Vendredi 3 Résister (carte postale)

 

 

 

 

 

Il avait été institué que le billet viendrait le vendredi – la semaine dernière déjà on avait failli – mais la maison, alors que deviendrait-elle ? En dehors du lotissement,on craignait pour sa vie : elle n’était à l’abri de rien, cette vie – en dehors du lotissement, heureusement on ne s’y aventurera pas – n’empêche on craignait pour sa vie, et celle de ceux qu’on aime, ils ne sont pas là, à l’autre bout du pays, de la Terre même, ils ne sont pas là – on aurait donné sa vie pour des idées cependant – ou alors pour la leur – mourons pour des idées mais de mort lente disait le poète – on aurait donné sa vie pour quoi, d’ailleurs ? je me souviens que je me posais la question dans la nuit noire du camp de Royalieu lors de mon service militaire soixante dix sept août durant la garde je me souviens de cette époque : sa vie, pour quoi en faire ? Militaire ? Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus (quand nous aurons cassé la gueule à nos aînés racontait Léo) – la patrie ? Une maladie qui frappe au hasard – on se mouchait dans son coude, tu te rappelles ? Les messages des radios, l’internet qui ne marche que mal, le tourbillon des idées noires, des fleurs du printemps – c’est aujourd’hui ou quoi ? Non, non, pas question de cesser, dès que possible, retourner au charbon – respirer, souffler – inspirer, restez chez vous, rester chez soi – la maison est vide, il me semble mais je n’ai pas regardé – c’est vrai qu’ils ont fermé les cinémas – ils ? On se perd en conjecture sur le genre de celles – et ceux – qui instaurent des principes de précaution – la grippe espagnole après la première guerre mondiale, ce monde tentait de se remettre de ses gaz et de ses millions et millions de morts – Venise, cette superbissime cité lacustre, la place Saint-Marc vide et seuls des pigeons y stationnent – la Salute splendide construction à laquelle on accède depuis la piazzetta par un pont de barques une fois l’an, sur ses plus d’un million de pilotis désormais calcifiés, la Salute érigée en remerciements à Marie pour avoir protégé la ville de l’épidémie de peste – le tiers des Vénitiens d’alors s’en était allé retrouver dieu – la Salute protégera-t-elle la ville ? – comment se ferait-il que nous autres, du haut de notre superbe, du haut de nos indices, de nos indicateurs, de nos bourses et de nos banques resplendissantes d’ors et d’argent, d’actions, de bons du trésor, d’obligations et de titres, comment se pourrait-il que nous puissions être détrônés par ce truc invisible, nos poumons, nos artères, notre sang lui-même, comment cela serait-il simplement envisageable ? On nous aurait menti ? On s’en serait pris à notre confiance ? Allez, il y a cette chanson, Polnaref qui montrait son arrière-train dénudé, tu te souviens, qui faisait « dans la maison vide dans la chambre vide je passe ma vie à écouter cette symphonie qui était si belle et qui me rappelle» je ne sais plus quoi, tu te souviens ? Moi oui – enfin un peu – chanter aux fenêtres, bien sûr, s’invectiver d’un côté à l’autre de la rue, rire pour ne pas pleurer ? Ne pas succomber en tout cas, rire encore oui, pourquoi pas, un jour, couleur d’orange sans doute – dans le lotissement, la maison est là, bardée de ses papiers-peints, meubles de carton, vue de Papeete au mur du salon – peut-être pas quand même, mais on est libre chez soi de n’en faire qu’à son goût – la maison[s] témoin ne sera pas interdite – une musique, une chanson douce, quelque chose de l’émoi, de la tendresse – vendredi sur la terre et dans son jardin quelques fleurs

Alma

 

 

 

Sans doute faut-il une bonne quantité d’inconscience pour aller comme on le fait ici sur les traces de films et de cinéma (probablement le premier poste d’exportation étazunien – ici le film est produit par l’ambassade de France plus une maison guatémaltèque (et le CNC) – ça ne peut pas trop s’inventer (enfin, si) – ce cinéma qui donc, de ce fait, propage à peu près l’ordure de l’idéologie qui est à l’œuvre ces temps-ci ici par la grâce de petits cintrés et suce-bottines) le cinéma, ce lieu du monde où « il n’y a que ceux qui travaillent qui travaillent »  et qui enfante des Weinstein à déambulateur (ce cinéma…) ce lieu des arts et des industries donc, une certaine inconscience à rester ébahi devant des images aussitôt apparues, aussitôt disparues – j’aime pourtant le cinéma, mais moins la façon dont il est exploité – on en est presque à la profession de foi on dirait – en faire un panégyrique : je ne parle que des films que j’aime, certes, – alors qu’il n’y a rien de plus détestable que ces injonctions, ces publicités, ces affiches et ces ordres masqués et superfétatoires – c’est vrai mais c’est aussi qu’hier (non, avant-hier : comme le temps passe…) je suis retourné dans ce lieu

