En fleurs

 

 

 

il m’arrive de détester le cinéma – moins souvent la littérature peut-être (peut-être qu’il s’y attache plus une façon d’être soi) (ou alors parce que je préfère lire à regarder) (rêver oublier partir) écouter des chansons en faisant la cuisine – c’est plus la radio – mais détester le cinéma oui, de temps à autre (surtout le rapport qu’il entretient avec l’illusion –  c’est qu’ils finissent par y croire, elles aussi sans doute, et ils et elles ont raison puisque ça arrive – le box office et les festivals – les aides à la création et à l’écriture, les palabres avec les chargé.es de production – la FEMIS et le Fresnoy) – et puis je me calme : ça n’est pas si grave – un type a écrit une monographie sur les premiers temps de Billie Wilder ici ou outre atlantique, pourquoi pas ? je veux bien la lire (personne n’est parfait tsais – au croisement de Lubitsch et de je ne sais plus qui  – Lang ? peut-être) (pas Jack hein, Fritz plutôt  – le monocle du Mépris) – le rapport qu’il entretient avec l’argent (les variations de salaires – les silhouettes et ceux (ce sont plus des types) qui tirent les câbles – non, mais je ne veux rien en dire mais il ne m’a jamais nourri, pas même crois-je croire au figuré – les références ? les jeux, les corps, les dialogues, les décors – tu sais à quoi ça rime ? peut-être seulement l’image fixe   

peut-être seulement quand je ne peux y aller – à cause de la cherté des billets dans certaines salles, à cause de la publicité gluante et obscène de films-annonces – le mémoire de maîtrise sur le film annonce je l’ai perdu (j’avais tapé le très bien, bien que l’une des jurés m’ait alpagué sur celui que Chantal Akerman avait obtenu (noir absolu, voix off – mais je ne sais plus quel était le film…) (News from home) qui ne correspondait pas aux critères structuraux mis en évidence (des femmes nues ou des baisers, des voitures, ou des costumes d’époque : tout pour le genre…etc.)) – ou alors seulement des fleurs

et puis ces histoires d’amour toujours (comme dans les chansons, qui ne sont jamais que des chansons d’amour toujours) – et les budgets de promotion qui dépassent ceux de production – et puis le fond de soutien et puis les années filent

les choses changent, on avance dans ces histoires, les gens meurent d’autres naissent, on ne se retourne pas on avance on continue bonne route bon courage, c’est le propos de Bashung (dans son Samuel Hall) et son amie qui lui fait « tu ferais mieux de (nous) pondre (faire) un truc qui marche mon garçon » comme André Marcon (qui joue son père) l’intime à Bastien Bouillon (qui fait son fils) – oui, pourquoi faire ? (À pied d’œuvre, Valérie Donzelli, 2025)

le printemps, les jours allongent comme les pas, on se détend, on avance on marche – Norma prend une certaine ampleur, les élections s’avancent (il paraît qu’ils – et elles mais moins – ont tous quelque chose derrière la tête) – je préférerais ne pas mais je n’aime pas non plus Bartelby – non, des trucs à faire – à lire – à aller voir (notamment Hamnet (Chloé Zhao, 2025) mais je n’y parviens pas – j’avance, la porte entre-baillée, le vent froid qui entre – puis qui s’adoucira –

 

 

Laura (Otto)

 

 

il y a toujours cette tentation d’écrire quelque chose sur un film qu’on a aimé – ne pas se soucier de ses conditions de production, de ce qu’il charrie d’idéologie, de mise en scène, de domination – très à la mode – ici l’héroïne est brune, ce qui en  présage la perte – ou en présume – mais ce n’est pas la raison de cette mémoire de lui : c’est plus le prénom de l’acteur détective – il tombe sous le charme et il s’agit bien d’un charme – après le réalisateur (qu’on avait vu dans un des Cinéastes de notre temps en son temps (voilà quinze ans) (i ne faut pas s’abandonner aux passions tristes – la nostalgie n’existe pas) avait de gros défauts à ce qu’il semble être dit de lui : les films qu’il réalisa en ont sans doute moins – alors voici des images prises ici ou là, quelque part et ailleurs de cette mise en scène dans la mise en scène – l’héroïne est Gene Tierney (Laura qui donne son titre au film); le détective ensorcelé Dana Andrews (Mark de son prénom- ce prénom dans la vraie vie qui me fait souvenir); il y a aussi Vincent Price (qui ne fait pas Draculé mais panier percé et bientôt époux) et encore Clifton Web (en pygmalion au petit pied) – l’image et l’héroïne magnifiées par un Joseph La Shelle oscarisé pour la peine

