À eux toutes et tous

 

 

 

il avait des trucs à faire, notamment écouter (lire plutôt) ce que Wajdi Mouawad dit pour son entrée au collège de France
il y avait de l’actualité – comme une addiction malsaine (est-ce un pléonasme ?) surtout quand on voit ce que proposent les chaînes dédiées – quelle(s) différence(s) y a-t-il entre la foi et l’addiction ?
d’autres choses encore afin de tenter une espèce de reconnaissance : mais désespérément l’entrée du lotissement demeurait vide, le jardin autour de la maison peuplé certes d’herbes folles ou qu’on dit mauvaises, mais à l’entretien assez lâche

j’ai laissé la ponctuation dans un coin, regardé par la fenêtre le plomb du ciel à venir (le plomb et ses longues traces dessinées par ses « années »  et ses wagons )

ce n’étaient sans doute que des pensées d’agent désœuvré : il y a toujours quelque chose à faire pourtant, la mise en abîme de la dispersion par exemple (deux images par jour)

et puis non – un film pourtant les documentaires rarement – dans le sens qu’on aime – on a mis sept ans à le faire, celui-ci – le produire, le tourner, le monter le mixer – acharné – entêté – ils y sont encore, un carton de fin indique que deux cents personnes continuent de faire vivre le territoire et sa forêt – travaillent vivent jouent gagnent – l’hiver… ensuite, ces temps sont troubles (on tue dans les rues et cette tuerie est jugée légitime par des gens élus…) un refuge alors ?
cette maison transformée en cabane, voilà… et au fond de l’image, un jardin…

il était une fois une lutte de plusieurs années contre l’implantation d’un aéroport disproportionné (on pense au pont de Messine, au tunnel de la ligne Lyon-Turin, on pense à ces choses-là…) des dizaines d’années de lutte et puis, par l’État l’abandon

(un jour un type m’a dit, sortant d’une expo sur le film Jusqu’ici tout va bien aka La haine (Mathieu Kassowitz, 1995) : « de l’État j’attends rien qu’une balle« )

et de cet abandon on s’était réjoui

on avait ri

et on avait dansé

pas tant d’avoir gagné et fait plier l’État (justement) que de pouvoir vivre normalement de ce territoire qu’on aime : la forêt et ses alentours, les marais les étangs les champs les cabanes qu’on avait construites

mais

on fit agir la force de la loi
(qui est donc ce « on » ? mais c’est en notre nom à tous et toutes que force reste à la loi…) probablement quelque chose d’administratif comme il sait si bien le faire – qu’attendre d’autre de lui ?)
on se battit

du verbe se battre (et non plus bâtir) – on tenta de négocier d’expliquer

autant parler à un mur – le Mexique ? Berlin ? tous les autres murs ? exactement –

on résiste, et puis

que faire contre cette force-là ? eh bien écoute, c’est vrai qu’ils ont détruit

et tenté d’annihiler les abris les constructions les maisons et les cabanes

pourquoi ? Simplement pour montrer leur force – inutilement – ils ont perdu, et l’État n’en est pas sorti grandi

bâtir à nouveau, ensemble

construire

un avenir propre

et sur les ruines de la haine
(car cet état-là haït ceux-là mêmes qui l’ont porté où il est)
des mains

des pieds

auprès de la terre

au plus près des arbres

du ciel de la forêt

vivre

la nuit

ensemble en paix

Rien de plus beau

 

 

Forêt Rouge un film documentaire et documenté réalisé par Laurie Lassalle avec l’aide de toutes ces personnes joyeuses et toujours en vie, aussi libres qu’on peut l’être, de Notre Dame des Landes

 

 

témoin (dispersion #X+1)

 

 

 

on ne va pas rester sans rien faire – entre deux mots, choisissons le moindre : l’image; celle que je vole pèche attrape dont je me saisis – des gens connus (de qui ? c’est toute la question) ou pas (ici c’est moi en ombre – au loin dans le miroir de chez Max

un selfie et je continue) (je ne veux pas qu’elle meure) glanées ici ou là (le cinéma souvent, qui en raffole) – ici Vittorio De Sica et Lamberto Maggiorani qui interprète Le voleur de bicyclette (1948)

là Stanley Kubrick et Jack Nicholson dans le bar de l’hôtel (ou le studio) abritant le tournage de Shining (1980)

je ne m’en sers que peu – depuis peu dans une espèce de revue tmp

des images qui disparaissent au bout de 48 heures

après on en fait ce qu’on en veut

ça a un côté assez joli et fantasque éphémère oublieux – on les reprend

un photo-montage de deux plans de La Jetée (Chris Marker, 1962) (Hélène Chatelain dans le rôle de « la femme ») ou bien Peter Lorre dans le rôle de Hans Beckert alias M le maudit (Fritz Lang, 1932)

qu’on revoit dans Casabanca  (Michel Curtiz, 1942)

plus proche

 

quelques plans du plus beau film de tous les temps et de tout l’univers

ce n’est que mon avis

trop bien – une photo de presse

le réalisateur (2F) et l’une des actrices (Claudia Cardinale) – une image d’un des favoris d’ici

