L’escalieteuse

L’escalieteuse arrive avec son encombrant catalogue d’escaliers. Il s’agit d’une sorte d’énorme livre pop-up, mais en quatre dimensions, qui parvient à faire tenir dans un micro-volume trans-univers les différents modèles miniatures qui apparaissent entre ses mains comme par magie dans nos trois pauvres dimensions, tandis qu’elle feuillette l’étrange objet. Nulle magie pourtant, simple maîtrise élémentaire de l’espace-temps que, dit-elle, le CERN refuse de prendre en compte malgré les démonstrations répétées qu’elle leur a proposé. Passons.

L’agent lui fait passer en revue les nouveautés. Il faut en effet changer l’escalier témoin. De l’avis des différents collègues, ce serait bien, il y a de mauvais retours dessus : trop sombre, trop clair, trop anguleux, trop mou, trop sec, pas assez accueillant, pas assez familial, pas assez discret ; il faut bien le reconnaître. Combien de ventes perdues à cause de ces approximatifs degrés ? Il faudra donc démonter l’escalier, le renvoyer, le recycler — en cheminées semble-t-il — et installer le nouveau. L’agent considère les fenêtres, la porte d’entrée, et sent que l’installation n’ira pas de soi. Il demande si le truc des quatre dimensions sera — non, impossible, dit-elle : trop gros, ça ne fonctionne que pour les livres.

Elle sélectionne certains modèles, d’après les contraintes de cette architecture témoin, la décoration précise comme au cinéma.

Un tournant-bas ou un tournant-haut, éventuellement, il y aura quelques adaptations à faire sur l’échappée. Nous avons des limons sculptés, modernes ou néo-classiques, du plus bel effet, on ne s’y attend pas, ça ne se faisait plus mais revient à la mode.

Il nous faut du clair, du fluide, du qui élève sans effort, vous voyez ?

Oui, tout à fait, donc pas de reliefs. Et du tilleul, pour le bois. Du bois aussi pour la main-courante  ?

Peut-être sculptée à ce niveau, quelque chose qui se fasse sentir sous la paume, vous voyez, qui laisse un souvenir agréable à la peau venue visiter.

D’accord, notre rampiste peut proposer des textures granuleuses, noueuses…

Oui, c’est ça, du nœud, pour la rampe seule, le reste lisse sous les pas.

Je le note. Et pour les balustres ? Tournées ? Droites ?

L’agent plisse les yeux, pour se représenter, dans ce décor moderne, une balustre tournée, ventrue.

Je peux vous montrer… Elle feuillette l’espace-temps local de son catalogue magique pour en tirer un escalier moderne aux balustres métalliques, cylindriques.

Non ! L’agent sursaute. Surtout pas. Pas de métal. Du clair, de l’air.

Ou plusieurs rampes si vous préférez. Les enfants adorent la petite rampe. Ainsi, pas de verticales, que des lignes ascendantes.

L’agent sourit, il est heureux de cette entente immédiate avec l’escalieteuse. Que des rampes, des envolées, voilà qui est idéal.

Elle manipule encore le catalogue et en tire le modèle parfait, que l’agent observe sous tous les angles. Il ose à peine toucher cette maquette qui semble vivante. Mais oui, dit-il, c’est ça.

Elle replie le catalogue dans un bruit de couacs sans écho et de sifflements étranges. Ils sortent au soleil jaune d’automne et dans sa voiture, elle imprime le devis. L’imprimante est intégrée adroitement dans la boîte à gants. L’agent signe et devient soudain impatient d’emprunter ce nouvel escalier, comme s’il allait accéder à un nouvel étage entièrement neuf, une étape inconnue ouverte sur le ciel et sa douceur.

blanc vide rien

Et toi, qu’est-ce que tu mettrais sur les murs sur le sol de la maison témoin ? Autour des fenêtres, des portes, sur les vitres ? Quelles couleurs, formes, textures, qu’est-ce que tu oui hein toi tu toi mettrais ? Qu’est-ce qui resurgirait ?
On va dire que tu as le droit. On va dire que tu as tous les droits.
Non mais, tous.
Je veux dire même le droit du rien, le droit du blanc, le droit de la pureté blanche. Ho, je constate que les mots ont un sens, et que derrière ceuxlà, des anodins qui ne mangent pas de pain, qui ne font la guerre à personne, on pourrait dire on pourrait croire à un message, à un autre message en direction du rien, ou du blanc. Tu me comprends.

