Carte postale d’automne

 

 

(entrée de billet : place des Invalides, durant l’inter-réclusion : une soignante qui manifeste protégée par la police de ce pays) (photo dont la publication serait interdite si les chambres votent une loi inique et immonde proposée par le locataire beauvau)

 

il n’est pas question de faillir sous prétexte que les cinémas sont fermés – durant les cent cinquante jours de l’inter-réclusion, j’y fus douze fois – bah ça reviendra on était bien il y avait peu de monde, on riait – et on rit encore (comme le fantôme de Somerset Maugham) (j’ai bien aimé ce garçon-là, surtout ses nouvelles – ça me revient, ici, tant mieux : j’avais prêté cette autobiographie* à un certain R. et il ne me l’a jamais rendue – à sa décharge, c’était juste avant qu’il ne trépasse – je n’imaginais pas qu’il ait eu cette façon de se tenir

 

entre ici Somerset – je dois continuer (il est né en France à l’ambassade UK pour être anglais (je crois que ça se trouve à côté du palais où loge (pour encore un an et demi mais ce sera tout) (j’ose l’espérer) le cintré bleu et jésuite) – il parlait mieux français qu’anglais, le William, t’as qu’à voir – il me fait penser (va comprendre) à Ian Flemming James Bond et « Notre agent à la Havane » de Graham Greene (il y a eu un film de tiré de ce roman, Carol Reed, 1959) qui réunissait Alec Guiness (sir) et Maureeen O’Hara (on l’a aimée assez dans « Rio Grande » (John Ford, 1950) rousse et charmante) (Hollywood en diable) – j’ai dérapé mais n’importe ici, une carte postale des confins de l’Orne et du Calvados – j’avance en âge, je m’exécute en toussant dans mon coude : sur le chemin, personne sinon des frondaisons, des arbres, du ciel –

oui, c’est à cinq et demie qu’il fait nuit – on n’y voit rien comme dirait Daniel Arasse – quelques images glanées ici ou là pour garder le souvenir de ces moments de stase qu’il faut mettre à profit pour rêver et buller (malheureusement, je dois bosser mais enfin – je passe j’avance) – ici c’est à Lisbonne et celle-ci à son balcon, son nino en main (la photo date de mai 19)

ou est-ce un journal ? une zappette ? je ne sais pas bien, mais en face de chez elle se tient le musée Pessoa (je n’y fus point : partie remise) (image ayant failli illustrer le propos (magnifique) d’Helena Barroso dans le #20 de l’atelier d’été – il y en eut une autre, plus éloignée) des gens qui passent

(en commentaire d’un voyage rêvé et virtuel d’Olivier Hodasava) – où était-ce dis-moi ? c’est à La Sarre Québec – j’attends les livres par livraison (yeah) qui me viennent de chez mon ami libraire à L’Esperluette de Chartes – il y a brouillard ce matin (parfois je confuse : où suis-je, où vais-je ? ici là ailleurs ? je ne sais pas exactement mais je sais que j’y vais, c’est déjà pas mal)

c’est égal, ici on se trouve aux US (l’autre ordure s’est fait virer, c’est déjà pas mal – on attend pour ici, mais attendre, n’est-ce pas déjà accepter ?)

image dronatique – on pense aux milliers de machines de ce genre achetées à grand frais par notre belle police nationale durant la première réclusion (mais oui, les affaires continuent, que croyez-vous donc ?) – on pense à la place de la République avant hier soir (c’est à Paris, le fascisme commence à passer – qu’est-ce qu’on fait ? qu’est-ce qu’on en fait ? on a peur de la maladie, on a l’âge de ses artères) – continuer, ne pas oublier : ici couple d’écrivains magiques Toni Morrison et Edouard Glissant il y a une quinzaine d’années

c’est à ça que ça sert (aussi) la littérature – ne pas oublier, comprendre et agir –

ici le 33 avenue des Champs Elysées (paris 8) (cette avenue fait penser au petit Marcel – il y a un bar où parfois se réunissait le CLAN – se réunira sans doute bientôt, au printemps – qui porte ce nom (sans wifi c’est con) – mais n’importe) je me remémore ces lieux du travail d’alors (fin des années soixante dix – les études de cinéma – les cachets dans les émissions de télé – les ami.es) ( je tente de travailler encore, tu sais) – il y a cette image d’un millième des codes de la page qui correspond à une image de wtf google street view

simplissime – on maîtrise quoi, au juste ? – non, ça ne fait rien, un rédacteur ici aussi ? – je continue, ici encore un paysage

du train qui va d’Athènes à Thessalonique, en passant par Larissa (il y a le piment de Tunisie qui y fait penser, il y a la chanson de Balavoine – mais c’est l’Aziza (qui est le troisième prénom de l’une de mes sœurs) – non mais la Grèce et les amis T. et M. et puis encore encore une de ces deux-là

et puis voilà – rire, s’aimer, se voir et se regarder – se le dire.

