image du Joli Mai

de Chris Marker (1962-3) (lion d’or vénitien, on peut le regarder comme le « Chronique d’un été » (Jean Rouch et Edgar Morin, 1961) des images de ces années-là) – j’avance tu sais mais pour quoi en faire et vers où, je ne sais pas bien – je repose celles-ci (je les aime tant) : attendre l’autobus sur les hauts de Lisbonne (il en est des tas, des hauts de cette ville)

discuter avec un voisin 

on ne le voit que mal, mais il est là – ici avec probablement sa femme

dans « Le tramway de la ligne 28 » (Denis Pasquier, chez l’auteur, 2020) – cette vie-là, dehors et riante – bien d’autres choses sans doute mais que j’oublie – il faudrait garder ces choses, les inscrire dans un album pour tenter de se rassurer sur son existence – et la leur –

on a presque oublié qu’on allait lire le journal en terrasse, café verre d’eau – ici le trottoir de la droite de la rue de Verneuil – et puis encore trois images

de ces nuages

plutôt merveilleux (du côté de l’Alaska)

sans doute reviens-je de (ou vais-je) loin pour ne pas regarder ce qui se passe ici et maintenant – cette honte et ce décharnement de l’hôpital pour aboutir à celui de la sécurité sociale, les avancées dues à l’issue de deux guerres mondiales – la résistance, et son conseil national – poubelle de l’histoire capitaliste – se battre et mourir – la publicité et le marketing – l’ordure – j’en finis avec cette image rézosocio – on s’y rappelle souvent à votre bon souvenir (des images pour vous y aider, quelque chose de tellement beau (le souvenir) utilisé pour quelque chose d’abject – (on peut remarquer le genre des photographes saisi par cette image) cette charmante Varda, M veste rouge fils (de Louis) et petit fils (d’Andrée) et l’artiste de rue JR (Cannes hors compétition, présentation de « Visages, villages » voilà non pas 2 mais 4 ans) (quoi qu’il puisse arriver, la publicité comme le marketing et leurs avatars (dont le rézosocio est le parangon immonde) (mais une immondice d’un organisme immonde devient-elle autre chose ?), quoi qu’il puisse en être de ces forces, rien n’attentera jamais à l’amour qu’on a pour ces gens)

Carte postale d’ailleurs d’ici de ci de là

 

 

 

 

il y a dans cette maison[] quelques vues d’ailleurs parce que l’atmosphère à Babylone est assez irrespirable – ouvrir les yeux, fermer la télé, la radio, l’ordinateur – débrancher le zoum – oublier les accidents, les Birman.es et le reste du monde (les phynances étant ce qu’elles sont, on a cessé d’acheter le journal on n’a pas renouvelé l’abonnement on est dans un sale état mais ça reste confiant en l’avenir – on attend de pied ferme (comme on dit) le client – il n’y a cependant personne sur le rond-point, personne sur la pelouse légèrement pelée et personne à l’agène-da)

ce sont images du bout du monde (enfin de quel monde, je ne sais pas – du côté de Fairbanks, Alaska) ici il fait encore assez paisible – là c’est le même endroit (pratiquement) mais à une autre époque de l’année

il faut bien que je m’éloigne un peu – c’est que la vie n’est jamais simple – je ne me plains pas je constate – ici une espèce de contre champ en plein jour

ça nous change un peu – il fait beau comme ici – il fait froid semble-t-il – les millions et les millions d’individus qui œuvrent, actent, vont viennent – empêchés par cette saloperie de virus – je lisais des  articles sur l’Inde (l’abject personnage qui s’y complaît), sur la Turquie (même constat) – je vais avoir du mal mais tant pis, j’essaye : outre la promenade (j’y suis l’obligé de Olivier Hodasava, pour son Dreamland), quelque atelier où on va se souvenir de la naissance du grand Charles (pas celui-là, enfin comme disait l’un de mes oncles « je me comprends ») c’était au temps où on mangeait au resto U (Mabillon, ou Albert Châtelet) – désargentés (un soir de Noël nous y trouva) et on passait par la rue Jacob sur cette petite placette (innommée encore crois-je)