Donc oui, tu as le droit de ne rien mettre sur les murs de la maison témoin qui est témoin et qui reste témoin de ce droit que tu as de ne pas l’investir brutalement, énergiquement, passionnément. Mais tu comprends aussi que le rien que le blanc ne disent pas tout, ne proposent pas tout, s’effacent, et la place vide, tu comprends bien qu’elle va automatiquement se remplir. Et tu n’y pourras rien, ça viendra de tous les côtés. Ça submergera le rien, le blanc. Je crois même que ça le salira. Et comme ce sera incompressible et chaotique, toutes les couleurs venues de tous côtés, même des côtés obscurs, imprévisibles, dictatoriaux, se mélangeront, ça donnera du brun, de la gadoue, tu ne crois pas ?
Moi je ne sais pas et je ne veux pas parler à ta place, la mienne est déjà assez croche, donc je ne sais pas, mais de mon côté le rien le blanc c’est bien gentil mais comment dire, je trouve ça mou.
J’aime attraper, accrocher, agripper et tous les synonymes que tu voudras derrière, jouons. Et dès que tu installes le jeu, le jeu du synonyme ou autre, le je, tu es dans le faire et tu n’es pas dans le rien. Tu ne parles pas dans le blanc. D’une voix blanche. La voix des grandes sidérations.
Alors voilà, on est tombés d’accord je crois, qu’est-ce que t’en penses ?
Alors ? Qu’est-ce que tu mettrais, agripperais, accrocherais, agraferais scarifierais dans la maison témoin sur les murs sur le sol ?
Tout dépend du matos tu vas me dire.
Allez, on va dire tu es libre, mais j’ai peu de moyens, toi aussi non ?
On va dire qu’on n’a que notre peau pour nous.
Notre peau, c’est déjà bien, déjà pas mal, on va pas chochoter.
Nos peaux nos bras, c’est déjà bien déjà pas mal, allez, en route. Ho, j’arrête les métaphores là, parce que trop tu vois, je l’ai pas vue venir mais maintenant ça devient massif ou carrément téléphoné.

Alors qu’est-ce qu’on a comme matériel, notre peau et nos bras, ça peut servir.

Hier j’ai vu un homme, sa peau ses bras, et il empilait, il empilait, il empilait des morceaux de bois usagés, des détritus de bois, des planches jetées, il les empilait vraiment haut, et ça tenait un peu à l’arrache, avec des serres-joints et des tubes de métal pour coincer, et des sangles pour retenir, et tu me croiras si tu veux ça tenait. On s’est tous mis autour pour soulever ça, ces planches de n’importe quoi et ça s’est levé, et ça tenait, crois-moi si tu veux, juste la vérité. Et une femme, hier j’ai vu une femme s’enrouler dans des draps de papier, des feuilles immenses qu’elle dépliait comme en dansant, et elle les plaquait contre le mur, le blanc du mur, et les pigments volaient dans l’air. Du rouge surtout du rouge. Du jaune, son pantalon était marbré et ses mains toutes tachées de craies rouges et jaunes et noires. Et sur le mur ses empreintes digitales, parce qu’elle retenait comme elle pouvait les grands draps de feuilles de papier coloré. À la toute fin elle chiffonné rageusement les grands draps, elle les a laissés là sur le sol. Avec leurs ombres et leurs pliures. Leur monde complexe de zones complexes d’ombres et de pliures, où on pourrait se mettre je crois. Être cachés. En embuscade.

