Tout un cirque rue des Martyrs

 

 

 

il s’agit juste d’un coin de rue (hier soir j’entendais un des amis de Jean-Claude Carrière, Peter Brook, dans le poste parler de ces représentations qu’on appelle de nos jours « spectacles vivants » – ces mots de ronds-de-cuir, manches en lustrines et autres joyeusetés administratives – ces assis de je ne sais plus qui, Rimbaud probablement, que chantait Léo) qui, au cours des jours a légèrement changé ( quelque chose de notre contemporain capté par les machines) – la première image est ma préférée (OSEF unpetit peu, sans doute) : la plaque de rue, le type et ses courses, le poids des ans sur le dos (c’est en 2014)

mais il fait beau, les tuteurs sont aux arbres, potelets ombres, rue goudron Paris

on a ôté le tuteur de bois, (c’est en 2016) on a repeint sur les graffitis – monter la rue en direction des courses assez probablement (c’est en cette rue que vivait le Jean-Claude Carrière, je crois me souvenir) – la paix est meilleure que la guerre (je me souviens de Luis Bunuel et de certains films de Pierre Etaix) – trois ans suffisent

un mobilier urbain à peine différent (c’est en 2019) (un léger décadrage mais la plaque lettres blanches sur fond bleu a disparu…) la poubelle de la mairie et les deux roues à pleurer de cette « nouvelle mobilité » : destinée à qui, au juste ? – on s’amuse, on rit on danse – il fait beau et passent les jours et les semaines (nous sommes toujours en prison, celle du temps qui passe et qui durcit nos artères – cette belle jeunesse qui  prétend entrer dans la carrière : une espèce de dégoût ? tous semblables, rangés et disciplinés) – le printemps revient, sur ce coin de rue comme ailleurs –  le boulevard Rochechouart, la rue des Martyrs, le cirque en dur Médrano se tenait sur ce coin de ville, on l’a déconstruit (voilà) dans les années soixante dix (72 ou 73), on a foutu à la place un immeuble de rapport qu’on a intitulé (pas con, hein)

en lettres d’or c’est quand même le moins – on t’a flanqué une plaque en marbre (pur, de Carrare très probablement) laquelle indique

émerveillés furent-elles – tant mieux – on est content – il s’agit aujourd’hui d’un super-marché (groupe sublime au quart de milliards d’euros CICE mirifique et aux dégraissages sociaux bisannuels – faudrait quand même pas croire qu’on ne va pas rétribuer à leur juste prix les actionnaires – lesquels sont aussi les propriétaires) – on va faire une jolie petite fresque pour se souvenir (du pain et des jeux, tu sais)

agrémentez-moi ça de quelques jolis bouquets – ça c’est Paris – c’est joli, bientôt les jeux de l’Olympe le béton les affaires (je la repose, elle est si belle…)

hein, ces si jolis bosquets chloropĥylle tellement naturelle et bientôt fleuris – non, vraiment c’est beau…

 

 

Une réflexion sur « Tout un cirque rue des Martyrs »

  1. sourire un peu tordu pour les bacs bientôt fleuris (croyais pas en découvrant Avignon et le plaisir de la marche après Paris que les deux villes seraient aussi semblables avec leurs circulations douces, sauf qu’ici comme c’est plus petit on enlève les trottoirs, nomme les rues « piétonnes » ce qui signifie pour piétons à leurs risques et périls)
    et on bétonne les plantes avec entourages de bois

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