Il reste encore demain

 

 

 

Le style ou le registre de la rédaction est passé par l’absurde, l’obscène ou/et le vulgaire – c’est exprès sans que je sache vraiment si c’est parce que je trouve les personnages masculins particulièrement abjects – pratiquement tous, je le crains – ou parce que le film dépeint des actes qui me sont odieux – on disait dans mon jeune temps et le milieu social ou la classe ou la société ou le groupe : enfin la famille « on ne frappe pas une fille, même avec une fleur » – ça n’empêchait pas qu’on se chamaille (deux sœurs un frère et moi) (le plus petit-le petit dernier – le préféré disaient-il et elles) – je n’ai jamais vu mon père frapper ma mère – d’ailleurs ils ne frappaient guère leurs enfants – il doit y avoir une relation… Ici, on ne frappe pas les enfants, semble-t-il, mais c’est la femme qu’on dérouille…Une torture

 

ça se passe dans l’immédiat après-guerre (fin mai-début juin, 46) et ça se passe à Rome (il reste des traces du régime précédent, tsais), une histoire de famille

il y a une chose (un truc –  une ellipse peut-être – quelque chose) qui n’est pas passée sous silence exactement mais qui ne se résout pas – c’est cette façon de cogner sur les femmes : dès le premier plan, elle (interprétée par Paola Cortellesi, aussi réalisatrice) prend une torgniole comme si de rien n’était : elle c’est Délia, et on ne sait pas, ce coup cette gifle : une insomnie, un mauvais rêve ? un refus de passer à la casserole ? (cette dernière éventualité (imagée pour rester dans le ton de l’époque et du lieu) est très peu probable : Délia ne se refuse pas – une épouse parfaite…) (on ne sait si elle envisage cet acte comme une preuve d’amour – elle regarde la table de nuit, quelque chose , une poussière, l’émeut et son mari besogne (hors champ, certes) – Délia a trois enfants dont une grande fille laquelle devrait prendre un parti assez  impressionnant – c’était ily a quatre vingts ans en Italie, ça (le mariage) a toujours été la seule porte de sortie, comme en Inde où, de nos jours encore, les promises se suicident… –

un mariage d’amour et de raison –

cependant, le type en question est plus ou moins héritier non seulement de finances appétissantes (d’où vient cette fortune, c’est une autre affaire) mais surtout d’une façon de faire ou d’être, c’est difficile à dire – ça s’appelle cependant le patriarcat, la soumission de la femme à l’homme – point barre – sinon on cogne, c’est compris ? Faut-il faire un dessin ?


Alors Délia est là, qui bosse comme une damnée, du matin au soir – ménage repas de midi des enfants et du mari soins à domicile prolo mal payée dans une fabrique de parapluie

couturière courses (la deuxième en partant de la droite, c’est elle, elle attend, droite)

repas du soir pour le mari et les enfants vaisselle soins –   il est tard le soir – et Délia va dormir
Mais elle vit et marche – et vit, a des amies

un ancien amour

(c’est fini, tsais) – elle vit,  croise un militaire

ne comprend pas son langage – Délia va marier sa fille, c’est formidable, un parti tellement enviable – qu’on lui envie dans la cour – Délia vit au sous-sol, elle s’occupe aussi du père de son mari – elle n’a pas une minute, elle parle un peu – et son mari cogne – Délia ne dit rien, ses enfants comptent avant tout – Délia ne se taira pas.


Le jour des fiançailles, comme un acte manqué

tu veux que je te dise, c’est plus fort qu’elle  et c’est parce que c’est elle, et elle femme. Ell ne laissera pas faire.

 

C’é ancora domani (Il reste encore demain) (Paola Cortellesi, 2023) un (premier) film courageux, en noir et blanc certes.

 

 

le fleuve, le pont, un couple

 

 

à O., qui vers début janvier (le 12) mais au siècle dernier, en 16, naquit

 

 

ah si elle avait été encore de ce monde, elle aurait été aux première loges – encore que, depuis quelques années (oui) l’immeuble soit en travaux – ça commence à se terminer (et sans doute travaille-t-on  assez fort pour une ouverture vers juin si tu veux mon avis) – ici un état de l’avancement

puis là le petit métier du bâtiment (cosmétique : fausse pierre de taille – mais faut ce qu’il faut)

(sur l’honneur, je m’engage à renseigner le tarif des chambres dans quelques mois – il parait que certaines de ces officines ont vu iceux-ci multiplié par vingt pour les semaines de fin juillet début août en cette magnifique ville-lumière) (pourquoi se gêner ?) – mais en vrai non, je passais par là et il faisait beau – je passais juste quand je les croisai

en vrai il y aura du monde

mais pour le moment, c’est calme – on a le temps

un regard vers l’est – pour se repérer – peut-être sans vouloir s’imposer

passer le pont du Carrousel

l’hôtel n’est plus à l’image, mais je me retournais, la voyais à sa fenêtre (troisième puis premier étage) lui faisais signe (à la prochaine)

