À bientôt, mon fils

 

 

 

 

je l’aurais traduit ce titre : en chinois, il semble qu’il s’agisse d’une maxime – donc de Confucius – « terre ancienne vaste ciel » – ah non c’est Lao Tseu qui en serait l’auteur (on ne sait pas, vraiment, on n’a guère de culture que la nôtre) – je ne sais pas mais l’anglais comme dialecte mondial, je sais ça, oui – et les distributeurs d’ici ou de là ne font pas exception – de longtemps ces questions se posent, sans en trouver de réponse autre que celle voulue par ce libéralisme mal nommé, cette « loi du marché » et sa main invisible – afin que les choses rapportent le plus vite et le plus possible : peu importe les humains ( l’illustration ces temps-ci avec le procès des patrons inqualifiables – mais tellement dans l’air du temps – de france télécom – je m’égare mais pas trop)

Il s’agit d’une quarantaine d’années vécues par une famille – et quelques amis – une tragédie d’entrée (la mort d’un enfant) et un peu plus de trois heures d’histoire et d’émotions. Un film qui vient de Chine, primé au festival de Berlin cette année (les deux interprètes – papa et maman – ou plutôt l’inverse – y ont reçu le prix d’interprétation – les rôles sont stéréotypés

le père s’assoit et mange – entre le petit : l’enfant unique d’alors – cette liberté de quiconque de procréer mise à mal par le gouvernement d’alors – sauf pour ceux qui en ont les moyens financiers –

mais voilà qu’elle retombe enceinte – lui propose de garder l’enfant : impossible

et l’amende ? Son amie mais sa cheffe lui rappelle la loi

elle avortera

et sera décorée pour cet acte – mais concomitamment le drame de la perte de leur premier né (je n’ai pas exactement compris, mais l’idée y est : le petit va mourir – il se rend avec son ami (le fils de la cheffe :

ce sont deux familles amis

) c’est ainsi : les enfants vont jouer près d’un barrage

et il se noiera – la scène terriblement efficace

une première séquence, une narration assez libre, chronologique, mais libre – on avance, les heures passent, ils émigrent sans doute dans le sud du pays

le vide et le manque subsistent, quand même ils adopteraient un autre enfant

un peu con comme sont cons les ados quand ils le sont – et puis le film continue, ils vieillissent ensemble, ils vivent encore

ils sont gens simples

travaillent et vivent (d’autres histoires y sont aussi)

puis la vieille amie va, elle aussi, mourir, et veut revoir ces anciens amis

ils reviendront donc les voir, la revoir elle, sur son lit de mort – il y aura du pardon dans l’air

des maladresses sans doute dans le scénario, un peu aussi dans les explications – je ne comprends pas tout, mais je vois quand une valise est vide par exemple : peu importe – pas vraiment mélodrame à la Mirage de la Vie (Douglas Sirk, 1962) mais un film qui a la carrure d’un classique

même si les choses sont attendues, les acteurs sont à l’unisson

les enfants, les parents, une espèce de vie – cruelle, désespérante parfois… (en ouverture de billet, la jeune soeur de l’ami du père du môme, je crois bien, mais je ne me souviens pas de cette image : je la pose parce qu’elle a des couleurs, un peu comme cette dernière ici, et quelque chose de joyeux…)

 

« So long, my son » un film de Wang Xiaoshuai

 

allez allez

en fait l’idée c’est de faire ce que l’on fait
avec plus ou moins de bonheur
plus ou moins de chance
plus ou moins de sérénité et de ténacité
plus ou moins de questionnements
sans oublier que nous ne sommes pas des îlots ou des gardiens de phare, faire c’est aussi regarder ce que font les autres avec plus ou moins de hardiesse, plus ou moins de vilenie, plus ou moins d’âpreté, plus ou moins de courage et/ou de cohérence
le faire des autres vient heurter s’engouffrer s’insinuer saupoudrer pénétrer notre faire à nous
et c’est ce qu’on garde de ces poudres de ces poteaux ou ces tenailles qui compte
par exemple j’ai lu cet homme qui dénonce ceux qui sont fiers de leur hideur
j’ai vu ces sit-in
ces armes maniées à la cow-boys
ces pelleteuses que des bras sans force repoussent, bras accablés
ces têtes hautes qui refusent de s’asseoir au fond du bus, qui refusent que les noyés se noient
faire, ce n’est pas difficile
faire, c’est impossible
c’est entre ces deux plateaux de la balance que son propre visage se sculpte en trois dimensions
et dans ce faire il y a aussi l’insu
ce qui survient et n’était pas prévu
parler de cinéma, ce n’est pas parler de cinéma, c’est parler des gens de comment ils vivent de comment ils sont vus de comment ils se voient de ce qui est proposé dans le faire
on peut se placer en vigie
on regarde ou on tourne les yeux
on fait comme ça nous chante
et parce qu’on fait ce qui nous chante ça sonnera toujours assez juste
(l’idée)
parce que les idées, ce ne sont pas des concepts, ce sont des corps
les rêves de piscines vides n’existent pas
ou bien c’est que les boutiquiers ont gagné ?
les boutiquiers à cols blancs dont les suv possèdent un pare-chocs anti rhinocéros en centre-ville ?
non les rêves de piscines vides n’existent pas
hop
inutiles
et déjà envolés
allez allez, ne traîne pas dit la voix, tout va bien