 

* : en français l’autobio de WSM s’intitule « Et mon fantôme en rit encore » librament traduit de l’anglais « A writer’s Notebook » – soit « un carnet d’écrivain » si tu préfères

 

un peu d’histoire (personnelle) du cinéma

 

 

je suis tombé sans (vraiment) m’en apercevoir sur ce livre

rescapé * – je l’ai feuilleté, c’est écrit ampoulé et idéologiquement vicié. Ça ne m’a pas tellement étonné (j’ai porté cette image au groupe facebook intitulé « Marilyn everywhere », t’inquiète). Ce sont les images et à quoi elle réfèrent qui m’ont parlé (les images parlent, c’est pas comme les mots – ou enfin certains oui – mais les images renvoient répètent transcrivent transforment travestissent et finissent pas trahir – bon d’accord, comme les mots…). Il s’agira ici de ce sens-là.
En fin de volume, une date

l’état du livre est à l’avenant – cinquante-cinq ans, des déménagements des multiples transports lectures peut-être etc. –

bah passent les jours passent les semaines  – ici la quatrième de couverture comme dit la wtf doxa

laquelle reprend les réalisateurs et les titres (et les années de réalisation) des films dont on ne voit qu’une image sur la première de couv (eh oui). Et donc, entre ici en cette maison[s]témoin ce qu’on pensait devoir montrer du cinéma parlant en 1965 (dans le livre de poche, certes; le copyright en date de 1964

abjecte maison d’édition d’extrême droite ça va bien avec le reste – à vomir) (à se demander pourquoi, sur les recommandations de qui cet ouvrage a été acheté – j’ai vaguement idée de cette affaire-là mais n’importe)

 

Et donc on reconnait (de haut en bas)

l’Ange bleu (Joseph von Sternberg,1930)
Quai des brumes (Marcel Carné, 1938) (j’aurais dit La Chienne de Renoir (1931), mais n’importe – il y a une autre photo du Quai des brumes plus bas…) (ou alors Panique Julien Duvivier, 1946) (ça m’a tout l’air de ressembler en tous les cas à Michel Simon)
Le voleur de bicyclette (Vittorio De Sica, 1948)

Zazie dans le métro (Louis Malle, 1960) (en couleurs)
Fenêtre sur cour (Sir Alfred, 1954)

Le Dictateur (Charles Chaplin, 1940)
À bout de souffle (Jean-Luc Godard, 1960)
Jules et Jim (François Truffaut, 1962)

La Bête humaine (Jean Renoir, 1938)
Autant en emporte le vent (Victor Fleming, 1939 – un petit M.G.M en bas)

Le Guépard (Luchino Visconti, 1962)
Ivan le Terrible (Serguei Eisenstein, 1945)
Le Septième sceau (Ingmar Bergman, 1956)

Rio Bravo (Howard Hawks, 1959)
À nous la liberté (René Clair, 1931)

Tchappaiev (Serge et Georges Vassiliev, 1933)
Old man out (Sir Carol Reed, 1947)
Citizen Kane (Orson Welles, 1941)

La  Bataille du rail (René Clément, 1945)
Hiroshimamon amour (Alain Resnais, 1959)
Les Misfits (John Huston, 1961 – NJB aka MM en couleurs)

À l’ouest rien de nouveau (Lewis Milestone, 1930)
La Strada (Federico Fellini, 1954)

Païsa (Roberto Rossellini, 1946)
West side story (Robert Wise- Jérôme Robbins, 1961 petit Artistes associés)
Et Dieu créa la femme (Roger Vadim, 1956 en petit Cocinor)

Quai des brumes (Marcel Carné, 1938)
Le diable au corps (Claude Autan-Lara, 1947)

et enfin La Strada (deuxième apparition parce que Giuletta) (Federico, 1954)
Les raisins de la colère (John Ford, 1940)

il s’agit d’un texte intégral (tiens encore)

(ça a du bien faire mal quelque part à cette enflure d’auteur de voir qu’il y avait là « Le Dictateur » et autres « Les raisins de la colère » mais peu importe encore) – ce qui m’importe plus ce sont les films choisis sur cette couverture ( je les ai tous vus) (je n’y vois pas Kubrick encore…) – et on trouve vingt huit images (je pense vingt huit films différents, mais vingt-sept titres : c’est une erreur) (mettons qu’il s’agisse de Panique de Julien Duvivier) et : (pas une seule femme)

onze réalisateurs français
huit réalisateurs étazuniens
quatre italiens
deux russes
un Anglais
un suédois

une vision assez centrée d’un certain cinéma d’occident (disons) (un tropisme).
Par ailleurs, comme rappelé dans la note*, l’un des deux auteurs fut passé par les armes en février 45 – il ne connut que peu les suites épiques du cinéma : on s’en fout, oui.

 

 

* Bien qu’il ait été écrit pas un couple de crevures (je ne vois pas d’autre mot, et il n’est pas trop fort, non) (ils sont morts tous les deux, ils étaient beaux-frères, fachos antisémites immondes) (l’un (brasillach) a été exécuté en février 45 – pas pu être sauvé par nombre d’amis intellectuels de sa corporation (les littérateurs) qui demandaient à De Gaulle sa grâce – l’autre a vécu des jours heureux – un peu comme cette pourriture de destouches/céline (sans majuscule) – jusque ses plus de quatre-vingt dix ans (la vie n’est pas très pertinente, il n’y a pas à dire)), voilà un livre dont la couverture vaut pour la maison[s]témoin, afin de lui donner quand même quelque chose comme une histoire (fut-elle celle du cinéma) (dans cette maison, on aime le cinéma, va savoir pourquoi…). Il date de 1965, ça nous rajeunit ? Voilà cinquante cinq ans. Je l’ai retrouvé ici (je suis en villégiature) il ne m’appartient que peu – il y a, sur la page de garde, tracées au stylo bille bleu, certaines initiales. C’est un rescapé de ma maison qui brûlât de fond en comble il y a cinq ans de cela : une de mes filles, armée de valises et de sacs eut le courage, dans l’horreur de cette réalité, de sauver quelques uns des livres des bibliothèques (je n’ai pas compté, mais il y en avait pas mal – et de livres je crois quelques milliers). Ce qui m’a permis de revoir (en rêve éveillé, comme Desnos Robert, l’un de mes poètes favoris) certains films de cette histoire-là. Sans plus de raison, un témoignage de mes débuts en France…