(cette image d’Atget Eugène date de la fin du siècle dix-neuf de cette ère il me semble) à peu près du même angle, celle-ci de l’année vingt de celui-ci, de siècle

sans doute a-t-on détruit quelque construction, gauche cadre – on y a planté des arbres – l’hôtel du Maroc où séjourna Baudelaire un moment, c’est la porte bleue – on passait par là (le palmier, premier plan, les deux peupliers)

(le tout petit troisième, à gauche) on allait à la table d’Italie (elle n’existe plus, un peu plus haut dans la rue)  (au six neuf) qui se tenait dans cette officine

poissonnerie (le cadre de la vitrine a été conservé) – ça a toujours été un endroit pour friqués même si on y croisait Albert Cossery sapé comme un prince – ce carrefour

où croissent trois ou quatre arbres

et cette rue de galeristes – il y a celle-ci, dans les noirs (dont on parlait ici)

il s’y trouve toujours ce souvenir

un jour, j’avais la mission de céder une reproduction originale (j’aime beaucoup cet oxymore) (signée, numérotée, sous cadre « dans son jus » m’avait dit un expert d’Artcurial, une galerie assez huppée du bas des Champs-Elysées, installée dans l’immeuble du canard appartenant à l’avionneur ami des chefs d’état (son petit-fils, je crois, vient de décéder dans un accident d’hélicoptère – celui qui a pêché par les armes…) quelque part, en bas de la rue, je crois bien que c’était là

(gauche cadre, avec un chapeau, elle passe) je tenais cette œuvre de mon oncle italiano-lybien qui produisait vins et huiles d’olives (le tableau était-il dans le salon au miroir vénitien, je ne saurais te le dire) en Tunisie – puis il en fut plus ou moins chassé, s’installa donc en Italie – le tableau était-il au mur du salon, là où, sous le miroir en forme de soleil, on s’asseyait dans des canapés de cuir blanc, je ne sais pas le dire non plus – mais regardant cette rue (elle est de Seine) est apparue dans une vitrine cette représentation

laquelle est, pour moi, récompense

 

billet en dédicace à CE., pour marquer (or donc) le bicentenaire de la naissance de Charles Baudelaire (et à l’atelier d’écriture initié par François Bon)

 

 

 

souvenirs

 

 

 

il y a certainement des endroits où on aimerait tant aller – j’avais à l’idée cette chanson (Gérard Manset, La mer Rouge) qui me faisait souvenir de cet aventurier, et  de ses trafics d’armes ou d’êtres humains – c’était l’époque, le début dit-on parfois de la fin qui nous échoit ces temps-ci avec cette joyeuse maladie qui nous emprisonne dans nos propres errements (la planète n’en a juste rien à faire, tsais) (les océans s’acidifient, et alors ? les températures montent ici, descendent là, et après ?) – et puis comme on sait, elle n’empêche rien, cette maladie – les affaires sont les affaires, on enrichit l’uranium afin de se doter du graal – l’imbécillité humaine est sans fond – là-bas on emprisonne des savantes (c’est pour ça, ce billet, tu vas voir) (mais je ne vais pas la nommer, elle est assignée à résidence, à son poignet un bracelet comme en portent les repris de justice) et samedi dernier, un certain François Nicoullaud (oui, c’est dans la vraie vie, me dis-je) (sous le lien, un article de Libé), ancien ambassadeur de notre beau pays en Iran il y a quelques années, est décédé. Ici, à Paris (ici, c’est à Paris, pardon). Alors ces quelques images que j’ai trouvées grâce à lui (car c’est à Suez qu’il est né, alors me dit-on, Port Tewfik – il est né en Égypte, et sa vie (pas que professionnelle) durant il a œuvré pour qu’advienne la paix). Ça ne fait rien, je me permets de poser ces images dans la maison, elles indiquent des réponses (l’envie de partir sans doute) à la question « c’est comment par là-bas ? » même si elles ne montrent que des plans – on y sent la chaleur, c’est déjà ça de pris…

souvent ce genre d’image m’indique que je ne prends que ce qui ressemble à ce que j’imaginais * – mais tant pis, un porte-conteneurs…