 

nombreux sont les personnages incarnant des publicitaires -publicistes – cette nouvelle science marketteuse – ce qui n’a pas raiment d’importance dans la narration – un fond de décor, flou et indéfini – le travail de la fiction pourtant – Laura est de cette corporation – il s’agit d’un lieu commun – la voici

avec ce flou aux yeux (elle apparaît toujours en flash back – elle est décédée – mais ici présente pourtant – toujours

trop belle (signifiant, parfois, madame Muir (elle l’incarnera dans trois ans d’ici) – 1944, ce n’est pas son premier rôle mais celui qui la propulsera sans doute au rang de star – elle est assez absente

mais on se souvient d’elle – elle devient quelqu’un- quelqu’une – de réel- plus ou moins

chercher à comprendre – elle a disparu – assassinée – mais toujours présente aux yeux de ceux qui l’aimèrent

ou firent semblant (comme si c’était possible)

dévoiler les machinations (comme une espèce d’horlogerie)

comprendre

il n’y a pas loin d’ici aux révélations – la réalité – les turpitudes – et puis

au fond de l’image, les fleurs du portrait de Laura…

Des énigmes, des révélations, des sentiments  – noir et blanc fugaces et explicités – une espèce de merveille – le cinéma n’avait pas cinquante ans mais parvenait, alors, à quelque chose du mythe

 

Laura  un film réalisé (et produit) par Otto Preminger, en 1944

Orson

 

(regardant l’index (non à jour, mais ça ne se fait pas tous les quatre matins non plus) je m’aperçois que Orson Welles n’y figure pas – non plus que, par exemple,  Satayajit Ray (jl’ai beaucoup aimé – depuis Le salon de musique (1958) dans les années soixante-dix ou quatre-vingts) et des milliers d’autres (plus d’hommes que de femmes en réalité – (le personnel cinématographique pris dans le sens des « ressources humaines »)  on ne peut toutes les citer non plus qu’eux tous) – après il en fait toujours un peu trop – Orson je veux dire : c’est sans doute son charme – là pourtant il n’en a guère (c’est le moins qu’on puisse dire) :  il a grossi de manière éhontée (il est de 15, le film de 58, il a quarante trois ans et essuyé déjà pas mal de revers vis à vis des producteurs US) – il est là, à la frontière mexicaine des US – une ville à moitié US à moitié mexicaine (ça devait se tourner à Tijuana mais ça n’a pas été possible) (on s’est rabattu sur Venice Californie dit la chronique) – il tient

le rôle d ‘un flic véreux (au fond, un gangster (Akim Tamiroff, au téléphone, au fond, a fait enlever l’épouse de l’autre flic) – alcoolique – perdu – sans espoir ni vertu (il aime à fabriquer des preuves afin de faire condamner des coupables – parfois, dommage, ils le sont moins…)  – menteur truqueur hypocrite : très président étazunien de nos jours… – un film noir, pour cette image (au moins)

l’autre flic, incarné par Charlton Heston, mexicain et intègre, lui, se trouve pris au piège : on le fait chanter, sauvera-t-il son épouse ?

l’histoire commence donc : une bombe explose à la frontière (un plan séquence d’ouverture comme on en voit peu – une merveille) dans cette ville où le flic mexicain va laisser sa femme le temps d’enquêter (elle et lui sont en voyage de noces, mais ça ne fait rien : le devoir (mais pas le conjugal, donc) avant tout…)

erreur (on kidnappe l’épouse, Janet Leigh (le type a pour patronyme Vargas, et je ne peux pas m’empêcher de le rapprocher de sa sœur (probablement) prénommé Maria, qui, quatre ans plus tôt épousait un conte (La comtesse aux pieds nus, Joseph Mankiewicz, 1954) – madame Vargas donc qui crie comme elle le fera dans deux ans dans Psychose (Alfred Hitchcock, 1960) on la drogue on l’enferme on la bat (ici avec le truand)

on fait chanter le mari – tout va de plus en plus mal – et voilà qu’apparaît Marlène Dietrich grimée en une espèce de gitane (plus ou moins respectueuse, plus ou moins mère maquerelle – enfin comme elle est amie avec le flic interprété par Welles, tout est pardonné)

et puis et puis – on peut aussi voir Zsa Zsa Gabor (l’actrice aux sept maris) tenir une boite de strip-tease

je ne me souviens plus – je ne raconterais rien de plus – c’est un film noir, on les oublie, ils reviennent on s’en souvient (celui-ci est particulièrement magnifique – l’image est réalisée par Russell Metty à la filmographie hollywoodienne longue comme le bras) – l’histoire, les plans, les faux semblants en forme de reflet

la cruauté, le mensonge, ce que le monde fait aux femmes et aux hommes –

et Orson Welles réalisant tout ça en un temps record – entrant dans les budgets, sans dépassement mais à qui on retirera le montage final (dit final cut) – (un monde de chiens) et qui, pour la peine, cessera à jamais de tourner à Hollywood.
Un montage conforme à ses volontés sera réalisé à la fin du siècle, mais Orson aura disparu depuis plus de dix ans… – en 85, à… Hollywood…)

La soif du mal un film (en noir et blanc) (Touch of Evil) (et très noir – mais magnifique) réalisé par Orson Welles en 1958.

dispersion X+2

 

 

des images uniquement de ciné prises ici ou là (celle-ci par exemple n’est pas de l’art industrieux dont on parlera)

datant d’une dizaine d’années (résidence Moret L’aiR Nu) je la reprends je la garde – je ne prends pas le chemin de l’agent, je le laisse à fumer son clopo attendant le chaland – la chanson « maison vide » du polnaref suivie de celle du « château de laze » du même tonneau – « le grand meaulnes » aussi pourquoi pas ? – je retourne chercher mes images – j’en retiens dix-huit – les égéries comprises – pendant ce temps-là, Norma patiente (les mentions de Norma s’imposent pour m’obliger à la faire vivre) – ces affaires réflexives me gavent un peu mais tant pis – avançons

qui est-ce ou qui fut-ce ? Giuseppe Pinelli (anarchiste milanais, défenestré (par la police) quelques jours (le 15) après l’attentat à l’aveugle (16 morts, 88 blessés) et à la bombe (banque de l’Agriculture, Milan, piazza Fontana, 12 décembre 1969) – en sa mémoire

ah le « tu vas la taire ta gueule ? » du Gabin/François à ce Valentin/Jules Berry – et cette Arletty (atmosphère ?) /Clara… (Le jour se lève (Marcel Carnet, 1939, décor Trauner (non crédité car juif), scénar dialogues Prévert…) – joueur invétéré…

(ce que ça vient faire là j’en sais rien, un acte manqué donc réussi – la montre les rides ça n’a pas quarante ans le pull et le col de chemise au dessus : à pleurer)

ah oui (8 et 1/2 , 2F 1963)

(ne jamais changer une équipe qui gagne dit le stéréotype sportif ou la métaphore ou l’allégorie – la mythologie) Anna Magnani (on ne se disperse pas tant que ça – l’amour vrai)

(le cinéma us ne va pas s’embarrasser – 1947 – Kiss of death (aka Le carrefour (sinon le baiser) de la mort, Henry Hathaway) (premier « grand »rôle pour Widmark Richard)

(Maduro même combat ?) (je préfère passer – je préfère la fiction sans doute) ou alors la musique –

ces sourires oui (Ella et Duke) – de Kurdes sourires aussi

la guerre, comme la religion – ces humaines mascarades – ici Emma Goldman (anarchiste – 27 (15) juin 1869, 14 mai 1940 –

pour la parution du à bas bruit à laquelle on a participé (on a des choses à faire, mais la militance effraye sinon écœure – c’est le pluriel de Brassens qui a ma faveur) tant pis – mais je suis donc je pense – je suppose donc j’erre

(cliché de Viviane Maier années 50 je suppose) (je l’aime bien – elle) (une photo de quelqu’un qui dort a quelque chose de secret – et puis qu’est-ce que ça peut faire ?) (j’abonde)

à nouveau 8 et 1/2 (Barbara Steele, qu’on peut voir aussi dans le (à paraître, pfff) magnifique Sois belle et tais-toi (Delphine Seyrig,1981) –

(ah Giulietta…!) – un pano à gauche de 60 degrés nous ferait découvrir le Paris Rome – photos posées ou pas – et Popeye qui attend

(je ne sais plus exactement mais peut-être bien Marcel Bozzuffi (ou alors Fernando Rey) le chapeau et dessous Gene Hackman – on avance hein – ici crâne d’œuf quelques ans (ça ne se dit pas) plus tard

(dans un film de Ray Depardon – interdit par l’archange – puis ressorti – Une partie de campagne (1974)) (quelle horreur…) – et puis presque récemment

formidable Agent secret mixant les genres – le cinéma avec ses plus de cent trente ans finira-t-il par mourir sous les coups d’autres formes (plus plates) (hum) la vie des salles menacées mais tout (absolument tout) a une fin (même le big bang) alors restant dans le monde, le temps, sur terre, ou sur les ondes

ces montages sonores (soixante douze minutes…) de l’amie Chritine Jeanney (on en arrive à ces jours) car pour finir une image de ce Gâteau du Président (Hasan Hadi,2025 – Irak, camera d’or (premier film) Cannes 2025) une jeune fille et sa grand-mère

et toujours, bien sûr, avec mes compliments.

 

À eux toutes et tous

 

 

 

il avait des trucs à faire, notamment écouter (lire plutôt) ce que Wajdi Mouawad dit pour son entrée au collège de France
il y avait de l’actualité – comme une addiction malsaine (est-ce un pléonasme ?) surtout quand on voit ce que proposent les chaînes dédiées – quelle(s) différence(s) y a-t-il entre la foi et l’addiction ?
d’autres choses encore afin de tenter une espèce de reconnaissance : mais désespérément l’entrée du lotissement demeurait vide, le jardin autour de la maison peuplé certes d’herbes folles ou qu’on dit mauvaises, mais à l’entretien assez lâche

j’ai laissé la ponctuation dans un coin, regardé par la fenêtre le plomb du ciel à venir (le plomb et ses longues traces dessinées par ses « années »  et ses wagons )

ce n’étaient sans doute que des pensées d’agent désœuvré : il y a toujours quelque chose à faire pourtant, la mise en abîme de la dispersion par exemple (deux images par jour)

et puis non – un film pourtant les documentaires rarement – dans le sens qu’on aime – on a mis sept ans à le faire, celui-ci – le produire, le tourner, le monter le mixer – acharné – entêté – ils y sont encore, un carton de fin indique que deux cents personnes continuent de faire vivre le territoire et sa forêt – travaillent vivent jouent gagnent – l’hiver… ensuite, ces temps sont troubles (on tue dans les rues et cette tuerie est jugée légitime par des gens élus…) un refuge alors ?
cette maison transformée en cabane, voilà… et au fond de l’image, un jardin…

il était une fois une lutte de plusieurs années contre l’implantation d’un aéroport disproportionné (on pense au pont de Messine, au tunnel de la ligne Lyon-Turin, on pense à ces choses-là…) des dizaines d’années de lutte et puis, par l’État l’abandon

(un jour un type m’a dit, sortant d’une expo sur le film Jusqu’ici tout va bien aka La haine (Mathieu Kassowitz, 1995) : « de l’État j’attends rien qu’une balle« )

et de cet abandon on s’était réjoui

on avait ri

et on avait dansé

pas tant d’avoir gagné et fait plier l’État (justement) que de pouvoir vivre normalement de ce territoire qu’on aime : la forêt et ses alentours, les marais les étangs les champs les cabanes qu’on avait construites

mais

on fit agir la force de la loi
(qui est donc ce « on » ? mais c’est en notre nom à tous et toutes que force reste à la loi…) probablement quelque chose d’administratif comme il sait si bien le faire – qu’attendre d’autre de lui ?)
on se battit

du verbe se battre (et non plus bâtir) – on tenta de négocier d’expliquer

autant parler à un mur – le Mexique ? Berlin ? tous les autres murs ? exactement –

on résiste, et puis

que faire contre cette force-là ? eh bien écoute, c’est vrai qu’ils ont détruit

et tenté d’annihiler les abris les constructions les maisons et les cabanes

pourquoi ? Simplement pour montrer leur force – inutilement – ils ont perdu, et l’État n’en est pas sorti grandi

bâtir à nouveau, ensemble

construire

un avenir propre

et sur les ruines de la haine
(car cet état-là haït ceux-là mêmes qui l’ont porté où il est)
des mains

des pieds

auprès de la terre

au plus près des arbres

du ciel de la forêt

vivre

la nuit

ensemble en paix

Rien de plus beau

 