 

(en image d’entrée de billet, Albert Finney dans Samedi soir dimanche matin (Karel Reizs, 1960), une merveille de cette époque-là – le héros, c’est un peu moi en maison[s]témoin sur mon clavier, lui sur son établi…)

 

 

 

 

(pas de) silence radio

 

il existe des pays de par le vaste monde (il est vaste, tu sais) où les choses vont très mal – ne pas trop regarder de l’autre côté du mur (on a bon espoir, même si on reste cloîtré chez soi) (je suis à la campagne – mais dans la maison[s]témoin quand même – faudrait pas croire qu’il n’y a personne : tout le monde est là, comme on sait) (j’avais l’intention de sortir mais apparemment c’est fermé…) reste le cinéma donc – ça se passe au Mexique (t’en souvient-il de ces quarante-trois étudiants enlevés puis tués sans qu’on en sache grand chose ? eh bien c’est en cette contrée-là que les choses se passent) – ces affaires sont horribles – il y avait un journaliste qui enquêtait, ils l’ont tout simplement tué

on reconnaît son chapeau : Javier Valdez Cárdenas

quelques coups de feu

ces choses-là révulsent. Une journaliste de radio, Carmen Aristegui, est l’une de celles pour qui cet assassinat montre la réalité du pouvoir mexicain. Le film raconte comment après avoir été chassée de son travail (journaliste à la radio), elle reconquiert une place pour parler de ce qui se passe dans ce pays-là. Grâce à internet. Ici lorsque à l’antenne elle apprend la mort de son ami

je ne dispose guère d’images que du film-annonce mais je les pose ici – les gens se battent, c’est pourquoi on les aime

mais aussi parce qu’ils (elle en l’occurrence) nous donnent le courage pour affronter les temps aussi minables qu’ils soient. On attend quand j’écris, là, de savoir ce qui se passera dans « la plus grande démocratie du monde » quant à son président : espérons qu’il soit capable de donner à son pays les moyens de comprendre les autres. Le précédent président de ce Mexique est en but à toutes les exactions mafieuses, il apparaît ici entouré de toute une cohorte de sourires – cette image…

c’est cette histoire-là, faite de pots-de-vin et d’intimidation, de meurtres et de tortures, cette histoire qui est dévoilée – le film documentaire intitulé « Silence radio » est scandé d’images d’une route

il établit la réalité de la vie de Carmen : comment elle reprend pied, comment aidée de quelques ami.e.s (et ses millions d’auditeurs) elle recommence et reprend la possibilité de faire son travail (journaliste de télévision alors)

on la voit marcher, avancer convaincre, revenir – une force et des alliances. J’ai adoré lorsque le rédacteur en chef de son émission dit

« personne ne mérite de mourir pour son travail » – personne en effet – garder espoir – le vote des gens de peu fit tomber le bellâtre

des gens de peu : ici un qui vend des choses au milieu des embouteillages de Mexico, la route les lumières le monde moderne

ne pas perdre espoir et continuer – comme disait Léo « à l’école de la poésie, on n’apprend pas… on se bat ! »

un documentaire comme on les aime

 

Silence radio un film de Juliana Fanjul

 

 

 

 

ce qui change, ce qui a disparu et la sève

 

quelquefois ça me chiffonne ces choses qui ne changent pas
je suis assise dehors près d’une photo géante où l’on voit une femme – 1er Octobre 2019 Hong Kong Chine – une femme brandit un parapluie et une plaque d’immatriculation où est inscrit « amour » lors de de violents affrontements entre les manifestants et la police anti-émeute dans le quartier de Caseway Bay, ça ne change pas
aussi la radio ce matin, une autre femme parle de découverte de territoires inexplorés et de rencontres avec de nouvelles populations – l’expédition de Lewis et Clark, 1803-1806 – une découverte, vraiment ? donc ces nouvelles populations vivaient sur leur territoire sans l’avoir ni découvert ni exploré ? vraiment ? qui légitime quoi ? qui donne la légitimité à qui et comment ? ces questions ne changent pas
ce qui me chiffonne aussi, c’est ce qui change, les inquiétudes neuves en vue d’une catastrophe qui est déjà derrière nous – 80 % des insectes européens ont disparu en trente ans –, ça a déjà eu lieu, l’insecte mort ne va pas sortir de son tombeau pour revenir butiner ventre à terre, il n’y aura pas de rewind, de récupération possible, et ça ça change, mais comme il m’ennuie ce terme, disparu, il me chiffonne, l’adjectif disparu donne l’impression du passager, on lance un avis de recherche et on est soulagé parce qu’on retrouve ce qui était sorti du champ visuel ou sorti de l’écran clignotant du radar, les insectes n’ont pas disparu, ils sont morts, éradiqués, et ça, ça change
c’est très inconfortable, ces choses qui changent et ces choses qui ne changent pas – les mauvais esprits pourraient tirer des liens entre ceci cela, entre le mythe d’une domination d’une population sur une autre et les pratiques pratiquement meurtrières – très inconfortable, parce qu’ensuite on ne peut plus penser sans s’opposer, sans s’énerver, sans taper du pied et du poing, sans déverser en soi et autour de soi de l’amertume et de l’aigreur, aigreur, j’ai la tête qui éclate j’voudrais seulement dormir disait l’autre, c’est très inconfortable, parce qu’il faut se hisser, solidement, solitairement, solidairement, du côté d’une joie affamée et active, celle des troncs d’arbre et de leur nœuds, magnifiques, actifs, remplis de sève énergisante
se hisser du côté des troncs d’arbre, c’est l’idée
et puis faire, rien d’autre que faire, faire dans le sens du verbe fabriquer qui est le contraire du verbe pulvériser, allez roule