Collision

 

 

 

c’est une esthétique moderne qui ouvre le film

un autobus dans la nuit – c’est le matin, ramassage scolaire (tout à l’heure Mérou rejoint le héros, ils vont au lycée) – drone et en haut de l’image les deux petits faisceaux qui n’ont rien à voir, ils se suivent et éclairent seulement la nuit – le plan dure un moment, on domine et on plane – il s’agit d’une histoire assez simple, l’amour et l’amitié – c’est toujours un peu la même histoire aussi – ça se passe à la frontière entre la Suisse et la France – le collisionneur, l’accélérateur, l’immense machine construite sous terre est là qui calcule

LHC : large hadron collider (soir grand collisionneur de hadrons – GCH ça va aussi…) (quelques schémas, reproduire le big bang, identifier les produits de la collisions, vitesse de la lumière – ce n’est pas que ce soit simple, mais c’est un peu comme ce qui attire deux êtres, on ne sait pas bien en déterminer la cause – les hadrons sont des particules complexes)

CERN : conseil européen pour la recherche nucléaire – centre de recherche sur la physique des particules

Elle calcule, elle observe – il s’agit d’une machine infernale (on se fatiguerait à énumérer les milliers d’électro-aimants, de kilomètres de fil de cuivre, de tonnes d’hélium nécessaires au refroidissement etc. j’en passe : c’est une machine incroyable) (infernale, je ne sais pas – je ne suis pas suffisamment croyant, sans doute) – on la visite dans le film (ce sont des élèves de terminale S comme science) – ici notre héros porte un pantalon rouge

(tu te souviens comme on aime à déconner dans ces temps-là ? oui, on est tellement aussi tiraillé par le désir – on se marre entre deux haies de thuyas buis troènes bien propres et taillées comme il faut – on fume  on boit on danse on bosse on fume on danse) – la machine, sous terre

continue son manège – un truc que j’aime c’est qu’on fait de la musique : ils sont quatre amis, donc, un groupe de garage, mais notre héros joue aussi dans une harmonie, il porte comme tout le monde une veste jaune

(on en rit) : ce que j’aime c’est que ce soit une harmonie (un orchestre ? non, une harmonie – ça ne dispose pas de corde – ça n’a pas de théorie non plus), mais je n’ai que des mots pour éclairer cette histoire (et des images, certes)

oui, c’est lui, là – sans doute est-ce l’amour qui l’éclaire (je pensais à la fin de « Kiss me deadly » tu sais… (Robert Aldrich, 1955) (une première au garage)) – il y a de l’allégorie, de la poésie,  de la musique, de la neige – c’est une assez jolie histoire, prenante mais à peine, sensible, distinguée

élégante et simple

ici un des amis disparaît (il se nomme dans le film Mérou, un des meilleurs amis du héros) dans un scintillement (son ombre, son âme, son aura qui apparaît sur une image de google street view: formidable !)

et puis l’amour sans qu’on le sache incidemment, comme un hasard majestueux

la photo de classe et la rencontre tout un peu dans un même mouvement

dans les bleus

une espèce de merveille quand même… À suivre, sûrement.

 

Les Particules, un film de Blaise Harrison

 

d’ici là

 

 

 

 

un type convoie dans son véhicule étudié pour des gens d’un point à un autre : ils sont handicapés, mentaux ou physiques, quelque chose les empêche, ils sont empêchés.

Le type est noir (il se nomme Koffi, il était à la projection du film ce jeudi, c’est son calme qui impressionne et sa gentillesse), il conduit les attache les fait descendre monter dans le petit camion, met la radio ou la coupe quand elle est trop intrusive (une bande son – alors on doit citer à qui elle est due : Tristan Pontécaille – on cite rarement les techniciens mais c’est une erreur, c’est le monde de l’illusion que de croire qu’un film a un auteur, ils sont nombreux et tous y travaillent – les coupures des sons quand on les aurait coupés nous mêmes : ce qui fait penser à cette série, la suite à six minutes de Christine Jeanney), conduit dans la ville (au fond de l’image la tour Eiffel tronquée par le brouillard)

(c’est Paris, début du tournage octobre 2015, fin sans doute vers mi-2017) (je suis passé par là avant hier,

et souvent je vais avec mon ami Chasse-Clou boire un verre au Carillon parce que c’est pas loin, et que cette proximité me (nous) fait prendre conscience de la réalité du monde, et de sa cruauté et de sa bêtise – mais aussi de l’amitié et de la joie, on y allait avant). Ces moments-là de la vie de la capitale et ensuite, les luttes contre la loi travail (ni loi, ni travail : cette abjection). Et la campagne électorale. Et le passage du temps, l’alacrité des regards, la tendresse des gestes, des sons de musique sans oublier que « le type était sourd quand il a écrit ça » : l’humour…

Et ceci écrit sur un mur (« l’obscurité de l’âme de celui qui s’agrippe à l’essence du passé « )

Un camion qui fait partie de ce qui, pour l’immonde, « coûte à la nation un pognon de dingue ».

