Tous pour un (rire jaune 2)

 

 

Quelle mouche peut bien piquer le rédacteur sinon quelque chose en rapport au « people » (peuple, mais le beau, pas le bon, non plus que le petit) à vouloir regarder ce genre de photographies de personnages évoluant dans les ombres portées par les grands de ce monde ? Quelle malheureuse perversité l’oblige ainsi à côtoyer un univers avilissant parce que inatteignable certes mais indigne presque, ces sourires, ces images où hommes en veste/cravate, femmes en robe et hauts talons, teintes et coupes de cheveux, bijoux, élégance et sorties de restaurant, dont il ne sait rien, ne veut rien savoir sans doute mais tout de même regarde, recherche des images de ces personnes, individus, hommes et femmes d’allégeance et de politique et de fierté ? Des témoins de ce qui se trame, s’ourdit, s’achemine vers quelque chose comme la victoire de leur « champion » (la chanson de Queen, quelle merveille…), le pouvoir suprême des affaires et la main sur la domination… Des gens de l’entourage du type dans l’oeil du cyclone ces jours-ci (tant qu’on en viendrait à la plaindre :  mais ce serait oublier et omettre  tous ces actes qui, semaine après semaine, décrivent la réalité du pouvoir, de l’Etat et de ses servants). A nouveau, ici, donc, des photos, illustrations retouchées, rehaussées, illuminées si possible, de personnages toujours très diplômés, très souriants, souvent appartenant à de grandes familles, particules et capitaux financiers, sociaux, scolaires, de tous ordres, de droite, cela va sans dire, presque extrême, horreurs et dégoûts, tant pis, ici la maison(s)témoin est aussi celle des vampires et autres monstres de tout poil…

Je me souviens que Françoise Dolto préconisait à ses enfants (l’un d’eux racontait cette histoire, lors d’une émission de télévision à laquelle je participais, j’y étais acteur, tu le crois ça ? eh ben c’est la vérité…) quand ils avaient des gros mots à dire d’aller les éructer là où il le sied mieux à des personnes éduquées : les chiottes. Bon, ici il n’en est pas (déjà, j’en ai fait la remarque, je pourrais certes créer la catégorie pour y flanquer le billet qui vient afin d’ensuite l’envoyer aux égoûts, mais enfin), je le pose en gravats parce que les postes auxquels les personnes ici en portraits prétendent semblent assez compromis…

On s’acheminait tranquillement vers une conclusion hâtive. Il n’en sera(it) sans doute pas ainsi, pourtant : des élections, tous les cinq ans à présent, je me souviens fort bien de celle de quatre vingt-quinze où, durant ce mois de mai, les nervis du parti de la fille du borgne avait jeté dans l’eau de la Seine un type, un arabe, Brahim Bouarram, marocain. Il en était mort. C’est aussi qu’aujourd’hui c’est le 8 février et que je me souviens aussi du livre magnifique du fils d’une des femmes assassinées au métro Charonne, en soixante deux, Fanny Dewerpe, et le livre de son fils donc, Alain, dont j’aperçois ici qu’il s’en est allé voilà deux ans (en folio, Charonne, 8 février 62). Malik Oussekine, Adama Traoré, aujourd’hui Théo L.. Les blessés, Romain D. et d’autres, les énucléés, et tant d’autres choqués, blessés, meurtris…

J’ai entrepris cette recension mais le coeur n’y est pas, pourtant, il n’est pas à rire, non, tant pis. Je renoue, dans cette maison, avec les illustrations. Entrent ici donc des suppôts du candidat de la droite aux élections présidentielles d’avril et mai prochain. Ce ne sont pas des enfants de choeur, et cette chronique n’est pas un panégyrique. Il s’agit de connaître des visages, comme si des photos pouvaient en dire long sur ce qu’ils sont.

Dans le même ordre d’idée que lors du précédent billet (Pantoufles (rire jaune)) on part d’un article du journal (on va me réclamer des royautés bientôt -royautés, c’est mieux que royalties ? crois-tu ?) pour identifier ceux qu’on pourrait aussi bien, sans doute, trouver dans les divers organigrammes qu’à la presse les services de communication dévoilent comme s’il s’agissait d’un très saint Graal ou autre magie formidablement informée et orchestrée (la question des patronymes est réglée en fin de billet parce que ça va comme ça).