 

d’un voyage l’autre #7

 

 

ne pas perdre les bonnes habitudes – j’aurais du faire illustrateur comme je l’entends c’est à dire sans doute plus iconographe – mais c’est égal, j’illustre – la plupart du temps ce sont des commentaires (longtemps j’ai suivi la route du petit journal) – c’est de concert qu’on voyage – ici quelques images posées en commentaires des textes d’ateliers d’écriture (François Bon, Pierre Ménard, L’aiR Nu) (ce dernier n’est pas vraiment un atelier (j’aime beaucoup la photo de la préfecture

j’aime mieux encore son contrechamp

surtout ce sac jaune, en bas) mais peu importe la structure si on peut dire l’important reste (et gît) ailleurs (dans ce quartier, mais rive gauche, la rue Gît-le-Cœur depuis toujours à Paris que j’aime aussi même si elle évoque à présent M. qui se jeta un jour du pont et en mourut) (rien n’est jamais tout noir non plus,comme on sait) et donc ici des images gardées prises posées données plus ou moins pour marquer qu’on est passé (les histoires de commentaires forment un peu ma présence, mon existence, mon absence – enfin un peu tout de ces écrits laissés ici ou là – dans cette maison qui en est le témoin) (un long article foisonnant ou pléthorique, c’est selon, existe encore ici) (parfois je me dis c’est juste un jeu) (et en effet)

récapituler : (jamais été à Los Angelès, désolé) prendre le San Vincente Boulevard direction la plage de Santa Monica, tourner à droite dans Santa Catelina avenue, et à droite  la cinquième impasse du lotissement (il y en a dix huit des impasses dites « drive » d’Helena) (là où s’est éteinte Norma Jean Baker – une chanson de Serge Gainsbourg – dans la nuit, vers quatre heures, du cinq août soixante-deux) (la 19 mienne)

la septième avenue à New York au 177, le club de jazz où Mingus (je ne sais plus) (à un moment chez Pierre Ménard) (en tout cas avec ces instances, on est assez tétanisés, non ?) (non, ça n’a rien à voir mais les voyages et les déplacements…)

c’est l’oiseau sur cette espèce de petit pylône – on se demande (pas réussi à le déterminer) s’il est vrai (il se trouve devant une sorte de soucoupe volante (c’est un cinglé qui tente d’accueillir les extra-terrestres) plus loin, un monument aux morts

mais le drapeau étazunien ainsi que celui posé sur la Lune – des images posées pour Dreamland de l’ami Olivier – j’illustre en commentaire du rezosocio – enfin de l’un d’eux –

on est en Italie,un lieu sacré, des hommes discutent – à nouveau l’Italie,mais Milan

au fond c’est le Dôme, une petite rue piétonne, au 4 se trouve une agence plus ou moins immobilière –  elle fait partie de la fiction qui s’est emparée de mes textes d’atelier d’écriture

à nouveau, le 4, la rue Ugo Foscolo (un poète je crois bien) et encore

tourner autour – j’ai suivi aussi cette image pour un épisode des îles numériques (une nouvelle rubrique, disons, du collectif l’aiR Nu (qui veut y participe en suivant ce lien) ici Jussieu la tour soixante-six qu’on ne voit pas, derrière un arbre

des souvenirs – et continuer à tenter de survivre surtout – des difficultés – il se peut que cette suite d’images ne signifie que peu – ici un quai d’embarquement de ferry au nord de la Norvège

où se déroulent des histoires racontées par un des participants (Laurent Peyronnet) (on peut y aller voir et il y a à lire…) un autre quai, sans doute l’arrivée

souvent les animaux et les gens guident le cadre (la même décadrée)

et on oublie, on voyage, à peine, mais voilà qui nous change un peu

de notre condition, de nos habitudes et de nos décors familiers

je récapitule, j’essaye de survivre – ici sur le bac reliant je ne sais plus où aux îles Lofoten je crois bien – j’avance ?

ici un des mouchoirs trois tas dans l’armoire chez Géraldine Queyrel (sculpture au point de Bayeux due à Christine Jeanney (lire ici) (ou ailleurs) –

du cinéma (chez madame Caroline Diaz) (Jean Desailly en plus ou moins fourbe, Françoise Dorléac en moins ou plus hôtesse de l’air – et cette peau douce…) – le cinéma, oui (illustrations aussi chez Lucien Suel pour ses poèmes express sublimes – forcément) (par exemple Barbara Loden dans son propre »Wanda »  (1972))

d’autres choses encore : ce rapprochement opéré par le Notulographe pour son invent’hairon  voit mal mais l’image de gauche est due à Maryse Hache (9 juillet 2011) dans son Orsay si paisible –  une image  de  Dario  Fo prise ici ou là : ça se suit,  ce n’est  sans doute pas sans raison

le rire, les clowns – des images aimées

Ah Mano Solo… il chante cette chanson magnifique « Les Gitans » cette merveille… et puis c’est une histoire qui finit mal -et celle de son père pire encore – mais on n’oublie pas pourtant le grand Duduche –

et Valentina Cortese, merveilleuse milanaise, actrice rappelle-toi « La nuit américaine » (re Truffaut comme quoi…) (elle s’en allait à l’été 19 -elle était de 23 quand même stuveux – à un moment ça va bien aussi) (elle aurait bien fait Norma j’ai l’impression) j’oublie, j’en termine avec cette plage du côté de la Floride (on espère que le fumier s’en ira des US – viré – salaud)

beaucoup d’images automatiques (ça ne change pas grand chose)  quelques merveilles du monde – et tenir et se battre. Pour finir cette image de Gênes, 2001.