(Ben Gazzara qui joue Cosmo dans) Meurtre d’un bookmaker chinois (John Cassavetes, 1976) et ici, dans le film réalisé par Jim Jarmusch (à sketches peut-être mais celui-là – Los Angeles – est vraiment très bien)

au premier plan, Winona Ryder dans le rôle de la chaffeure de taxi mécano et moins au point fumant à l’arrière plan Gena Rowlands aka Victoria Snelling (le film ; Night on earth, 1991) et puis encore

la légende est fausse, ce n’est pas Dana Andrews mais Vincent Price (comme quoi rien n’est simple) avec Gene Tierney dans le rôle titre Laura (Otto Preminger, 1944) (un jour paraîtra ici un billet/article/post/développement illustré sur ce film – ça aurait pu mais non – on reprendra l’image) il y aura aussi un peu de cette image impressionniste mais retouchée il m’a semblé

ou d’autres choses

là je ne sais plus mais c’est fort brouillé (un film italien, surement, du côté de Milan, Visconti ou Antonioni) une espèce de panthéon (tant mieux) mais sans chanson, impossible – une morna Cesaria steuplé…

ou alors un peu de jazz merveilleux, oh Ella…

 

à suivre peut-être

 

dispersion #X

 

 

 

ce qui traîne un peu – des images sans trop de suite toujours un peu les mêmes toujours assez différentes – des cartes postales – des alibis pour ne pas travailler (tant pis, ça ne fait rien ça ira)(ces images ne sont pas que de moi)

un pilier du Ground zéro paris 12

puis un autre pilier (probablement) du kebab coin Belleville/Rebéval

on continuera par une nature morte à la porte

puis ce lieu particulier comme un poste de pilotage des voies de chemin de fer de la gare du Nord

en réalité celas’apparente plus à un sur le bureau mais peu importe, à nouvelle année, nouvelle maison et nouveau témoin (elle je l’adore)

ici un lieu improbable(du côté de Villers-Cotterêts)

une inclusion marseillaise

un coucher de soleil

un marronnier

un pétrolier arraisonné sans doute (le truc à la mode des fachos)

et pour finir cette image reflets

Tous mes vœux vingt-six en douze images

l’horreur

 

le truc c’est que ça commence par Freaks et j’ai une tendresse particulière pour ce film-là – d’autres (hein) ce serait  La nuit du chasseur – mais j’aime aussi beaucoup dans la série des trahisons  La nuit des forains (Ingmar Bergman, 1953) – quel(s) cirque(s)…

 

je me prends les pieds dans le tapis : je déteste les palmarès, les classements, les étiquettes (sociologue un jour sociologue toujours ou pour un temps seulement ? qui nous (m’)oblige à compter ? ) – pas d’idée – ce sont les cent meilleurs films d’horreur si je comprends bien – je vais laisser ça dans les détritus (ça fait ventre)

cette image-là

(ce type d’injonction vient directement des us – la guerre, les blancs, assez âgés l’argent) (donne envie de gerber) suivi de ce vade-mecum du critique pour eux

donne envie de gerber aussi – pourquoi s’en encombrer ? – et puis la liste des cent films « les meilleurs du monde » – cette façon de classer, d’entretenir la concurrence, la position, la domination – je les pose là je reviens dans une heure le temps de compter

puis

encore

et pour finir

Non je ne compte pas exactement mais étazunien mortellement (les titres sont tous en anglais remarque bien) – deux femmes réalisatrices (y’a pas de quoi pavoiser, comme disait flambi ce traître) – le numéro 90 quand même ? à peine allons… (j’ai l’impression qu’il y a tout Lynch) (j’aime beaucoup le 34)

Goliarda

 

 

(après un prénom pareil ne s’oublie pas non plus – ça a quelque chose de l’attirance, l’emprise, la volonté de paraître ) – c’est en Sicile qu’elle naquit, à Catane en 24 du siècle précédent – dans notre ère dit-on – et qu’en 94, vers Gaète (cent bornes au sud de Rome

