Album (dispersion,… )

 

 

 

 

sait-on jamais ce qu’on est en train de faire ? je regardais ces images, un jour, j’ai continué (j’ai dû découvrir – si ça se trouve – une pile de magazines dans un coin (se fut-il agi de « Lui » ou autre joyeuseté plus libidinale, y aurais-je attaché (tant d’) importance ?) (je veux dire 7 billets, ça commence à faire) (je vais te créer un lien, t’en fais pas) (les visiteurs, les futurs acquéreurs, les passants, les oisifs (qu’ils – ou elles – soient femelles ou mâles) (on s’y perd, hein) les intéressés, les habitués et autres ectoplasmes planant dans les parages du lotissement ne m’en voudront pas, j’espère : je ne garde que ceux (et celles) que j’aime) (quoique parfois, je cède à l’actualité mienne) il y avait le goût du décor (comme au cinéma : longtemps ici, je parlerai encore de cinéma – notamment « Mon cher enfant », sans doute la semaine prochaine – on posera le billet quelque part entre la cuisine (où la famille s’alimente) et la chambre – dans le salon, le père consulte internet et facebook – mais nous verrons) – je récapitule, sur les oreilles je porte casque diffusant une musique que j’aime (rien ne peut, jamais, se passer sans musique) (je veux dire au cinéma – le film sans musique, c’est presque une honte – par exemple les frères Dardenne (qui produisent pour partie ce « cher enfant ») n’en posent guère dans leurs réalisations) – « Shine on you, crazy diamond » chante le groupe – et c’est ainsi que je commence

 

la légende est inutile (quoi que je ne sache pas qu’on reconnaisse ici le garçon) (je pose une étoile (*) laquelle renvoie à l’énoncé du nom de l’artiste – je ne vois pas qu’on le reconnaisse sur l’image)

je n’ai lu que peu de choses sur cet Anthony-là (je l’ai adoré, pratiquement, dans la Strada (Federico Fellini, 1954) ( la verve et la grâce de Zorba le grec (Michael Cacoyannis 1964))

les images viennent dans un ordre que je connais pas (il n’y en a pas) – ici, je reconnais que l’affaire est tremblée (ils sont sept et mercenaires (John Sturges, 1960) toute ma jeunesse sans doute (je l’ai vu au Pax) (la musique magique) – en numéro 2, Steve McQueen, avant dernier en noir Robert Vaughn – en premier le chauve Yul Brynner (et les autres, Charles Bronson, James Coburn (sans doute le dernier, là), Brad Dexter et Horst Buchholz) (c’était à A., rue des Otages, l’immeuble a été détruit, remplacé par un commissariat de police (partout et justice nulle part) (je dis ça pour aujourd’hui, 19 mai où ça défile dans la rue, envie de gerber) ici un chanteur

le premier (*) chanteur (ils font le même métier) était Julien Clerc – ici on a droit à Gérard Manset – (son Manteau Rouge) ah bah

Jacques Audiard (on vient de voir Dheepan, palme d’or à Cannes en 2015 – c’est pour ça – mais cette conjonction qui me fait frémir : le carnage de Charlie hebdo, de l’Allée verte Nicolas Appert en janvier : où en était-il, en montage ?) (entendu parler avec Michel Ciment) (et non, je ne l’aime guère – tant pis) un autre chanteur, Rachid Taha

(on aura remarqué que : 1. la nappe de la table de la salle à manger de la maison[s]témoin est jaune (il s’agit d’une toile cirée); 2. il n’y a encore que des représentations mâles)

hasard objectif, voici Simon Abkarian (qu’on avait aimé dans Djam) (Tony Gatlif, 2017) (un film gréco-turc…)  (un de mes héros que je croisais au tabac qui fait le coin de la petite rue (en impasse donc) où on trouverait un musée de la poupée – vers Rambuteau (impasse Berthaud) – s’il venait à l’idée saugrenue d’en rechercher un) un type extra – et voici, extra aussi, une réalisatrice, dessinatrice

on l’aime beaucoup, Marjane Satrapi (Persepolis, entre autres – prix du jury, Cannes 2007)

Léo et sa musique – je croyais que c’était à Monte-Carlo (où il naquit) mais non – c’est à Montreux – de la même manière je confonds : pour Marjane je pensait qu’elle était l’auteure (elle en aurait été tout à fait capable)  des Hirondelles de Kaboul (mais c’est Yasminha Khadra) (réalisé ciné d’animation par Zabou Breitman)

ah la la Maria Casarès… (après ça va être difficile, hein Mélanie…pfff)


ici dans le rôle de Marguerite (alors Antelme) Duras dans « la Douleur » (faut que je le lise, ça fait partie des  obligations) porté à l’écran (comme on dit) par Emmanuel Finkiel, (2017) mais je ne l’ai point vu – dommage ? je ne sais…

un chanteur, Christophe, « les mots bleus » et les autos de sport – salut l’artiste

et puis Blaise Cendras (cette image, ce visage qu’on ne connait que peu) (si tu veux que je te dise, c’est surtout pour ça, ces images, pour les reconnaître si par hasard on les croise) (dans la rue, ou au cinéma) (juste pour savoir que ce sont elles et eux)

quelque chose de la Révolution incarnée (on l’aime assez, encore, Adèle croisée aussi au bar-tabac de Jourdain, un jour – qu’est-ce que ça peut faire ?)

c’est Ingmar Bergman photographié par Irving Penn (merveilleuse image hein) (fait penser à ce matin où j’écoutai, avec le café, une photographe qui disait que « les stars n’aiment pas la photo » – elle les traque – comment aimer un prédateur ? comment vivre sans image de soi, aussi, quand on est actrice (ou teur) chanteur (ou teuse) – il faut fermer le poste avant sept heures moins cinq en vrai) – et puis

Marceline (Loridan Ivens) qu’on a déjà vue ici (ça ne fait rien) – et pour finir, l’une de mes héroïnes (il en est d’autres, mais elle, Anna Magnani…) (dans la Voix humaine, texte de Cocteau pour le théâtre – mise en scène Roberto Rosselini, 1948, première partie de L’amore)

magique

 

la photo d’entrée de billet est de Denis Pasquier.