– ces deux-là  bonnets et carte –

voyons voir – au dessus de l’eau

d’autres se prenaient en photo, peu de monde – il n’y avait pas là la gitane qui,parfois, trouve sur le pont une merveilleuse bague en or – elle la trouve là, et veut vous la vendre, cette merveille – mais non – eux se consultent

un regard au bateau-mouche qui passe sûrement – je n’ai pas d’image – je me souviens juste d’elle – je marche je me retourne, je n’y viendrai plus dans cet établissement – je me retourne, l’eau qui passe ici se retrouvera bientôt sous le pont Mirabeau – elle passe –

il y a quelques années (et plus de cinquante lorsqu’elle me prêta sa chambre pour l’examen Louis-Lumière qu’on appelait Rolin – non, mais je l’ai manqué) je me souviens et quand même

non, mais d’elle, oui

 

cette dernière image est une magnifique œuvre due à Christine Jeanney (merci encore…!)

en dormant

ce que je remarque c’est que si je m’échine à modeler contrôler

pour aller dans une direction

je peux jeter la feuille à la poubelle il ne s’y passe rien

et toutes les fois où je jette un dernier geste sans réfléchir

avant d’arrêter tout

pour ne pas gâcher la matière qui me reste

un réflexe de pauvre en quelque sorte

il se passe quelque chose de curieux

au sens de quelque chose qui active ma curiosité

quelque chose qui m’est à la fois proche familier et étrange étranger

c’est ce que je garde

non pas parce que je trouverais ça particulièrement beau ou réussi

mais parce je n’ai au fond plus la main

plus le droit de décider quoi en faire

je laisse je pose je regarde

cet extérieur

qui est comme ces mouvements qu’on a durant le sommeil 

 

y aller

 

 

 

Image pour se souvenir

 

le mois dernier, le « film du mois » d’une association (Périphérie, pour ne pas la nommer, c’est basé à Montreuil-sous-Bois, c’est plutôt bon esprit mais ça ne répond pas, ni au mail ni au téléphone (attitude déplorable mais tellement contemporaine – tellement cinématographique aussi) donnait à voir un « Au cinéma! » d’une certaine Johanna Vaude (ça ne répond pas non plus – mais c’est tellement artistique et contemporain, cette attitude) (certes, mais ladite Johanna Vaude a répondu – encore merci) était donné à voir et j’ai quand même fait des captures d’écran du générique (comak : sur les 10 minutes que dure le film, deux et demie si ma mémoire est bonne y sont consacrées). Il y a deux cent huit extraits (dont deux ou trois uniquement sonores – en vrai probablement 4) pour composer ce film. Il s’agit d’un film de montage qui explique (certaines de) nos raisons d’aimer le cinéma, vues à travers les yeux et les actes des personnages incarnés par ce médium (des gens comme Fritz Lang, Sam Fuller ou Claude Chabrol qui n’en parlent pas (du cinéma) (dans leurs films) n’y figurent pas donc – à moins que ce ne soit par choix de la réalisation – ou encore par possibilité de se procurer tel ou tel extrait – « se procurer » renvoie immédiatement au tiroir-caisse dont on parlera plus loin)

ici la dernière image de ce générique (au Coliseum, on joue (on donne, on peut voir) « Tequila Sunrise » – je ne sais à quel film réfère cette image : c’est assez difficile).

Là, la première (c’est classé par ordre alphabétique)

Il apparaît en surimpression sur des images (ici »Le Locataire » avec le Roman (qui réalise aussi) et l’Adjani)

J’ai donc décidé et résolu de rapporter ici, en cette maison qui aime le cinéma (celui-ci ne le lui rend pas – au vrai, OSEF pas mal car on sait qu’il n’y a qu’une chose qui intéresse ce médium, c’est le tiroir-caisse (accessoire en passe de disparaître) ou le box-office (c’est en anglais, c’est plus une affaire d’argent) (un peu comme la librairie, si tu veux bien voir) j’ai résolu donc de rapporter ici ce générique. Je poserai bien les 22 images qui le (re)constituent (la deuxième ici 

mais je trouve ça assez pénible quand même ça informe

ou informerait sur la teneur et la qualité des films choisis

Le cinéma adore se regarder le nombril (pulsion scopique dirait je ne sais qui- Sigmund ? Carl Gustav ? Jacques ? qui d’autre?)

presque autant que ses spectateurs (et trices soyons clairs) aiment s’y retrouver (et s’y réfléchir mirer reconnaître, j’en passe et des pires – dans celui où j’ai certaines de mes habitudes, un carton en début de séance,lumières encore allumées, qui suit les annonces et les films-annonces indique « Bonne Projection » ce qui est tout dire).

En vrai, je suis curieux et je me demande : combien de femmes réalisatrices dans ce bazar ? (on détermine évidemment le biais immédiatement par le sujet même du film – une femme cinéaste « parle »-t-elle du cinéma ? dans quelle mesure ? dans quelles conditions (me too quand tu nous tiens) etc…) –

quelle est la nationalité des films choisis (comparer avec la production mondiale sera(it) cruel) (mais un « nationalité » pour un film est-ce bien raisonnable ? celle de la maison de production sera(it) plus pertinente). Etc.

On aura d’autres critères, certainement, mais il serait bon de les identifier avant. C’est ce que je m’emploie à faire.