au fond de l’image, le Vésuve…) elle disparut) il s’agit d’un film réalisé par un homme, dont le scénario a été écrit par une femme et lui-même. Et il (me) faut souligner que dans la plupart des plans les actrices ne le cèdent en rien aux acteurs – il s’agit d’un film de cinéma qui raconte probablement quelques mois de la vie d’une écrivaine – la période troublée de la vie de cette femme, Goliarda Sapienza donc – après qu’elle ait été emprisonnée pour vol (des bijoux d’une de ses amies). Il s’agit d’une adaptation (dit la chronique) d’un de ses romans titré L’université de Rebibbia (il fau(drai)t que je me le procure) (add.du dimanche : c’est fait – encore merci !…) – un cinéma fait de retours sur soi ou flash-back – il se peut qu’il ne s’agisse que de quelques mois, au début des années 80, où Goliarda retrouve Roberta, une de ses amies, plus jeune qu’elle, qu’elle a connue en prison. Il se peut que  l’action ne se déroule que pendant quelques semaines (j’aime à le croire). Elles se retrouvent, Roberta et Goliarda et c’est une amitié magnifique et même magique probablement. Quelque chose de la liberté, entre femmes, quelque chose qui fait battre le cœur – un peu comme l’amour. Beaucoup, même mais chacun.e sait que ces choses là ne durent que l’espace d’un moment. J’aurais aimé montrer le dernier plan de ce film , il s’agit de Goliarda sur un quai de Termini la gare principale disons de Rome, Goliarda qui courre

(sur cette image, à la main, Valeria Golino, qui incarne l’autrice, tient un fac-simile de lettre – une lettre qu’un détenu (ou une) tente de faire parvenir à ses proches – on en voit une pleine valise, qui représente le signe d’un cadeau que Roberta fait à Goliarda, avant de disparaître) (à jamais) (pour toujours…)  

et cherche où a disparu Roberta – elle s’en est allée – qui l’appelle, puis qui se retourne vers nous donc et nous regarde. Cut. Générique de fin.

 

J’ai pris quelques images au film-annonce – je les fixe et les donne. D’ailleurs toujours ici comme ailleurs, la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a.

 

dans la cour de la prison de Rebibbia (cette prison me fait souvenir des Brigades rouges, mais surtout des tortures qu’elles eurent à subir, des horreurs…) (dehors tout en étant dedans)

en semblables appareils, d’autres détenues

puis ici Roberta (qui lit…)

lectrice donc – il faudrait se renseigner plus avant, sur la durée du séjour (si on peut le dire comme ça) en prison de Goliarda Sapienza – il faudrait lire aussi son Le fil d’une vie (d’abord chez Viviane Hamy puis au Tripode) – un moment particulier de la vie de l’autrice

cette prison qu’elle décrit comme une université

ici elle parle de son livre L’art de la joie – où l’héroïne prénommée Modesta* fait figure d’un double transparent peut-être de Goliarda

mais surtout une espèce de liberté (un savoir vivre – des mœurs sans entraves)

mais aussi, peut-être surtout (rien de certain là-dedans cependant) écrire

et encore écrire – le film parle des difficultés rencontrées pour la publication de ce livre mais aussi, surtout, des relations tissées avec ses amies , ces amitiés vraies et sincères instaurées en prison, puis ensuite – avec Roberta

puis avec Barbara (ici droite cadre)

et aussi Suzy Wong (gauche cadre – toutes donc co-détenues)

et aussi, dehors donc mais en ville, à Rome

le jour, la nuit, volant des voitures

vite – mais vivre – vite

vite pour n’en rien perdre

et l’écrit pour tout garder

Sûrement.

 

 

* : Modesta est (aussi) le prénom que porte la sœur du premier mari de Goliarda, Francesco Maselli.

Fuori un film réalisé par Mario Martone

 

 

 

Luigi

 

 

ce billet est dédié à Ambroise Croizat (je pose ça là, trouvé sur un site (qui ne s’ouvre pas) du pcf 14)

 

 

 

 

je dispose d’un tel sentiment de dispersion qu’il (me) faut (crois-je dans ma candeur factice) le rendre cathartique afin de parvenir à me mettre au travail  – au vrai travail je veux dire (comme si celui-ci était faux mais non, ce n’en est juste pas un) (je cède à mon penchant peuple) – il y a tout juste un an (le 4 soit demain) un type encapuché (photo de droite)

en abattait un autre de trois balles dans le dos (les douilles de ces balles étaient tatouées des mots deny (refuser) delay (faire traîner) depose (deposer) : en trois mots, les agissements de l’assurance-maladie privée étazunienne). Puis il prenait la fuite (photo de gauche) sur un vélo de location. Cinq jours plus tard, la police d’une petite ville, Altoona (Pennsylvanie), lui mettait le grappin dessus (il avait été reconnu par une caissière de macdo – la ville en dispose de 3 (ah oui quand même), je pose ici cette image pour fixer les idées – puisque toutes les enseignes de cette marques sont semblables, ça ne fixe rien, je sais aussi)

qu’est-ce qui ressemble le plus

à un restaurant rapide qu’un autre ?