 

Forêt Rouge un film documentaire et documenté réalisé par Laurie Lassalle avec l’aide de toutes ces personnes joyeuses et toujours en vie, aussi libres qu’on peut l’être, de Notre Dame des Landes

 

 

témoin (dispersion #X+1)

 

 

 

on ne va pas rester sans rien faire – entre deux mots, choisissons le moindre : l’image; celle que je vole pèche attrape dont je me saisis – des gens connus (de qui ? c’est toute la question) ou pas (ici c’est moi en ombre – au loin dans le miroir de chez Max

un selfie et je continue) (je ne veux pas qu’elle meure) glanées ici ou là (le cinéma souvent, qui en raffole) – ici Vittorio De Sica et Lamberto Maggiorani qui interprète Le voleur de bicyclette (1948)

là Stanley Kubrick et Jack Nicholson dans le bar de l’hôtel (ou le studio) abritant le tournage de Shining (1980)

je ne m’en sers que peu – depuis peu dans une espèce de revue tmp

des images qui disparaissent au bout de 48 heures

après on en fait ce qu’on en veut

ça a un côté assez joli et fantasque éphémère oublieux – on les reprend

un photo-montage de deux plans de La Jetée (Chris Marker, 1962) (Hélène Chatelain dans le rôle de « la femme ») ou bien Peter Lorre dans le rôle de Hans Beckert alias M le maudit (Fritz Lang, 1932)

qu’on revoit dans Casabanca  (Michel Curtiz, 1942)

plus proche

 

quelques plans du plus beau film de tous les temps et de tout l’univers

ce n’est que mon avis

trop bien – une photo de presse

le réalisateur (2F) et l’une des actrices (Claudia Cardinale) – une image d’un des favoris d’ici

(Ben Gazzara qui joue Cosmo dans) Meurtre d’un bookmaker chinois (John Cassavetes, 1976) et ici, dans le film réalisé par Jim Jarmusch (à sketches peut-être mais celui-là – Los Angeles – est vraiment très bien)

au premier plan, Winona Ryder dans le rôle de la chaffeure de taxi mécano et moins au point fumant à l’arrière plan Gena Rowlands aka Victoria Snelling (le film ; Night on earth, 1991) et puis encore

la légende est fausse, ce n’est pas Dana Andrews mais Vincent Price (comme quoi rien n’est simple) avec Gene Tierney dans le rôle titre Laura (Otto Preminger, 1944) (un jour paraîtra ici un billet/article/post/développement illustré sur ce film – ça aurait pu mais non – on reprendra l’image) il y aura aussi un peu de cette image impressionniste mais retouchée il m’a semblé

ou d’autres choses

là je ne sais plus mais c’est fort brouillé (un film italien, surement, du côté de Milan, Visconti ou Antonioni) une espèce de panthéon (tant mieux) mais sans chanson, impossible – une morna Cesaria steuplé…

ou alors un peu de jazz merveilleux, oh Ella…

 

à suivre peut-être

 

dispersion #X

 

 

 

ce qui traîne un peu – des images sans trop de suite toujours un peu les mêmes toujours assez différentes – des cartes postales – des alibis pour ne pas travailler (tant pis, ça ne fait rien ça ira)(ces images ne sont pas que de moi)

un pilier du Ground zéro paris 12

puis un autre pilier (probablement) du kebab coin Belleville/Rebéval

on continuera par une nature morte à la porte

puis ce lieu particulier comme un poste de pilotage des voies de chemin de fer de la gare du Nord

en réalité celas’apparente plus à un sur le bureau mais peu importe, à nouvelle année, nouvelle maison et nouveau témoin (elle je l’adore)

ici un lieu improbable(du côté de Villers-Cotterêts)

une inclusion marseillaise

un coucher de soleil

un marronnier

un pétrolier arraisonné sans doute (le truc à la mode des fachos)

et pour finir cette image reflets

Tous mes vœux vingt-six en douze images

l’horreur

 

le truc c’est que ça commence par Freaks et j’ai une tendresse particulière pour ce film-là – d’autres (hein) ce serait  La nuit du chasseur – mais j’aime aussi beaucoup dans la série des trahisons  La nuit des forains (Ingmar Bergman, 1953) – quel(s) cirque(s)…

 

je me prends les pieds dans le tapis : je déteste les palmarès, les classements, les étiquettes (sociologue un jour sociologue toujours ou pour un temps seulement ? qui nous (m’)oblige à compter ? ) – pas d’idée – ce sont les cent meilleurs films d’horreur si je comprends bien – je vais laisser ça dans les détritus (ça fait ventre)

cette image-là

(ce type d’injonction vient directement des us – la guerre, les blancs, assez âgés l’argent) (donne envie de gerber) suivi de ce vade-mecum du critique pour eux

donne envie de gerber aussi – pourquoi s’en encombrer ? – et puis la liste des cent films « les meilleurs du monde » – cette façon de classer, d’entretenir la concurrence, la position, la domination – je les pose là je reviens dans une heure le temps de compter

puis

encore

et pour finir

Non je ne compte pas exactement mais étazunien mortellement (les titres sont tous en anglais remarque bien) – deux femmes réalisatrices (y’a pas de quoi pavoiser, comme disait flambi ce traître) – le numéro 90 quand même ? à peine allons… (j’ai l’impression qu’il y a tout Lynch) (j’aime beaucoup le 34)

Goliarda

 

 

(après un prénom pareil ne s’oublie pas non plus – ça a quelque chose de l’attirance, l’emprise, la volonté de paraître ) – c’est en Sicile qu’elle naquit, à Catane en 24 du siècle précédent – dans notre ère dit-on – et qu’en 94, vers Gaète (cent bornes au sud de Rome

au fond de l’image, le Vésuve…) elle disparut) il s’agit d’un film réalisé par un homme, dont le scénario a été écrit par une femme et lui-même. Et il (me) faut souligner que dans la plupart des plans les actrices ne le cèdent en rien aux acteurs – il s’agit d’un film de cinéma qui raconte probablement quelques mois de la vie d’une écrivaine – la période troublée de la vie de cette femme, Goliarda Sapienza donc – après qu’elle ait été emprisonnée pour vol (des bijoux d’une de ses amies). Il s’agit d’une adaptation (dit la chronique) d’un de ses romans titré L’université de Rebibbia (il fau(drai)t que je me le procure) (add.du dimanche : c’est fait – encore merci !…) – un cinéma fait de retours sur soi ou flash-back – il se peut qu’il ne s’agisse que de quelques mois, au début des années 80, où Goliarda retrouve Roberta, une de ses amies, plus jeune qu’elle, qu’elle a connue en prison. Il se peut que  l’action ne se déroule que pendant quelques semaines (j’aime à le croire). Elles se retrouvent, Roberta et Goliarda et c’est une amitié magnifique et même magique probablement. Quelque chose de la liberté, entre femmes, quelque chose qui fait battre le cœur – un peu comme l’amour. Beaucoup, même mais chacun.e sait que ces choses là ne durent que l’espace d’un moment. J’aurais aimé montrer le dernier plan de ce film , il s’agit de Goliarda sur un quai de Termini la gare principale disons de Rome, Goliarda qui courre

(sur cette image, à la main, Valeria Golino, qui incarne l’autrice, tient un fac-simile de lettre – une lettre qu’un détenu (ou une) tente de faire parvenir à ses proches – on en voit une pleine valise, qui représente le signe d’un cadeau que Roberta fait à Goliarda, avant de disparaître) (à jamais) (pour toujours…)  

et cherche où a disparu Roberta – elle s’en est allée – qui l’appelle, puis qui se retourne vers nous donc et nous regarde. Cut. Générique de fin.

 

J’ai pris quelques images au film-annonce – je les fixe et les donne. D’ailleurs toujours ici comme ailleurs, la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a.

 

dans la cour de la prison de Rebibbia (cette prison me fait souvenir des Brigades rouges, mais surtout des tortures qu’elles eurent à subir, des horreurs…) (dehors tout en étant dedans)

en semblables appareils, d’autres détenues

puis ici Roberta (qui lit…)

lectrice donc – il faudrait se renseigner plus avant, sur la durée du séjour (si on peut le dire comme ça) en prison de Goliarda Sapienza – il faudrait lire aussi son Le fil d’une vie (d’abord chez Viviane Hamy puis au Tripode) – un moment particulier de la vie de l’autrice

cette prison qu’elle décrit comme une université

ici elle parle de son livre L’art de la joie – où l’héroïne prénommée Modesta* fait figure d’un double transparent peut-être de Goliarda

mais surtout une espèce de liberté (un savoir vivre – des mœurs sans entraves)

mais aussi, peut-être surtout (rien de certain là-dedans cependant) écrire

et encore écrire – le film parle des difficultés rencontrées pour la publication de ce livre mais aussi, surtout, des relations tissées avec ses amies , ces amitiés vraies et sincères instaurées en prison, puis ensuite – avec Roberta

puis avec Barbara (ici droite cadre)

et aussi Suzy Wong (gauche cadre – toutes donc co-détenues)

et aussi, dehors donc mais en ville, à Rome

le jour, la nuit, volant des voitures

vite – mais vivre – vite

vite pour n’en rien perdre

et l’écrit pour tout garder

Sûrement.

 

 

* : Modesta est (aussi) le prénom que porte la sœur du premier mari de Goliarda, Francesco Maselli.

Fuori un film réalisé par Mario Martone

 

 

 

Luigi

 

 

ce billet est dédié à Ambroise Croizat (je pose ça là, trouvé sur un site (qui ne s’ouvre pas) du pcf 14)

 

 

 

 

je dispose d’un tel sentiment de dispersion qu’il (me) faut (crois-je dans ma candeur factice) le rendre cathartique afin de parvenir à me mettre au travail  – au vrai travail je veux dire (comme si celui-ci était faux mais non, ce n’en est juste pas un) (je cède à mon penchant peuple) – il y a tout juste un an (le 4 soit demain) un type encapuché (photo de droite)

en abattait un autre de trois balles dans le dos (les douilles de ces balles étaient tatouées des mots deny (refuser) delay (faire traîner) depose (deposer) : en trois mots, les agissements de l’assurance-maladie privée étazunienne). Puis il prenait la fuite (photo de gauche) sur un vélo de location. Cinq jours plus tard, la police d’une petite ville, Altoona (Pennsylvanie), lui mettait le grappin dessus (il avait été reconnu par une caissière de macdo – la ville en dispose de 3 (ah oui quand même), je pose ici cette image pour fixer les idées – puisque toutes les enseignes de cette marques sont semblables, ça ne fixe rien, je sais aussi)

qu’est-ce qui ressemble le plus

à un restaurant rapide qu’un autre ?

je me le demande – en tout cas dans les mêmes lieux se prépare à manger la même nourriture – c’est un peu loin du sujet,  mais l’état de santé des autochtones nous en rapproche. Le tireur donc fut interpellé ici ou là : son forfait, cinq jours plus tôt : avoir assassiné (il nie tout en bloc) le CEO (chief executive officer – en français plutôt dg – directeur général) de la première entreprise d’assurances-maladie du pays. Ici, les images illustrant le lieu du crime ce matin du 4 décembre 2024

  un autre point de vue de la même crois-je déceler

puis les atermoiements des personnes en charge de l’enquête

et aussi, le même genre de fait étazunien, lorsque ce tireur-là

a manqué de tuer le peroxydé dt 45/47 (lui aussi avait tatoué les douilles des balles censées débarrasser la planète de cette engeance (il a failli, c’est vrai) – cette image-là aussi, où la superbe manque à l’ordure

puis celle-ci, conférence de presse, recherche de preuves etc…

le même mode opératoire donc – sauf que Luigi a tué le CEO (un homme d’une cinquantaine d’années, blanc certes, qui devait gagner quelques centaines de milliers de dollars par an, sur le dos des assurés corporate) – en septembre dernier, Luigi passait devant une cour de justice et à cette occasion, une foule de gens (en noir et blanc) lui apportèrent leur soutien

non coupable lit-on – Luigi est devenu une espèce de héros

le juge en charge du dossier a déqualifié la préméditation

Luigi jouit d’une grande affection de la part notamment de la jeunesse étazunienne

qui voit en lui un sauveur, une espèce de Robin des Bois, défenseur des veuves et des orphelins : ici

L’influenceuse Abril Rios, supportrice de Luigi Mangione, devant le palais de justice de Manhattan, à New York, le 16 septembre.

de une – et voici de deux (enmasqué d’un ectoplasme du jeu vidéo mario  ai-je cru découvrir)