(oui, il pleuvait) ça s’appelait Censier alors (maintenant, toutes les facultés parisiennes s’appellent Sorbonne – wtf ? – encore une saloperie du langage adopté par ce monde-là, ultralibéral comme ils disent) (on se bat pourtant, et on ne baisse pas les bras) et que j’ai repensé avec une espèce de nostalgie imbécile (j’écrivais mon nom sur la feuille à l’entrée) au temps où on allait déjeuner au resto u – on était servis à la table de huit – je te trouve une image de ce restaurant-là (Albert Châtelet qu’il s’appelait)

c’est là, au premier étage – mais enfin, le cinéma, mon ami ? oui, voilà : se servir des supports offerts par ces productions pour vanter leurs films – les films annonce – et en raconter partiellement l’histoire, qu’est-ce que ça peut bien faire ? Rien. Je m’échine, je parle de villes ici, d’autre chose ailleurs, je m’épuise et je continue – je me promeus – je descends dans la rue, je vais marcher, je retrouve mon amie, on marche de concert, on donne une carte là, une autre ailleurs – des sous ici, là – on entre, les fauteuils « pas pour le film mais pour ce qu’on y fera » disait la chanson – des images, des écrans, des chansons et des sentiments – noir et blanc, couleurs? esquimaux sucreries ? l’envahissement des popcornard.e.s cette plaie… – mais ces retours sur soi, quelle plaie tout autant – le film traite d’une ordure, sans doute, mais c’est une réussite.

 

Tout se déroule pratiquement dans une maison – et ce sont les agissements passés du chef de famille (un vieillard

sénile libidinal

maudit et possédé) qui en font une prison où le sort est jeté. La force de la narration est donnée partout par les femmes : l’épouse (à l’arrière plan : Carmen), plus la fille (Natalia)

et la petite fille (Sara) du monstre (l’homme est au début du film propre sur lui, boit du wisky et fume des clopes – en procès reconnu coupable de génocide qu’il nie) et aussi les employés, indiens comme il se doit sans doute – vite, ils s’enfuiront sauf une (probablement une fille adultérine comme on dit dans les familles royales (Valeriana, ici au premier plan) : la femme de chambre…

) et le garde du corps (sans image). Derrière la femme de chambre, la petite nouvelle – elle arrive

passe les barrages de police

pour arriver donc dans cette maison

Elle est Alma, elle est La Llorana (la pleureuse du conte ou de la légende).
Elle est simplement elle-même – mais sans doute porte-t-elle avec elle ce sort.

ou du moins le pense-t-on… Un être d’eau…

Dehors gronde la foule. Est-elle réelle ?

est-elle fantasmée ?

Des pierres sont lancées dans les vitres, des tracts sont jetés dans la piscine. La famille est cloîtrée, le vieux général se lève la nuit, il entend quelqu’un pleurer.


Il est tard, il prend  son revolver (l’un de ses revolvers dans son armoire garnie d’armes, ces armes probablement dont il s’est servi durant sa carrière de tortionnaire), il fat nuit – ça grouille ici, ou là – le vieux salaud est sénile et entend des voix. Sa femme échappe de peu à la balle qu’il tire sur elle, la croyant une ennemie, un fantôme, une goule : quelqu’un qui en voudrait à sa vie.
Et l’angoisse s’amplifie.
La peur monte dans la famille. La nouvelle femme de chambre aime à s’amuser avec la jeune fille (on craint le pire).


L’eau, partout, coule : un robinet ici, la piscine la pluie peut-être, la nuit, l’eau et les pleurs. Dehors les gens ne bougent pas mais chantent crient insultent. On devrait les faire fuir, mais non. Ils devraient s’en aller, cesser leur manège : non, ils sont là, fixent les fenêtres derrière lesquelles la famille regarde, sans y croire, ces milliers de fantômes (ou de personnes vraies, vivantes, hurlantes : qui peut savoir ?).
La peur croit encore. Et encore, encore et encore.

Une scène montre d’autres généraux bientôt rattrapés par leurs tortures

un autre général convaincu probablement lui aussi de génocide s’en aller aux toilettes, s’épancher et l’eau sourdre à ses pieds.
Et d’autres scènes, des cauchemars : le sous-texte (le sous-film disons) raconte ce qui subirent les indigènes – des femmes voilées le racontent aussi lors du procès

(le procès est une merveille)

(tout le film est une merveille) – la vieille femme du général rêve et cauchemarde. C’est la nuit, elle s’éveille en sueur, entend-elle quelqu’un pleurer, au loin ?

Et puis le film va à sa fin. Ni oubli, ni pardon.

 

La Llorana de Jayro Bustamante

Carmen, la mère : Margarita Kénefic
Natalia, la fille : Sabrina de la Hoz
Sara, la petite fille : Ayla-Elea Telon
Alma, la nouvelle servante : Maria-Mercédes Coroy
Valeriana la femme de chambre : Maria Telon
Le général : Julio DIaz

Issa, le lionceau, Chris et les autres

 

 

 

 

C’est difficile d’en parler – on ne fait pas spécialement partie de ce genre de dispositif – mas quand même, il y a là des enfants, des adultes presque encore adolescents puis des adultes, des salariés fonctionnaires, des férus de l’économie informelle (que dit-on de cette qualification ?), et puis pas mal de gens qui ne désireraient que vivre en paix. Notamment des femmes : on en parle que peu, mais elles sont là (les mères des « microbes » (les plus jeunes) comme celles des flics, baceux ou autres).

Il s’agit sans doute plus d’un film d’hommes, bien que la loi soit incarnée, en son autorité, par une femme

(Jeanne Balibar, tellement convaincante) : la commissaire qui connaît son personnel. On ne la croise qu’au début. Un film d’hommes…

La vie est compliquée quand on a la peau de couleur autre que ladite « blanche ». Surtout en banlieue…

Le jeune type immédiatement à gauche est celui par qui le scandale arrive (Issa) : dans le carton qu’il porte à l’image se trouve un lionceau prénommé Johnny par son père adoptif, un circassien qui veut retrouver son ouaille – ici de dos

. Face à lui, Chris ( Alexis Manenti, co-scénariste) chef de la petite brigade qui officie ce jour-là (la tragédie, peut-être, en unité de lieu, de temps et d’espace se joue et se noue ici). Le Chris en question est assez sûr de sa force et de sa représentation : il incarne la loi

avant celle promulguée par les frères musulmans (nommés ici « Muz » sans doute pour les faire apparaître moins prosélytes – mais ils le sont, et fortement).

Le Chris en question fait régner une espèce de terreur dans « son » quartier

où arrive Stéphane (en arrière plan, avec son brassard : Stéphane (Damien Bonnard, parfait)) – ce dernier est là pour apprendre, sans doute, mais se trouve confronté à la bêtise crasse de son supérieur, laquelle bêtise

ne tardera pas à se retourner contre son auteur. Course poursuite

dérapage

bavure – les ingrédients réunis – on ne saura pas comment se dénoue l’histoire, mais cela n’importe pas. Une bavure oui : mais filmée

 

par le drone de ce jeune type à lunettes, là (Al-Hassan Ly adorable mais malheureux – il ne serait pas improbable qu’il y ait là quelque  accointance avec le réalisateur – mais je n’en sais rien). En tout cas, il filme, enregistre, conserve et mémorise. Tout est là.

Dans le dossier de presse, le réalisateur indique qu’il filmait tout dans son jeune âge (il ne disposait pas de drone, non, mais filmait) – pour documenter les actions de la police (ainsi que le faisait, dans La Cordillère des songes, Pablo Salas – pratique du cop-watching) : ce sont les armes des pauvres, du peuple, des malheureux, des dominés.

On approche de la fin : le jeune Issa (interprété par Issa Perica) voleur (emprunteur) de lionceau sera repris, mutilé, humilié. On n’en parlera plus : la carte mémoire où figure le film impliquant la police dans cette bavure sera (probablement) détruite

par Gwada (Djebril Zonga) – on n’en devrait plus parler. Les affaires continueraient ainsi que la police qui continuerait ses rondes ordinaires

et tout rentrerait dans cette espèce d’ordre auquel on est (plus ou moins) habitués… Sauf que non

Dans ce film coup de poing, ces misérables-là se vengent…

 

Les Misérables, un film de Ladj Ly (2019) prix du jury au festival de Cannes cette année.

À Victor Jara

 

 

c’est une histoire bourrée d’allégories – comme on aime – on aime le réalisateur, on aime sa manière (il est apparu dans un film de Nanni Moretti, « Santiago Italia » qui est aussi une merveille) – c’est toujours la même histoire, je le crains : la faculté de l’humanité à se détruire, se torturer, se piétiner, se battre, se blesser à mort pour enfin se tuer, j’avais à l’esprit Victor Jara

Patricio Guzman revient au Chili, le temps d’un festival, je crois – rencontre quelques amis, passe au dessus de ces montagnes qui isolent son pays du reste du monde – une île dira son ami écrivain

Jorge Baradit – on sait qu’il s’agit du pays où il est né, on sait qu’il l’a quittât par la grâce de l’ambassade d’Italie – il n’y est pas revenu – le pays a sombré sous l’immonde : une constitution réglée en 1980 en fait le laboratoire du « libéralisme » le plus éhonté. On y parle des montagnes : ici un ami sculpteur qui raconte la pierre de ces montagnes et les témoins qu’elles sont de ces horreurs

Francesco Gazitùa (les images viennent d’un dossier de presse distributeur : si on aime, c’est là) – des hommes des femmes aussi qui se battent pour respirer vivre créer – ici un autre sculpteur

Vicente Gazardo – une de ses œuvres et lui, dans le soleil

et tout est là : traduire ce que disent les roches dans un langage qu’on comprendrait

nous montons, les roches nous parlent – nous marchons : sur ces pavés (une petite scène : magnifique)

où en sont fichés d’autres

pour ne pas oublier, tenter de se souvenir, garder quelque chose de ces gens morts dans d’atroces circonstances, dans la rue, comme les pauvres et les chiens

comment veux-tu qu’on oublie ? Aujourd’hui, le pays est en crise profonde (elle dure depuis la chute d’Allende, le 11 septembre 1973

un séisme, l’allégorie du volcan – chute orchestrée par les US et notamment ce Kissinger de si noire mémoire), aujourd’hui les gens sont, depuis trois semaines dans la rue et continuent d’y mourir encore (on annonce vingt deux morts – mais ces annonces viennent du pouvoir lui-même – comment veux-tu qu’on oublie ?). On croisera Javiera Parra (le coup au cœur, la petite fille de Violeta, elle aussi chanteuse – comment veux-tu qu’elle oublie, elle aussi, comme Patrizio, comme tous ces gens – comme nous ?)

Et puis longuement, cet homme

Pablo Salas – et là, on est un peu frustré – : c’est un cinéaste qui filme toutes les manifestations chiliennes depuis les années quatre-vingt (car on se bat, toujours, depuis…) , on voit ses archives incroyables, on se demande pourtant comment il fait pour vivre (la frustration vient de là) et produire – il est vrai que l’entreprise a un air très artisanale – mais les archives ses archives sont là – mêlées aussi au film lui-même – on se souvient, rien n’est oublié :

ainsi que les montagnes, qui bordent la ville en son est

on se souvient

« n’oubliez jamais » chantait Joe Cocker (en hommage à son père, certes) – ni oubli ni pardon – et aussi, peut-être surtout cette image de l’enfance du réalisateur

cette boite d’allumettes, ces montagnes – les Andes, pillées pour le minerai de cuivre  : la nuit passent les trains qui vont au port, emmener le minerai qui vaut de l’or, dépeçant le pays de ses ressources – ici une mine accès interdit

affrétés par d’opulents hommes d’affaire qui se vautrent et se prélassent dans leurs résidences ultra-surveillées, au bord de lacs qu’ils se sont appropriés avec l’argent du cuivre, privatisés et gardés par l’État lui-même et sa constitution.

N’oubliez jamais.

 

La cordillère des songes, un film de Patrizio Guzman (2019)

en maison[s]témoin, sur le Bouton de nacre (autre merveille du même réalisateur)

 

 

Nettoyer

 

 

 

Ça va être les vacances – on va partir on va revenir – c’est l’important : on va se reposer, on va oublier un peu on va laisser passer les choses – ça ne va pas les changer, si elles doivent arriver, elles arriveront là-bas ici ailleurs – on va lire – prendre le temps de parler avec les autres, écouter ce qu’on a à dire, rire sûrement, s’étonner, poser des questions établir des réalités ou douter des illusions – il va faire beau – on va dans les Abruzzes, en orient d’Italie (ce pays malheureux gouverné par des chiens dont la pape lui-même – c’est pour dire – se défie) puis on passera de l’autre côté de la jambe – la géographie se mue en anatomie – passer les petites montagnes Apennins, tandis que les enfants passeront des jours entiers à Rome – ça ira, jambon pizza melon mozza basilic – ça ira – tomates salades – en attendant passer par le parc et poser ici quelques images qui me font souvenir des todolistes d’il y a quelques années – des images qu’on postait – c’est le matin, le mois d’Août, Paris au parc – petits métiers, nettoyeur jet à haute pression – faire du propre le matin avant l’arrivée des enfants des visiteurs des gens des vieux – tout ce monde-là

il ne fait plus chaud – il a fait mais là, c’est fini – les gens se promènent marchent

ou courent

en bas de la passerelle, une apparition – un nuage, un camion – au fond, à gauche l’hôtel de standing, à gauche la halle qui servait à garer le bétail bovin

au dessus la vague – on se hâte

on passe devant l’opérateur

 

(on va se gêner tiens) apparaît un peu dans la brume le servant du nuage le serveur de nuées

il fait beau – on va à l’expo (cheveux blancs obligent certainement – reliques dorés des saccages de tombes : il y a à voir et à photographier, le populaire s’y presse par centaines de milliers – le million !!! le million!!!) (je ris un peu jaune, je déteste ces raouts) (OSEF on nettoie)

on fait du propre, bruits brumes décors

on aperçoit de mieux en mieux le garçon (c’est un garçon)

il porte un gilet jaune (c’est le règlement, c’est contractuel : ne pas le porter serait probablement considéré (ou aurait été en d’autres temps ?) comme une faute grave lourde rédhibitoire : la porte ! – mais là, il le porte – avez-vous comme moi le sentiment que certains l’arborent de nos jours ? samedi prochain, tu sais quoi? acte 40… nous serons le 17 août – on ne lâchera pas)

bon, voilà qu’à nouveau il se cache – il y a quelque chose de jolie dans ces passages à vide, ces moments où la lumière joue avec l’eau, les gens passent s’amusent un peu – lui bosse…

moi j’avance, je me prépare

je change de route – je me cache : trop tôt

décadré

plan américain – la chance…

faire du propre – j’ai continué j’ai marché : au coin nord du théâtre, je ne l’avais jamais vu – mais il est normal que B2TS apparaisse ici aussi (chapeau melon moustache chaussures de cuir et costumes 3 pièces -je crois qu’il se trouve sur le mur de Saint-Louis aussi)

et à l’angle sur le mur de l’est du même théâtre – je ne sais, sépia un couple d’amis sûrement

au ciel des nuages

(tout à l’heure j’irai voir sans doute Perdrix, puis Nevada, puis d’autres choses encore)

À vous toutes et tous, que cet été vous soit doux

 

 

 

allez allez

en fait l’idée c’est de faire ce que l’on fait
avec plus ou moins de bonheur
plus ou moins de chance
plus ou moins de sérénité et de ténacité
plus ou moins de questionnements
sans oublier que nous ne sommes pas des îlots ou des gardiens de phare, faire c’est aussi regarder ce que font les autres avec plus ou moins de hardiesse, plus ou moins de vilenie, plus ou moins d’âpreté, plus ou moins de courage et/ou de cohérence
le faire des autres vient heurter s’engouffrer s’insinuer saupoudrer pénétrer notre faire à nous
et c’est ce qu’on garde de ces poudres de ces poteaux ou ces tenailles qui compte
par exemple j’ai lu cet homme qui dénonce ceux qui sont fiers de leur hideur
j’ai vu ces sit-in
ces armes maniées à la cow-boys
ces pelleteuses que des bras sans force repoussent, bras accablés
ces têtes hautes qui refusent de s’asseoir au fond du bus, qui refusent que les noyés se noient
faire, ce n’est pas difficile
faire, c’est impossible
c’est entre ces deux plateaux de la balance que son propre visage se sculpte en trois dimensions
et dans ce faire il y a aussi l’insu
ce qui survient et n’était pas prévu
parler de cinéma, ce n’est pas parler de cinéma, c’est parler des gens de comment ils vivent de comment ils sont vus de comment ils se voient de ce qui est proposé dans le faire
on peut se placer en vigie
on regarde ou on tourne les yeux
on fait comme ça nous chante
et parce qu’on fait ce qui nous chante ça sonnera toujours assez juste
(l’idée)
parce que les idées, ce ne sont pas des concepts, ce sont des corps
les rêves de piscines vides n’existent pas
ou bien c’est que les boutiquiers ont gagné ?
les boutiquiers à cols blancs dont les suv possèdent un pare-chocs anti rhinocéros en centre-ville ?
non les rêves de piscines vides n’existent pas
hop
inutiles
et déjà envolés
allez allez, ne traîne pas dit la voix, tout va bien

Le Grand bal

 

Toi qui entres en cette maison(s)témoin, abandonne toute idée de vitesse, rapidité ou performance et prends ton temps, celui de regarder cette foule d’images et de personnes – cette maison est le témoin de mes errements mais pas seulement heureusement : j’aime le cinéma (ce qu’on nomme la fiction n’est que la vie réelle tout autant que celle du documentaire) et j’y vais (j’aime les salles de cinéma – moins les affamés ou les gourmands avec leurs papiers sonores comme leurs déglutitions – , celles de Pantin (le ciné 104) ou du coin Magenta Villette – Louxor – bien que la nouvelle idée de ce cinéma municipal soit de donner à voir des publicités quand même elles seraient du coin – ou de l’avenue de Clichy – celui dit « des cinéastes ») (et d’autres évidemment, tant d’autres…). Il me souvient de la fin des années soixante dix, où je tenais pour cette radio-libre une émission du mardi soir (j’allais aux projections de presse sans carte, on me laissait entrer souvent, et je m’en allais en parler ou pas), ici donc j’imagine faire le même travail (je ne suis rémunéré par rien, je paye même ma place, c’est pour dire l’abnégation). Et donc ce film-ci, dans le jardin d’ici, bien que documentaire (je ne goûte guère ce « genre » – mais c’est un principe idiot, et comme on sait c’est en s’appuyant sur les principes qu’ils finissent par céder). Je m’appuie, donc… avec l’aide de nombre d’images fixes (et de deux ou trois chansons).

 

On excusera les cadrages légèrement approximatifs (liserés noirs parfois), je suis trahi par la technique…

 

C’est une affaire (qu’il m’est) difficile à comprendre parce qu’il s’agit surtout d’une espèce de pratique sportive (c’est peut-être le « surtout » qui grince, mais je ne sais pas exactement). La danse.

Il s’agit en tous les cas d’un film documentaire : une (ou deux) semaine(s) par an semble-t-il, on se réunit dans l’Allier afin de la pratiquer, cette danse, à deux, trois, cinq ou cent et plus (« C’était à Gennetines, faubourg de Moulins« ). Disant danse on dit musique et corps, il me semble. Il me semble aussi (mais je n’y suis pas tellement sensible) qu’il s’y joue une esthétique. Passons. Il s’y joue surtout, il me semble encore, quand on parle de bal, un avenir proche et connexe à la sexualité. Si on y tient vraiment, tels étaient mes présupposés.

Cela se passe la nuit, mais dans la journée on apprend avec des artistes qui savent ce qu’ils vous enseignent. « Raconter comment et combien c’est différent quand on ose enfin se toucher ». Ici un Italien

un autre ici (disons catalan, hein – espagnole, ibérique, quelque chose on s’en fout)

une autre là

on apprend dans la journée (la polka, la mazurka, la valse, d’autres tant d’autres sans doute), le soir on danse

on s’invite sans se connaître (parfois) paraît-il mais je crois qu’on y vient surtout se connaissant déjà (ici le trio qui se repose m’a fait penser à ce « Jules et Jim » (François Truffaut, 1962 – pas d’empathie cependant)

on danse tant qu’on se repose aussi (ces sourires sont contrefaits, mais n’importe)

je te dis il s’agit d’un sport (comment ne pas perdre la tête)

où l’on s’embrasse (serré.e par des bras audacieux)

on s’embrasse (car on croit toujours)

et l’on s’aime (aux doux mots d’amour)

et encore (quand ils sont dits avec les yeux)

on se sourit, on se serre

on s’adore

et on danse

pour moi surtout, vraiment surtout, la musique

(attention série) la musique (ils peuvent aussi danser)

celles et ceux qui la jouent

je crois jamais seul

en effet

mais toujours cette grâce : la musique

encore elle

(la chanson de Léo « Le piano du pauvre »  j’y pense, il est là), je l’entends encore

(ce moment-là du film, repris sur cette photo-là, la magie de l’ensemble, les humains, c’est quoi ? ça danse au son de la musique et quand elle s’arrête, ça danse encore et ça chante… une merveille) la chance de le capter, de le revoir, alors la musique chantée (« vous chantiez ? j’en suis fort aise, eh bien dansez maintenant » tu te rappelles)

et puis la musique (pour changer)

la musique

et encore la musique

alors on danse de nuit

et puis encore de jour

et puis à nouveau de nuit

sept jours huit nuits, on danse à perdre la raison ou à la trouver

pour l’amour des autres comme pour l’amour de soi (je ne me souviens pas de lui, mais le voilà seul qui marque le tempo)

et puis la musique et la danse dont on parle

mais peut-être surtout qu’on fait

on tourne encore

et encore et encore

et encore

et encore

… Il fait beau, c’est l’été, on danse, la musique nous charme, il fait beau il fait doux – allez dansez encore

et encore et encore… (on oublie, on laisse la musette à Nogent, on se souvient que l’autre, c’est en sept jours qu’il a fait, bâti créé réalisé construit dit-on ce monde-là, on se souvient de cette chanson qui faisait « et puis y’a l’bal qui vous  flanque des frissons partout/y’a les étoiles qui sont plus belles que les bijoux/y’a les beaux mâles qui vous embrassent dans le cou/l’reste après tout/jm’en fous« )

 

Le Grand bal, un film de Laetitia Carton.

Dans le brouillard

(on ne la voit guère, mais sur l’image ci-dessus, la jeune fille, Haemi, fait signe (de son bras, côté passager) à son ami Lee Jongsu (hors cadre : c’est ce qu’il voit) : elle et son ami Ben arrivent chez lui…)  

 

 

ça va se passer à la campagne (les maison(s)témoin de la campagne, je ne suis pas certain mais les lotissements qui viennent et mangent les abords de la ville, oui) (je ne suis pas sûr) depuis un moment le brouillard est tombé et le type court

on se demande pourquoi – il cherche des serres abandonnées, en plastique, auxquelles son contemporain nommé Ben dit qu’il aime mettre le feu (pourquoi ? pour s’amuser)

(ici, voici Ben) (la question en sous titre s’adresse à la jeune fille, Haemi) un type à l’aise financièrement – il conduit un petit coupé allemand carrera 4S – c’est une voiture qui vaut à peu près dix années de smic – et je me suis arrêté à ça (c’est un peu bête comme idée, mais il en est ainsi) l’homme conduit cette voiture il revient d’Afrique (le Kenya, je crois) en compagnie de cette jeune fille, Haemi, dont notre héros (celui qui court dans le brouillard) est amoureux

ici il est de dos (il se nomme Lee Jongsu), elle est de face, elle paraît plus jolie depuis, dit-elle, qu’elle est passée par le bistouri – alors il la trouvait « moche », quand ils se sont connus, dans la même petite ville de la campagne voilà quinze ans peut-être, mais à présent les choses ont changé – elle doit avoir un charme – c’est à peu près certain, elle en a – mais la voilà qui revient d’Afrique flanquée de ce Ben, riche, sympathique, gai, accueillant, simple : toutes les qualités… et voilà qu’ils viennent le trouver, lui, notre héros, dans sa campagne – ce sont des plans d’une grande beauté lorsqu’elle danse devant eux deux, puis tout à coup, elle se rassoit et s’endort… – tout comme elle disparaît tout à coup… Lui la cherche, court, se demande, mais plus que tout, il cherche quelque chose comme la vérité (où a-t-elle disparu ? est-ce Ben qui l’a perdue, enlevée brûlée vive ou pas ? endormie ? qu’en est-il de leurs relations, à elle, lui, Ben ? toutes sortes de questions inépuisables et justement, tout se trouve dans ces questions)

qui est-il, lui, pour la chercher ? Certes, il l’aime (ou le croit, ou le rêve) mais devant son rival (est-il bien un rival ? ou un ami ? un ennemi ? un double rêvé ?qui est-ce ?) il ne peut rien, ou presque… Mais je voudrais revenir surtout sur la scène finale, où le jeune Lee Jongsu passe devant la voiture qui flambe (et je voudrais revenir sur ce feu, ces flammes) pour me souvenir des formidables histoires qui courent sur le film « Le Guépard » (1) dans lequel Luchino Visconti demandait qu’on dépose dans les tiroirs des commodes du palais des Salina des dentelles, des vêtements de luxe, des chaussures, peut-être des parfums (toutes choses qu’on ne perçoit pas à l’écran, puisque c’est – comme on dit – du « cinéma ») et je me suis dit, reconnaissant le feu qui passe derrière les vitres du petit camion que Lee Jongsu conduit, nu semble-t-il, et laisse derrière lui – je me suis dit : « s’il s’agit d’un vrai feu, ce n’est pas celui de la carrera 4S de Ben » (ici une image d’une serre qui flambe)

vraiment, à l’écran… (mais ce n’est qu’un rêve d’enfant…)

Toute la différence est sans doute là : le cinéma, qu’est-ce que c’est ? Une illusion pour dire le vrai ? ou une vérité pour décrire le mensonge ? En tout cas, Haemi (la jeune fille qui disparaît) qu’on ne reverra plus garde, quelques temps encore après la fin du film, un charme presque inoubliable…

(me revient aussi ce qui se disait d’Andreï Tarkovski dans le Sacrifice où le plan – sublime – de l’incendie de la maison a été réalisé deux fois – à la fin de la deuxième reprise, l’équipe pleurait…)

 

Burning, un film (magnifique, cependant) de Lee Chang-dong (présenté au festival de Cannes en mai)

(1) Formidable livre que la biographie de Luchino Visconti, en folio (4891), par Laurence Schifano « Visconti, une vie exposée »

 

entre ciel et eau

 

 

des îles il y en a pas mal sur le plan d’eau – on fait un effort pour ne pas se croire en ville, ce n’est pas la mer, ce n’est pas l’océan, mais ça ne fait rien, on se baigne et il fait beau – la chance… des vues de haut

c’est une des dernières boucles de l’Oise, avant qu’elle n’aille rejoindre la Seine à Conflans

un paradis, mais d’un jour – baignades surveillées, accès sécurisés,  agents de sécurité – sans doute, quelque chose du contemporain, mais peu importe finalement, ce qui existe vraiment, c’est quelque chose comme une entente

si au loin est la ville

ici semble épargné – on joue, on chante

(un repas accompagné à l’accordéon, des gens, comme vous et moi) et de tous âges, on se promène on se baigne s’il fait beau, ici une mère et sa fille qui discutent de l’avenir (le son du film : une merveille de plus) (ajoutée à celle de la musique due à Yongjin Jeong : extra…)

il y a peut-être quarante petites histoires, les unes rapportées aux autres, les unes et les autres, jeunes vieux filles garçons des histoires, des gens des corps – ma préférée c’est celle du veilleur de nuit, rescapé in extremis, qui m’a fait penser à Doïsotievski, qui en réchappa in extremis aussi –  un petit train

rien, une petite fille qui regarde et le train qui roule : voilà tout, le soleil ou la pluie, une saison sur une île, on trouve parfois un cygne (ici c’est l’hiver)

pas mal de gens qui se marrent

un lieu, un territoire, quelque chose en ville, non loin tout au moins, tout le monde et n’importe qui, ça n’a pas d’importance, on est là et on vit, on se regarde et on se voit, on s’apprécie et on se sourit – ou pas – on s’amuse et on rit, à la nuit on s’en va, et quand l’été sera fini, on attendra (peut-être) le suivant, ici c’est l’automne sûrement

et puis il y aura sans doute l’hiver – on se promènera

le film, quant à lui, sera terminé, monté montré : splendide…

(les 4 dernières images : (c) Julien Vivet , recadrées, contrastées : bibi) (les 4 premières : issues d’une image de drone – via gsw)

L’île au trésor, un film documentaire de Guillaume Brac.

les chevaux (2)

 

Voilà un moment qu’on n’est pas entré dans cette maison (« entre ici Jean Moulin », tsais) c’est que les ennuis techniques alliés des contretemps et des obligations ont posé des barrages difficilement surmontables (apparemment) mais ça n’empêche pas d’aller au cinéma. De un. Et puis une espèce de lassitude vis à vis des choses courantes aussi, la maladie quelque peu, le travail pour une part (Henry Miller  » qu’il aille au diable celui pour qui le travail n’est pas un plaisir »), la relecture, le journal, la perte de quelques objets (retrouvés pour la plupart) toutes sortes de choses qui arrivent, n’empêchent plus de dormir, mais affectent l’allant du rédacteur. En vrai,la fatigue. Mais les histoires aussi parfois peuvent aider à surmonter cet état de l’âme. De deux. Peut-être (écriture qui continue, photographies qui essayent), un brin de défaitisme pour la résidence de la Marsa, la vie continue et les voyages reprendront, je ne m’inquiète plus, juste quelque peines et nostalgies, une espèce d’impression d’un  joug si lourd pour tracter de si lourdes charges – cela changera. Trois. Ici donc à nouveau, une merveille – il en faut – et qui vient d’une femme – et c’est tant mieux – trop choqué des événements de Toronto : cent mille lieues de comprendre le chemin de certains, quelle honte…

 

Les précédents chevaux étaient géorgiens, imbus peut-être d’une sorte de spiritualité qui allait légèrement en biais (ah voilà, il y avait cette chanson texte Louis Aragon, musique et chant Jean Ferrat : « ce qu’on fait de vous hommes femmes… ») (« J’entends j’entends ») (c’est un peu loin, je reconnais) (je m’y perds à peine) (il s’agit plus de l’amble, et des coeurs qui battent ensemble dans cette configuration, il me semble) : avec les animaux (foin des spécistes, et autres végans à la mode), autres habitants du monde, cette sensation d’appartenir aussi au même. Ici aussi : les plus belle images sont celles de ce héros (Brady Jandreau, dans son propre rôle, comme tous les personnages de ce conte si réel) qui parle avec un cheval sauvage, l’apaise, mais le dresse… Au même monde, certes, mais la plus noble conquête de nous.

Hors champ, lorsque dans l’histoire cette bête se blesse, pour garder sa liberté, il faudra l’achever. Et c’est cette mort même qui a servi de point de départ au film (The Rider, Chloé Zhao, 2017, présenté à Cannes en 2017 à la quinzaine des réalisateurs) et de moteur : l’allégorie qu’emploie le jeune cow-boy, cette plume qu’il porte sur son chapeau, sa vie elle-même qui ne vaut plus d’être vécue s’il ne peut plus jouer sa partie au rodéo.

Un accident de rodéo, un de ses amis qui lui aussi s’est trouvé sous les sabots de celui qu’on voulait entraver – le rodéo, que je comprends aussi mal que le base ball, a cette caractéristique – à moins que ce ne soit une qualité – ou un défaut je ne sais pas bien – de faire surgir des affects puissants, un peu comme la boxe, en une mise en scène tragique du couple dominé/dominant que cherche à cacher, voiler, dissimuler la politesse, la société, la vie en société – une visite à l’hôpital où il se trouve, cet ami, et puis des tatouages, et puis des animaux qui vivent ainsi que des hommes et des femmes dans ces grandes étendues étazuniennes (Dakota je crois bien, je suis allé voir avec GSW mais j’ai des difficultés avec les machines, aujourd’hui : un autre jour, peut-être, je trouverai les lieux de tournages).

Mais surtout les liens de fraternité qui existent entre le héros, déchu soigné (la trentaines d’agrafes qui resserrent le cuir de son crâne…) rétabli mais non, incomplet, et sa soeur et son père : cette intimité qu’on voyait aussi dans le film précédent, la réalité de cet humanité, juste magnifiquement suggérée mais montrée. Un bonheur, un plaisir, une joie.

A ne pas manquer (ainsi que le précédent).

Chloé Zhao (déjà croisée ici pour son précédent, magnifique tout autant)

et Brady Jandreau (le bras de l’opérateur, Joshua James Richard; derrière l’ingénieur du son Wolf Synder – ici en lien, le dossier de presse du film – les films du Losange)