L’escalier imaginaire

 

 

Cette petite échelle de meunier sur le plan qui prend dans le salon, qu’il y aurait un double étage, peut-être soutenu par un autre indice, la fenêtre de toit du bureau, qu’un non-dit d’escalier se cache dans la maison-témoin, menant aux lieux aménagés sous les charpentes. L’escalier comme médium d’une élévation vers le lieu d’écriture, qui se conquiert à la force du jarret, dans la partie privée de l’habitation. Pourtant on y renonce, pas de hiérarchie des étages dans le plan, juste une litanie de pièces juxtaposées, on pourrait supposer tout autant une toiture descendant jusqu’au sol ou presque. Mais où sont les façades pour nous révéler. Alors naît un escalier imaginaire, dans le laiteux bleuté de la photo du salon (ping), qui s’esquisse en fond, celui qui craque à la troisième et à la huitième marche de l’enfance, celui qui amène à la porte de lumière d’une chambre de garçons, et tous les escaliers de la littérature, l’escalier dérobé derrière le rideau ou celui (pong) qui descend à la cave, l’escalier qui fait basculer dans l’autre monde,  où on traîne en lisant, qui pour dire qu’un escalier n’est pas le territoire même de la rêverie. La probabilité d’un escalier imaginaire là dans la maison-témoin.