Charles Horman

 

C’est compliqué à mettre quelque part, mais étant données les vicissitudes de ce pays, ces temps-ci, avec le matraquage auquel nous sommes exposés sur les deux probables personnes qui deux semaines plus tard auront à tenter de faire comprendre leurs programmes (qui sont-ils ? comment faire pour qualifier l’un, l’autre un autre encore ? et l’argent dans tout ça ? etc etc…), étant donné aussi ce qui se passe en Turquie, en Russie, en Corée, aux Etats, le film chroniqué ici donne une idée de la cruauté d’une certaine humanité, celle qui s’octroie le droit de vie et mort sur quiconque, cette humanité-là dont on connait, ici, les émules et ceux qui aident à la faire advenir au pouvoir. Les faits mis en narration ici sont tirés d’un livre écrit par un journaliste du New-York Times « L’éxécution de Charles Horman, le sacrifice d’un américain« , porté à l’écran (comme on dit) par Constantin Costa-Gavras, « Missing, porté disparu« , (1982) produit par la firme étazunienne Universal. Je le mets dans un couloir.

 

 lls ont rejoint le Chili d’Allende, étazuniens mais probablement socialistes (ça peut exister), en tout cas de gauche (ça existe aussi), elle c’est Beth Horman (elle est incarnée par Sissi Spacek)

lui c’est Charlie (John Shea)

il aura beau faire attention, et y croire aussi

ici ce sera la dernière fois que nous le verrons vivant. Son tort, sans doute, se trouve dans ses idées politiques et son métier dans un journal (de gauche).  Le film se passe durant les journées du coup d’état mené par l’ordure Pinochet contre son propre pays, mené grâce à l’agence centrale d’espionnage étazunienne (cet inqualifiable tortionnaire a été recueilli en 2000, sous la protection du gouvernement de sa très gracieuse majesté, en sa Grande-Bretagne, et a fini par mourir au Chili, un terme à cette vie abjecte, sans avoir été jugé pour ses actes en décembre 2006 – qu’il ne repose pas en paix).

Il s’agit d’un autre onze septembre (c’est en soixante treize).

Son père (Ed – c’est Jack Lemmon, prix d’interprétation masculine à Cannes en 1982) le recherche aussi

mais jamais ne le retrouvera. Tout juste s’il parviendra à savoir le sort qui a été infligé à son fils comme à certains de ses amis. Morts, assassinés après avoir été torturés : les militaires fascistes parquaient leurs opposants dans les stades (une scène montre Ed et Beth demander si Charlie se trouve là, si quelqu’un l’a vu : un prisonnier vient vers eux et leur demande une glace au chocolat

ou à la vanille, je ne sais plus, car personne ne viendra lui demander de ses nouvelles, à lui, et qu’il sait qu’il finira comme tant de milliers d’autres : morts, pour ses idées).

Le film réalisé près de dix ans plus tard révèle ces agissements (l’ambassadeur, ou le consul, des Etats Unis au Chili, tentera d’attaquer en justice la production du film, sans succès et sera débouté : le film a obtenu, à égalité avec « Yol, la permission » de Yilmaz Güney, cette année-là, la palme d’or au festival de Cannes – président Giorgio Strehler) : le père et la femme de Charlie, promenés par les consuls et autres attachés d’ambassade étazunien, honnis et haïs par les nouveaux maîtres du Chili et d’autres aussi

ils ne retrouveront jamais le corps de Charlie (même si une mascarade tentera de lui trouver une réalité).

Pense-t-on à la chanson de Georges Brassens « Mourir pour des idées »  ? Au onze septembre deux mille un ? Pense-t-on à la vengeance, à l’horreur subie, à la terreur dont on ne cesse de nous seriner qu’elle se tient à nos portes ?

 

Tu sais quoi, je me souviens de l’année 2012, un peu, ce film par exemple (82 minutes quand même, hein), et cinq ans plus tard nous avons devant nous, en nos mains, des bulletins de vote. Pour que n’advienne pas cette horreur ici, faisons-en bon usage.

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