La suite sera donc au (dans un, plutôt) prochain numéro (comme on aime à dire). En attendant (j’ai passé tout de même mine de rien une dizaine d’images de ce générique…)

je pose cette image-là car je ne connais pas cette actrice (je ne parviens pas (mais ça n’a aucune importance, je sais bien) à l’identifier) : quelqu’un.e aurait une idée ? (des recherches ont déjà été menées, auprès du robot, auprès de l’asso (ou de la production…) On verra.

il s’agit d’Assumpta Serna, une actrice espagnole, qui joue dans le film Matador (1986) mis en scène par Pedro Almodovar (merci, donc, à Johanna Vaude)

Toiles

 

 

Il ne s’agit que d’images et de représentations, glanées ici ou là (souvent posées par mon frère quelque part, ici là ou ailleurs) je les capture grâce au bouton impécr syst  qu’il y a là, je les pose dans un dossier toiles le vic sur le bureau du personnal computer puis les retaille, en cherche les titres, parfois, les dates de conception, elles sont là pour faire beau – j’aime savoir qu’il s’agit de répliques au même sens que celles des plaques tectoniques qui se meuvent sur le manteau

En ouverture : The Souvenir Jean-Honoré Fragonard, 1775-78

il y a des moments où il faut décorer ces murs taupe – quand même, cette maison à vendre ou à louer mérite quelques aménagements (bien qu’elle ne soit guère visitée : la crise (on nous préfère inquiets, comme tu sais), la pandémie (hier soir écoutant radio paris (qui ment comme de juste) on m’a annoncé en titre que les cinquante mille cas de maladie avaient été recensés ce jour – en titre gros comme le bras – et dans le développement, que des vaccins sont disponibles – un épidémiologiste ne pouvait pas parler proprement de « vague » mais enfin) (j’ai fermé le poste, qu’est-ce que tu veux), la guerre immonde mené par le mini-tsar ridicule et grossier – tout ça n’est guère favorable à l’investissement, hein…)
Alors décorons : Marc Chagall, Église de Chambon (1922-1926)

ce sont les petites poules qui me ravissent – puis Edward Hopper La plage de Gloucester 1924

joli – continuons avec cet autre Chagall La famille ukrainienne 1940-1943

si, c’est quand même joli, ce rouge (sang), ces couleurs (vives),  ce feu peut-être et ces animaux aussi – est-ce bien décoratif, je crains que non mais je le garde et l’expose – la date du tableau et ce qu’il transporte aussi, je ne veux pas oublier –

un autre Marc, Rothko celui-là dans ses bleus, (sans titre, 1968) pour la route (et en signe à Jean-Luc Godard, qui comme ce peintre-là, a mis fin à ses jours) – puis un 2VG Arles jardin en fleurs 1888

une pure merveille – une autre pure merveille, sans doute plus troublée (et bien différente de ce qu’elle est aujourd’hui) Maurice Utrillo (un de mes préférés) et son Place du Tertre 1910

d’autres encore – celui-ci Piet Mondrian, Along the Hamstel 1903 (magique)

et puis deux images, l’une d’un sous-bois (sans référence, je ne sais d’où je tiens cette image – elle est là, elle correspond comme on dit d’une lettre qu’on attend (ou le « on devrait correspondre, puisque tu me corresponds » du Cabrel)

et pour finir, cette image du robot (la piazetta et ses deux colonnes, Théodore qui me fait souvenir d’un ami, et le lion ailé qui veille sur les murs préfabriqués de la maison)

C’est mieux, il semble…

l’arbre – épisode 20

 

 

 

parti, et revenu – dans ce laps de temps, la guerre elle est advenue – je me souviens de ce type (du même ordre que l’ignoble au poil court, ex-services secrets GPU, qu’iels ont à leur tête) aviné au plus au degré (c’est le cas de le dire) qui, entre deux hoquets et un rot, en appelait à la dissuasion (il s’appelait Elstine – pourquoi tant de catastrophes dans ce monde, tant de guerres de morts et de flots de sang ?) il en est ainsi (alors que nous avons la musique et bien d’autres arts) – nous sommes à la merci de n’importe quel autocrate (il serait plutôt mâle, certes)  (nous ne sommes rien,  civils peut-être, mais rien) (une bombe est vite lancée, vite arrivée, vite explosée) (on a peur ? oui…) 

 

il s’agit d’une maison, elle appartenait à R. ainsi que ces arbres

des aménagements sont prévus, on y travaille malgré tout parce que la vie continue

c’est tranquillement reparti car, au fond, que sait faire l’humanité, sinon des enfants afin qu’ils aillent (pour les mâles) à la guerre ? Se battre. Ici, nous sommes le quatrième ou cinquième producteur d’armes au monde – qu’est-ce qu’on attend ?