– elles viennent aussi des bords du canal – mais très souvent (ce sont des images posées là par des gens et pas le robot) elles vantent des hôtels

j’aime le bateau droite cadre, et devant la petite silhouette –

est-on le matin, est-ce le soir ? – est-ce quelque chose de la merveille de l’enfance – les bateaux surtout

lesquels croisent à longueur d’année

n’importe encore – non, juste pour dire aussi que samedi dernier, c’était le nouvel an en Iran, Norouz ils appellent ça (elles aussi) ça veut dire le printemps – et celle pour laquelle ce billet tente de garder souvenir – tente et y parvient – a posté à son comité de soutient cette merveille de pierres turquoises – c’est l’an nouveau 1400, soit un nouveau siècle… Des choses changeront-elles ?

*add. du 25 mars vers trois et demie :
j’avais oublié, mais il y a cette image (un dessin, sans doute, mais du point de vue du bateau) du canal de Suez, dans le cahier de mon père (7 ans jour pour jour – ça me donne de l’espoir, tu vois) (j’en manque tant)

Carte postale de la place

 

 

 

 

pas de danger qu’on s’en aille – et pourtant, c’est pas l’envie qui manque  (d’ici que le petit cintré hypocrite en bleu informe qu’on va nous refoutre en prison, y’a pas des kilomètres) (font braire) (des images de la place, pour la peine)

y’a quand même du monde, avoue – de jour de plus haut ?

ça poireaute pour entrer dans la basilique (entrée 10 euros minimum non? le trésor, je ne veux pas le savoir) – dommage pour la deuxième colonne (saint Théodore terrassant le caïman sublime) – si ça se trouve je n’irai plus de ma vie, seulement en image, et après ? là c’est plutôt l’hiver l’après midi – et là

plutôt l’été – sont nombreux quand même (on nous a épargné les volatiles) – il y en a tant, tu ne peux pas imagines pas comme disait ma tante – ça existe aussi la nuit avec la pleine lune si ça peut t’arranger

y’a moins de monde, sans doute – tard le soir – ou jours de pandémie (du temps où il ne s’agissait pas d’opérette et de volonté de foutre à bas le système de santé hérité du conseil de la Résistance – dormons tranquille, les travaux de l’Hôtel-Dieu, Paris capitale du monde, tendant à transformer cet hôpital en centre commercial vont très bon train, on remercie) (c’est central, oui, et bientôt et les jeux olympiques, et la samaritaine tu comprends) ou alors aussi sous l’eau, la punta, l’aqua alta (ils ont le Mose remarque bien aussi – le barrage contre cette marée… 10 ? 12 ? 20 ? (milliards d’euros))

et pour finir, une calmement le matin – tranquillement – doucement – cette sérénité…

(je vais faire du café, allez) courage surtout –

Carte postale sans titre (jeudi)

 

 

 

non mais il n’y a pas de cinéma (je lis une chronique d’un des participants du CLAN qui suggère d’inventer le mot « sousvivre » pour la période actuelle) (c’est assez exagéré – ça m’inspire un peu sous-homme de mémoire obscène et pourtant seulement du siècle dernier) il y a bien des écrans, ça ne convient pas et manquent les autres – alors des images (ici, on est sage : le titre du film documentaire de David Dufresnes, « Un pays qui se tient sage » qui reprend les mots immondes d’un fonctionnaire à Mantes-la-Jolie (pas inquiété du tout, ledit fonctionnaire, car l’inspection générale veille et c’est beau comme notre régime) ce titre donc nous va comme un gant huit à une main standard) images que je ne choisis pas (j’avais l’ambition – souvent remise au dessus des autres – de ne pas utiliser (je suis assez ambitieux, je reconnais) plusieurs fois la même image (j’en ai perdu un certain nombre, et elles me manquent, donc je réutilise) (désolé) (je continue, je ne suis pas bien sûr du terme, mais il me semble  faire office de bousier – un insecte qui devant lui pousse une boule – Sisyphe quand tu nous tiens, si tu préfères)

(sortie de Besses, indique le nom de fichier – en montagne sans doute) carte postale du front (maladie toujours en place, dix mois plus tard, les mots d’un salo-mon sur les masques alors, les personnels médicaux soignants : tu crois qu’on va oublier ?)