C’est ça qu’il faudrait non ? sur les murs de la maison témoin son sol, des embuscades.

De mon côté, comme j’attendais, enfin j’attendais sans attendre, je faisais aussi en attendant, j’ai fait une petite embuscade de bois. C’est un bout d’étagère qui ne servait pas, oui, mes moyens à part la peau les bras ça vole pas loin, c’est pas peinturalhuilegrandarmada mon truc. J’ai pris un tournevis en embuscade. J’ai creusé, j’ai griffé. J’ai recouvert de gouaches. J’ai pressé. J’ai posé deux gros dictionnaires dessus. Je suis montée debout sur les gros dictionnaires, un sous chaque pied. J’étais bien là-haut, les mots qui me portaient, ou m’empêchaient de tomber, c’est selon. J’ai enlevé les gros dico, mis de l’encre de chine, nettoyé, frotté, caressé gentiment mon embuscade. Et de la colle pour la vernir. Comme ça on peut la mettre dehors elle dégoulinera pas. Elle fanera pas au soleil, elle deviendra pas blanche ni rien, elle sera pas grand-chose mais pas blanche ni rien, à ça qu’elle sert. Je la pose là.

Et toi ?

Parce qu’on va pas se laisser faire non plus. Je veux dire, la peau, les bras, on va aussi respirer.

C’est l’idée de respirer, cette histoire. Des bouts de bois debout, des draps rouges, ça respire.

Trop de souffles perdus. Trop. Dans la gadoue, oui, tu me comprends, trop de souffles vitaux perdus dans la souillure, on est d’accord.

Charles Horman

 

C’est compliqué à mettre quelque part, mais étant données les vicissitudes de ce pays, ces temps-ci, avec le matraquage auquel nous sommes exposés sur les deux probables personnes qui deux semaines plus tard auront à tenter de faire comprendre leurs programmes (qui sont-ils ? comment faire pour qualifier l’un, l’autre un autre encore ? et l’argent dans tout ça ? etc etc…), étant donné aussi ce qui se passe en Turquie, en Russie, en Corée, aux Etats, le film chroniqué ici donne une idée de la cruauté d’une certaine humanité, celle qui s’octroie le droit de vie et mort sur quiconque, cette humanité-là dont on connait, ici, les émules et ceux qui aident à la faire advenir au pouvoir. Les faits mis en narration ici sont tirés d’un livre écrit par un journaliste du New-York Times « L’éxécution de Charles Horman, le sacrifice d’un américain« , porté à l’écran (comme on dit) par Constantin Costa-Gavras, « Missing, porté disparu« , (1982) produit par la firme étazunienne Universal. Je le mets dans un couloir.

 

 lls ont rejoint le Chili d’Allende, étazuniens mais probablement socialistes (ça peut exister), en tout cas de gauche (ça existe aussi), elle c’est Beth Horman (elle est incarnée par Sissi Spacek)

lui c’est Charlie (John Shea)

il aura beau faire attention, et y croire aussi

ici ce sera la dernière fois que nous le verrons vivant. Son tort, sans doute, se trouve dans ses idées politiques et son métier dans un journal (de gauche).  Le film se passe durant les journées du coup d’état mené par l’ordure Pinochet contre son propre pays, mené grâce à l’agence centrale d’espionnage étazunienne (cet inqualifiable tortionnaire a été recueilli en 2000, sous la protection du gouvernement de sa très gracieuse majesté, en sa Grande-Bretagne, et a fini par mourir au Chili, un terme à cette vie abjecte, sans avoir été jugé pour ses actes en décembre 2006 – qu’il ne repose pas en paix).

Il s’agit d’un autre onze septembre (c’est en soixante treize).

Son père (Ed – c’est Jack Lemmon, prix d’interprétation masculine à Cannes en 1982) le recherche aussi

mais jamais ne le retrouvera. Tout juste s’il parviendra à savoir le sort qui a été infligé à son fils comme à certains de ses amis. Morts, assassinés après avoir été torturés : les militaires fascistes parquaient leurs opposants dans les stades (une scène montre Ed et Beth demander si Charlie se trouve là, si quelqu’un l’a vu : un prisonnier vient vers eux et leur demande une glace au chocolat

ou à la vanille, je ne sais plus, car personne ne viendra lui demander de ses nouvelles, à lui, et qu’il sait qu’il finira comme tant de milliers d’autres : morts, pour ses idées).

Le film réalisé près de dix ans plus tard révèle ces agissements (l’ambassadeur, ou le consul, des Etats Unis au Chili, tentera d’attaquer en justice la production du film, sans succès et sera débouté : le film a obtenu, à égalité avec « Yol, la permission » de Yilmaz Güney, cette année-là, la palme d’or au festival de Cannes – président Giorgio Strehler) : le père et la femme de Charlie, promenés par les consuls et autres attachés d’ambassade étazunien, honnis et haïs par les nouveaux maîtres du Chili et d’autres aussi

ils ne retrouveront jamais le corps de Charlie (même si une mascarade tentera de lui trouver une réalité).

Pense-t-on à la chanson de Georges Brassens « Mourir pour des idées »  ? Au onze septembre deux mille un ? Pense-t-on à la vengeance, à l’horreur subie, à la terreur dont on ne cesse de nous seriner qu’elle se tient à nos portes ?

 

Tu sais quoi, je me souviens de l’année 2012, un peu, ce film par exemple (82 minutes quand même, hein), et cinq ans plus tard nous avons devant nous, en nos mains, des bulletins de vote. Pour que n’advienne pas cette horreur ici, faisons-en bon usage.

on


Alors on ne sait pas si c’est le haut le bas de cette maison
Par exemple est-ce que c’est la cave par exemple
Par exemple le grenier par exemple un mauvais exemple qui suppose le surplomb
Tu m’étonnes le surplomb y’en a pas
Dégoûtés devant l’aéroport, nombreux, plus de mille à dire non
Pas à la cave ou il faudrait un soupirail périscope incliné vers le haut
>>> Pas regarder en bas
>>> En bas y’a la lagune de venise, l’homme qui se noie
Des fois cette maison s’assoie sur une chaise
Et la bande passante des passants autour
Mais elle assise immobile
Comme les trucages au cinéma, la foule galope et au milieu un-une ne bouge pas
Pas bouger
C’est peut-être une bonne idée par exemple
C’est peut-être pas une bonne idée par exemple
L’homme se noie on ne bouge pas
Au cinéma les trucages font voler voldemort d’un mur à l’autre
son visage sans visage
Dans la cave de la maison on voit bien les fictions et les visages sans nez voler d’un mur à l’autre le soupirail tinte
Ding fait le soupirail
Après ton coeur explose par exemple
Bouger pas bouger bouger dire non
Tu cherches le poème qui finit par
« nous creusâmes ensemble nos fosses pour la nuit »
Parce que dans ta cave de souvenirs ou ton grenier de tête c’est un poème qui dit prends-moi dans tes bras et qui dit nous sommes tristes si tristes si désespérés prends-moi dans tes bras qui disent non
Un grand oui ferait aussi bien l’affaire mais tu noteras que le son iiii qui finit oui se perd dans les ricanements voldemort
Et le bruit iiiiii des grilles ouvertes pour être refermées
Le oui, c’est si beau un oui, mais s’il est pris dans les grilles des lagunes, pris dans les cris des oubliées, c’est oublié
Et parapher des documents recouvre les oui aussi
Le non le son on de non peut durer plus longtemps comme un bourdon
Une basse
Sourde
Longue
Sans reprendre son souffle
Non
Tu dis non dans la fosse tu dis non dans la nuit
Ensuite tu jettes tout, par exemple tu exploses et tu cries prends-moi dans tes bras
Peut-être que ça fait impact
Peut-être que ça fait réverbération
Peut-être que pop’ pop’ des tas de petites fosses se creusent
Les gens se prennent dans les bras, dedans
Même sans virgule
Les gens se prennent dans les bras dedans
on non on le bourdon
Ensuite la maison récupère des visages d’hommes
Des visages de femmes
À tous les étages
>>> Et ils-elles disent
>>> Ou elles-ils disent
>>> Parce que le sujet commun à l’être humain peut pas être il – il masculin
>>> Ou alors on ? On dit on ? Alors on ?
Et plusieurs on dit non ce qui fait un son on allongé allongé allongé
Comme le poème du hareng saur facile à retrouver
La maison le retrouve
La maison l’accroche sur son mur
Il pend au bout du ficelle
on on on
Prends-moi dans tes bras le on
Retourne la lagune
<<< On entends « 20 000 euros une somme dérisoire »

on entend qu’il a détourné « 20 000 euros une somme dérisoire » et la vieille dame rue laitière marche avec ses espadrilles à semelles de corde tout l’hiver et le mot dérisoire la fouette pendant qu’elle marche les lanières du mot dérisoire fouette ses jambes >>>
Retourne le fouet des langues les fouets détournés des langues
Retourne ta langue de lagune morte ta langue de lagune noyée
Retourne ton ventre de paraphe au bas d’un document de ricanements
Retourne-le
Et dessine sur le blanc du mur maison un fil qui bouge immobile
Achève
Un fil’achève
Par exemple Lié à un grenier sans surplomb
Par exemple à une cave au soupirail qui résonne métal bref
Et si tu cherches la fin y’en a pas on en n’a pas on ne finit pas on ne finit rien on bourdon basse continue de on
Moteur de mobylette de on
Rage aussi longtemps que possible de on
On raconte que on
On implore que on
Chercher la bête
Avec de grands yeux noirs
Quand on l’aura trouvée on saura ce qu’il convient d’en faire et si à la cave par exemple on doit rester

Une tente de passage

Il y a longtemps que je ne suis pas revenu dans cette chère maison-témoin, j’avais eu d’autres préoccupations (un cimetière est aussi une succession d’habitations, sauf pour les urnes à destination non électorale).

Par précaution, j’avais emporté ma tente Quechua et je l’ai déployée ici dans une pièce qui semblait offrir un peu de place – là, un lit « clic-clac », un peu plus loin une table basse encombrée de reliefs de repas devant la télé avec écran plat – puis j’ai sorti mon sac de couchage et ma lampe de poche, son pinceau lumineux m’a fait penser à la grotte Chauvet mais je ne percevais aucun animal à quatre pattes sur le mur faiblement éclairé.

Après quelques minutes, je me suis endormi. J’ai rêvé alors de cavalcades, de neige, de froid, d’un baiser doux, le temps passait agréablement.

Soudain, j’ai été réveillé :

– Mais qu’est-ce que tu fais là, tu te prends pour un SDF  ?, m’a dit une voix tonitruante, du genre de celle de qui est dans son bon droit.

– Je ne faisais que passer, ai-je répondu. J’ai parcouru des milliers de kilomètres, en mer, en terre, et j’ai accosté ici, grâce à quelqu’un qui m’a donné cette adresse. Mais rassure-toi, je m’en irai, juste après la nuit (en évitant de passer par la Hongrie). Je crois que je ne fais pas partie du contingent restreint des « admissibles » au droit d’asile par le gouvernement Valls (avec Bachar) et avant d’être renvoyé chez moi, dans l’ouest d’Alep, je voulais juste goûter, pendant quelques moments, la douceur du pays qui se nomme encore celui des Droits de l’Homme.

On me laissa quelques heures de répit. Le lendemain matin, j’ai repris la route, sans horizon, sans GPS, sans espoir : la vie est une assez courte errance et peu importe, au fond.

SDF-DH (cliquer pour agrandir l’image)

texte et photo : Dominique Hasselmann