je me le demande – en tout cas dans les mêmes lieux se prépare à manger la même nourriture – c’est un peu loin du sujet,  mais l’état de santé des autochtones nous en rapproche. Le tireur donc fut interpellé ici ou là : son forfait, cinq jours plus tôt : avoir assassiné (il nie tout en bloc) le CEO (chief executive officer – en français plutôt dg – directeur général) de la première entreprise d’assurances-maladie du pays. Ici, les images illustrant le lieu du crime ce matin du 4 décembre 2024

  un autre point de vue de la même crois-je déceler

puis les atermoiements des personnes en charge de l’enquête

et aussi, le même genre de fait étazunien, lorsque ce tireur-là

a manqué de tuer le peroxydé dt 45/47 (lui aussi avait tatoué les douilles des balles censées débarrasser la planète de cette engeance (il a failli, c’est vrai) – cette image-là aussi, où la superbe manque à l’ordure

puis celle-ci, conférence de presse, recherche de preuves etc…

le même mode opératoire donc – sauf que Luigi a tué le CEO (un homme d’une cinquantaine d’années, blanc certes, qui devait gagner quelques centaines de milliers de dollars par an, sur le dos des assurés corporate) – en septembre dernier, Luigi passait devant une cour de justice et à cette occasion, une foule de gens (en noir et blanc) lui apportèrent leur soutien

non coupable lit-on – Luigi est devenu une espèce de héros

le juge en charge du dossier a déqualifié la préméditation

Luigi jouit d’une grande affection de la part notamment de la jeunesse étazunienne

qui voit en lui un sauveur, une espèce de Robin des Bois, défenseur des veuves et des orphelins : ici

L’influenceuse Abril Rios, supportrice de Luigi Mangione, devant le palais de justice de Manhattan, à New York, le 16 septembre.

de une – et voici de deux (enmasqué d’un ectoplasme du jeu vidéo mario  ai-je cru découvrir)

 

Spreck

l’image d’entrée de billet date de janvier 1988

 

 

un article précédent parlait du livre qui a été ici adapté – on s’empare de ce qu’on peut – on fait comme on veut – ici la technique a, il semblerait, pris le pas sur l’esthétique ou la recherche – pourtant ailleurs on cherche encore quelque chose sur le cinéma sa façon de raconter disons son esthétique sa forme – on peut adapter des livres comme on peut écrire des scénarios originaux, personne n’en empêche quiconque : c’est ensuite que l’affaire se corse – ce livre-là intitulé roman raconte l’histoire de la genèse de la grande Arche de la Défense (des résultats du concours – plus de quatre cent quarante réponses pour un seul élu, le Spreck en question) – jusqu’à la disparition dudit Architecte – avec un grand A parce que

dit-il – lui le nommait « le Cube »(majuscule probable) (à l’image (fixe) Spreck de face (Claes Bang, grand, élégant, danois), et Andreu (Swann Arlaud, plus frêle, pertinent, loyal) de trois-quarts arrière) – le président de la république d’alors (François Mitterrand dit tonton – incarné quoiqu’un peu plus rond que  le modèle, mais magnifiquement par Michel Fau) (ici un peu ridicule je reconnais) le président (il l’était cependant de temps à autre soyons justes) donc

aimait à faire construire des espèces d’œuvres qui seraient porteuses de sa mémoire (la pyramide du Louvre, l’opéra de la Bastille, le cité de la Musique de la Villette, la très grande bibliothèque  (qui porte aujourd’hui son nom)) et de sa légitimité – l’Arche de la Défense, la Grande Arche, le Cube, avait sans doute le défaut irrémédiable de sa situation extra-muros…
Le concours eut lieu en 1983, le président désirait l’achèvement de cet énorme bazar pour la célébration du bicentenaire de la révolution (entre temps, il y aurait 1986 (et des élections législatives – perdues par la gauche), et 1988 (et des élections présidentielles remportées par elle, et son incarnation) . À Paris, la municipalité est à droite (Chirac Jacques) – mais comme chacun.e sait Paris c’est la France… L’histoire débute donc par ce concours, lequel est remporté par un illustre inconnu – on le recherche, c’est un danois, on envoie en éclaireur le chargé de projets (on appelle ces projets « les grands travaux ») de la présidence – un certain Subilon (Xavier Dolan, extra)

on le retrouve (« qu’est-ce qu’il dit? » demande-t-il – il ne parle pas encore très bien le français)

inséparable de sa femme (« il dit que tu as gagné » lui dit-elle – elle, plus)

il a en effet gagné – tout commence – rien n’est simple, mais le président tient à ce projet – on regarde la perspective (les voitures sont d’époque, oui)

tout ira bien – enfin pour le moment – mettons qu’on adjoigne un français au danois –

parce qu’il ne connait guère les mœurs de ce pays particulier – les appels d’offre, les avant-projets sommaires ou définitifs, les restitutions, les réponses idoines etc.) – ce sera Paul Andreu, qui travaille sur les aéroports

depuis quelques années, très au fait de ces techniques

des matériaux modernes, du béton précontraint et des diverses frasques des politiques français – pourquoi pas, après tout ? ce ne serait pas la dernière  couleuvre pour Spreck… Lui tient à son projet comme s’il s’agissait de lui-même, c’est lui-même, sa propre vie, alors travaillons de concert