(environ de) Trieste porte du château de Miramare : il est des lieux où (c’est à peu près certain) on n’ira jamais – d’autres où (c’est presque sûr) nous nous rendrons: celui-là est de la seconde catégorie)

Les mariés de la tour Eiffel (Chagall qui mangeait un midi dans un bistrot (disons) refaisant le plafond de l’opéra disait qu’il était peintre en bâtiment) (amateur, professionnel ? l’idée de la passion et la fonction – je pratique mon métier en amateur, j’y mets de l’art) (je ne travaille plus qu’ici – je continue comme tu vois)

je ne me lasse pas (gauche cadre, la Salute) (crois-tu que, lorsque cette maladie sera passée, nous édifierons quelque tours pour saluer le dieu qui nous en aura débarrassé (pasteur sanofi astrazeneca motorola bezos comme un mantra)

on nomme ce type de photo un « fond d’écran » (l’écran a besoin de fond) quand on sort de la salle, il ne nous reste rien de tangible du film – on val’oublier,on allume une cigarette, « qu’est-ce qu’on fait ? » on marche « c’était bien, hein » – attend que je regarde, je ne sais plus – il y a chez nous, en notre temps, des êtres qui indiquent en parlant de quelqu’un qu’ils abhorrent « non mais lui il sert à rien » (on dit ça aussi, de nos jours, des personnes à la retraite – c’est l’idéologie qui sourd, qui transpire, que vomit jour après jour, phrases après phrases, ceux qui nous gouvernent) j’en suis assez blessé

ah une automobile étazunienne – hello Guy ! – (c’était une parenthèse, je disais) et je me dis, pansant un peu ces écorchures de mes contemporains « servir ? » et je vois le personnel des domestiques, après six heures du soir, sur des vélos sacs disproportionnés sur le dos, aller livrer quelque paresseux ou trop pris par un télétravail de merde (lapalissade) – quelque fois, la honte me prend

(composition du Modern jazz Quartet) (on l’entend presque, cette composition) je pose une galette sur la platine (métaphore) et j’entends des paroles qui me calment (« tellement peu, presque rien » par exemple)

(place Félix Éboué Paris 12) (un des lieux du tournage) bientôt je cesse,il est tard, j’ai rendez-vous

(Aliano, Basilicate) je me souviens de Gian-Maria, je me souviens de Carlo Levi – avance,medis-je, avance et surtout, ne te retourne pas – je m’arrête, à mes poches sont mes mains, je tiens des clés, un billet nommé pass qui porte une puce électronique, sur le boulevard, il y a peut-être un peu de vent, je traverse et vers l’est

j’aime assez Paris (au mois de mai, sans doute, oui) (à bientôt) – tenir.

Hein.

(add. du soir) ici en passant ce matin sur le boulevard (février -bientôt le printemps, allez)

 

 

Carte postale de Babylone (2)

 

 

 

 

il y a un moment où je me disais qu’il serait utile au monde de supprimer je ne sais quel potentat (l’embarras du choix, certes) pour profiter d’une retraite privée de liberté mais aux frais de la princesse comme on disait (à l’heure où les indemnités de retraite se réduisent et où l’âge d’y parvenir s’éloigne dans une brume épaisse et épidémique) (ça aurait donné un bon moteur à une action) et puis j’ai cessé d’y penser – j’ai regardé des images

le beau Danube avant qu’il ne se jette, bleu, dans la mer, Noire – Bulgarie, Roumanie, ces contrées lointaines et inconnues (de moi) (ma mère avec son frère y furent  voilà plus de quarante ans, ah j’ai oublié)

au loin, l’île de San Giorgio Maggiore – le scintillement du soleil et la bâche au premier plan intitulée – des voyages, partir, « fuir là-bas fuir » disait le poète