N’importe, ici, voici un homme et son fils (lui expédégé assurances privatisée lorsqu’il était au trésor, enfin on fait son chemin, et puis après les enfants grandissent et voilà ce qui arrive)

cravate, pas cravate, sourire pas sourire, barbalak ou pas, il fait doux sous le soleil, il fait doux dans les allées du pouvoir, ici un conseiller lorsque son mentor était à Matignon,

ici un autre, sa « plume » (comme on dit) toujours rive gauche (ces deux-là proches du pouvoir russe)

derrière lui le sourire du prochainement mis en examen, d’une part et de l’autre la piste du circuit du Mans (sans doute – il faut dire que le type qu’ils conseillent, et elles aussi, on verra, aime le sport automobile) (son frère aussi, tout autant) il fait doux, il fait beau, le ciel est clair, le temps marche pour nous, puis viendra un ex-Harvard business school, quand même l’ami américain

de vrais gens, stratégic manager, sans compter le suivant manager en chef (ex-pédégé numéricable entregent lobbying)

suivi immédiatement peut-être de son épouse (ex pédégère grand magasin fusion acquisition émoluments)

gent féminine sourire campagne horizon vent liberté, il fait doux

(le badge cnpf au revers -pardon medef, le cice, les 50 milliards, on peut en sourire, certes) (mais jaune, tu sais nono, jaune) et pour aussi les ingénieurs (syndicat ingénierie études et conseils, tu vois le flou de l’intitulé – sans doute le cabinet 2f y émarge-t-il)

la franchise, la loyauté, la rectitude des sentiments et des affects, ici ce qui me trouble (comme disait, tu te souviens, Fabius avec Jaruzelski tout ça) ce sont les talons (ici, la communicante en chef)

le sac aussi, bah c’est comme ça il faut se grandir, tu comprends mais la photo ça capture, à des moments inopportuns, l’apparition publique (ici fermons les yeux sur son appétence envers Ayn Rand, qu’on a déjà croisée, évidemment, lors des promenades en terre de mac carthysme de notre série « Sorcières ») (c’est que le monde des idéologies reste petit : juste tout contre celle du nouvel élu peroxydé et sa proximité avec les tenants du KKK) , la collusion qu’il peut y avoir avec ces milieux et ceux qui ont porté à leur firmament ce champion est incarné par ce conseiller

son champion a tant d’humour, bien sûr qu’on en rit, d’autres encore côtoient la banque (fatalement)

(petite vignette sans cravate, désolé – ni plus de notice), beaucoup sortent de l’école nationale d’administrations augmentée ici de Polytechnique (dircab)

recasé en fin de course, les images sont grandes pas vrai ? Prendre fait et cause pour un leader, politique depuis trente cinq ans, le suivre, l’aider, combattre ses adversaires et se tenir à ses côtés dans les moments terribles

autre énarque, puis avocat d’affaire fusions-acquisitions (comme nano 1 oui) ex-caisse des dépôts quand même parce que l’Etat et ses serviteurs – pour un temps – est tout de même une valeur (du moment qu’il les sert), ici l’un des plus fervents admirateurs de la carrière de ce poulain en couverture d’hebdomadaire qui ne fait pas dans la flatterie tu sais bien, vois

culture milliardaire, vas tant pis, et d’autres encore, qu’est-ce que ça peut faire, il fait tellement beau, la droite la plus bête du monde ? allons donc, ici l’instigateur d’entretiens intellectuels

(derrière lui, à la moue brillante – en d’autres temps on l’aurait qualifiée de sociale-traître – aujourd’hui gestionnaire région…) lui est conseiller spécial, ici son directeur de campagne (ex de l’adversaire « droit dans ses bottes », il faut savoir miser sur le bon champion, opportunément si possible)

proche de cette dernière

ah bah…

Avec la distribution par ordre d’entrée en blog : Henri de Castries et son fils Jérôme; Jean de Boishue; Igor Mitrofanoff; Nano 1°; François Bouvard; Pierre Danon; Laurence Danon-Arnaud; Dorothée Pineau; Viviane Chaine-Ribeiro; Anne Méaux; Bruno Retailleau; Arnaud de Montlaur; Jean-Paul Faugère; Antoine Gosset-Grainville; Marc Ladreit de Lacharrière; Jérôme Chartier; Valérie Pécresse; Patrick Stefanini; Madeleine de Jessey.

Avec nos compliments.

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