rien n’est simple cependant

et le temps presse – je ne raconte pas tout (je n’ai pas les images non plus)* – le chantier est énorme, le travail à fournir tout autant – et les choses, en 86 se grippent : l’Arche sera sacrifiée, en partie, par le nouveau gouvernement (premier ministre jacqueschirac – au budget le droit dans ses bottes fier de ses jupettes (pas encore) trésorier bientôt (dans quelques années, certes) condamné pour fraude à la trésorerie de son parti et de ce fait « le meilleur d’entre eux » comme disait son mentor) – Spreck tente d’y croire

mais tonton n’en peut mais – et le chantier avance continue s’établit – des images animées tellement crédibles nous font croire que nous y sommes : une vraie prouesse – Andreu sera à la barre pour tout

tandis que Spreck deviendra invisible (ici dans une carrière de marbre de Carrare

: ce marbre sera refusé) – on tentera bien de lui mettre dans les pattes un homme d’affaires  (inspiré d’un nabab, qui prend le quartier de la Défense pour son domaine privé et sa chasse gardée… bientôt condamné pour escroquerie – on ne le nommera pas – évidemment ami du ministre du budget)

Spreck refusera cette entente – et petit à petit disparaîtra

honoraires copieux acquittés – pour ne plus revenir qu’un an après,puis définitivement emporté par un cancer fulgurant – le Cube, la Grande Arche, l’Arche de la Défense aujourd’hui: ici le contrechamp

et ici le champ, monumental et magnifique

vue de Nanterre

 

 

L’inconnu de la Grande Arche  un film réalisé par Stéphane Demoustiers (2025)

 

 

* : le travail sur le cinéma (est-ce bien un travail que de ne parler (est-ce vraiment parler et si oui à qui ?) des films qui ont plu ? ) (ou sur lesquels on a quelque chose à dire (est-ce dire qu’écrire ? poser des images fixes à propos d’images animées qui n’existent plus que dans la mémoire ?) s’opère à partir de documents proposés et retenus par le distributeur dudit film – on a droit à :
des images (quelquefois 4 ou 5 en haute définition)
un dossier de presse (de ceux qu’on distribue à l’entrée des projections de la même,regroupant presque toujours un entretien avec le réalisateur avec la star (bankable disent-iels) – ou le premier rôle (s’il est connu, c’est-à-dire bankable),un générique intitulé « fiche technique » pour les divers.es intervenannt.es derrière la caméra et « fiche artistique »pour celleux devant)
un film annonce
une affiche
d’autres trucs qui font penser à la vpc (je crois me souvenir) des libraires (en vrai c’est « publicité sur les lieux de vente » plv)
formatés formalisés préformés pur parler dire expliquer donner à voir au(x) public(s) privilégié(s) que forme(nt) la corporation journalistique (presse-papier, télévision, radio, internet j’en passe sans doute) pour informer les lecteurices auditeurices spectateurices etc. (j’en oublie et l’inclusive a quelque chose de barbare – probablement vue de ce côté-ci du protectorat – je veux dire patriarcat – furieusement à l’éveil (woke) – est-ce assez biaisé ?
reste intérieure sa propre vision du film (à cannes ou quand ? locarno venise sundance ? quelle salle de « projection privée » ou est-on privé de projection ? )(dans le même ordre d’idée voir le film en salle ? : la corporation des cinéastes et autres technicien.nes dit .es collaborateurices de création dispose auprès des caisse de cinéma d’une exonération – un exo – une place gratuite sur présentation de la « carte » – comme il existe des cartes culture ou autres – des passe-droit, des coupe-file, des privilèges mis en place par ce système-là)
ça n’intéresse personne – ça n’influence personne – à la marge – un peu comme la publicité dont on nous rebat les oreilles à longueur de posts billets et autres avatars plus ou moins en images fixes ou plans fixes ou sonorisés ou muets – je me souviens de ce président qui me parlait de films amateurs avec cette prétention outrancière (d’outre vide) de celleux qui savent ce qu’est la profession et les professionnel.les de la profession comme disait l’autre qui mit fin à ses jours (et tout ça parce que ma mère aimait Errol Flynn et Fanchot Tone, tu le crois ?)
(ici Medellin quand même)

 

Simone 2

 

 

 

il s’agit d’une des égéries qui supportent le cinéma – celui qui peut se dire disons artistique (industriel, aussi, c’est vrai mais d’abord) mais ça ne veut rien dire, sinon tenter de se hausser à l’égal des six premiers : cette prétention… – mais cependant une actrice d’assez premier plan – grande envergure – son nom suffit à faire aboutir quelque projet que ce soit (bien sûr, il est trop tard – il est toujours trop tard) – et ce sont des images fixes d’elle dans les rôles qu’elle tint (naissance en 1921, elle commence à travailler dans le cinéma après ses vingt ans, des rôles de figurantes pendant la guerre, en terminant avec lui début des années quatre-vingts, pour disparaître un 30 septembre 1985) – on les propose par ordre plutôt chronologique – ceci faisant suite à un Simone 1 proposé par ailleurs.
Ici on a opéré une sélection (l’ouvrage en question comporte plus de 350 pages de rédactions (des critiques assez fréquemment de la façon de jouer de l’actrice) mais surtout, non paginées, plus de cent pages d’illustrations disons – photographies et dessins affiches plus quelques pages de journaux spécialisés d’alors) (on ira peut-être voir du côté des conditions sociales de production de l’ouvrage: achevé d’imprimer le premier juillet 1983). L’agent a choisi : ici donc le résultat de ses choix*.

(1948, réalisation son mari,Yves Allégret – rôle : respectueuse) – l’image regroupe Marcel Dalio dans le rôle du souteneur et Marcello Pagliero dans celui du capitaine de bateau, entourant une Dédée au lit en négligé de soie) (on ne voit pas Bernard Blier mais il a son rôle dans cette histoire – noire) : le drame se noue…

c’est plus elle sur cette image-là – ou c’en est une autre disons –

dans Impasse des deux anges (Maurice Touneur, 1948) (chanteuse de music-hall, éprise de Paul Meurisse – finit mal – dernier film de Maurice Tourneur dont j’ai adoré (adore toujours d’ailleurs) le Volpone 1941) – 

et puis  Manèges (Yves Allégret,1949) avec Bernard Blier à nouveau (ici avec Jane Marken (aussi dans Dédée d’Anvers) dans le rôle de la mère de Dora – la qualité française, tsais) (tout ça passera – un noir d’ébène…)

tragique – puis  Le traqué (Frank Tuttle, 1950) (production Sacha Gordine) (pas vu, dommage peut-être)

(ça fait un peu catalogue mais on s’en fout) (à ce propos, on ne parle pas du Sans laisser d’adresse (Jean-Paul Le Chanois, 1950) où Pierre Granier-Deferre fait l’assistant (je retrace un peu ces parcours « qualité française » vomie par la bossa nova, dans quelques années d’ici) (elle y est journaliste, et Bernard Blier (encore lui) y joue, comme Louis de Funès…) – et puis
et puis ah Bubu qui présente Manda à Casque d’or (cette époque-là (un peu avant) où en vrai elle rencontre le Ivo Livi et la vie bascule)

(Casque d’or Jacques Becker 1952 – un rôle qu’elle faillit bien refuser) une merveille un joyau probablement ici avec Claude Dauphin (elle joue le rôle d’une respectueuse à nouveau, Dauphin son souteneur, vaguement jaloux) (le fils de Claude Dauphin, Jean-Claude, la secondera en greffier dans le feuilleton télévisé Madame la Juge  en 1978)

(finira mal mais c’est le lot des salauds – enfin souvent au cinéma…) – jte pose la « vraie »  inspiratrice du film (Amélie Elie)

un peu noir en effet (on peut retenir le clopo comme signe distinctif de la corporation, en ville dehors ou quelque chose) –

dans Thérèse Raquin (Marcel Carné, 1953) (à ce moment-là, pratiquement, mes premiers cris)je me rends compte que rien sur La Ronde  ça ne se peut pas

(Max Ophüls, 1950) (plus passe ce satané temps, plus j’aime cet Ophüls-là et son lyrisme magnifique imprimé aux mouvements de camera – son fils aussi, c’est vrai, mais c’est différent) – parfait formidablement mis en scène – et continuant, donc, Raf Vallone (en camionneur…)

et Thérèse Raquin et Sylvie (inoubliable) incarnant la mère du Camille (Jacques Duby) – plus tard

Les sorcières de Salem (Raymond Rouleau, 1957) d’après la pièce d’Arthur Miller (c’est pour marquer, je pense, cette affaire-là, le souvenir des époux Rosenberg, les dialogues de Jipé qui est aussi une des égéries d’ici) –

sans légende, mais dans une espèce de cabaret quand même –  (étole bijoux etc.)(vers le moment des Chemins de la  haute ville je dirai) parce que dans le livre en regard avec

– celle-ci rattrapée au passage

clopant (jl’adore) – cette période de la fin des années cinquante, l’oscar pour son rôle (Les Chemins de la haute ville, Jack Clayton 1958)

puis dans L’armée des ombres (Jean-Pierre Melville, 1969) (ici avec Christian Barbier (l’homme du picardie) et partageant l’affiche avec de nombreux autres acteurs comme Paul Meurisse ou Lino Ventura) (magnifiquement) près de dix ans plus tard – Le chat  (Pierre Granier-Deferre, 1971)

