ah quel terrible cinq heures du soir

 

 

il se trouve que la connexion internet dont bénéficie (il l’achète, certes) l’agent ces temps-ci foire – on en manque, on doit travailler l’employeur ne va pas commencer à payer non ? – cette honte – passons – de ce fait on publie comme on peut – on aime à publier le matin, va comprendre pourquoi – peu importe on arrive – on a des commentaires en retard, on demande des excuses

 

Au début on ne la voit que peu

ce n’est pas le trouble des temps – on a tellement tôt fait de trouver son époque extraordinaire historique jamais vécue ni vue – non, ça ne nous est jamais arrivé : mais c’est tous les jours la même chose, ça ne nous est jamais (non plus) arrivé – presque rien, tellement peu

on a vu un type barbu orbaniste immonde de Hongrie, je crois, donner sa démission pour des frasques sexuelles (Anne Sylvestre a tiré sa révérence) (on l’aimait assez mais elle avait quelque chose d’acide – une compositrice chanteuse interprète – il n’y a que le dernier qualificatif qui soit épicène) (sans genre) – c’est un peu comme pour les étoiles : pour les voir, il ne faut pas les regarder

pourtant quoi de plus exceptionnel que notre propre identité ? – tout nous est exceptionnel

– on marche dans la campagne, c’est une journée comme une autre (historique) (ce n’est pas pour se vanter, mais ici, jamais aucune a deux d : dans les débuts, il y avait cet entrain pour le légitimisme qui me faisait la remplir – j’ai cessé – il y a les bruits et les chiffres (moins qu’en septembre, plus qu’en mai, moins qu’en octobre mais plus qu’en février – on ne comptait pas alors) quelque chose du dégoût – je ne compte pas le reste, les coups, les blessures, les insultes, les mensonges (rien avec les militaires ?

le cintré et sa « guerre », son engouement pour l’héroïsme ? le locataire (à vie) du Kremlin (pas Bicêtre : Raoul de Godewa(e)rsvelde peut-être bien – les bêtises de Cambrai et les bourgeois de Calais) serait-il un exemple ? c’est sûr qu’il est préférable d’en rire (vu la prise qu’on peut avoir sur les événements, c’est sans doute – me dis-je – l’une des façons de tenir et de se déprendre de l’immonde qui flotte un peu partout)

il est cinq heures du soir, il ne fait pas si froid quand on marche, on avance, le monde bouge, tournent les astres et les étoiles – souvent le matin, Sirius – ou est-ce Vénus ? au dessus du toit (j’avais toujours cru – tu sais l’orthographe… – que d’un toit on posait sur le i qui serait son faîte on y posait le circonflexe au lieu du point qui le représentait : mais non) –

on marche on avait droit à une heure c’est trois un kilomètre c’est vingt un passage en caisse une demande de subvention, on commande ? Jamais. On entend dans le poste des insanités (je ne veux même pas répéter les mots de la ministre de la culture et de la communication, des loisirs et du tourisme, des vacances et des transports, celle du travail ou l’immonde des cultes, celui de la justice, qu’il garde donc ses sceaux- il a retiré sa plainte, tu sais comment c’est on est aux affaires on achète de nouveaux costumes neufs) j’ai fermé le poste – je ne lis le journal que peu (le papier, c’est d’un ringard) je lis les livres arrivés par la poste, je continue mon office – un chemin un peu hésitant sans internet – je me souviens que mon oncle (par alliance) me disait (nous parlions ensemble de son travail, c’était un homme avec lequel j’ai toujours aimé à rire) que dans les négociations « non ce n’est pas une réponse » –

nous marchions dans la campagne (la veille ma fille m’avait envoyé une image du fleuve qui traverse la ville, on y voyait déjà ce satellite – il se couche vers l’ouest en milieu de matinée ces jours-ci –

la route les champs les arbres et les fleurs – la maison au loin – je lui disais « oui je l’ai manquée aujourd’hui mais demain…» – nous vivons dans le même pays (j’ai entendu Ariane Ascaride tout à l’heure : « pas une seule fois le mot culture » dans le discours du cintré…) – c’est l’hiver qui s’approche : je me demandais, en est-ce une ou en on aura-t-on treize fois le sketch ?

Au loin, on ne l’apercevait pas au début, puis elle devient rose et puis lumineuse – on avance ?

On marche et on tient (par la beauté) (la joie, les rires – le poète (Francis Cabrel) raconte à un moment « quand t’as allumé ton sourire » oui, c’est ça, c’est exactement ça – et par le sourire de ceux qu’on aime

2 réflexions au sujet de « ah quel terrible cinq heures du soir »

  1. j’aime autant que le cintré ne touche pas au mot culture… quant on voit ce qu’il fait d’autres mots honorables

  2. ah cette fois la marquise est rentrée à cinq heures…
    et a las cinco de la tarde
    le torero
    s’est fait
    dessouder

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