Voilà tout, un moyen métrage (quarante cinq minutes), un cadre magnifique comme l’image qu’il borde, un scénario en acier (minimal, mais en acier), le film s’intitule « d’ici là », c’est une tentative certainement déjà aboutie de quelque chose qui existera on l’espère en salle (mais trois quarts d’heure, quel exploitant oserait ? et en combinaison avec quel autre ?), mais on en parle parce que ça existe. C’est coproduit par périphérie et subventionné par la Scam (brouillon d’un rêve – auquel les amis de l’Air Nu (j’en suis) avons prétendu sans y parvenir mais ça viendra), le CNC et la région (brrr) mais c’est écrit en images : une merveille.

 

« D’ici là » un film de Matthieu Dibelius.

Passage le 27 septembre à 16h15 à la Scam : 5, avenue Velasquez, Paris 8 – réservation obligatoire et impérative (ahah)  ici :

Réservation impérative à : cineastesenresidence@peripherie.asso.fr

 

femme en guerre

 

 

Un film islandais (au vrai, islando-franco-ukrainien) – mais on aime les Islandais un peu comme on aime les Portugais pour leur 25 avril 1974 et leur révolution des oeillets, sans trop de sang, dont le déclenchement a eu lieu par la diffusion d’une chanson « Grandola, vila Morena » (écrite et mise en musique par Zeca Alfonso) une espèce d’hymne – et ici aussi, la musique joue un rôle dans l’image même (vraiment j’ai adoré).

Comédie, ou drame, admirable oui on s’en fout un peu : une femme est en guerre contre les ravages d’une usine d’aluminium. Elle se bat avec ses armes, et coupe le courant qui alimente l’usine (gauche cadre les étincelles qui font sauter les lignes)

et plus tard fera exploser un pylône convoyant l’électricité. Elle mène une lutte plutôt seule bien qu’elle trouve de l’aide auprès d’un présumé cousin qui lui prête par exemple une voiture (sur l’image, elle convoie des fleurs pour son cousin dans la voiture que celui-ci lui a prêtée une première fois (elle a caché au milieu de l’engrais – constitué de chiures de poules malodorantes –  les pains de semtex utilisés pour le dynamitage du pylône) (L’explosif est nommé d’après Semtín, une banlieue de Pardubice dans l’est de la Bohême. : j’adore ce genre de précision que nous apporte wikipédia)

: contrôle infructueux donc, par l’opération de l’engrais  naturel… Elle porte des fleurs à son présumé cousin, fait sauter le pylône, et se retrouve coincée malgré sa défense contre les drones de la police (elle porte là un masque en forme de Nelson Mandela) –

on ne nous donnera pas de recettes de cuisine pour manger sainement – tout ça devrait aller ensemble cependant – mais le film raconte une histoire d’entraide, salutaire et hors de nos frontières. On se souvient pourtant des démissions des banquiers véreux (il y a comme une espèce de lapalissade dans ce couple substantif qualificatif) et des politiques qui ne l’étaient pas moins il y a quelques temps dans ce pays, l’Islande donc. J’ai raconté l’histoire, mal, puisqu’il me reste une photo

notre héroïne dans un bains d’eau chaude propre à la régénérer avant d’être reconduite en ville par son (supposé) cousin (cachée sous des moutons…). Peu importe : il y a aussi un autre ami à elle, probablement assez espion, du ministère de l’intérieur si j’ai bien compris : à chacune de leur rencontre pour parler un peu de ses agissements à elle, ils isolent de concert leurs téléphones portables dans le freezer du réfrigérateur

mais ils ne mangent pas… Beaucoup de trouvailles de scénarios, tant et tant de choses encore – un choeur ukrainien, des enfants, des dessins, des animaux… – qui donnent au film tout un charme qui aide à supporter les avatars contemporains…

 

Woman at war, un film de Benedikt Erlingsson, avec au rôle principal (au vrai, double : vous verrez) Halldora Geirhardsdottir – formidablement drôle.