(Gabin je l’aime bien même s’il finit très vieux con – j’aime bien aussi le reflet de son costume sur l’image – à droite Jacques Tati) je n’en vois pas pour L’américain (Marcel Bozzufi, 1969) avec Françoise Fabian et Jean-Louis Trintignant, mais beaucoup de ses rôles sont restés sans image (du moins dans le livre trouvé – mais) ça n’a pas d’importance – autre que celle de citer Marcel Bozzufi, le tueur de Z (Constantin Costa-Gavras, 1969) et le mafieux poursuivi abattu par Popeye de French Connection (William Friedkin, 1971) – ce sont ces années-là – viendra cette autre nouvelle merveille

que ce Rude journée pour la Reine (René Allio, 1973) – on y voit aussi Orane Demazis (la Fanny de Marcel Pagnol) – un rôle magnifique – déjantée c’est vrai aussi – mais  ça non plus, ça n’a aucune importance – et puis viennent les rôles sans doute légèrement plus dramatiques (je ne parle pas de ceux avec delon parce que je ne l’aime guère – tant pis pour moi) – celui-ci (Madame la juge  feuilleton télévisé

six épisodes de 90 minutes quand même – ça ne se fait pas en trois jours – diffusion du 11 mars au 15 avril 1978 – tiens tiens : pendant ce temps-là, Aldo était en prison du peuple… (me faudrait-il les visionner ?) –  mais on continue (en en passant pas mal)

cette si chère madame Rosa et son petit Momo (Samy ben Youb : qu’est-il devenu ? faudrait chercher…) – « le prix goncourt 1975 a été attribué à monsieur Emile Ajar pour son roman intitulé la vie devant soi » (les italiques sont de la maison) fabuleusement tragique (Moshe Mizrahi, 1977) (oscar du meilleur film étranger…) (image Nestor Almendros – n’oublie pas) – il y aura bien Judith Therpauve (Patrice Chéreau, 1978 – image Pierre Lhomme quand même) (mais je ne l’aime pas non plus) (elle y était très bien pourtant – c’est ce cinéma-là que je n’aime pas) – le film de Jeanne Moreau (eh oui) L’adolescente (1978) que je n’ai pas vu (comme du reste le Lumière de la même (1976) – je le regrette mais ça se fera sûrement un jour)

– puis cette chère inconnue (qui poste cette lettre…)

de nouveau de Moshe Mizrahi (1979) avec Delphine Seyrig (ici gauche cadre sommeillant au soleil)

(sur l’image suivante : les pommes de terre de Jeanne Dielman (je dirai – mais certainement pas) 23 quai du Commerce 108 Bruxelles (Chantal Akerman, 1975) et (sur l’image ) Jean Rochefort

beaucoup aimé (enfin pas mal) – sont-ce mes goûts du cinéma français (je ne crois pas) mais elle illumine ce parcours, ce trajet qui bientôt (ici pour le Guy de Maupassant de Michel Drach (1981)

puis encore

et pour finir ce cinéma-là (à ce moment, je passe, rue Fontarabie – elle porte des lunettes de soleil, des cheveux d’un joli mauve – à ce moment-là sur le plateau Philippe Noiret son fez et son pull blanc à torsade)

le repas dans la pension de famille et cette image-là

de L’étoile du nord (Pierre Granier-Deferre,1981) qui (me) restera sans doute toujours – alors salut l’artiste

 

 

 

* : on n’en a à peu près rien à faire mais enfin les diverses importations d’images (42) se sont soldées par une opération technique inconnue par les images ici reproduites au nombre d’une petite trentaine – les autres ont disparu « lost in loading »comme dirait la fille à Coppola – elles seront donc définitvement perdues (je n’ai pas recherché) – je reproduis ici simplement une page faite de deux images du film réalisé par Henri Georges Clouzot Les diaboliques (1955) où elle interprète le rôle d’une professeure assez retorse (une vraie garce, disons)

Ari et Nino

 

 

 

c’est parce qu’on ne s’en fout pas vraiment qu’il convient de noter que le matériel relatif à Nino est plus fourni que pour Ari. Il y avait une espèce d’urgence, sinon les parallèles auraient eu sans doute à se rejoindre (il manque, par exemple, une image du père d’Ari). Ce ne sont pas regrets mais excuses – il se pourrait qu’en y revenant un jour ce manque soit – un jour peut-être un jour couleur d’orange comme disait le poète – comblé (mais on ne revient guère sur les divers billets – on verra bien) (en tout état de cause, il en faudrait un sur les sources mobilisées) 

 

 

 

 

de deux films aux thématiques voisines

qui mettent en scène deux jeunes hommes (Nino fête ses 28 ans, Ari en a 27) – pour les deux, des troubles dans la profession – des burn-out – et des errances :
pour Nino à Paris; pour Ari, à Roubaix puis sur la plage.
Deux films, le même distributeur.
Des scénarios (au minimum) écrits et réalisés par des élèves de Fémis (on pourrait dire pour faire référence à l’histoire du cinéma : la nouvelle qualité française (sans la péjoration qu’y maquillaient les tenants de la « nouvelle vague » de la fin des années 50 du siècle dernier)
Deux films réalisés par des femmes (trente/quarante ans comme ça, maxi).
Ce ne sont pas des premiers films, sans doute sont-ils plus maîtrisés que ceux de cette catégorie, mais ils sont encore de cette même eau (on leur souhaite longue et belle route).
Des titres qui ne reprennent que les prénoms des premiers rôles
Deux héros un peu blessés, (peut-être même très blessés) mais qui se tiennent et donnent aux films cet optimisme formidable de la jeunesse.