ici le bac qui rallie les deux rives de la Volga à Nijni-Novgorod (c’est en Russie)

là une officine qui vend des sandwiches au sud ouest de Londres (UK) (STGME2 s’est fait vacciner, t’inquiète) (son prince consort de mari aussi) (pour le pape, pareil), Portslade Road, une rue normale d’une ville immense, peut-être mais aujourd’hui, où en sommes-nous ? avec nos maxs, nos gels, nos distances sociales (qualificatif de maçon) nos vaccins nos maladies estampillées en anglais, masculin féminin et après ? – laisse, allez ça va passer –

une femme fume à sa fenêtre (nord de Londres, Blockwill road) sans volonté de faire paraître des officines de cuisine (mais je les aime, les turques ou les grecques d’ici – et d’ailleurs, d’ailleurs) (c’est que j’aime à manger dans la rue (il y avait cette chanson de Brassens qui faisait « qu’ce soit en grandes pompes comme les gens bien/ou bien dans la rue comme les pauvres et les chiens ») et les cornets de frites de la porte de Charenton achetés par Francis Lemarque qui à pieds venait en ville)

Istanbul et son Bosphore vu de haut de la rive asiatique, la porte de Léandre, la chaîne qui empêchait les bateaux de passer du temps où elle s’appelait Constantinople, ou Byzance – partir oui

pour finir cette enclave chèrement acquise et gardée par des jardiniers bruxellois qu’on salue (nous aussi, passionnément) (on ferme à six, on rouvre à six, on végète en appartement, en maison, en prison, en asile, on se repose on pète des câbles, des durites, des plombs – on aime à nous savoir inquiets et on nous abreuve de chiffres – on tient le coup,oui, certes, mais jusqu’à quand ?)

 

 

Carte postale d’automne

 

 

(entrée de billet : place des Invalides, durant l’inter-réclusion : une soignante qui manifeste protégée par la police de ce pays) (photo dont la publication serait interdite si les chambres votent une loi inique et immonde proposée par le locataire beauvau)

 

il n’est pas question de faillir sous prétexte que les cinémas sont fermés – durant les cent cinquante jours de l’inter-réclusion, j’y fus douze fois – bah ça reviendra on était bien il y avait peu de monde, on riait – et on rit encore (comme le fantôme de Somerset Maugham) (j’ai bien aimé ce garçon-là, surtout ses nouvelles – ça me revient, ici, tant mieux : j’avais prêté cette autobiographie* à un certain R. et il ne me l’a jamais rendue – à sa décharge, c’était juste avant qu’il ne trépasse – je n’imaginais pas qu’il ait eu cette façon de se tenir

entre ici Somerset – je dois continuer (il est né en France à l’ambassade UK pour être anglais (je crois que ça se trouve à côté du palais où loge (pour encore un an et demi mais ce sera tout) (j’ose l’espérer) le cintré bleu et jésuite) – il parlait mieux français qu’anglais, le William, t’as qu’à voir – il me fait penser (va comprendre) à Ian Flemming James Bond et « Notre agent à la Havane » de Graham Greene (il y a eu un film de tiré de ce roman, Carol Reed, 1959) qui réunissait Alec Guiness (sir) et Maureeen O’Hara (on l’a aimée assez dans « Rio Grande » (John Ford, 1950) rousse et charmante) (Hollywood en diable) – j’ai dérapé mais n’importe ici, une carte postale des confins de l’Orne et du Calvados – j’avance en âge, je m’exécute en toussant dans mon coude : sur le chemin, personne sinon des frondaisons, des arbres, du ciel –

oui, c’est à cinq et demie qu’il fait nuit – on n’y voit rien comme dirait Daniel Arasse – quelques images glanées ici ou là pour garder le souvenir de ces moments de stase qu’il faut mettre à profit pour rêver et buller (malheureusement, je dois bosser mais enfin – je passe j’avance) – ici c’est à Lisbonne et celle-ci à son balcon, son nino en main (la photo date de mai 19)

ou est-ce un journal ? une zappette ? je ne sais pas bien, mais en face de chez elle se tient le musée Pessoa (je n’y fus point : partie remise) (image ayant failli illustrer le propos (magnifique) d’Helena Barroso dans le #20 de l’atelier d’été – il y en eut une autre, plus éloignée) des gens qui passent

