des photos d’amis

 

 

dans cette lointaine campagne (la maisons(s)témoin doit vivre, serait-elle éloignée de la ville inventée) (encore que cette injonction n’ait pas tant de nécessité que ça – sinon le désir qu’on en a) (les fleurs déjà

au loin les montagnes) il y eut cette fin d’hiver une exposition de photographies dues à Daniel Wallard (1913-1983) intitulée « l’ami photographe » (rétrospectivement j’en parle ici mais elle a fermé depuis le 3 juin) : elle illustre ses amitiés avec des gens qu’on aime, on en parle ici mais ils sont assez loin dans l’espace et le temps – on les aime toujours malgré leurs défauts qu’on pardonne (il en est d’autres à qui on ne pardonne pas, cependant) d’abord sans doute André Gide – sans image – et « Les faux monnayeurs », puis : je me souviens que dans mes premiers mois de vie à Paris – soixante quatorze – je prenais le métro pour lire (j’allais à La Motte Piquet-Grenelle pour prendre la direction de l’Etoile où je changeais pour prendre celle de Nation où je changeais pour prendre la direction de Denfert Rochereau, et poussant un peu, je changeais à La Motte-Piquet Grenelle) (le tour du monde, sur  les traces du Paris d’avant l’annexion) je lisais « Les voyageurs de l’Impériale » (et le reste du cycle)

(Louis Aragon, à droite, avec son pendentif en forme de montre – ou l’inverse) d’un des amis de Daniel Wallard, regardais lorsque le métro sortait cette ville désormais mienne (comme on y va, hein) alors que je ne faisais que lui appartenir pour les cinquante ou plus années à venir (le savais-je, l’ignorais-je, peu importe) (qu’en sais-je aujourd’hui, je l’ignore tout autant). Des amis de ce photographe, un autre que j’aime aussi est ce marchand (je ne le connais que d’avoir lu ce livre paru dans cette édition « mes galeries mes peintres » (il y allait aussi, tu remarqueras)) ami (entre tant d’autres) de Picasso

Daniel-Henry Kahnweiler (j’aime le foulard qui couvre la tête de la femme au deuxième plan – après les main appuyées sur la canne – et après la vie capturée de cet homme). Et puis aussi Marc Chagall

dont on aime tant les oeuvres et le sourire évidemment (cette histoire racontée par son fils : il va dans un restaurant avec son père, dans le quartier de l’opéra où il travaille, un type (peut-être un autre peintre) demande ce qu’il fait dans la vie, il répond « oh je repeins un plafond » et retourne à ses sardines (ou radis) beurre…) on a le droit de rire même dans le tragique, la vie traversée par ces gens, s’arrêter devant cette image magnifique

Fernand Léger de face et Blaise Cendras avec sa main gauche (années 1954 je pense) (il y aura d’autres images avec Fernand Léger, avec Emmanuelle Riva, avec Louis Pauwels ou Alexandre Calder, qu’il comptait parmi ses amis)  ici un des tableaux de Léger

quelque chose comme « les constructeurs » – la photographie, c’est se souvenir des belles choses… Et donc, cette petite maison dans le champ, au loin, pour se souvenir de la fin de l’hiver et du nouveau toit

et cette image du photographe devant une toile de son ami Léger (prise à Touques en 1957)

en entrée de billet, Elsa Triolet (qui fait penser à « La jetée  » de Chris Marker) qui tient le bras de son amoureux.

 

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