Tenir. Et courage

 

 

 

 

Carte postale de Babylone

 

(les images apparaissent dans un ordre du classement analphabétique opéré dans le dossier intitulé images posé sur le bureau) (sauf contrordre, évidement) (en entrée de billet, Nancy Pelosi qui déchire le discours sur l’état de l’Union du peroxydé – positif/covid ce matin le fantoche – on ne s’en réjouit cependant pas)

 

(j’ai reçu un message de service comme quoi cette maison allait subir un ravalement – c’est quand même pas dommage, vu qu’elle est là depuis (attends que je regarde) plus de cinq ans (treize mai deux mille quinze) – c’est égal c’est le cinéma qui s’en est emparé (elle a été laissée à son sort par la plupart des ectoplasmes qui en constituaient la wtf agora) (non, moi, plus de quatre, c’est comme Brassens – je l’aime toujours ainsi que mes deux-grands-mères) il y a aussi ici la chanson, et c’est quand même pas dommage

(il y aura avant travaux, donc, l’écriture, car elle aussi constitue une espèce de goule qu’il est bon de faire paraître, de temps à autre (tous les mercredis, tous les vendredis, tous les jours) (on s’en fout, c’et vrai,mais enfin commençons par là) il y a dans le paysage du rédacteur des ateliers d’écriture, notamment le « comme un roman » (c’est le nom d’une librairie du côté du jardin des enfants rouges) (in Babylone) auquel je participe – d’une part, en suivant les consignes; par ailleurs en commentant en les illustrant les textes des autres scripteurs, scripteuses (un parcours rapide des participant.es (fuck off l’inclusive) fait apparaître un ratio h/f de l’ordre du cinquième (comprenne qui peut : pour une femme, on y compte un quart d’homme)) (t’as qu’à voir la disproportion – cependant, il faut se méfier des chiffres – il faut aussi se méfier de la littérature – et de la lecture donc ! ma pauvre dame –  on devient méfiant car on est inquiet – n’est-ce pas – pas en écrivant cependant et donc) commençons l’état des lieux illustratifs – je pose ces images, dues la plupart du temps au robot de wtf gsv dont je ne vais pas jusqu’à mentionner le nom (si c’en est un) par dignité (je m’en sers, mais je le hais).

ces images correspondent certainement à des textes (je ne fais pas le rapprochement – ce n’est pas que je m’en tamponne, mais je ne m’en souviens plus) je me souviens cependant de Bordigherra – parfaitement –

l’aéroport d’Alger (avoue quand même, quelle image…!)

hall de gare (Pittsburg, je crois bien)

quai de la gare de Kashgar (ouïghoure Xinjiang – Chine)

Champs Elysées, Paris (un peu avant un quatorze de juillet)

la maison rose où s’éteignit Charles Mingus (Cuernavaca, Mexique)

un belvédère de Gênes – plus la brochette gênoise de 2001

pas mal de pourritures quand même – je ne sais pas exactement où sont passées les images – elles sont passées du bureau à un autre dossier, mais elles décrivent une situation, celle du rédacteur –

un petit hey !!! à Lucien (devant le colisée à Rome quand même – le vrai pape/poète)

de gauche à droite : Fabiola son Baudoin, Angèle un sapin une cheminée

innommable saloperie – distinction, galanterie – envie de vomir souvent, hein, ces temps-ci pas mal… – passons bref –

bah…

garder la pause – ceux qui gouvernent le monde, ces jolis sourires –

des images qui passent, pas seulement elles restent aussi – écrire, voir entendre –

ne pas oublier –

le pont 25 avril (des œillets) vu du Miradouro quelque part rive droite du Tage

l’enfance de Brel

qui nous a quitté – enfin, ce n’est pas que je m’égare, mais les mots de l’atelier sont passé, sur le bureau restent encore des images – des images de ces derniers mois avant que change le monde

une écrivaine prix Nobel de littérature obligée de s’enfuir – des dictateurs, des immondes salopards – je reste dans le registre de l’atelier, mais plutôt le mien, ici sur mon bureau –

n’oublier jamais.

Cette colère, ce monde, que vive cette maison, son cinéma ses chansons et sa littérature.

 

 

 

 

une chanson


 

 

comme souvent poser ceci ici ou là je ne sais pas bien mais il y a quelque chose à faire, il fait séparer les supports, il faut faire attention aux commentaires – j’aime toujours cette maison (quelque chose du populaire, de la dignité, et de l’erreur de croire en quelque chose de vrai, ou de tenace, de fort combattant le temps – une poignée de cerises – une de ces maisons qui ont fait la fortune de l’ordure dont le nom renaît des cendres…) 

Il n’y a pas (malheureusement ?) que le cinéma dans la vie : j’ai cherché un moment où passait un film turc (Les Sœurs) mais impossible à trouver – j’ai dû me tromper: le film n’est programmé nulle part…  Dans le temps on lisait « l’officiel des spectacles » (mais pas pariscope – inutilement trop cher – pauvreté n’est pas vice – ce canard appartenait à filippachi) tout ça a dû disparaître (il faut 1que je pense à mes affaires – Aldo et Daniel sont dans les écritures, mais n’avancent guère – 2le travail m’a pris – 3mais j’ai mis au point une espèce de fiction pour l’atelier d’été, lequel atelier regroupe un certain nombre de scripteurs (comment nous nommer ?) et puisque c’est à distance – on dit en distanciel aujourd’hui – fuck off – serions-nous réduit à la fonction de téléscripteur ?) (ou trice donc ?) dont quatre sur cinq sont des femmes – elles sont aussi majoritaires dans le groupe des personnes humaines qui lisent des livres : ceci doit expliquer (?) cela – encore que des chiffres, des « majoritaires » (soit plus de la moitié (lequel mot indique parfois le nom de l’épouse) (le mariage, cette joliesse, les fleurs, les grains de riz, le blanc) (hein) on sache se défier) (et il le faut) – en tout cas, l’une des participantes (la ci-devant madame la trésorière de l’Air Nu) poursuivant son exercice m’a fait penser à cette si jolie chanson dont je retranscris ici les paroles (elle est bien aussi quand on l’entend) (ici) (492 421) pour donner à cette maison (je l’ai toujours située dans ce coin-là du pays)

(on voit ? le panneau indicateur (de quoi ?) flanqué dans le massif herbeux (la connerie humaine est toujours présente et agissante malgré ces images prises à la machine) l’image de 2008 est plus parlante

(j’ai repéré aussi l’adresse sur ce wtf gsv – on ne mord pas la main qui nous nourrit, c’est vrai mais ces entreprises nommées gafam quelle saloperie – aussi) une musique, un air, un emblème, une adresse.
Par chance, ou communication interstellaire ou cosmique, l’ami Dominique Hasselmann parle aujourd’hui des loups de Freud et de son homme – j’aime ces conjonctions (c’est la paranoïa, à l’œuvre je suppose)

 

 

 

il pleut sur Nantes
Donne moi la main
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin

Un matin comme celui-là
Il y a juste un an déjà
La ville avait ce teint blafard
Lorsque je sortis de la gare

Nantes m’était alors inconnue
Je n’y étais jamais venue
Il avait fallu ce message
Pour que je fasse le voyage
Madame soyez au rendez-vous 
Vingt-cinq rue de la Grange-aux-Loups
Faites vite il y a peu d’espoir
Il a demandé à vous voir

À l’heure de sa dernière heure
Après bien des années d’errance
Il me revenait en plein cœur
Son cri déchirait le silence
Depuis qu’il s’en était allé
Longtemps je l’avais espéré
Ce vagabond ce disparu
Voilà qu’il m’était revenu

Vingt-cinq rue de la Grange-aux-Loups
Je m’en souviens du rendez-vous
Et j’ai gravé dans ma mémoire
Cette chambre au fond d’un couloir

Assis près d’une cheminée
J’ai vu quatre hommes se lever
La lumière était froide et blanche
Ils portaient l’habit du dimanche
Je n’ai pas posé de question
À ces étranges compagnons
J’ai rien dit mais à leurs regards
J’ai compris qu’il était trop tard

Pourtant j’étais au rendez-vous
Vingt-cinq rue de la Grange-aux-Loups
mais il ne m’a jamais revue
Il avait déjà disparu

Voilà tu la connais l’histoire
Il était revenu un soir
Et ce fut son dernier voyage
Et ce fut son dernier rivage
Il voulait avant de mourir
Se réchauffer à mon sourire
Mais il mourut à la nuit même
Sans un adieu sans un je t’aime

Au chemin qui longe la mer
Couché dans le jardin de pierres
Je veux que tranquille il repose
Je l’ai couché dessous les roses
Mon père mon père

Il pleut sur Nantes
Et je me souviens
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin

 

 

 

 

 

Voir le jour

 

 

 

 

un mal de chien à bosser ( c’est que le travail n’attend pas, l’écriture et le cinéma, si…) – c’est un peu toujours la même histoire, always the same old story – mais là c’est un film français, je l’ai vu il y a un moment – les images sont du film annonce et de l’imdb – on fait ce qu’on peut, plus ça va plus c’est dur : peu importe, les artères se solidifient sans doute (on ne fera pas dans l’autofiction cependant) (il y a des choses qui se passent au monde qui me donnent la nausée mais qu’est-ce que ça fait ? ben rien –  peut-être que ça va mal finir qui peut le dire ? – aux us comme dans l’uk deux cinglés au pouvoir, un autre qui veut refonder un empire ottoman, un quatrième qui veut faire le tsar et élimine au poison ses opposants quand ce n’est pas par des coups de feu…) et pendant ce temps-là, des enfants naissent…

 

 

il y a une héroïne, mère d’une fille assez adolescente – l’héroïne en vrai se nomme Jeanne mais en dehors du vrai Norma – elle a été chanteuse d’un groupe c’est pour ça  Norma – elle a décidé un jour, enceinte d’on ne sait trop qui, de s’enfuir – elle a opté pour travailler dans une maternité, elle y est auxiliaire – elle a saisi sa chances rencontrant alors Francesca, la sage-femme incarnée magnifiquement par Brigitte Roüan – le film décrit la vie dans une maternité, accouchements, césariennes, péridurale, risques urgences la vie la mort… Des relations de travail. L’autre partie du film, ce sont les relations qu’entretient Norma-Jeanne avec le reste du monde, et notamment sa fille (Lucie Fagedet, solide) .