(en commentaire d’un voyage rêvé et virtuel d’Olivier Hodasava) – où était-ce dis-moi ? c’est à La Sarre Québec – j’attends les livres par livraison (yeah) qui me viennent de chez mon ami libraire à L’Esperluette de Chartes – il y a brouillard ce matin (parfois je confuse : où suis-je, où vais-je ? ici là ailleurs ? je ne sais pas exactement mais je sais que j’y vais, c’est déjà pas mal)

c’est égal, ici on se trouve aux US (l’autre ordure s’est fait virer, c’est déjà pas mal – on attend pour ici, mais attendre, n’est-ce pas déjà accepter ?)

image dronatique – on pense aux milliers de machines de ce genre achetées à grand frais par notre belle police nationale durant la première réclusion (mais oui, les affaires continuent, que croyez-vous donc ?) – on pense à la place de la République avant hier soir (c’est à Paris, le fascisme commence à passer – qu’est-ce qu’on fait ? qu’est-ce qu’on en fait ? on a peur de la maladie, on a l’âge de ses artères) – continuer, ne pas oublier : ici couple d’écrivains magiques Toni Morrison et Edouard Glissant il y a une quinzaine d’années

c’est à ça que ça sert (aussi) la littérature – ne pas oublier, comprendre et agir –

ici le 33 avenue des Champs Elysées (paris 8) (cette avenue fait penser au petit Marcel – il y a un bar où parfois se réunissait le CLAN – se réunira sans doute bientôt, au printemps – qui porte ce nom (sans wifi c’est con) – mais n’importe) je me remémore ces lieux du travail d’alors (fin des années soixante dix – les études de cinéma – les cachets dans les émissions de télé – les ami.es) ( je tente de travailler encore, tu sais) – il y a cette image d’un millième des codes de la page qui correspond à une image de wtf google street view

simplissime – on maîtrise quoi, au juste ? – non, ça ne fait rien, un rédacteur ici aussi ? – je continue, ici encore un paysage

du train qui va d’Athènes à Thessalonique, en passant par Larissa (il y a le piment de Tunisie qui y fait penser, il y a la chanson de Balavoine – mais c’est l’Aziza (qui est le troisième prénom de l’une de mes sœurs) – non mais la Grèce et les amis T. et M. et puis encore encore une de ces deux-là

et puis voilà – rire, s’aimer, se voir et se regarder – se le dire.

 

* : en français l’autobio de WSM s’intitule « Et mon fantôme en rit encore » librement traduit de l’anglais « A writer’s Notebook » – soit « un carnet d’écrivain » si tu préfères

 

un peu d’histoire (personnelle) du cinéma

 

 

je suis tombé sans (vraiment) m’en apercevoir sur ce livre

rescapé * – je l’ai feuilleté, c’est écrit ampoulé et idéologiquement vicié. Ça ne m’a pas tellement étonné (j’ai porté cette image au groupe facebook intitulé « Marilyn everywhere », t’inquiète). Ce sont les images et à quoi elle réfèrent qui m’ont parlé (les images parlent, c’est pas comme les mots – ou enfin certains oui – mais les images renvoient répètent transcrivent transforment travestissent et finissent pas trahir – bon d’accord, comme les mots…). Il s’agira ici de ce sens-là.
En fin de volume, une date

l’état du livre est à l’avenant – cinquante-cinq ans, des déménagements des multiples transports lectures peut-être etc. –

bah passent les jours passent les semaines  – ici la quatrième de couverture comme dit la wtf doxa

laquelle reprend les réalisateurs et les titres (et les années de réalisation) des films dont on ne voit qu’une image sur la première de couv (eh oui). Et donc, entre ici en cette maison[s]témoin ce qu’on pensait devoir montrer du cinéma parlant en 1965 (dans le livre de poche, certes; le copyright en date de 1964

abjecte maison d’édition d’extrême droite ça va bien avec le reste – à vomir) (à se demander pourquoi, sur les recommandations de qui cet ouvrage a été acheté – j’ai vaguement idée de cette affaire-là mais n’importe)