L’un (Nino, Théodore Pellerin) dont le père mourut en tombant dans un escalier en colimaçon; l’autre (Andranic Manet) dont la mère est morte voilà peu de temps. Mais ces parents-là hantent le présent
Des parents vivants, nous verrons l’existence.
Ici la mère de Nino (interprétée par Jeanne Balibar)

Ils rencontrent tous deux des amis (des premières amours probablement, des amis hommes déjà connus ou inconnus, des amitiés profondes entre hommes). Il y a une espèce de fête (anniversaire pour Nino, improvisée pour Ari).
Ils vont viennent repartent. Ne savent plus, cherchent pourtant. Ne savent plus mais cherchent et s’accrochent (cette volonté-là…).
Il y a la scène avec la mère (tendrement pour Nino mais il ne peut pas lui parler); violemment pour Ari et son père (et puis ça s’arrangera).
Des images de Nino – dans les rues de Paris en vélo de location

avec un peu de difficultés dans l’image même
Lui (Nino) perd ses clés; à lui (Ari) on en confie – plus exactement cet ami (Théo Delezenne)

avec qui il se disputera (comme les amis font, parfois) – parlent rient (Ari)

se rencontrent, se retrouvent (Nino) (ici incarnée par Camille Rutherford, Camille (justement) une de ses amies)

pour se reperdre (elle s’en va, déménage sur un autre continent) – des histoires simples, vives, spontanées pensées des amours et surtout des amitiés masculines mises en scène par des femmes (ici Nino – de dos son ami incarné par William Legbhil)
je n’ai pas l’image pour Ari mais pratiquement le même plan.
Je crois surtout quelque chose qui se résoudrait grâce à l’amour, et singulièrement cette forme particulière d’amour qui est l’amitié – ici Nino avec une connaissance (Salomé Dewaels) elle le reconnaît, ils étaient au lycée ensemble)
Probablement plus déjantés (comme s’il s’agissait de roues, de pneumatiques, en tout cas de quelque chose qui tourne et tout à coup dévie) dans Ari –

peut-être parce que l’avenir est moins flou pour lui (les enfants : des partis-pris : pour Ari sans qu’il le sache; pour Nino dans un avenir plus ou moins lointain,mais tenter d’au moins en percevoir l’existence).
Des histoires semblables, probablement de peu de moyens, mais vivantes. Des maladresses (on s’en fout, c’est vrai aussi) mais des émotions probablement partagées, en tout cas ressenties à l’image. Très attachantes.

Avec mes compliments.

  • Nino un film réalisé par Pauline Loquès
  • Ari  un film réalisé par Léonor Serraille

chambre 32

 

 

ce petit texte, en spéciale dédicace à R., écrit aussi pour les Villes en voix, apparu lors de la lecture du block note maurizio lequel réfère à un texte d’Edith Msika, publié sur le magnifique et indispensable poesibao (je vais aller le lire)

 

 

 

la première et seule fois où je suis allé en Turquie m’a fait un choc – comme quelque chose ou quelque part que je connaissais depuis toujours : j’aurais le même sentiment en allant à Beyrouth, c’est certain. D’ailleurs je n’y suis jamais allé, le plus à l’est du monde fut Nicosie ou la partie turque de l’île (à l’ouest ce serait Londres ou Lisbonne). Le voyage et rapporter quelque chose, rien. Un objet, un souvenir come on dit. De Séville je n’ai pas d’objets, mais de partout des images.

Souvent. Beaucoup. Mais celle-ci je l’ai faite ici, ce genre de bazar (après on l’a repris et ramené ici) dont on trouve des millions d’exemplaires qui arrivent par containers entiers je suppose

y apparaît assez distinctement un petit esprit sur l’épaule d’un homme en cape rouge – l’envers montre Marie probablement avec son petit jésus de fils dit-on –

de colifichets, on les repère et on les attrape, on les paye, on les garde dans des sachets de papier dans une des poches du sac – on les offre en revenant – voilà tout : qu’est-ce qu’un souvenir ? Elle, elle était là dans sa chambre, la trente-deux, elle était penchée en avant, un tout petit bout de bonne femme, appuyée à la commode de même facture que l’armoire,  il y avait là un petit bouquet de fleurs (elle aimait les fleurs) elle faisait une prière il m’a semblé, on est entrés elle nous a souri, on lui a tendu ce petit sac de papier bleu, elle s’est un peu redressée, une douleur au dos, et à nouveau nous a souri