 

Les divers billets (au nombre de six) qui constituent cette dispersion se trouvent ici.

 

La quête

 

 

c’est juste une bande annonce et il y a tout le film dedans – dans le temps, il y a un moment (quatre vingt deux je crois bien – je ne sais plus, j’ai tout perdu, j’ai recherché je n’ai rien trouvé), j’avais exercé mon goût du cinéma en étudiant le film annonce – la bande annonce, la publicité que le cinéma fait du cinéma – je tenais le truc pourtant, mais non, il a fallu gagner sa vie – il aurait fallu faire face à ces mois et ces années d’études et de recherches – peu importe la bio, j’exerce mon jugement : le film de cette semaine est passé sous le radar parce que l’époque d’alors (2015 a été pour tous une année difficile) ne se prêtait pas au cinéma (il ‘y avait pas de maison[s]témoin non plus remarque – ah si, ça a commencé le 13 mai 2015 – comme quoi…) – il y a peu, j’ai vu le film d’André Téchiné titré l’Adieu à la nuit (2018) qui traite d’un sujet semblable (c’est un blanc qui se convertit à l’islam et veut partir se battre pour se convaincre que la foi est une (ou sa) bonne étoile – je simplifie, certes  – ici, c’est une blanche qui épouse un type qu’elle aime (c’est assez elliptique sur le sujet) et le suit pour se convaincre etc.) – cette problématique torture semble-t-il notre monde (par notre j’entends ce pays, la France, et ses habitants, je veux dire les parents et leurs enfants) – il y a eu aussi le film de Jacques Audiard (dont Thomas Bidegain était un des scénaristes) intitulé Un prophète (2009) ou cet autre, La désintégration (Philippe Faucon, 2011) et puis d’autres encore – il s’agit du lieu de la blessure, la colonisation, quelque chose qui hante donc ce monde (on n’en a pas fini tout de suite non plus) – mais on voit les ravages causés par ces actes, ces actions, ces délires sans doute, mais l’adolescence est le lieu, aussi, de toutes les utopies (et – pourtant – tant mieux…). Difficile moment, difficile passe, difficiles émotions…

 

 

C’est une affaire qui commence en octobre 1994 (indique le film : en 1995, on se souvient des terribles attentats qui ensanglantèrent au minimum Paris – il s’agit de quelque chose comme ça)

c’est une histoire de famille (le père aime le folklore des cowboys – c’est son droit – apparemment cependant sa famille n’a pas à ne pas aimer ça : la fille se prénomme Kelly, le jeune garçon a pour surnom Kid) c’est une fête, tout est bien

il chante une chanson – voici sa femme et son fils qui l’applaudissent parce que c’est charmant

mais on sent que quelque chose couve, on ne saurait dire quoi – on saura tout de suite que la fille aînée s’en va

elle va rejoindre son amoureux – elle n’a que seize ans – s’ensuit alors une quête du père qui veut entraîner la mère et le fils : partout (ici chez le père du garçon)

où il ira la chercher (là dans un café ailleurs)

choux blanc comme on dit… Les années passeront, la mère n’en pourra plus (sa fille, leur fille est partie : elle leur écrit , elle a sa vie : elle a eu un enfant de son amoureux – qui n’est pas celui qu’on croyait – mais ça on le savait) – il s’agit en effet soit de sa propre vie soit de celle de sa fille

je ne pense pas qu’un parent puisse choisir mais peu importe ce que je pense : même si la mère n’en peut plus, lui, le père ne désarme pas (le fils a grandi, il suit son père, l’aide dans sa recherche : les tours jumelles se sont affaissées sous les deux avions, la terreur continue)

ensemble ils finissent par retrouver sa trace, suivre son parcours vers l’Afghanistan à suivre son embrigadé de mari –

mais finalement, le fils refusera de suivre son père, cette fois ce sera non

le père part seul, en auto

(grands espaces, peines, accident mort) le fils reprend la quête, va jusqu’en Afghanistan, en plein carnage (Ben Laden qui va mourir, la guerre, les blessures, la mort tutoyée)

un type l’aide

(grands espaces, blessures, recherches vaines puis abouties, accident (le meurtre du mari qui s’est débarrassé de son fardeau, a pris une autre femme – prison et tortures plus tard) il rentrera par la chance qu’il a – puis un jour, bien des années plus tard (vers le moment où se déroule le film – 2015…) il retrouvera cette soeur portant voile et servant dans une épicerie… Ils se reconnaissent, ne se parlent pas.

Fin de l’histoire.

Vingt ans dans la vie d’une famille : française, blanche, classe moyenne, province… Combien de jeunesses perdues, combien d’erreurs commises, combien de foi diverse et simulée, combien de confiances trahies, d’inhumanités et de traîtrises et pourquoi ? La guerre, où qu’elle soit… Les acteurs sont épatants, en tout cas.

Les Cowboys, une film de Thomas Bidegain (2015)

(le père : François Damiens, la mère : Agathe Dronne, la fille aînée Kelly : Iliana Zabeth, le fils jeune : Maxime Driesen (il se nomme Georges, en vrai dans le film), plus vieux : Finnegan Oldfield)