 

Et donc on reconnait (de haut en bas)

l’Ange bleu (Joseph von Sternberg,1930)
Quai des brumes (Marcel Carné, 1938) (j’aurais dit La Chienne de Renoir (1931), mais n’importe – il y a une autre photo du Quai des brumes plus bas…) (ou alors Panique Julien Duvivier, 1946) (ça m’a tout l’air de ressembler en tous les cas à Michel Simon)
Le voleur de bicyclette (Vittorio De Sica, 1948)

Zazie dans le métro (Louis Malle, 1960) (en couleurs)
Fenêtre sur cour (Sir Alfred, 1954)

Le Dictateur (Charles Chaplin, 1940)
À bout de souffle (Jean-Luc Godard, 1960)
Jules et Jim (François Truffaut, 1962)

La Bête humaine (Jean Renoir, 1938)
Autant en emporte le vent (Victor Fleming, 1939 – un petit M.G.M en bas)

Le Guépard (Luchino Visconti, 1962)
Ivan le Terrible (Serguei Eisenstein, 1945)
Le Septième sceau (Ingmar Bergman, 1956)

Rio Bravo (Howard Hawks, 1959)
À nous la liberté (René Clair, 1931)

Tchappaiev (Serge et Georges Vassiliev, 1933)
Old man out (Sir Carol Reed, 1947)
Citizen Kane (Orson Welles, 1941)

La  Bataille du rail (René Clément, 1945)
Hiroshimamon amour (Alain Resnais, 1959)
Les Misfits (John Huston, 1961 – NJB aka MM en couleurs)

À l’ouest rien de nouveau (Lewis Milestone, 1930)
La Strada (Federico Fellini, 1954)

Païsa (Roberto Rossellini, 1946)
West side story (Robert Wise- Jérôme Robbins, 1961 petit Artistes associés)
Et Dieu créa la femme (Roger Vadim, 1956 en petit Cocinor)

Quai des brumes (Marcel Carné, 1938)
Le diable au corps (Claude Autan-Lara, 1947)

et enfin La Strada (deuxième apparition parce que Giuletta) (Federico, 1954)
Les raisins de la colère (John Ford, 1940)

il s’agit d’un texte intégral (tiens encore)

(ça a du bien faire mal quelque part à cette enflure d’auteur de voir qu’il y avait là « Le Dictateur » et autres « Les raisins de la colère » mais peu importe encore) – ce qui m’importe plus ce sont les films choisis sur cette couverture ( je les ai tous vus) (je n’y vois pas Kubrick encore…) – et on trouve vingt huit images (je pense vingt huit films différents, mais vingt-sept titres : c’est une erreur) (mettons qu’il s’agisse de Panique de Julien Duvivier) et : (pas une seule femme)

onze réalisateurs français
huit réalisateurs étazuniens
quatre italiens
deux russes
un Anglais
un suédois

une vision assez centrée d’un certain cinéma d’occident (disons) (un tropisme).
Par ailleurs, comme rappelé dans la note*, l’un des deux auteurs fut passé par les armes en février 45 – il ne connut que peu les suites épiques du cinéma : on s’en fout, oui.

 

 