Le chômage ? Le corona virus ? L’élection présidentielle ? Le réchauffement climatique ? Les eaux qui montent ? j’ai attendu un moment – tous les matins, la première des choses (avant même les autres nécessaires) une image de l’arbre (la suivante est prise cinq secondes après la précédente)

(non, le point non) (il est encore tôt – trop sans doute – je dors mal – un propriétaire a des problèmes locatifs : le type à qui il louait le studio* l’a prêté à un de ses amis (on mettra des guillemets où on voudra) lequel a déménagé une machine à laver (une histoire à peine croyable)

et a laissé de son passage et sur une moquette neuve (zeugme) une traînée noire d’eau usée – la moquette était bleu de France avec de petites étoiles peut-être bien noires – on n’a plus de nouvelles de l’ami – on sait qu’il recevait des respectueuses peut-être

– le syndic de copropriété a décidé de changer ladite moquette neuve (elle était souillée sur les 20 mètres qui vont du studio* à l’ascenseur) de tout l’étage – à cet étage de l’immeuble, les couloirs ont une longueur de 120 mètres linéaires – le syndic a changé la moquette (il s’est trompé de couleur puis en a fait poser une autre) et réclame au propriétaire quelque chose comme 3600 euros – décadré certes – deux de ses congénères

lequel n’a pas la queue d’un demi-euro – alors attaquer, car la meilleure défense est l’attaque – regarder le monde bruire –

le locataire est un homme malade – il est rentré chez lui fin 20, enfin chez lui, il vit en Arménie aujourd’hui – c’est un type bien (il a de mauvaises fréquentations, peut-être) et tu sais ce qui se passe aujourd’hui ?

son mail ne fonctionne plus – c’est l’irruption de la réalité dans le monde virtuel – (le sapin qu’on voit à gauche a été de Noël fin des années soixante) (à côté de lui, un frêne centenaire) – comment veux-tu qu’on ne soit pas fatigué ? – on n’en dort plus que mal – on a des difficultés – il fait encore froid – sur le balcon, le forsythia déploie son or –

ici c’est un cognassier du Japon, qui de son rouge remémore R. qui l’a planté il y a peut-être quarante ans – je me souviens d’elle, appuyée à sa commode, qui priait dieu sait bien qui, afin qu’on lui épargne ces douleurs – elle est partie, une nuit calme et douce – ça ne fait rien c’est vrai nous ne faisons que passer – passons – passons –

une maison, dans la campagne qu’on aménage – on serre des vis, on cloue on nettoie on brosse enduit ponce réduit repose visse et encore et encore – s’occuper du jardin, tondre rafraîchir

le magnolia de R.

 

* : voilà un demi-siècle, elle regardait le Figaro (en ce temps-là, on le lui apportait avec le plateau de son petit déjeuner) et trouva cette occasion – le lieu était un peu bas de plafond – il correspondait sans doute à une certaine surface financière de sa sœur – il est dénommé remise – elle et sa sœur le visitèrent et furent toutes les deux séduites par l’entrée l’immeuble, majestueuse ors et bois rares stucs mosaïques miroirs – l’argent venait de l’assurance vie contractée par l’homme qui venait de mourir – sa sœur vivait sur ce continent depuis douze ans, et voilà qu’on lui avait ôté son amour – nous avions beaucoup pleuré son départ (nous étions six) – le truc est là, aujourd’hui habité par une jeune femme adorable – il fait encore un peu froid, tu sais

Actrice

 

 

on l’avait déjà vue dans un rôle semblable – il y a dix ans (Les beaux jours (Marion Vernoux, 2013) (quelque chose de sage : elle assise dans l’aéroport, l’autre qui s’en va, elle ne le regrette pas) (avec les acteur.es, j’ai mes têtes : je suis difficile et comme diraient les journalistes (qui aiment un peu à salir parfois (voir par exemple le Illusions perdues  récent (Xavier Giannoli, 2021)) je ne suis pas (un bon) client) (un peu comme Sir Alfred dont on raconte qu’il répondait élégamment à l’un d’eux lui demandant des axes de jeu : « Je vous paye assez cher pour que vous sachiez ce que vous avez à faire ») (charmant)
je me suis égaré : une actrice, donc, qui interprète le rôle d’une femme de son âge (elle est de 49) (plus ou moins : en réalité, le rôle devait être celui d’une femme de quatre vingts ans si j’en crois les gazettes) peu importe d’ailleurs : le rôle est celui de la mère de la réalisatrice. Devait être : Solveig Anspach a été arrachée à notre affection il y a quelques années (en août 2015) (ici, on l’aime toujours beaucoup : – le sujet était déjà prêt dans la vraie vie, il a été repris (magnifiquement) par Carine Tardieu, ici
parfois les images fatiguent – parfois moins – j’aime à regarder les passants ( ce sont des acteurs, un film qu’on ne connaît pas, une mise en scène qu’il peut être parfois facile de déceler, des costumes, des maquillages, des dialogues – quelques secondes  et les voilà partis…)
une actrice donc : ce n’est pas un métier, c’est un état – j’ai vaguement vu qu’elle disait d’elle même « je ne suis qu’une actrice, une personne ordinaire » et oui, tout est là
une histoire d’amour comme les films français (ou pas) savent en faire parfois : une espèce d’image de marque (la France, ce pays où la gastronomie la mode le bon goût la libido) (on dit plutôt l’amour : un peu comme les jeunes mariés vont à Venise) (ce genre de poncif – par exemple encore mais après j’arrête : le tgv va dans un sens, puis dans un autre – les versions du train sont différentes – il doit s’agir de quelque plan destiné à l’export)
lui est médecin spécialiste cancer (on dit oncologue) deux enfants, une femme biologiste (Cécile de France, quelque chose de franc de frais de spontané) – il vit à Lyon
elle était architecte vit 19 rue des Panoyaux (c’est à Paris 20) un appartement assez en bazar – une vie entière (à un moment, il la rencontre à côté d’un « hôtel des Facultés » qu’il faudrait que je retrouve) (vaguement le sentiment que c’est à Lyon)
ils se rencontrent, en Irlande, histoire d’amour (scène de lit : parfaite) il ne peut le cacher à sa femme parce qu’il ne le veut pas (elle encaisse : un mal de chien…); les enfants ressentent l’affaire, rien n’est facile – on avance, mais il ne peut pas cacher cet amour
le truc, c’est qu’elle a quelque chose comme vingt-cinq ans de plus que lui (lui, c’est Melvil Poupaud – il est de 73, comme la réalisatrice) : comme dans la vraie vie (si jamais ça existe) disons – le couple est un peu difforme, le livreur épicier asiatique n’apprécie que peu, le copain d’enfance moins sans doute (Sharif Andoura), mais sa fille à elle (Florence Loiret Caille, qui envoie grââââve – extra) oui
alors voilà, on avance le drame se noue, est noué se révèle
j’aime savoir/croire que les actrices (et les acteurs) jouent toujours le même rôle dans le même film – ça m’aide à regarder les films dans leurs différences, pratiquer des correspondances, me souvenir des belles choses, faire exister ici ou là une histoire peut-être improbable – j’y vois de la fidélité, peut-être (est-ce que volage est le contraire de fidèle ?) de la constance et l’assurance que nous sommes en vie (je ne vais que rarement au cinéma tout seul) (on rit, on pleure)
il paraît qu’elle jouait à ses débuts dans cette série nommée « Les dames de la côte » (c’était à la télévision) une aura un peu sulfureuse, peut-être anarchiste, peut-être éthérée : mais comme dans La Famille (Ettore Scola,1987) j’ai vaguement l’impression qu’elle se tient – elle est ici formidable – sa voix surtout ? non, son sourire