 

Les visages (Behnaz et Jafar)

 

 

 

Deux plans constituent le premier quart d’heure du film; l’un, cette jeune femme

qui veut devenir actrice – prétend-elle, ainsi que Pereira – qui se filme dans une grotte où elle va mettre en scène sa pendaison : la vie, sa vie ne peut plus durer si elle ne parvient pas à son désir (aller étudier à Téhéran la comédie) et elle demande à la star de l’aider à y parvenir en venant convaincre ses parents (quand j’écris star, je pense à Norma Jean, et je me demande si, recevant ainsi un petit film d’une apprentie, mais bientôt concurrente quand même, elle aurait agi de la même manière – elle aurait demandé à Billy Wilder ou John Huston – non Billy, oui, Billy – de l’emmener aux frontières du Mexique pour retrouver cette jeune fille)

Le deuxième plan, sur la star (Behnaz Jafari, magnifique), qui regarde le petit film envoyé (l’esthétique de cette image – les trois quarts de l’image noire, une bande animée, contre plongée, jeune femme, bientôt le plafond de la grotte, la corde, la branche fichée dans un creux) dans la voiture, c’est le soir, c’est la nuit (alors j’apprends que Jafar Panahi, le réalisateur et acteur, est né à Mianeth, en Azerbaïdjan iranien – équidistance de Tabriz, 100 kilomètres peut-être au nord est, et Téhéran, cent kilomètres peut-être au sud-ouest), ils s’en sont allés tous les deux à la recherche de cette jeune fille.

« Le goût de la cerise » (Abbas Kiarostami, 1992) racontait aussi l’histoire d’un type qui veut se suicider (personne ne veut l’aider : c’est formellement interdit, le suicide, c’est vieux comme le monde…) : le suicide de la jeune fille (Marzyeh Rezaei) leur sera caché, il faudra enquêter. Arrivée au village

mais avant de passer le col, connaître le code

on le lui indique, on cherche à les aider parce qu’ils viennent de la ville : ils apportent certainement des faveurs du pouvoir central, ce sont des intellectuels (la pire des insultes : le qualificatif  « écervelée » pour dépeindre Marzyeh), des saltimbanques, des gens qui sont encore plus inférieurs que les inférieurs des inférieurs – ils ont du pouvoir, une voiture, une image : ils passent à la télévision… Non, la jeune fille n’est pas là. Au cimetière, cette merveille

allongée dans sa tombe (on rit un peu jaune quand même…) mais la jeune fille n’y est pas.

Il faut attendre, passer la nuit non loin de la maison d’une pestiférée (lépreuse peut-être, honnie en tout cas, laissée seule et abandonnée peut-être : elle était comédienne puis danseuse puis a vieilli et le shah étant foutu dehors, elle le fut tout autant…) Shahrzad (Kobra Saeedi) l’une des actrices les plus populaires du cinéma iranien d’avant la révolution (1978)

pour comprendre la condition de ceux qui tiennent à leur liberté.

Lui, le cinéaste, dort dans sa voiture : là-bas, dans la petite maison « minuscule » elles danseront. La plupart des comédiens sont dans leurs rôles (Jafar joue Jafar, Behnaz joue Behnaz, la vieille femme (donnons son nom : Fatemeh Ismaeilnejad) joue ce rôle-là, le (grâââve) frère de Marzyeh est joué par Mehdi Panahi… une affaire de famille, un groupe, qu’il faut soutenir. En parler, faire exister ce cinéma, iranien au plus haut, cette merveille : en maison(s)témoin oui.)

Un plan enfin, sans doute joli

de cette femme qui peint, de loin.

Et puis, pour la fin, (sous le lien le dossier de presse) il y aurait d’autres histoires à raconter (mais d’abord aller le voir) bien sûr, cette dernière, pour la fin : le voile blanc de la jeune fille qui va courir accompagner la star qui marche seule sur la route (cette reconnaissance et cet amour) et qui, la rejoignant, toute petite, bientôt elles disparaîtront derrière ce tournant (encore un plan séquence de peut-être six minutes – une merveille encore, mais le film en est plein – le cinéma comme on l’aime), et son voile a disparu, elle est, au loin, toute petite, avec son amie, marchant vers la suite de l’histoire.

 

 

Trois visages, un film (magnifique) de Jafar Panahi.

 

L’aviateur

 

Voilà un film qui va se retrouver dans le garage (mais il le faudra assez grand pour y entreposer l’Hercules conçu par HH). On y parle surtout d’aviation (c’est un genre dans le cinéma, parce que Pan american airways multiplié par Trans world airways, et aller toujours plus vite et toujours plus loin, leur tropisme maniaque de la frontière, et l’argent et le cinéma). On aura tout (il n’est pas très étonnant non plus de trouver dans cette posture un Martin Scorcese, avec ses trois heures moins le quart de durée).

Voici les fantômes.

