Deux fauteuils

 

 

 

dans cette maison[s]témoin, les articles ou les billets ou les posts ou quoi que ce soit d’intitulé d’autre pour ce genre de publications – quand même ce serait une publication – ce que c’est, d’ailleurs, restons sans inquiétude s’il te plaît – ça a commencé si tu préfères en mai 2015 (le premier a été pour Kiss me deadly (Robert Aldrich, 1955) il me semble bien me souvenir du « voum vava voum » du garagiste (il se nommait Nick) (les garagistes et moi entretenons depuis que je suis sur cette planète une espèce de confrérie – ils n’en savent rien – je n’y ai jamais (il me semble bien, attends que je réfléchisse) – mais non jamais – croisé d’individu du sexe qu’on dit beau ou faible c’est selon (ah je me souviens de cette réponse à l’enquête de fréquentation du chemin de fer d’une jeune femme, je me souviens de son sourire quand elle m’a tendu son questionnaire – c’était un papier cartonné – il y avait de l’amusement dans son sourire, on avait le même âge sensiblement – dans le compartiment réservé enquêteur, on mangeait des œufs durs avec de la mayonnaise en tube – puis on triait les questionnaires qu’on comptait qu’on mettait en enveloppes, intitulées et répertoriées fourrées dans le sac on n’en parle plus – et sur ce questionnaire où la question était « votre sexe ? » elle avait ajouté en réponse « beau mais faible » – tout est dans ce « mais » sans doute – mais j’ai dévié excuse-moi – elle portait court ses cheveux, un peu en brosse, si on m’avait demandé mon avis, je lui aurais bien mis quelques taches de rousseur – il y avait du soleil – je ne suis pas spécialement sûr mais il se peut que ça ait eu lieu sur le Cévenol (ce n’est presque rien, donner un nom à un train, presque rien – fuck off le marketing qui l’a jeté à la poubelle) (le Cévenol reliait Paris à Béziers par Clermont-Ferrand – départ gare de Lyon vers 8 ? arrivée à Béziers vers 8 itou mais du soir) (j’aimais aussi le Mistral) (sans même te parler du Palatino, qu’empruntait, ainsi que la mienne, la mère de Geneviève F.) (mais je me suis encore égaré) – tout est parti de cette image

noir et blanc un peu troublée (dans le disque dur non classée – le bazar du classement, n’en parlons pas) je voulais la poser ici elle est là, ce sont trois fleurs de bois, une vraie dans son pot, je ne saurais vous en donner la réelle appellation, je crois que ça s’appelle des impatiences – à droite un fauteuil en amorce, toute la gauche de l’image est formée par du gris d’un store de taille proportionnelle aux baies qu’il y avait dans le salon de la maison brûlée (ces stores au nombre de 4 m’avaient coûtés une fortune (on dit « un bras » de nos jours, c’est plus parlant) – je ne me souviens plus, j’avais des sous alors je les ai installés dans les premières années, à la fin du siècle dernier quatre-vingt quatorze sans doute. Sur le coté du dossier du fauteuil, on distingue cinq excroissances, ce sont des clous (grosses têtes certes) qui retiennent le tissu – TNPPI (ma tante, la sœur de ma mère) (je le dis pour ceux qui ne suivent pas les diverses apparitions de cette si charmante et si douce personne) a rénové une paire de ces fauteuils. Ils appartenaient à son père. Mon grand père maternel, donc, qui ornaient semble-t-il son bureau (ces deux fauteuils subsistent dans le grenier qui a été ravagé lors du premier wtf confinement par une bande d’abrutis probablement avinés) où il recevait son avocat. Lequel était mon grand père paternel, et ainsi se retrouvaient chez moi ces deux fauteuils dont elle me fit don un jour (elle avait aussi donné la cage à oiseaux qui lui servait de lustre dans sa chambre d’hôtel à mon amie d’alors). Une image, rien qu’une image : elle ornera sans doute un des murs du salon (ces objets, ces deux fauteuils, sont pratiquement les seuls rescapés de cet incendie – on pourrait peut-être aussi les importer dans cette maison, histoire de lui donner quelque chose de spécial ?). Je ne sais pas. Non.

Sans doute pas.

 

 

on reviendra au cinéma, on y retournera – on aime ça – pas devant une télé de merdalakon – fuck la nouvelle saloperie de credo gouvernemental start-up néchonne qui favorise les pires des agissements et les pires des commerçants (sans avoir l’air d’y toucher, tu comprends bien : l’hypocrisie à son comble) – on y retournera, on aime ça : il y en aura vingt quatre comme celle-là par seconde, on ira encore pleurer et rire t’inquiète – il y a de la colère il y a du dégoût – mais ça ne fait rien, on tient.

On tient et on y retournera.

Une autre image pour nous (Anna Magnani, Pier Paolo Pasolini au festival de Venise, présentation de Mamma Roma – 1962)

2 réflexions au sujet de « Deux fauteuils »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *