Tango

 

 

Mercredi, c’est le jour du cinéma (les exploitants changent leur programme, il faut bien les suivre sans doute) – il fut un temps où c’était celui de merdalécole, mais ça a changé et on s’en fout – il faut tenir la distance (en même temps, il vaut mieux être seul que mal accompagné disait ma grand-mère). Il y a toujours des chansons (il y a peu, on m’a pris pour Charles Dumont, je ne suis pas complètement sûr de m’en être complètement remis) dont l’une fait « depuis le temps que je patiente dans cette chambre noire » (la chambre noire, j’aime ça, c’est un peu comme la photographie, ou la verte (François Truffaut, 1978 – l’un des rares films qui me plaisent réalisés par ce cinéaste); ou la jaune, ou la rouge) et donc je divague un peu, j’erre dans les rues, dans la campagne : cette fois-là, je ne sais plus exactement – encore que ces circonstances soient tout à fait élucidables – c’est à cause du réalisateur, Stéphane Brizé dont je continue à regarder les films, parfois, pour m’en souvenir, et cette fois-ci donc, il s’agissait de l’histoire d’un type dont la profession est huissier de justice (il y a des professions difficiles à tenir, maton flic inspecteur du fisc – des fonctionnaires – détective tueur (à gage ou pas) bourreau et d’autres encore je ne vais me mettre à lister – y’en a plein – qui pourraient, à bon droit, revendiquer le titre de ce film (il date de 2004) (quand je mets une date, je fais un flash-back sur ma propre biographie, et je tente de regarder ce qui se passait alors – voilà plus de dix ans quand même, les choses s’effacent) (je ne l’ai pas vu à sa sortie) (je l’ai emprunté à la médiathèque du village du bourg enfin là-bas cinq kilomètres en auto, quinze euros l’abonnement à l’année, autant de films qu’on veut – peut-être seulement trois d’un coup, je ne sais plus) : « Je ne suis pas là pour être aimé » (2004).

Ce qui est évidemment faux, puisque tous les humains, de quelque genre qu’ils soient, sont là justement pour ça (content de vous l’apprendre si vous l’ignoriez). Au moins. Le type s’appelle Jean-Claude Delsart (c’est Patrick Chesnais qui l’interprète), il a hérité de l’étude (je crois que c’est ainsi que se nomme ce type de bureau ou d’officine) de son père, lequel finit ses jours dans une maison de retraite. Le type va voir son père tous les dimanches, et ensemble, ils disputent une partie de monopoly.

Comme on voit, le père (il n’est pas prénommé, juste Monsieur Delsart) est interprété par Georges Wilson (une certaine délectation à jouer les salauds ou les aigris animait cet homme – je crois comme tous les acteurs : ce sont des choses qu’on ne ferait pas dans la vie et qui sont autorisées, là) (et en même temps, il n’est pas complètement avéré qu’ils ne soient pas dans ce style dans la vie courante : on s’en fout un peu mais on pense -surtout- à Jules Berry, que ce soit dans « Les visiteurs du soir » (Marcel Carné, 1942) ou « Le crime de Monsieur Lange » (Jean Renoir, 1935)). Le fils encaisse (c’est le cas de le dire : pour un huissier, c’est l’encaissement qui compte). Il s’en va : son père le guette par la fenêtre, laisse glisser le rideau quand son fils se retourne (sans doute pour éviter de lui donner ne serait-ce qu’un signe). Des relations difficiles. J’aimerai continuer, mais j’ai peur de lasser.

Le fils voit, de sa fenêtre (un peu comme son père) un cours de tango : il se prend à vouloir danser (un médecin assez antipathique le pousse sur cette voie), il y va et y rencontre cette femme-là

Françoise Rubion, dite « Fanfan » lorsque la mère de ce Jean-Claude la gardait (ou quelque chose : elle le connait, et donc le reconnait; lui, non) (Anne Consigny dans le rôle : très bien). Puis les choses allant comme elles vont (le film est français – on échappe à la scène de lit – on parlera donc d’amour), ils s’entendent elle et lui, et dansent ensemble un tango lent, vraiment très beau on va dire. Elle lui explique les pas, il les comprend, ils s’entendent. C’est que quelque chose passe.

Le reste du monde 1 : elle va se marier, il l’apprend par une sorte d’indiscrétion, il en conçoit une sorte de blessure, ou de traîtrise, il ne veut plus la voir lorsqu’elle vient lui expliquer, dans son bureau, cette espèce de méprise peut-être (sans doute, probablement) cruelle.

Le reste du monde 2 : cette scène se déroule dans son bureau, et qui dit bureau dit secrétaire (une secrétaire préserve des secrets : celle-ci écoute aux portes

elle se prénomme Hélène (Anne Vincent, magique), elle remettra son patron d’aplomb).

Comme on sait (ou pas d’ailleurs), depuis que, lors d’une projection de « Senso » (Luchino Visconti, 1954 – une autre merveille), un (pas si) vieux (que ça) con m’a rabroué parce que je faisais des photos des écrans, je n’en commets plus (c’est ainsi, je suis impressionnable – j’agonis les abrutis aussi, mais je ne veux pas emmerder le monde non plus) (donc), je ne dispose plus que des films-annonces (j’aime ça) et de mes souvenirs de la vision du film. J’aime ce cinéma-là (il est un cinéma par réalisateur, celui de Stéphane Brizé – on a vu « Quelques heures de printemps« , formidable de retenu; « La loi du marché » – on a dû en parler ici – ; plus son premier film, je crois à la cinémathèque, mais je n’en trouve trace nulle part) celui de ce cinéaste-là me convient et me parle.

Il est d’autres péripéties, multiples, dont l’une (qui sera(it) un thème transversale à retenir) s’incarne dans le (futur) mari de Fanfan qui écrit : le tropisme de l’écrivain au cinéma est à traiter avec sérieux (j’aime ça, et je pense à ce magnifique « Providence » (Alain Resnais, 1977) où est suggérée la vie de Howard Philips Lovecraft) (Georges Wilson, et John Gielguld (il est Clive Langhman dans le film) sont de la même trempe) (y’a sans doute un étudiant en ciné qui a pondu une thèse là-dessus). En tout cas, ce cinéma-là s’incarne dans la dernière scène du film (juste une merveille).

Z cité perdue

 

Le film nous épargne le « tiré d’une histoire vraie » frelaté qui nous échoit, la plupart du temps, pour faire reluire un scénario bancale. Ici, non, et c’est tant mieux (on remercie de cet égard pour les spectateurs). James Gray, qui en est le réalisateur, n’est pas, dit-on, tellement aimé à Hollywood ni aux Etats (comme disent nos cousins) mais il est tenace (mis en chantier en 2009, produit pour une part par Brad Pitt – qui devait, dit-on encore, tenir le rôle principal – on ne bénéficie de cette aventure qu’à présent, soit 7 ans plus tard) et a de la suite dans les idées (c’est peut-être mal vu : je plains ce pays, qui a élu à sa tête une baudruche terriblement nuisible au reste du monde – je crains pour le mien, de pays,qui se trouve dans l’alternative avec le libéralisme le plus éhonté – j’ai nommé micron et son passage éclair dans un gouvernement, aux finances, où ses notes de frais nous ont épatés – et l’ignominie de l’ordure – la fille du borgne dont on juge ces temps-ci quelques uns des laudateurs (leur chef a pris neuf ans ferme). Ce ne sont que bruits de canalisations d’eaux usées, soit des sondages, mais tout de même, l’état de cette société… On peut aussi voir, en Guyane, les ravages de ces politiques – on peut aussi les voir ici même, à Paris, où la police tue sans sommation des gens – seraient-ils d’une autre contrée…- chez eux sous prétexte qu’ils portent un ciseau à poisson, ou en manifestation, frappe avec violence la jeunesse, éborgne, sodomise : cette société où les contre-pouvoirs sont réduits à n’être que des chambres d’échos de ces paroles ignobles (il y avait ce matin à france culture des émanations nauséabondes et des rires odieux : j’ai tourné le bouton). Alors certes on tente de se réfugier dans la fiction.

On y parvient. C’est un bien beau film : la photo de Darius Khondji n’y est pas pour rien, non plus que la musique  due (pour une part je crois) à Christopher Spelman (qui est à Gray un peu ce que Bernard Hermann était Sir Alfred). Il y a une scène de bal, magnifique; quelques repas et quelques explications devant des parterres de scientifiques géographes, quelques descentes de fleuves, des piranhas et des flèches; des peintures de guerre

ou de paix; quelques sorties en forêt, des « Indiens », des sauvages ou des civilisés (mais ce ne sont pas tous ceux qu’on croie) , on parle de vivre ailleurs, de s’en aller, puis la guerre (la première, les gaz et les tranchées, la boue la mort), on survit, on essaye de passer outre et de se cacher, mais l’aventure reparaît…

Le héros Percy Fawcett (Charlie Hunnam), son ami, Henry Costin (Robert Pattinson), et Arthur Manley, son second ami (Edward Ashley)

Rebondissements, coups de théâtre, courage, loyauté et trahison, féminisme (la femme du héros – interprétée par Sienna Miller – touchante et majestueuse – l’aide, porte ses enfants, et les élève…), avancées dans l’espace et le temps,un film à voir. Pour oublier, peut-être…

avant d’entrer au cinéma, le ciel, au dessus de Pantin

Marvin

(foin de trêve confiturière ou point, confite ou autre, je vais à la mine) (de deux fois de suite convoquer le cinéma étazunnien prouve la puissance de l’objet : dans le même mouvement, temps, dans la même italique, on voit bien aussi qu’on en est baigné et qu’il ne sert peut-être à rien de tenter de s’en éloigner) (je pense souvent à ces idées-là, la Syrie ou l’Irak, la Libye ou la Tunisie, ces façons de vivre, mourir, naître ici ou là, les rêves souvent en cauchemar voir la cabine d’un camion, savoir que derrière soi pousse la cargaison de trente six mille kilos et avoir confiance en ses freins lorsque la route descend d’une pente à six degrés) (ces temps-ci, je l’avoue, j’ai la gorge un peu âcre) (je cite)

 

La pure merveille des films de ce DjiDji ce sont les relations qu’il parvient à instaurer dans les couples qu’il dépeint, met en scène, montre, représente. Dans son précédent « Only lovers left alive » (2013), déjà le couple entretenait ce type de proximité magnifique qu’on aimerait tant parvenir à instaurer avec les personnes qu’on aime, c’est vrai, c’est chaud, c’est tellement doux et ensemble, l’impression de ne vouloir, des deux côtés que le bonheur de l’autre  (les grands mots sont lâchés, mais si le cinéma ne les employait pas, c’est qu’il serait devenu inutile) (il faut aussi savoir que l’utilité, en art, n’a rien d’une mesure – mais le cinéma un art, c’est une question qu’on se résoudra à ne pas à poser: ici, on fait en sorte de donner à voir quelque chose d’un film, il est dans le salon -ou le séjour – parce que c’est dans cette pièce-là que le drame se noue).

paterson-sur-le-canape

(quelques photographies sont copyrigth Mary Cybulski, réalisatrice américaine – et donc photographe – il n’y a jamais très loin non plus, comme on voit, de l’image fixe à l’animée). Laura est sans doute plus la maîtresse du chien que ne l’est Paterson (ici à l’image): lui est conducteur d’autobus

paterson

dans cette vile qui s’appelle Paterson comme lui (ou l’inverse). C’est une histoire qui a lieu sur sept jours.

Comme la genèse, hein.

(Je suis allé voir un peu ce Paterson, j’ai trouvé ceci

autobus-depot-paterson-nj

on dira qu’il s’agit du dépôt de bus dans la réalité (quelle est-elle ? je ne sais pas), en regardant un peu j’ai aussi trouvé cela

chutes-paterson

il s’agit des chutes d’eau qu’on trouve dans le parc historique de la ville – évidemment, je me suis renseigné pour savoir où Jim Jarmusch avait vu le jour -imagine-toi qu’il est de la même année que moi – et c’est dans une ville nommée Cuyoaga falls, chutes d’eau comme ici, les voilà

cuyaoga-falls

ce me serait assez égal, mais il se trouve que cette ville (style 50 000 habitants) se trouve dans la banlieue d’une autre, Akron, laquelle est en relation directe avec l’équipementier pneumatiques Goodyear, là où j’ai commencé à travailler à seize piges, ce qui resserre encore l’amitié que j’éprouve pour ce Djidji-là).

Je ferme la parenthèse.

Le type conduit son bus et écrit des poèmes.

paterson

Sa femme, elle, est entichée de noir et blanc (elle est adorable, tout comme lui)

paterson-et-laura

tous les matins on les trouve tous les deux (en plongée – magnifique) allongés dans leur lit -dans les bleus et blancs, dis-moi, tous les jours il va bosser, écrit trois lignes, tous les soirs revient, replace la boîte aux lettres (déplacée par le chien – tant pis, c’est dit) dîne avec Laura, puis

paterson-et-marwin

sort le chien (Marvin, ici son portrait

nellie-alias-marwin

derrière la salière blanche, la poivrière noire, dans cette petite maison que j’ai cherchée sans la trouver mais je suis à peu près certain qu’elle se trouve à Paterson) (en fait il s’agit d’une chienne, Nellie, à qui le film est dédié) (Nellie dans la vraie vie, tu vois ce que je veux dire) , puis croise ici un rappeur

paterson_d12_0170

dans une laverie qui répète, il va boire une bière au bar, croise le patron, quelques connaissances, revient le plus souvent hors champ, en fin de semaine (pendant le week-end, si tu préfères), voilà que Laura vend des gâteaux qu’elle confectionne

paterson-et-laura-2

(même s’ils sont dans sa topique, on ne peut pas nier qu’ils soient magnifiques et c’est pourquoi) : elle les vend tous, gagne un paquet de dollars (286 si j’ai bonne mémoire) et invite son chéri à manger une pizza et au cinéma où ils vont voir une île du Docteur Moreau comme on n’en fait plus (Island of lost souls Ernest B. Shoedsack, 1932, version en noir et blanc évidemment) et ils rentrent à la maison (il m’a vaguement semblé que cette projection mettait en scène la jeune Laura, mais je ne suis pas complètement sûr).

Ca ne finit pas mal, ce ne sont que des mots (je ne dis rien, je ne veux pas dévoiler).  Il part se promener le lendemain

paterson_d09-0100

et sur ce banc rencontre un japonais (tout comme Ozu Yashihiro) qui lui fait un cadeau, devant les chutes de Paterson.

Ce sera tout.

Une merveille.

En dédicace spéciale (Noël, nouvel an, tout ça)  à Pierre Ménard, à Dominique Hasselmann, et à l’Employée aux écritures pour son commentaire (et par suite, à Brigitte Célérier).

 

Jusqu’au bout du monde

 

(ce n’est pas tant que ce film ait besoin qu’on en parle-grand prix du jury à Cannes cette année ça va plutôt bien pour lui – sans compter la pléiade de vedettes -elles sont cinq qui tiendraient seules chacune un film à bout de bras et hors de l’eau-, mais c’est cette façon de parler le français qui fait avancer le truc : le cinéma des US des fois ça va bien) (on ne parle guère du cinéma indien, tu vois, philippin ou je ne sais pas trop ces industries d’autres pays – a-t-on le droit de dire « je ne sais pas trop » j’ai peur que non, il faudrait chercher, j’ai pas le temps je ne sais pas où et les semaines succèdent aux précédentes) (en même temps, c’est aussi une affaire un peu sotte que de parler d’un film qu’on a vu : il faudrait faire l’inverse) (tant pis) 

Ce sont donc cinq rôles, un premier disons

gaspard-ulliel

(Gaspard Ulliel, Louis) et quatre autres (seconds ?). Les voilà tous autour de la table, on ne voit guère Vincent Cassel -il est en bleu – c’est le fils à Jean-Pierre- il jouait dans la haine il y a vingt ans -ici Antoine)

famille-a-table

il s’agit d’une famille (point de père : est-il seulement celui des trois, ou y a-t-il un secret ?), on reconnaît la mère (Nathalie Baye, en brune : Martine) puis sa fille ( Léa Seydoux, en tatouée dite Suzanne) au fond le fils par qui le scandale n’arrivera pas (Gaspard donc), l’aîné des enfants donc Vinz, et un peu de dos la bru (Marion Cotillard, Catherine). Il y aura bien un petit rôle de silhouette dans la scène de lit mais on l’oublie bien qu’il soit au centre du mutisme qui s’emparera de Louis – ou alors celui-ci (son mutisme) était déjà programmé (mais auquel cas il n’y aurait point de film). Louis vient annoncer sa mort prochaine à sa famille qu’il n’a pas vue depuis douze ans. Il ne l’annoncera pas (n’y parviendra pas, probablement), mentira sans doute en disant qu’il reviendra souvent, puis s’en ira. Unité de temps, de lieu, d’action (on passe sur les flash back qui mettent en scène Louis, un peu Antoine, un peu pas mal Pierre -son ami d’enfance, amant, amour, qui vient de mourir).

C’est un film qui reprend la trame d’une pièce de théâtre écrite par Jean-Luc Lagarce (librement adapté, dit-on)

jean-luc-lagarce

mort du sida en 1990. Ressent-on quelque chose de ce théâtre , sans doute (le carton de début dit « quelque part, il y a quelque temps » sans autre forme de précision), une espèce d’huis-clos, quelque chose de la contrainte, de l’autobiographie ? Peut-être, mais en sortant de la salle (où était-ce ? sur le quai de Seine, vu que le film est co-produit par cet exploitant-prod-distrib), je me disais que le pacte qu’on a avec un film était rompu : on sait que Louis va annoncer sa maladie sa mort prochaine qui lui vient d’elle – ou invente-t-on ? je ne sais plus exactement…- , mais puisqu’il vient dans ce but revoir sa famille (comme une dernière fois) tout tient sur cette annonce, une espèce de suspens peut-être; comment va-t-il s’y prendre – on voit bien ses réticences et ses difficultés, il en parle avec son amant-ami-mari au téléphone (est-ce bien un homme au bout du fil, je ne sais pas bien : il faudrait réentendre pour déterminer l’indice qui nous conduit à le savoir, ou le croire) – mais d’annonce, point.

On dira c’est l’incommunicabilité qui est mise en scène. Bof. Mais en français, en tout cas. Ca rappelle un peu ce qu’on disait des personnages du nouveau roman à une époque (qui brisait, parfois, le pacte avec le lectorat). Ca rappelle aussi ces films qui disposent d’une fin qualifiée d’ouverte (c’est au spectateur comme il l’entend de finir). Ca ne me plaît pas. Ca n’a pas d’importance, c’est vrai, mais c’est dommage (les acteurs, même Vinz/Toineau, ont quelque chose qui indique une direction forte et maîtrisée) parce que ça n’aide pas à croire en ce cinéma-là, or le cinéma, c’est l’art de l’illusion par excellence, et donc de la foi…

Tempête

 

Le fait est qu’il faut aussi faire en sorte que le cinéma vive : je ne suis pas complètement sûr que ce que je fais soit digne (?) d’attention pour le cinéma – le cinéma français – qui est un peu différent des grosses machines qu’on peut trouver ailleurs -jte parle même pas de l’Inde, hein, ni de la Corée ni de la Chine, ni mondial ni rien, jte parle du cinéma d’ici – je n’ai pas de prétention à la critique savante, je fais vivre ce lieu de ces images qui, une fois diffusées sur écran se perdent dans des limbes inconnues un peu comme lorsqu’on fait une faute de frappe et qu’on efface cette lettre, ce mot, qu’on le dépose où ? Qui dira la tristesse des mots laissés dans les corbeilles ? là c’était en DVD alors on pourrait le mettre dans le salon, mais non, c’est cette maison-là, toute entière, peuplée de fantômes et de revenants : les personnages de ce film-ci, le fils Mattéo

matteo-tempete

Mayliss la fille -adoptée, on ne lui connait pas de père – sinon celui-ci-

maylis-tempete

et le père Dominique

dominique-tempete

interprètent des rôles, ce sont les leurs (les mots sont beaux, de temps à autres : ce sont des leurres, oui) il y a peut-être quelques années de cela. L’histoire est un peu la leur, ils jouent

les-3-tempete

ici au scrabble, ils interprètent, ils sont eux-même tout en étant des acteurs de leurs vies passées. C’est un très joli abyme : une tempête parce que le métier du père (le « grand métier » dit-on) c’est « d’aller à la mer » (pécheur sur un chalutier en haute mer : escale à Cork (Irlande) où débute le film, passage aux Sables d’Olonnes, puis dans la campagne environnante, petite voiture) : dans ce dispositif, on pense à ce film avec le Lindon (il y incarnait un agent de sécurité) (en même temps je cherche dans mon souvenir le titre, « La loi du marché » voilà (Stéphane Brizé, 2015) où les acteurs eux-mêmes jouaient leurs propres rôles -pas le Lindon qui reçut cependant un prix d’interprétation à Cannes si je me souviens bien) (on n’a guère le droit de se tromper de nos jours, avec cet internet où on peut tout vérifier) ou cet autre film, je ne sais plus, où cette cinquantenaire (je me souviens que cependant Nicole Garcia avait présidé à l’octroi, pour ce film d’une récompense : mais tout ceci est trouble) cette cinquantenaire donc décidait de retourner à son métier d’entraîneuse alors qu’un mariage avait toutes les chances d’aboutir (c’était « Party girl » caméra d’or en 2014 -Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis). Le réalisme documentaire, une sorte de sillon tracé ici, décalé de la fiction d’une certaine manière dramatique mais aussi comique, ou burlesque parfois.  Ici, ce film nommé « Tempête » (Samuel Collardey, 2015) fait la part belle aux acteurs qui sont dans leurs propres rôles, le film fonce sans pathos. A voir (le père, Dominique Leborne a reçu un prix type Lion d’or je crois, ou coupe Volpi à Venise) (je rechercherai, j’ai pas le temps) je m’en vais…

dminique-tempete-2

 

Il y a une faille

Il y a une faille. Dans la toile bleue de l’univers. Un accroc vivant et inquiet comme un regret impénitent. Il y a cette béance à travers laquelle je respire, ces jours de trop grande affluence  où les portes me tiennent lieu de douane. Et je ferme la frontière du monde pour m’agripper à cette issue. En ce moment, je la repasse. Vois comme elle soupire sous le fer, la vapeur s’éprend de ses fibres et je m’applique sur les lisières, précisément là où, de temps en temps, l’étole rebique, se rebiffe, crolle.

Je le raconte aux oiseaux. Des corbeaux au plumage humide, qui picorent le linge défait, ratatiné dans l’odeur de frais émanant de la malle. Je me contente de leur présence. Depuis que j’ai perdu le sillage des anges qui traversaient quelques fois jusqu’à moi. On n’est jamais digne d’un verre d’eau et j’ai osé le refuser.

Souvent, je regarde au-delà. Partout, à tout moment. Bien sûr, les souris me voient refaire les lits de ces gestes amples, avatars d’une liberté publicitaire. Elles ne soupçonnent pas un instant que je déploie un horizon, une prairie, un lac, un mont.

Je me confie au léopard, souple chaleur au pied du lit. Je veux bien qu’il lèche mes mains, mais juste le soir, en ronronnant. Les griffures d’ambre sur son pelage me réjouissent. Je sens des tenailles et des crics  bourdonner dans mon ventre sec. Et je fourrage dans ses poils pour deviner l’odeur des jungles bruissant sur le plafond éteint.

J’envie cet autre côté, je le regarde fébrilement, parfois sous les yeux de l’orque de baignoire – Comment fait-il pour vivre dans un si petit espace ? -. Je le projette dans mon miroir et là les océans grignotent des remords d’îles et de fjords efflanqués.

Dans ma malle, les torchons s’accumulent, les serviettes de bain s’empilent, un oiseau trône sur la colonne, petit stylite  impassible. La table se couvre de mouchoirs, damier de couleurs variées. Ils n’ont en commun qu’un serrement, une chiffonnade, un épanchement. Ils ont le compte des sanglots. Je les efface à coups de fer.

De l’autre côté, un chat danse. Ses pattes sont dorées comme ce rire, le tien peut-être, qui sonne l’angélus dans ma tête. Je voudrais tant le caresser, je l’attire avec du lait et des senteurs de cuisine rousse. Jambe de sable d’Italie. Mais il ne vient jamais ici. Alors, je lisse les plaies de la faille. La cicatrice est toujours vive. Comme moi, te souviens-tu que je t’aimais ?

 

Rire, oui, et se battre.

 

 

De temps à autre, il est peut-être bon aussi de faire de la propagande (je parlais hier de cette maison(s)témoin avec Joachim qui en est un des instigateurs, et l’idée de parler de ce film est venue comme de juste : à quoi ça sert une maison(s)témoin ? à propager le bon cinéma, et la bonne éthique). Encore que… mais bon, on a des trucs à faire.

Il paraît que ce film a déjà été vu par plus de cent mille spectateurs en salle, ce qui est déjà (presque) un exploit. On avait vu le film annonce il y a quelques semaines, on irait. On y fut. On n’est pas déçu.

On aime même beaucoup. C’est que l’histoire ressemble un peu à celle de « Robin des Bois » (ah Errol  Flynn…!!!) (Michael Curtiz et William Kelghley, 1938) (et Olivia de Havilland…)

robin des bois

mais en plus moderne : donner aux pauvres en prenant aux riches. C’est cette peur d’être ainsi découvert, ou sali (à travers une image faisandée), ou pris pour ce qu’il est qui fait sans doute agir le milliardaire.

BA fdp

On le voit, en assemblée générale (je crois que c’est en 2012) brandir une sorte de menace de révolution, pathétique et lifté… Une horreur mais le film prend le parti inverse de ce mot

Mr et MMe Klur et Ruffinle réalisateur François Ruffin, ici en compagnie des époux Klur

et préfère en rire.  Je me suis un peu demandé ce que devaient ressentir les autres employés du magasin où le contrat à durée indéterminé a été signé par monsieur Klur. J’y ai cru, en réalité, comme au cinéma. J’ai aussi cru au fait que cet homme, directeur d’une usine du groupe sise en Bulgarie, parle avec un cynisme consommé

directeur usine builgarie

d’une main d’oeuvre qui, en Grèce, devrait devenir moins onéreuse vu les conditions économiques imposées par… Oui, par qui sinon lui-même, son patron et ses affidés ?  (le complet, là, qu’il porte, est vendu dit la journaliste d' »envoyé spécial »plus de mille euros, pour une main d’oeuvre équivalent à trente euros…).

La même chose m’est arrivée, il y a quelques jours, en passant le pont Neuf, et on voit dans ce « Merci Patron » (François Ruffin, 2015) quelques employés de cet ex- grand magasin parisien transformé dès tout de suite en hôtel de luxe

vert galant square 2

ça, c’est Paris, et nul doute qu’on trouvera dans ces murs quelques uns des fleurons des marques possédées par le milliardaire. J’ai pensé encore aux personnes foutues dehors par le fabricant de pneumatiques déjà illustré ailleurs. Ce qui me fait aussi penser que, les jeudis qui viennent, et même si ce n’est pas tellement mon genre, il va bien falloir aller manifester contre cette loi indigne et abjecte qui instaure (entre autres ordureries) que les congés pour perte d’un être cher soient réduits à rien (de cette loi, le journal Fakir se fait le porte-parole ces temps-ci avec ses épisodes de « Merci Myriam » ).

J’ai repensé à ce bernard tout à l’heure en entendant Monique Pinson-Charlot parler à la radio de la réunion qui a eu lieu avant hier dans un des amphithéâtres de la faculté de Dauphine, dans le seize (bizarrement, la « fondation pour l’art contemporain » du milliardaire se trouve dans ce quartier . C’est Paris aussi, ça : le loyer, fixé pour cinquante cinq ans, de cette fondation : cent mille euros par an… Une misère. Ladite fondation a été construite par le même opérateur que celui qui sévit déjà sur l’emprise de l’aéroport inutilement pharaonique de Notre-Dame-des-Landes : il n’y a pourtant là aucun mystère, et les affaires ne sont  que les affaires).

C’est la fatigue qui m’étreint. Et c’est la honte qui me tombe dessus quand j’entends ici que dans ce beau pays, on accueille vingt quatre mille réfugiés et qu’en Allemagne, on en accueille un million. C’est l’horreur que je sens, cette peste brune décomplexée et fière d’elle-même.

Rire, oui, et se battre. On va dans la rue, donc, aujourd’hui, et les jeudis qui suivent.

Ca ne finira jamais

 

 

Ils se réunissaient dans le séjour, regardaient la télé, se chamaillaient parfois, riaient, entendaient avec un léger sourire (mais ils étaient muets) les paroles du prétendu « père »

homeland 2.2 image

et puis il y a eu la deuxième guerre, c’était la troisième, c’était un moment où les tours jumelle avaient été détruites -le « centre du commerce mondial » ainsi dénommait-on ce couple d’immeubles de grande hauteur-, où il fallait que l’occident (comme on a pu haïr l’abject groupuscule qui portait ce sobriquet…) se réveille et montre (nous y avons été) au reste du monde que les choses devenaient intolérables (on a vu, à Abu Grhaïb par exemple, ce qu’il en était de cet occident-là), et qu’il fallait en finir avec Saddam Hussein et sans doute surtout ses deux fils. Abbas Fahdel nous montrait la vie quotidienne qui précédait l’invasion étazunienne, à présent dans ce deuxième volet, on entend comment la guerre est venue disloquer la société, comment tout ou presque a été détruit…

Homeland 2Abbas Fahdel

(ici lors de la présentation du film au Forum des images, l’année dernière). Il a donc fallu plus de dix ans pour qu’ici on envisage que le monde, en Irak comme partout, je le crains, est simplement peuplé de gens qui ne veulent que la paix. Je le crains parce qu’il n’est pas rare qu’on entende, un peu partout, les bruits de la guerre…

homeland 2.1 sa nièce

(la nièce du cinéaste, « nous avions du mal à en croire nos yeux, mais nous étions contents » dit-elle, après que les fils du raïs aient été montrés morts à la télé…).

La vie n’est jamais facile, nulle part, quand même en temps de paix. Jamais. Elle n’est jamais simple non plus. On parcourt Bagdad, on va ici chercher des rations de farine ou d’huile, là conduire les enfants à l’école : plus personne au fond n’est à l’abri, et la guerre intense ou sporadique, la guérilla urbaine, les voyous qui se servent, les repris de justice, meurtriers violeurs laissés en liberté, armés, la loi du plus fort, du plus injuste, du plus cynique ou pervers, voilà telle qu’en elle-même, la vie laissée là comme ailleurs (en Lybie, ailleurs encore…) par cet occident-là…

Tu sais, il lui en fallut du courage, à ce type (dans les divers reportages, on le voit sourire, on le voit parler vivre en français…) pour filmer et dérusher et monter et montrer enfin ces quelques heures.

homeland 2 Haïdir

Du courage et de l’amour pour les enfants : ici, Haïdar, le neveu du cinéaste, cette personne magnifique et convaincue…

l'amour des enfants

Les enfants, ce sourire, cette malice joyeuse, les jeux avec le jet dans la cour, le plaisir du rire, la discussion qui pourrait aussi tourner très mal (une séquence au marché, avec Haïdar qui défend, dans un lieu baassiste

haïdir au marchéla mémoire de ceux qui sont morts sous les coups de Saddam, tendue, et lui magnifiquement sincère…), le temps passe, c’est vrai aussi, mais la culture, détruite, annihilée,

cinémathèque dévastée 1

(les images sont ce qu’elles sont, tant pis)

cinémathèque dévastée 2

archives télévisuelles, filmiques, cinématographiques,

cinémathéque dévastée 3

tout est mort, tout est dévasté, mais quand même est-on là, on regarde ce gâchis, cette guerre et ce sang qui sans cesse abreuvent les haines, la tragique fin du film est là, oui, Haïdar on ne t’oubliera pas, certainement pas, mais c’est parce que c’est là, devant nous

Homeland 2 cinémathèque 2

et si quelqu’un demande pourquoi il y a encore des artistes sur cette terre, et pourquoi le chemin est encore éclairé, on pourra lui répondre qu’il existe encore des gens et des choses, encore des enfants et des rires, et que ça, ça ne finira jamais

 

« Homeland, Irak année zéro », en deux parties, film d’Abbas Fahdel (on a fait les mêmes études, lui et moi, dans le même lieu, avec les mêmes profs-sauf que j’y passais quelques années avant lui : en souvenir de Claude Beylie, pour ma part)

Vivre en paix

 

 

Comme il va y avoir la guerre, c’est un fait entendu, il va falloir la préparer (ici, le jeune neveu du réalisateur pose des scotch sur les vitres des fenêtres en prévision des bombardements)

homeland 1

on cherchera à pomper de l’eau du sous-sol, on fera face comme on a fait face il y a une dizaine d’années, comme aussi durant la guerre contre l’Iran, à la télévision, on verra passer toujours et toujours le Raïs, le maître, le presque Roi, le dominateur

homeland 3

Saddam Hussein qui sait qu’il va falloir aller à la guerre et y envoyer son peuple, qu’il salue, on le voit en militaire, on voit les personnes assises qui le considèrent avec une sorte de sourire, ou de détachement, il est en place depuis tant d’années, il a sauvé sans doute le pays, une sorte de confiance peut-être, une sorte de fierté ou de nationalisme, quelque chose qui fait penser, bouger, agir sans doute mais tellement absurde, inutile et rance, toutes ces vies qui vont disparaître et pourquoi ?  Les enfants, quant à eux, n’en ont pas grand chose à faire, ils rient, jouent, vivent et rient mais fondent aussi sur l’avenir un présent qui vivra

homeland 5

ils rient, s’amusent mais les jeux sont un peu différents

homeland 2

parfois une arme à feu, mais si souvent des jeux simples, envoyer à ceux qui sont en bas des fruits de l’arbre, partir dans un verger, nourrir les bêtes, bien sûr on sait que ce qu’ils font est en prévision de la guerre, on sait que l’avenir sera sans doute blessant et difficile, mais ce que montre le film, c’est qu’on croit encore à la vraie toute puissance de la réalité, de la force du chef, et que, puisqu’il faudra sans doute aller à la guerre, on ira défendre des idéaux qu’on croie fondés… Les automobiles sont fréquemment usées et américaines, on prend une barque, on traverse le fleuve est-ce le Tigre ? je ne sais pas, mais j’y ai pensé lors des remous traversés, le bleu du ciel mais le chauffage au gaz, tout de même parce qu’il fait froid, les femmes plus loin boivent du thé

homeland 4

et plus tard, on mariera l’une d’entre elles, lors d’une fête magnifique, où les hommes chanteront et ainsi des femmes, elles danseront, les enfants rient encore, on croise les souks, les métiers tailleur ou métalliers, ou ici ce vieil homme qui vend dirait-on des chaussons à la viande

homeland 6

on salue la caméra, on aime être filmé, on aime tout court semble-t-il vivre, comme à Tunis ou Istanbul, rien ne diffère, on voit des embouteillages, la ville, la campagne, une lumière magnifique, et loin pourtant, loin (bien que le film commence par le passage d’un hélicoptère) la guerre qui va venir, qui viendra, inéluctable et promise par la voix off…

Alors, pour ma part, je ne sais pas mais c’est le titre vraiment « Homeland » (cet anglais qui veut parler américain) qui m’a frappé : j’ai recherché un peu le visage du réalisateur et j’en ai trouvé bon nombre (je vois dans sa biographie qu’il a étudié le cinéma dans la même université que moi dis donc)

Abbas-Fahdel

le voici (je procède comme pour les femmes cinéma de numéro précédents qui sont au salon), qui ressemble (j’ai choisi la photo) à son film : quelque chose de la gentillesse de l’enfance (j’y ai aussi retrouvé un peu de la mienne) (une photo ne veut rien dire non plus, sinon ce qu’on y projette, je sais bien) mais je me suis demandé pourquoi ce titre en anglais ? Le traduire par « patrie » ou « patrujo » en esperanto, heimat en allemand (vaterland aussi bien) ? Je ne sais pas, non, mais la guerre (elle est là, juste ensuite, juste après, le petit garçon de la première image y mourra, on le sait, on nous le dit…)  cette horreur, là, pourquoi ?

 

(je tente l’expérience qui consiste à écrire à propos d’un film sans en avoir vu l’entièreté : un deuxième volet/partie/épisode (et peut-être sera-t-il  ailleurs dans la maison) sera peut-être développé, j’en sais rien, lorsque j’aurai vu la deuxième partie) (il s’agit d’une sorte de film documentaire : ça se passe en Irak, au début des années deux mille, lorsque la guerre n’était pas encore déclarée contre les agissements de Saddam Hussein qui dirigeait le pays d’une main de fer, la République d’Irak quand même; il était adulé de beaucoup cependant et certainement pour d’autres raisons que la peur; on se souvient aussi que cette guerre a été déclenchée par ce Georges Bush junior, lequel a pris pour prétexte la possession par la République d’Irak »d’armes de destruction massive » – ce vocabulaire à vomir- qui se sont avérées, plusieurs années plus tard (mais on le savait quand même dès le départ) , être inexistantes : Saddam Hussein, pour sa part, a été mis à mort par pendaison (après un procès étazunien), après avoir été retrouvé dans une cache, si mes souvenirs sont bons, dans sa ville natale de Tikrit) (on sait, par ailleurs, ce qu’il en est advenu de l’Irak aujourd’hui et ce par la grâce -pour une grande partie – étazunienne, alliance qui s’est ici comportée de la même manière qu’elle se comportait au Chili en mille neuf cent soixante treize, ou dans d’autres lieux du monde où elle défend les intérêts de son idéologie et ses valeurs que je ne qualifie pas).