J’aime bien savoir que Katarine Hepburn se trouve incarnée par Cate Blanchett (formidable comme d’habitude : une vraie star – elle lui a volé son coeur, t’as qu’à voir-, une vraie si on en cherche une contemporaine)la voir implique immédiatement son rôle dans « Soudain l’été dernier » (Joseph Mankiewicz, 1959), on revoit Montgomery Clift ( et cette façon d’être avec Elisabeth Taylor  :  tout le kit)) (on revoit un peu « Fury » (Fritz Lang, 1936) parce que Spencer Tracy). Ici, on a droit à la réplique magnifique  » tu n’es qu’une star de cinéma ! » comme une gifle, et on revoit aussi cette Katarine Hepburn dans « The African Queen » (John Huston, 1951). Et donc Léonardo DiCaprio en Howard Hughes perclus de troubles obsessionnels. Comme il s’agit de la vie d’un producteur de cinéma qui était surtout un fabricant d’avions et un  milliardaire du pétrole (et puisque je n’ai pas encore vu la fin au moment de ces mots), il y aussi encore ici une évocation de Ava Gardner -la passion à laquelle il n’a pu résister… quelle affaire ! –incarnée donc par Kate Beckinsale (première fois que je vois cette actrice) (le rôle est magnifique, il n’y avait aucune raison qu’elle ne soit pas à la hauteur) (encore que les sommets atteints par Ava Gardner (notamment dans « Pandora » (Albert Lewin, 1951) (c’est à cause de ce film évoqué en commentaire  de Métronomiques que ce billet est rédigé) ou dans « La Comtesse aux pieds nus » (Joseph Mankiewicz, 1954) indiquent suffisamment qu’on fait dans le lourd américain indépassable (pratiquement)). Dans ma candeur naïve, j’ai toujours cru qu’il mourait dans un accident d’avion, en pleine guerre etc. Mais non. Il finit à Acapulco, seul et désespéré vivant nu au fin fond d’un hôtel, ayant cessé de se faire couper les cheveux, la barbe et les ongles… dans les années soixante dix : on ne peut pas tellement dire non plus qu’on ressente pour lui une quelconque sympathie – bien qu’il soit ici incarné par Leonardo DiCaprio, qui a trente ans lors du tournage (il en a aujourd’hui quarante deux, et c’est le deuxième qu’il interprète avec Martin Scorcese comme réalisateur, le premier, « Gangs of New York » date de 2002).  « Celui qui devint une légende » dit l’affiche (peur de rien hein) (il faut dire qu’il en fait quelques tonnes, mais le modèle avait l’air d’en avoir aussi pas mal à montrer). Du blé et des gonzesses. Hum. Et des avions (ça me fait penser à cette image de Tintin devant un magasin de jouet, tiens…c’est juste la suivante, mais je ne l’ai pas sous la main…). Il y a dans cet amour de l’aviation quelque chose de l’enfance, disons (je ne suis pas certain de cette disposition chez Scorcese mais pourquoi pas, l’âge venant…?).

Je ne suis pas sûr qu’on appréhende, à la vision de ce film, les liens qu’entretenait HH. avec , disons, un type (assez ordurier aussi) comme John Edgar Hoover (qu’a interprété aussi Léonardo DiCaprio (sous la direction Clint Eastwood, 2011)) lequel a connu la bagatelle de six présidents des US durant ses divers mandats à la tête du FBI – de 1924 à 1972 quand même… Et puis ce sont des films à clé, et il n’est pas complètement avéré que les réalisateurs ou leurs scénaristes soient des historiens si scrupuleux non plus. On romance, on échafaude, on fait jouer la fiction comme un degré supplémentaire de liberté. Et aussi, l’histoire n’est jamais écrite que du côté des vainqueurs comme on sait. Alors il se trouve qu’on a loué le dvd pour parfaire notre anglais – on le regarde sans sous titre, on essaye de comprendre l’argot et les tournures raccourcies de l’américain, tout autant.

Un film de cinéma ayant plusieurs objets, dont le cinéma lui-même qui reste une sorte de danseuse, c’est ainsi qu’on entend « The Aviator » .

 

Addenda : j’ai fini par voir la fin, l’accident (Léonardo n’a peur de rien et Scorcese non plus) (c’est pour ça aussi qu’on les aime, remarque, aussi) et le reste, le secours d’Ava Gardner et sa gentillesse comme ses colères qu’on connaissait déjà un peu,  et la scène magnifique du procès, audition au sénat si j’ai bien compris, le FBI n’est pas loin et les affaires étant ce qu’elles sont, elles le restent… Une mention spéciale à Alec Baldwin qui interprète Juan Trippe le pédégé de la Panam, formidable – formidable aussi, ces temps-ci sa caricature, plus vraie que nature, de l’ignoble locataire de la maison blanche, ces temps-ci…

visite virtuelle #3 Le Garage

— Entrez dans le garage. Oui, c’est pratique cette double porte. Électrique. Surface correcte, béton lissé. Très facile d’entretien. Spacieux ! Ça pourrait être chez vous, non ?
— Je ne suis pas bricoleur, mais de la place on en manque toujours.
— Un petit coin atelier. C’est bien pensé. Un étau, et toutes les clés rangées par ordre de taille, à portée de main.
— Le dessin du contour sur le support, pour aider à remettre en place, comme les jeux pour petits, les puzzles, la ferme, la poule et l’oie, le détail de leur silhouette qui permet de ne pas les confondre. Les boîtes à outils, plusieurs. Les compartiments pour les vis, écrous, boulons, crochets. C’est très propre. Un peu comme ces garages de Formule 1 où même les bidons d’huile rutilent. Ça ne me ressemble pas beaucoup.
— Ah ? Serrures sécurisées.
— Chez moi une seule boîte à outil, en fer, avec les tiroirs qui apparaissent quand on l’ouvre, un peu comme les vieilles boîtes à couture en bois. La poignée amovible qui coince la peau des doigts. De la poussière et des clous rouillés coincés dans les recoins. J’entasse sans trier ce qui pourrait servir, au petit bonheur. Et ça ne sert jamais, à part à masquer ce qu’on cherche, qui pourrait être utile, mais qui n’y est pas.
— De la place on en manque toujours.
— On entasse beaucoup. On cherche ce qui manque, qu’on n’a pas. La vis la moins longue ou la plus large. La cheville adaptée, c’est toujours celle qui n’y est pas, qui n’y est plus, elle y était pourtant, mais comme on utilise toujours les mêmes trucs, qu’on a toujours les mêmes problèmes à accrocher, elle a été utilisée. Au fond de la boîte des copeaux, je ne sais pas ce qu’ils font là, je ne me souviens pas. De la poussière agglomérée, où j’habitais avant on appelle ça du schni, je ne sais pas comment ça s’écrit, ça veut dire un tas de minuscules choses sans nom à ramasser.
— Deux voitures peuvent entrer, facilement. Très belle surface.
— Au fond de la boîte des clés, mais je ne sais plus de quelles portes qui ouvraient quelles maisons.
— Être propriétaire ça change tout.
— Au fond de la boîte le mode d’emploi d’un aspirateur emmené à la déchetterie depuis longtemps.
— Très facile d’entretien, madame va être contente.
— Au fond de la boîte une carte postale. Quelqu’un m’avait écrit de là-bas, des vacances. Des îles grecques ? Ah non.
— Être chez soi, vraiment, c’est incomparable.
— Quelqu’un au bord d’un fleuve. Je ne sais pas pourquoi je l’ai mise là, cette carte. Il me parlait de Copenhague. Il disait qu’il voulait aller là-bas, pourquoi, je ne sais pas, mais le nom je m’en souviens, Copenhague, ça semble une grande ville compliquée vue d’ici, de ce garage.
— Qui communique avec la cuisine ! Pour décharger les courses c’est très pratique.
— Il parlait aussi d’Italie, juste au creux de la botte, sous le pied, les falaises qui tombent dans la mer, et parfois on aperçoit en contrebas une carcasse de machine à laver qui a été jetée, par quelqu’un qui ne serait pas bricoleur, comme moi, ou qui n’aurait pas de déchetterie à proximité. Alors on rage. On trouve ça sale. Mais ce n’est pas plus sale que d’autres choses. Il y a des choses beaucoup plus sales. Des façons de faire aussi. Des gens comme des crachats. Cette carte, ça me travaille. Pourquoi je l’ai rangée là, dans ma boîte à outils. À cause du ciel violet. On n’en voit pas de ciels dans les garages.
— Il y a toujours l’option Velux.
— Violet. Saumon, une couleur comme une pommade sucrée. Au moment d’écrire sur cette carte, il a hésité un peu, c’est toujours difficile de dire en quelques mots ce qui est là et ce qui manque. Deux choses énormes. Ce qui est là est impossible à dire. Cette liste. Sans fin. À regarder le ciel. Ce qui manque, impossible à expliquer. Trop compliqué, ce qui manque. Des villes comme Copenhague. Alors il a mis des mots simples, « Bons baisers d’ici ». Il savait que je comprendrais plus. Avec l’arbre. Avec le ciel rose. Il savait que je verrais la ligne du fleuve qui disparaît doucement, et elle lèche l’horizon, comme si tout pouvait durer éternellement, ce n’est pas vrai bien sûr, mais l’espace d’une minute on le croit. L’humilité. Quand on regarde le soleil qui chauffe l’envers des branches, ce feu. Impossible à dire. Il savait que je verrais l’humilité.
— Vous avez fait le tour ? Je vous propose de continuer. Par ici.
— Cette carte, je l’ai mise dans la boîte pour
— Je vous précède, attention à la petite marche. Et en passant, là, regardez, l’emplacement pour la chaudière, tout est prévu.
— Je l’ai mise dans la boîte, je ne sais pas pourquoi, avec le schni, les choses qu’on garde, qui restent, impossibles à dire. Ce qui n’est pas jeté, même ramassé. Le schni, ça se reconstitue toujours. C’est un peu spontané comme apparition. Comme les villes, spontanément elles grossissent, et aussi dans les rêves, on rêve de villes grosses et de leurs noms étranges. Parfois c’est impossible à prononcer. Ou alors il faut être très fort. Ça m’impressionne. Quelqu’un l’autre jour a dit « La littérature est en retard sur le monde, sinon on en lirait plus ».
— Je ne peux pas vous renseigner. Je crois aux choses spacieuses et propres, aux surfaces rutilantes, aux formes pré-dessinées.
— Il y a deux trous d’aération dans le chambranle de la fenêtre de ma cuisine. Ils sont noirs, encore plus noirs du fait que la fenêtre est blanche, et plus noirs encore quand l’obscurité tombe le soir. Dans l’un des deux, le soir, quand je rabats les volets depuis l’extérieur – au fait, je n’ai pas de garage, chez nous il n’y en a pas, mais bref – le soir quand je sors pour rabatte les volets, les trous sont à la hauteur de mes yeux et je vois de petites griffes dépasser, appuyées contre le bord rond. Une araignée. Je ne vois pas son corps. À dire vrai, je ne vois même pas que c’est une araignée, je la suppose. Le lendemain matin quand j’ouvre elle est toujours là, quatre pattes dépassent, comme quatre doigts d’une main avec le pouce qui se maintiendrait dedans. C’est pour ça que je l’ai gardée, la carte postale, dans ma boîte à outils, comme un pouce.

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Attendre filmer voir

 

(je n’aime pas n’avoir pas le temps de faire ce dont j’ai envie, c’est le cas, je n’ai plus de lieu, je n’ai plus de machines, je n’ai plus de livres : je devrais laisser tomber un peu le cinéma -impossible – la lecture -encore moins : je lis une sorte de biographie de Nina Simone par Gilles Leroy, lequel n’accorde point le pluriel d’amour avec le féminin, ce qui me le rend antipathique – marcher dans les rues, oui, mais travailler, surtout, voilà l’ennemi(de la musique, de la musique, oui)

(j’ai des questions sur cette maison, du genre il faut bien l’habiter, mais avec qui ? ou encore : il faut que tout le monde vive, mais est-ce que c’est bien sûr ?)

Il y a un film de Wim Wenders qui traite de Pina Bausch qui attend sa chronique, mais je n’ai pas le temps : le manuscrit de mon frère est là -j’en suis à la page 200, il m’en reste un peu plus, il est, en italique (s’il garde ça), empli de ces souvenirs communs, que je revois en lisant

(je dois travailler tu comprends, les vacances de février, je dois assurer – hier, le plombier me disait qu’il avait le même âge que moi, j’ai eu comme chaud au coeur de voir qu’il faut travailler quand même, l’âge, les fantômes, les décisions, les obligations) (on a taillé le noisetier du jardin en tous cas)

J’ai bien préparé une sorte de générique pour tous ces êtres/personnages/actrices-acteurs/humains qui hantent ces lieux, mais je n’ai pas le temps de le renseigner : je fais le récapitulatif de ce qui me reste à faire et la maison(s)témoin pour en faire un billet (on fait ce qu’on veut/peut, on  essaye de survivre, on lève la tête et hors de l’eau et on respire : depuis que le monde l’est pour moi, j’ai des difficultés à y respirer, depuis ce voyage qui part d’Afrique et finit à Orly, et puis avancer en âge, ressentir la présence de Burt Lancaster en Guépard dans sa baignoire

salle de bain 1

: c’est que je préférerais que vive cette maison, mais comment faire ? Tant à faire, tant à écrire, les mouvements des gens à enregistrer, monter, élucider peut-être, les non-réponses de toutes parts (pas vraiment mais c’est une sorte de stimmung -j’ai adoré entendre quelqu’un dire ça à la radio hier soir, comme si de rien n’était – employer des mots -habitus- que seule comprend -stéréotype- une catégorie de la population, c’est un snobisme qui me donne envie de cogner) (d’ailleurs j’ai été voir »Les premiers les derniers » (Bouli Lanners, 2015 dont on avait assez aimé « Les géants » il y a quelques années) où A. Dupontel (première apparition sur mon écran personnel) flanque une bonne correction à un abruti (sous le lien, il y a lui et il y a le metteur en scène deuxième rôle), il y a aussi une assez longue apparition de Max von Sydow (l’exorciste du film de Friedkin-1973) un vrai acteur comme on les aime) (il tape quand même quatre vingt six) (ça ramène à ces histoires de travail qu’on exerce et qu’il nous faut bien exercer)

Le problème à résoudre, c’est que cette maison-ci n’est pas une résidence, et que, pour cette dernière, il me faut produire et concrétiser ce qui ne veut pas venir (les gens ne répondent pas : le mari de la bibliothécaire, le bibliothécaire de la catho, d’autres encore : cette façon qui oblige, dans ce monde, à arracher aux autres ce qu’on voudrait parce que, simplement, on y est attaché et que notre besoin a sur nous cet empire, cette obligation de se battre pour quelque chose qui, après tout, n’a pas tant d’implication que ça, pas plus, ça a quelque chose du gâchis, le temps presse et je n’ai aucune envie d’attendre encore qu’on veuille bien se donner la peine -ce n’en est pas une- de répondre).

Je fatigue, en effet.

Un billet sans humeur, le mois de février entamé, rien du côté du relogement, le livre de Virginia Woolf (que j’adore) (et le livre, et elle) « Une chambre à soi » de plus en plus d’actualité, j’écris la nuit, dans le salon, la maison dort, je vais me coucher, parfois je suis tellement fatigué, je regarde le vent souffler, au loin en arrivant dans cette petite ville normande s’étalait, sur le flanc d’un coteau, le cimetière, ce n’est pas que le cinéma n’apporte pas son content de plaisirs, non plus que la littérature ou les autres choses (la musique, les chansons, la musique me manque tellement, la vraie, celle jouée au fond du couloir…) qui aident à vivre et à savoir que la vie est belle, non, ce n’est pas ça, c’est juste que, quelquefois, il m’est plus ardu de me lever et de parcourir les rues à présent éloignées de celles que j’aime.

Je vais attendre.

Je vais stationner sur le quai, filmer l’arrivée, et boire un café. Après, le jour se lèvera (Jean Gabin, du haut de son sixième où il vient de flinguer Jules Berry (mon préféré français) en lui criant « tu vas la taire ta gueule ? Tu vas la taire  oui ?!!! (« Le jour se lève » Marcel Carné, 1939)

JG et JB

)

et acheter du mimosa, peut-être

La voiture dans le garage

 

 

 

On peut toujours y poser des objets cachés, ici ou là, mais un garage en restant un, on va y mettre une auto. Tant pis si elle n’est plus utilisable.

T&L 1

Il s’agit d’un modèle étazunien : le type qui a donné son nom à la firme  disait « vous pouvez choisir n’importe quelle couleur pour votre voiture, du moment qu’elle soit noire », un type avec qui on peut discuter, comme on voit. Dans le même temps, les types dans cette histoire ne valent pas un clou, mais enfin restent les femmes, les deux héroïnes, de vraies héroïnes de cinéma comme on les aime.

T&L 6

Il y a Louise (interprétée par Susan Sarandon, magique comme toujours il me semble), qui est serveuse, connait son travail, fait des économies, ne sait pas exactement pourquoi peut-être.

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Et il y a Thelma (rôle tenue magistralement, vraiment, par Geena Davis), probablement femme au foyer, épouse d’un idiot qui aime le football (étazunien, certes, mais enfin…).

On a encore le droit de rigoler.

Deux jours de vacances, « allez viens » dit Louise et Thelma vient, en effet. Le film décrit les horreurs endurées par des femmes seules, ce n’est pas compliqué elles ne font que se battre, rendre les coups qu’on (les hommes, en particulier) leur inflige, c’est en Arkansas, puis au Texas peut-être que ça se passe, ce sont peut-être seulement des blancs qui agissent ainsi, mais elles ne font que se défendre. Et rire. Et vivre. Foncer jusqu’au Mexique (je me suis souvenu de ce « Point Limite Zéro » (« Vanishing point », Richard Zarafian, 1971) de ma jeunesse, basique et probablement plus superficiel). Passer par le grand canyon du Colorado. Des citations de « Duel » (Stephen Spielberg, téléfilm 1971), ai-je cru déceler et aussi de « La mort aux trousses » (« North by northwest », Sir Alfred, 1959) et d’autres sans doute.

Des coups du sort, dirait-on, s’abattent sur elles. Un flic (Harvey Keitel, impeccable) veut tenter de les aider : impossible.  Dans la nuit qui précède le dénouement, elle apparaissent le visage de l’une en surimpression sur celui de l’autre.

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L’une puis l’autre au volant de cette T-bird 66 décapotable verte…

T&L 4

Ah Thelma, si joyeuse, drôle ravissante…

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et Louise, sérieuse, gaie, enchantée…

Une vraie merveille pour un garage témoin : c’est peut-être trop, c’est peut-être excessif, mais on doit donner le meilleur pour n’en conserver que quelques bribes de souvenirs, les témoins de notre gratitude envers ces femmes auxquelles le cinéma donne une vie et une existence (c’est aussi, pour ça qu’on l’aime)

 

 

Merci à MDBC pour le prêt du Dvd.