 

Les jeunes amants, un film réalisé par Carine Tardieu (en vrai, les trois actrices sont formidables)

Nour, ses frères et leur mère

 

 

 

ce qui est un peu impressionnant d’abord, dans ces images-là, c’est que le petit héros

ici à l’extrême gauche bras croisés avec ses collègues (ils sont en travail d’intérêt général : la raison en demeurera tue) le petit héros (je dis « petit » parce que c’est le dernier de la fratrie) (ils sont quatre) ici peignant

les murs d’un collège pense-t-on – travail ordonné par un animateur socio-culturel (Pietro, interprété par Luc Schwarz)

assez au fait des méthodes à employer avec ce genre de public – donc le petit héros porte, comme le précédent, de l’eau vers sa maison – de l’eau – il y vit avec ses trois frères (d’où le titre du film) et leur mère

tout le monde le sait, elle va mourir – on peut espérer, se leurrer, espérer encore, mais elle va mourir (comme nous tous, telle est notre condition- semble-t-il) (oui) – et ses fils s’en occupent, ils la gardent chez elle (donc chez eux) car c’est chez elle qu’elle veut (ou doit : on le subodore, on n’en sait pas grand chose, mais on y croit) mourir. C’est l’été, il fait chaud et Nour (c’est le petit héros) (Maël Rouin-Berrandou)

part la grâce de la musique va commencer à voir quelque chose, au loin, quelque chose par l’intermédiaire de cette professeure de chant (Sarah – Judith Chemla)

elle lui apprend à poser sa voix

et son souffle

afin qu’il parvienne à chanter

ces mots qu’à sa mère (c’est ainsi qu’il l’a séduite) son père chantait quand il était encore là (où est-il ? mystère). Elle lui fit cependant quatre fils; il partit; et eux vécurent cet été-là, l’été de la disparition (certaine) de cette mère, dans cet appartement

vivant de petits trafics, ou de prostitution – une espèce de vie, une espèce de saison – l’aîné (Abel (Dali Benssalah)) n’apprécie pas le chant

son petit frère a autre chose à faire pense-t-il

merdalafin t’as compris ?

probablement – mais le chant

le chant pas seulement pour leur mère, mais quand même

le chant – c’est important, non, le chant ? – oui, alors je ne peux pas raconter la ville qui n’existe pas (c’est certainement situé dans le sud de ce pays dont on parle la langue) je ne raconte pas les trois autres frères – à un moment, l’oncle (tonton Manu, Olivier Loustau) veut faire entrer leur mère à l’hôpital parce que c’est là qu’on doit mourir

oh non ! le cadet

mais non

on ne la laissera pas

même s’il y a de la police (coursé par elle : Hédi)

on aidera la prof (au guidon, Mo le gigolo (Sofian Khammes))

et puis

et puis

il restera toujours la musique

et aussi les fleurs

un bien beau film…

 

Mes frères et moi réalisé par Yohan Manca

Générique

et techniciens (de création dit-on)

 

 

chambre 12, hôtel de Suède – enquête et hors-champ

 

 

 

 

ça se passe donc là – la réalité des choses : une des séquences d’un film, À bout de souffle (Jean-Luc Godard, 1959) (on en a parlé pas mal ici si tu veux voir – du moins on en connait les aboutissants)

ici, il s’agit plus d’une exploration (on ne sait trop comment (il n’en dira rien), mais le réalisateur (Claude Ventura) a par devers lui pas mal de pièces à conviction trouvées probablement dans les archives de la production (l’adresse du 4 rue de Cérisolles Paris 8 n’existe plus) – le téléfilm, comme on a dit, est plutôt centré sur les relations Georges de Beauregard (GdB)/JLG – on a cette image par exemple

qui montre, sur fond d’église de Saint-Germain-des-Près (on pourrait voir passer là soit Margot, soit Jipé – premier jour de tournage, paraît-il, soit 17 août 1959) (on est devant le café de Flore – gauche cadre l’autobus à plateforme où se tenait le préposé qui actionnait sa sonnette après avoir vérifié/tamponné ton ticket) (des souvenirs des « Exercices de style » de Queneau aussi) – de gauche à droite JPB (alias Bébel – on va le revoir avec sa montre plus tard) /JLG (en flamand rose) / GdB (on note les cravates?) (ce sont des gens bien) (toute une époque) (prise de vue : voiture

) or donc, il s’agit d’un décor que cette chambre 12 : le type (Xavier Villetard dans son propre rôle – scénariste, co-auteur, acteur téléphoneur intervieweur) cherche à savoir si JLG a foutu sur la gueule à GdB ou si c’est plutôt l’inverse (ceci pour le Mac Guffin du bazar, entendons-nous) – il va chercher à en parler avec JLG par exemple (il se fait envoyer paître, semble-t-il) donc il cherche d’autres informations ou sources, il recoupe il va de ci de là (les notes de musique de la bande originale (comme on dit) (extra) due à Martial Solal l’accompagnent – il n’a pas été chercher le musicien, c’est dommage) – il va en ville, il cherche (rive gauche plutôt) rencontre untel (lui aussi en merco) (j’aime le 96, derrière)

Claude Chabrol qui indique qu’il n’a fait que donner son nom comme garantie (il est crédité au générique comme conseiller artistique) (et comme directeur de production – quand même…)  (de la même manière, François Truffaut est crédité au scénario (or il n’y avait pas de scénario…) : ainsi  le film a-t-il pu se monter (se produire, se financer : on saura qu’un René Pignières veut un (son, c’est la mode et ça rapporte) film « nouvelle vague » : GdB le lui offrira… (le Pignières en question distributeur  fondateur (en 1934), avec les deux Beytout, de la SNC société  nouvelle de cinéma – distribution (entre beaucoup d’autres de La Bandera de Julien Duvivier, avant-guerre par exemple – 1934) (la preuve) des « Gendarmes » avec Louis de Funès dans ces années-là (furieusement nouvelle vague, hein…) (non, mais l’argent n’a que peu d’odeur et sans argent, pas de cinéma : donc on s’en fout, on le prend où il est) – équipe de tournage assez réduite, dit-on , mais de GdB l’équipe : par exemple le chef opérateur, Coutard  (dans l’annuaire, on découvre l’adresse du Raoul (il est mort en 2016 – il était de 24), j’ai trouvé ça

au 5 de la rue Boutarel (sur l’île) (il faut me croire sur parole, là – comme on est enclin, toujours d’ailleurs, à le faire au cinéma…) on ne la voit que trop rapidement, mais j’aime bien sa montre analogique, à la mode en ce temps-là – 1993) (je te la montre)

(clcdld)* hein –

ils sont au Select (boulevard du Montparnasse), le type Xavier V. pose des questions, l’autre répond, blasé, que oui, GdB et JLG en sont venus aux mains, devant « la belle Fero » (un café/restaurant rive droite, rue François-Premier)

(au fond à droite, les arbres sont ceux des Champs-Elysées; à gauche ceux de l’avenue Georges Vé) (pour situer) (à l’à peu près même époque, ce café était aussi un quartier général pour les journalistes et photographes de Paris Match, puis d’Europe 1 puis plus tard de Salut les copains – toute une histoire dont on retrouve les prolégomènes dans le projet DF)  : là où ils se sont foutu sur la gueule et le personnel (attentionné) du café les a séparés… (des bruits de caniveau ? peut-être en tout cas pas confirmés par les autres) – il y en a un paquet dans le (télé)film (des autres veux -je dire) – des types, plutôt, comme ici  – on le voit trente trois ans plus tôt, avec son chapeau ici mais dans la même attitude de lecture

Pierre Rissient – à sa gauche, la scripte-girl (Suzon Faye, on ne l’entend qu’au téléphone) (moi je ne la connais pas, j’aurais plus dit la fille au crayon derrière la camera pour la scripte mais bon) – le type, là, était assistant – sur cette photo-là

la petite robe de prisunic (on en voit la facture ou alors ce n’est que suggéré, en tout cas c’est dit) (le son du film fait comme JLG aime à faire : chevauché, on entend ici quelque chose de l’autre côté autre chose -un peu un gimmick, une sorte de masque) la photo entière (sans doute de Raymond Cauchetier, le photographe de plateau – qu’on n’interrogera pas… : dommage il n’est pas sur la liste) (Rissient coupé, à l’extrême gauche)

on aperçoit aussi Phuong Maittret la maquilleuse (qui n’avait pas grand chose à faire semble-t-il – JLG refusait qu’on maquille les acteurs semble-t-il encore – surtout la petite américaine…) (mais de la maquilleuse, on ne saura rien : elle n’est pas interrogée non plus – on sait qu’elle répond au téléphone par monosyllabes, ce sera tout d’elle) (comme il y a là deux visages asiatiques et féminins, on ne sait pas trop laquelle est qui – probablement la première en partant de la gauche)

puis continuant sa recherche qui se pratique en neuf jours, il ira trouver

un certain François Moreuil (alors époux de la Jean Seberg, elle a 21 ans, il en a alors 25…) (réalisateur de cinéma et télévision, décédé en 2017) puis un José Bénazéraf (1922-2012)

réalisateur lui aussi, mais de films porno(graphique)s (le genre marchait fort à ce moment-là, mais avec internet les choses ne sont plus ce qu’elles étaient) qui partageait ses bureaux avec GdB – vient ensuite Roger Hanin (1925-2015) (marié à Christine Gouze-Renal productrice (le 4 août 1959…), sœur à la Danielle Gouze épouse Mitterand enfin tout ça) (en 1959, il est interprète d’un film de la série des Gorilles, plus ou moins (plutôt plus) navets à base de barbouzes et compagnie gaulliennes – on passe hein) encore qu’il interprète ici le rôle que devait tenir un certain Paul Gégauff (espèce d’éminence grise de la nouvelle vague machisme cynisme vol et autres turpitudes dont on dit qu’elles seraient la base de la personnalité du Poiccard) vient ensuite Richard Balducci

chargé de presse du film (c’est mieux qu’attaché ? peut-être mais c’est le même rôle) qui tient (au débotté) le petit rôle du maître-chanteur (à la fin du film, rue Première Campagne comme dit Patricia) (il est sur la photo plus haut, au dessus de la scripte Suzon Faye) – puis encore, à Joinville (studios de cinéma d’alors) Cécile Decugis, la monteuse (1930-2017) (bonjour le boulot : sans scénario, sans trop de clap, sans son – sans compter les sautes d’humeur du réalisateur…)

(assistante de Marie-Josèphe Yoyotte (1929-2017), LA monteuse du cinéma français d’alors (elle a réalisé le montage de Moi un noir de Jean Rouch (eh oui) et des 400 coups du Truffaut ( avec donc Cécile Decugis qui est aussi LA monteuse de la nouvelle vague avec la plupart des films de Roro (alias Maurice Scherer) aka Éric Rohmer) – ensuite viendra l’actrice Liliane David (1937-2018) (l’amie – de la même eau qu’Anne Colette est celle du JLG – du François Truffaut)

celle à qui Poiccard vole quelques billets dans sa chambre mansardée de bonne – elle parle aussi de Paul Gégauff  dont on tient ici une image d’alors, en compagnie de JLG (découpée) (le Gégauff en question (1922-1983) a fini sa vie sous les coups de couteau de son épouse du moment – c’est pour te dire l’amour et la joie qu’il inspirait…),un peu de Claude Chabrol en off encore, puis viendra Poiccard avec trente trois ans de plus

sa montre – premier grand (premier) rôle pour lui – il est de 33 –  premier film de long métrage pour JLG – non, on ne va pas salir cette magnifique entente

mais non, bien sûr – pour finir, l’enquête se dirige vers Genève, y rencontre un certain Roland Tolmachoff, à présent gérant d’un hypothétique (introuvable) Sunset (JLG y séjourna un moment dans les années 55, 56 – sa mère morte dans un accident de Vespa, à 45 ans (dixit A. de Baecque je crois bien – JLG lui travaillant à un barrage quelque part), ils se réunissaient parfois dans un café avec Berutti  peut être Parvulesco, Combaq d’autres encore, le Parador (introuvable itou) enfin un de ses amis d’alors

mais sinon, à part quelques zones ombreuses, tout, absolument tout, est vrai

Mais non – mais donc, ce Poiccard, cependant trahi par cette Patricia, court mortellement atteint dans le dos par l’inspecteur Vital (Daniel Boulanger) et s’affaisse

vers le croisement du boulevard Raspail (là où se trouve son effigie rénovée)

alors que passe on dirait bien une 4 chevaux (comme celle que conduisait ma mère) il tombe (au milieu des clous hein) et passe

une 403 comme en conduirait mon père

 

Chambre 12, Hôtel de Suède, un (télé)film (magnifique) de Claude Ventura et Xavier Villetard

 

les fleurs en entrée de billet : à destination de Jean Seberg et de toutes les oubliées des génériques

*clcdld: c’est le cas de le dire (on intègre ici l’affiche du film

)