Ce sont sans doute maladresses mais le film tient, et il tient surtout par ses actrices : quelque chose passe. Une entente sans doute : les conditions de travail (la grève qui vient)

l’arrogance assumée (comme on dit aujourd’hui) tellement contemporaine du chef de service (Stéphane Debac)

mais se tenir ensemble, et faire face. Le film tient par ses actrices, Sandrine Bonnaire en Norma Jeanne (parfaite)

Brigitte Roüan en sage-femme (sans doute a-t-elle accouché Jeanne) lumineuse

Aure Atika qui disparaît à un moment – magique cependant – ici avec Kenza Fortas en stagiaire (une nature) –

Claire Dumas sympathique et honnête cœur sur la main (on l’avait aimée dans « Tout ce qui me reste de la révolution« )

en amorce ici Nadège Beausson-Diagne (adjointe au chef de service : de quel côté est-elle ?) (efficace et sensible), et d’autres comme Sarah Stern – en chanteuse légèrement fofolle –

des actrices une maternité des accouchements – des tensions, des chansons (il y a une chorale, il y a une chanson que nous donnait Nicoletta – tu te souviens de Nicoletta ? – Mamie blue – je ne suis pas trop pour la redondance à outrance, mais enfin, il y a l’adage qui indique que la mise en scène c’est taper sans relâche sur le même clou…) un retour du refoulé et des cendres jetées à la mer (…), des maladresses certes, mais une claire vision – de fortes et tendres  relations entre femmes : ce n’est pas si courant (même si ces rôles sont convenus – la corporation elle-même porte en titre sa fonction (les sages-femmes) – elles se battent, se mettent en grève, solidaires et unies : ce n’est pas si courant. On salue ici l’entreprise (et Sandrine Bonnaire qui porte le film, avec cette énergie qu’on aime).

 

Voir le jour, un film de Marion Laine.

Il manque dans cette petite narration d’un film sympathique toute la partie du passé de Jeanne donc Norma. J’ai voulu ne garder que le versant professionnel disons – j’ai vaguement le sentiment que la chanteuse le groupe cette musique probablement du temps des punks ne sert pas la force du film : je préfère y voir cette lutte pour un statut, tellement plus forte et plus vraie.   

Carte postale d’été

 

 

 

Vacances
(l’image est du « fond d’écran » du rédacteur)

(ici, tout n’est que vacances : personne, le vide absolu, et la pelouse qui jaunit)

agent ou pas, après ces déboires de santé, la vie a repris une espèce de cours inversé – on croyait avoir compris, on avait été bernés certes mais on croyait qu’il se passerait quelque chose de particulier, une prise de conscience de l’existence réelle du mur contre lequel nous précipitait le système économique et social basé sur le rendement, la compétition et le profit – ah le profit (profitez bien de vos vacances surtout et revenez-nous reposés) (pour mieux travailler et faire ce qu’on vous dira, mais surtout, surtout, pour la fermer) (on s’occupe de tout, retraite, chômage, sécurité sociale et mutuelle : on s’occupe de tout, pour vous – et bien : rien à en dire, laissez nous faire) (jte parle même pas de l’école ou de l’hôpital, de la « justice » ou de la police – des armées ? des EPR ?) l’important, c’est la santé (à la votre !) – on avait en effet tout gardé et on repartait dans le même sens, en tentant d’accélérer pour rattraper le retard (soyons juste, on avait changé quand même le fantoche; on en avait mis un autre à la place, avec un bel accent du terroir et du territoire : ça avait rassuré dans les campagnes, sans doute). Il y avait eu une photo une image du grand capitaine imbus d’écologie et de féminisme qui conduisait un « scooter des mers » du côté de son fort, disait le magasine (beau comme de l’antique ou comme un sosie). 

Ici, dans cette maison, on a cessé de chauffer, on a coupé l’eau – l’agent l’ouvre s’il fait visiter (ça n’arrive plus), rebranche l’électricité pour faire fonctionner les rideaux de plastique qui masquent les baies – il fait chaud, c’est l’été, c’est la plaie – le creux du quinze août où on aimerait en finir – les vacances, le reste du monde – quelques images sur les tablettes

Withney Houston qui chante « je t’aimerai toujours » (son image s’est imposée à moi quand j’ai appris la mort de Bernard Stiegler, qui n’était ni noir, ni femme, ni chanteur – je me suis souvenu des émissions qu’il avait animées) – ce sera dans la maison un obituaire, une actualité, un hommage – les gens passent la vie elle même passe et nous ne faisons pas suffisamment attention à nos proches – il faudrait leur dire – on reste là avec des interrogations, des sentiments qui fleurissent et se taisent – masqués, gels aux mains, réunions et distances – travail ou c’est la porte – malades, cette peste-là nous envahit – des images qui nous restent

à l’été soixante-et-un on tourne « Cartouche » – on travaille l’été dans le cinéma, beaucoup l’été (la lumière n’est pas onéreuse – on travaille, on travaille) – le sinistre des salles, ces jours-ci oui mais l’atelier alors le cinéma m’est revenu – il n’est jamais parti, mais il m’est revenu comme il était alors (ici la sortie des boites de films dans le caddie de la cinémathèque universitaire

une image pour « vivre ») « vivre » est un texte que je tente de préparer, mais je n’ai pas le temps tu sais, avec cette maison, pendant le week-end, cette autre qu’il faut retaper – et puis les vacances et l’âge, le repos, les lectures – dans ses notes, Margot annonce qu’elle a travaillé à son « Mémoires d’Hadrien » de très nombreuses années, en l’oubliant pendant une bonne vingtaine, le retrouvant à la faveur d’une lettre (c’est vraiment un beau parcours que ces notes) et elle indique que pour se départir de son oisiveté ou de sa dépression, elle se rendait dans un musée, à Pittsburgh je crois, pour admirer ce tableau du Canaletto

