À l’attaque

J’ai rêvé que j’étais un « graffeur » et que je pouvais aller poser ou apposer mes idées calligraphiques ou mes insertions mentales sur les murs de la maison.

Je sais, on me dira que ça ne se fait pas, que cela peut être toléré dans les rues, sur des surfaces extérieures, visibles par des passants, mais sûrement pas à l’intérieur d’un domicile (fixe ou mobile).

La bombe à peinture me démangeait, pourtant, ou le prédécoupage – pochoir ici ou là – qui emprisonnerait mon jet et le projetterait là où j’aurais choisi son impression sans autorisation préalable.

Oui, j’avais préparé un certain nombre d’inscriptions adaptées à chaque pièce : pour la cuisine (« Ne vous laissez pas bouffer par l’imprévu »), pour le séjour (« La litanie quotidienne se mord la queue »), pour la salle de bains (« Asperges me »), pour l’entrée (« Abandonne ici tout espoir ! »), pour les chambres (« Les antichambres se révoltent contre leur concurrentes »), pour le couloir (« Où va-t-il ? Méfiance ! »), pour la terrasse (« Plateforme d’envol sous surveillance vidéo »), pour le lieu lui-même (« Espace non répertorié par Google Maps »)…

Mais lorsque j’ai réellement « poché » mes messages, une fille nommée « C. J. » m’a interpellé :

– Tu ne crois pas que tu exagères et tu penses que tout est permis ici ? On n’est plus en 68 (ni devant la chute du mur de Berlin, comme dans le dernier film d’Arnaud Desplechin), alors remballe vite fait tes encres, peintures et pinceaux, l’architecte ne serait pas content !

– Mince, alors, ai-je répondu, j’ai dû me tromper d’adresse !

A l'attaque, 20.5.15_DH

(photo prise à Paris le 20 mai. Cliquer pour agrandir.)

7 réflexions au sujet de « À l’attaque »

  1. oui .. bon j’ai souri parce qu’il était mimi le bonhomme qui disait à l’attaque (mais ne le dîtes pas au promoteur) et puis j’ai appelé pour qu’on efface vite
    mais suis embêtée pour le gardien..

  2. @ Brigitte : ça manque de surveillance, apparemment !

    @lanlanhue : c’est une idée de Christine Jeanney 🙂

  3. J’ai appelé, qu’elle dit la chargée de visite, mais c’est moi qui m’y suis collée, j’ai dû en urgence sans délai de prévenance revenir à 20h pour faire le travail, quatre heures que j’y ai passées, est-ce qu’on pense à moi en-dehors des tâches ingrates pour taches ingrates, hein ?

  4. @ Christine Simon : désormais, je laisserai un seau avec de l’eau et du détergent + une paire de gants Mapa au bas de toute inscription, s’il devait s’en écrire d’autres !

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