d’ici là

 

 

 

 

un type convoie dans son véhicule étudié pour des gens d’un point à un autre : ils sont handicapés, mentaux ou physiques, quelque chose les empêche, ils sont empêchés.

Le type est noir (il se nomme Koffi, il était à la projection du film ce jeudi, c’est son calme qui impressionne et sa gentillesse), il conduit les attache les fait descendre monter dans le petit camion, met la radio ou la coupe quand elle est trop intrusive (une bande son – alors on doit citer à qui elle est due : Tristan Pontécaille – on cite rarement les techniciens mais c’est une erreur, c’est le monde de l’illusion que de croire qu’un film a un auteur, ils sont nombreux et tous y travaillent – les coupures des sons quand on les aurait coupés nous mêmes : ce qui fait penser à cette série, la suite à six minutes de Christine Jeanney), conduit dans la ville (au fond de l’image la tour Eiffel tronquée par le brouillard)

(c’est Paris, début du tournage octobre 2015, fin sans doute vers mi-2017) (je suis passé par là avant hier,

et souvent je vais avec mon ami Chasse-Clou boire un verre au Carillon parce que c’est pas loin, et que cette proximité me (nous) fait prendre conscience de la réalité du monde, et de sa cruauté et de sa bêtise – mais aussi de l’amitié et de la joie, on y allait avant). Ces moments-là de la vie de la capitale et ensuite, les luttes contre la loi travail (ni loi, ni travail : cette abjection). Et la campagne électorale. Et le passage du temps, l’alacrité des regards, la tendresse des gestes, des sons de musique sans oublier que « le type était sourd quand il a écrit ça » : l’humour…

Et ceci écrit sur un mur (« l’obscurité de l’âme de celui qui s’agrippe à l’essence du passé « )

Un camion qui fait partie de ce qui, pour l’immonde, « coûte à la nation un pognon de dingue ».

Voilà tout, un moyen métrage (quarante cinq minutes), un cadre magnifique comme l’image qu’il borde, un scénario en acier (minimal, mais en acier), le film s’intitule « d’ici là », c’est une tentative certainement déjà aboutie de quelque chose qui existera on l’espère en salle (mais trois quarts d’heure, quel exploitant oserait ? et en combinaison avec quel autre ?), mais on en parle parce que ça existe. C’est coproduit par périphérie et subventionné par la Scam (brouillon d’un rêve – auquel les amis de l’Air Nu (j’en suis) avons prétendu sans y parvenir mais ça viendra), le CNC et la région (brrr) mais c’est écrit en images : une merveille.

 

« D’ici là » un film de Matthieu Dibelius.

Passage le 27 septembre à 16h15 à la Scam : 5, avenue Velasquez, Paris 8 – réservation obligatoire et impérative (ahah)  ici :

Réservation impérative à : cineastesenresidence@peripherie.asso.fr

 

Une réflexion sur « d’ici là »

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