il s’agit du Panthéon de Rome lequel a été bâti par l’empereur Hadrien (je n’écris pas, je n’écris guère – je ne tiens pas la distance – ça ne fait rien, mais parfois j’en éprouve du dommage – j’illustre, comme fut illustre l’Empereur) – ces mots devraient être au journal (je me suis aperçu que la tentative d’inventaire de Perec avait lieu durant un week-end, commencée un vendredi d’octobre, elle se termine le dimanche qui suit) je les mets un vendredi creux dans cette maison, ça ira – le cinéma  continûment (j’aurais bien mis un autre « e » quelque part à cet adverbe mais non) (tant pis) pour moi, il faudrait faire un tour à Venise sur les Zattere

pour m’aider à sortir de cette oisiveté qui n’en est pas une, ce manque d’allant peut-être ou cette fatigue mélancolique – voici les deux frères après leurs courses

au fond vient les croiser quelqu’une, devant eux, un autre avec son caddie – les lunettes et la canne – une image de l’ami photographe (le texte pour lui, oui) (les commentaires des poèmes express de Lucien, oui, aussi)  – mais plus le cinéma – du côté des stars par exemple, cette image que j’aime parce que pas encore empuantie (j’interprète) de costumes et de bijoux de marque

ça se passe à Cannes en soixante quinze (ce ne sont pas gens normaux mais gens quand même) (« Are you talking to me ? ») (Taxi Driver, Martin Scorcese – ici les deux acteurs Jodie Foster et Robert De Niro) (oui, c’est à toi qu’on parle) – le cinéma, un ring

(légère contre-plongée qui permet d’attraper le coin des plafonds, comme dans Citizen Kane, tu te souviens) Mohammed Ali (aka Cassius Clay, le danseur des rings, cette merveille, puis…) plus Christopher Lee (mister Dracula ou Fu Manchu ou autres Sherlock encore en personne) (le triangle de la pochette ou la marque du sweat-shirt ?) (à ne pas confondre avec Vincent Price – ils se ressemblent comme deux frères) (« le Masque de la Mort Rouge » pour Vincent (Roger Corman, 1964) – pour ne rien oublier, dans ce dédale d’images, une d’ici – le ciel plombé, le mois d’août en demi – ça pourrait aller mieux, ça pourrait être pire – avancer ? sans doute;continuer ? certainement; travailler, oui, mais pourquoi faire ? ça va aller – Les deux arbres au soleil

Bonnes vacances

Partir (# résister, toujours – et n’oublier, jamais)

 

 

 

on n’est jamais sûr de rien – il faut aller travailler, paraît-il – obligatoire et nécessaire : comme si ce chômage était de notre fait, tu sais – je cherche une maison dans les bleus, de plain pied, avec une terrasse sur l’arrière, couverte si possible – ce n’est qu’un décor tu me diras, en effet – il y a au bout de la perspective, du point de vue qu’ils nomment « Miradouro », au flanc d’une des collines de Lisbonne, un tout petit bout de jardin, on y découvre cette splendeur

il faut gravir la pente, certes – ça ne fait rien, il doit bien y avoir un funiculaire, un tram ou quelque chose qui repose les vieux muscles – il y avait cette petite carriole de papa Omri à Marseille avant qu’on ne la lui retire

le type ne gêne personne, il fait même oeuvre sociale et on l’emmerde(on pétitionne ici si on veut)  – ça me fait souvenir (il arrive la même chose à Mevlut) de ce beau livre « Cette chose étrange en moi » (Orhan Pamuk, 2014) sous-titrée « La vie, les aventures, les rêves du marchand de boza Mevlut Karatas et l’histoire de ses amis et Tableau de la vie d’Istanbul entre 1969 et 2012, vue par les yeux de nombreux personnages » (traduit du turc (folio) par Valérie Gay-Atskoy) augmenté d’un index et d’une chronologie ainsi que d’une photo d’un vendeur de boza que je replace ici

la boza est une boisson turque traditionnelle – on a besoin de vacances, on irait sur le Bosphore ou faire le tour de la mer Noire en auto – il n’y aurait pas la guerre, ni le tsar ni ce fumier ni toutes ces ordures, le monde serait joli en paix – mais non – je n’ai que quelques images, je dois travailler, faire visiter peut-être mais en août ? y’a quelqu’un, tu crois ? Pendant la réclusion, on a bien essayé de résister mais à présent les gens partent en vacances ou quoi ?

on n’abandonne jamais complètement (il y a soixante ans, ça se passait comme ça, une 403 bleu nuit (c’est encore en noir et blanc comme tu vois) à l’avant qui conduit un type qui fume une Gitane, sa femme est à côté de lui, elle s’est penchée vers lui a posé sa main sur son bras, derrière il y a leurs quatre enfants qui s’extasient en presque silence tellement ils sont cois – il est tard, la journée a été longue et les lumières brillent sur la ville, une ville qu’ils n’avaient jamais vue les fenêtres sont ouvertes on roule tranquillement – comme si c’était hier) – presque – alors les vacances ? encore une image, une de l’endroit qu’ils viennent de quitter (et ensuite, on clôt pour quelques numéros)

une dernière d’où j’aurais du me trouver si tout n’avait pas été chamboulé – mais tu sais quoi ? on s’en fout complètement de ce chamboulement – on bronze on rit on rêve…

bonnes vacances s’il vous agrée d’en prendre

 

 

(l’image d’entrée de billet est due à Brigitte Célérier, qu’elle en soit ici remerciée)