– par rapport au générique de fin de ce film-ci (il me semble qu’il n’y en a pas dans le ABDS) on remarquera que Suzon Fay (seulement en voix off, certes) n’est pas présente : elle intervient pourtant entre Claude Chabrol et Raoul Coutard; Cécile Decugis vient après Jean-Paul Belmondo (on entend seulement l’interprète de Poiccard avant l’intervention à l’image de la monteuse). La maquilleuse Phuong Maittret (qui deviendra, dit-il, la confidente de Jean Seberg) absente ne répond (comme on l’a entendu seulement) que « par monosyllabes au téléphone ».
On a cherché sans y parvenir à identifier le Jim Pallette dont on entend la voix (peut-être est-ce lui qui travestit la voix de JLG au téléphone)

Pour en finir (provisoirement), il existe un livre sur le film écrit par Michel Marie (prof de ciné en Sorbonne) chez Armand Colin, La nouvelle vague et son film manifeste À bout de souffle (2012) (31 euros quand même) – quelques extraits ici)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

chambre 12, Hôtel de Suède – distribution

 

 

 

toute notre gratitude à l’Employée aux écritures pour nous avoir fourni (par la poste) le lien vers le site qui permet le visionnage de ce beau documentaire 

 

Lorsque j’ai entendu dans le film le réalisateur au bout du fil (entre parenthèses, gardons confiance dans la réalisation pour nous affirmer que c’est lui qui est au bout du fil) répondre : « non mais vous rêvez non » sourires puis raccrocher après un « voilà au revoir »

« pourquoi je rêve ? « , demande l’interlocuteur, ici penché en avant, « dites-moi pourquoi je rêve » quand même ce serait Jean-Luc Godard, je me suis dit mais comment veux-tu qu’il réponde ? est-ce qu’on sait jamais pourquoi on rêve ? sinon pour ranger les souvenirs, dormir tranquille et reposer un peu cette pensée toujours en travail… Il y a cette image de « jeunes gens insouciants »

(bof) (on est août 1959) (je regarde ces images et je vois de loin Otto Preminger qui maltraite ses actrices; je vois, de loin encore, le même Jean-Luc Godard qui ne veut pas parler avec Marina Vlady (premier rôle de Deux ou trois choses que je sais d’elle – récemment en poème/express*875) sinon par micro et oreillette interposée) je regarde le générique d’un des films qui fera croire au reste du monde qu’existe une « nouvelle vague » cinématographique en France (une « bossa nova » au Brésil), alors voilà pour dire avant qu’il ne commence, ces jours-ci, ces temps-ci, à quoi ressemble le décor (ici en 2010 – légèrement difforme par la grâce du robot

là avant hier

) alors qu’on nous informe dans le (télé)film que l’hôtel va être détruit dans les huit jours (on s’en fout, je reconnais – ça donne une caractère d’urgence, de fatale destinée à l’enquête) et puisque cette maison reste témoin de ces agissements-là, alors pour la troisième fois ici (deux autres : ici et ) , le générique – il s’agit d’un téléfilm comme on dit

il date de 1993, semble-t-il (bouquinistes, mais pas de Notre-Dame) au son, les cinq notes dues à Martial Solal qui inondent littéralement le (télé)film (on croirait du Georges Delerue, c’est pour te dire…) (magistrales) (ça rime…)

un type arrive au volant d’une merco – l’hôtel s’appelait de Suède, c’est joli (ça me fait penser à Ingrid Bergman, qui envoie une lettre à Roberto Rossellini) c’est le générique de début

rien de spécial (Xavier Villetard joue probablement son propre rôle (ça veut dire quoi, » joue son propre rôle »  dis-moi ?) je crois que Claude Ventura fait la voix off

c’est ainsi que se déroule le (télé)film, une heure vingt de recherche (à voir encore je crois un moment ici) de rencontres, d’entretiens, un documentaire dont le sujet serait les relations qu’entretiennent le producteur et le réalisateur d’un film qui deviendra, sans qu’aucun d’eux en sache quoi que ce soit, une espèce de parangon de cette « nouvelle vague » – j’ai réalisé pas mal de « captures d’écran » comme on dit (capture d’écran ? ça veut dire quoi, capturer un écran… ? nous avons besoin des mots),  je les poserai plus tard ici, et puis voici les cartons du  générique de fin –

on ne dispose pas de celui de « Fin » sur l’écran – il n’y en a pas – Xavier Villetard attend pour traverser, devant le quinze du quai Saint-Michel (je préfère le mot toponyme, juste avant, de Montebello)

et puis c’est en noir et blanc – sonore – avec

tout ce monde interprète son propre rôle (réalisateurs, assistant, opérateur de prises de vue, acteur : pas une femme tu remarqueras) (je ne suis pas certain qu’ils soient cités dans l’ordre d’apparition à l’image)

ici deux femmes, la monteuse et une actrice (à laquelle, dans le film À BOUT DE SOUFFLE le Poicard fauche de l’argent, au début de ses pérégrinations) (Jim Palette ? je ne sais qui…) (seulement sa voix ?)

personnel télévisuel plutôt (on se perd en conjectures : jouent-iels leur propre rôle ?)

en tout cas image arrêtée (ou alors un autre, celui de leur profession?)

(l’accent grave sur le A tu repasseras) et puis

seul sur le quai

une esthétique des années soixante – À bout de souffle se dit Breathless en anglais – sans respirer – la suite au prochain numéro…

 

Chambre 12, Hôtel de Suède, un documentaire (donc) (télévisuel…) de Claude Ventura