* Bien qu’il ait été écrit pas un couple de crevures (je ne vois pas d’autre mot, et il n’est pas trop fort, non) (ils sont morts tous les deux, ils étaient beaux-frères, fachos antisémites immondes) (l’un (brasillach) a été exécuté en février 45 – pas pu être sauvé par nombre d’amis intellectuels de sa corporation (les littérateurs) qui demandaient à De Gaulle sa grâce – l’autre a vécu des jours heureux – un peu comme cette pourriture de destouches/céline (sans majuscule) – jusque ses plus de quatre-vingt dix ans (la vie n’est pas très pertinente, il n’y a pas à dire)), voilà un livre dont la couverture vaut pour la maison[s]témoin, afin de lui donner quand même quelque chose comme une histoire (fut-elle celle du cinéma) (dans cette maison, on aime le cinéma, va savoir pourquoi…). Il date de 1965, ça nous rajeunit ? Voilà cinquante cinq ans. Je l’ai retrouvé ici (je suis en villégiature) il ne m’appartient que peu – il y a, sur la page de garde, tracées au stylo bille bleu, certaines initiales. C’est un rescapé de ma maison qui brûlât de fond en comble il y a cinq ans de cela : une de mes filles, armée de valises et de sacs eut le courage, dans l’horreur de cette réalité, de sauver quelques uns des livres des bibliothèques (je n’ai pas compté, mais il y en avait pas mal – et de livres je crois quelques milliers). Ce qui m’a permis de revoir (en rêve éveillé, comme Desnos Robert, l’un de mes poètes favoris) certains films de cette histoire-là. Sans plus de raison, un témoignage de mes débuts en France…

 

(en image d’entrée de billet, Albert Finney dans Samedi soir dimanche matin (Karel Reizs, 1960), une merveille de cette époque-là – le héros, c’est un peu moi en maison[s]témoin sur mon clavier, lui sur son établi…)

 

 

 

 

(pas de) silence radio

 

il existe des pays de par le vaste monde (il est vaste, tu sais) où les choses vont très mal – ne pas trop regarder de l’autre côté du mur (on a bon espoir, même si on reste cloîtré chez soi) (je suis à la campagne – mais dans la maison[s]témoin quand même – faudrait pas croire qu’il n’y a personne : tout le monde est là, comme on sait) (j’avais l’intention de sortir mais apparemment c’est fermé…) reste le cinéma donc – ça se passe au Mexique (t’en souvient-il de ces quarante-trois étudiants enlevés puis tués sans qu’on en sache grand chose ? eh bien c’est en cette contrée-là que les choses se passent) – ces affaires sont horribles – il y avait un journaliste qui enquêtait, ils l’ont tout simplement tué

on reconnaît son chapeau : Javier Valdez Cárdenas

quelques coups de feu

ces choses-là révulsent. Une journaliste de radio, Carmen Aristegui, est l’une de celles pour qui cet assassinat montre la réalité du pouvoir mexicain. Le film raconte comment après avoir été chassée de son travail (journaliste à la radio), elle reconquiert une place pour parler de ce qui se passe dans ce pays-là. Grâce à internet. Ici lorsque à l’antenne elle apprend la mort de son ami

je ne dispose guère d’images que du film-annonce mais je les pose ici – les gens se battent, c’est pourquoi on les aime

mais aussi parce qu’ils (elle en l’occurrence) nous donnent le courage pour affronter les temps aussi minables qu’ils soient. On attend quand j’écris, là, de savoir ce qui se passera dans « la plus grande démocratie du monde » quant à son président : espérons qu’il soit capable de donner à son pays les moyens de comprendre les autres. Le précédent président de ce Mexique est en but à toutes les exactions mafieuses, il apparaît ici entouré de toute une cohorte de sourires – cette image…

c’est cette histoire-là, faite de pots-de-vin et d’intimidation, de meurtres et de tortures, cette histoire qui est dévoilée – le film documentaire intitulé « Silence radio » est scandé d’images d’une route

il établit la réalité de la vie de Carmen : comment elle reprend pied, comment aidée de quelques ami.e.s (et ses millions d’auditeurs) elle recommence et reprend la possibilité de faire son travail (journaliste de télévision alors)

on la voit marcher, avancer convaincre, revenir – une force et des alliances. J’ai adoré lorsque le rédacteur en chef de son émission dit

« personne ne mérite de mourir pour son travail » – personne en effet – garder espoir – le vote des gens de peu fit tomber le bellâtre

des gens de peu : ici un qui vend des choses au milieu des embouteillages de Mexico, la route les lumières le monde moderne

ne pas perdre espoir et continuer – comme disait Léo « à l’école de la poésie, on n’apprend pas… on se bat ! »

un documentaire comme on les aime

 

Silence radio un film de Juliana Fanjul