Pont du 18

 

 

dans les faits, le pont se trouve entre le 10 et le 18 – l’exposition ici présentée est installée côté 18

il y a un truc qui me dit « tu t’éparpilles » et c’est vrai (façon grenade à fragmentation dirait un acteur interprétant des dialogues d’audiard michel – lequel collabora au je suis partout de la première moitié des quarantièmes années du siècle dernier – de l’histoire ancienne incongrue oubliée – et se battre pour d’autres que les siens est-ce bien légitime ?) (l’opportunisme règne – je continue : un mois pratiquement sans maison, quelle horreur…! ) – il y a une exposition d’images photographiques sur le pont qui passe au dessus des voies de la gare du Nord Babylone – elles ont été réalisées dans les années soixante du siècle précédent alors je les pose ici, ce seront réminiscences remémorances mémoires ou simplement des images qui ne montrent, comme toutes, qu’une partie, infime partielle et partiale, d’une espèce de réalité d’alors (j’avais dix douze ans)

On la présente en deux épisodes

Ça commence par des explications lesquelles se retrouvent en bout de course – ça fait qu’il n’y a pas de début – et donc c’est sans fin – je n’aime pas la dénomination de ce pont qui m’apparaît un peu comme le changement pour le golfe par ces salopards de gougueule (usurper le nom d’un pont sur le Tibre est une attitude obscène, typiquement contemporaine, j’entends bien) – on en déduit logiquement qu’il s’agit d’une exposition sans queue ni tête – il s’agit de cette municipalité (on ne va pas cracher dans le cadre mais enfin…)

RAF* de la glose (on remarque, cependant, que de couleur, au titre, il n’en est qu’une…)

je la pose quand même par acquis de conscience disons – il y en a deux ou trois de loupées, je les reposerai peut-être – il y en quelques unes où on discerne l’opérateur en casquette arrosant l’arrosoir et l’arroseur tant pis – dans l’ensemble elles donnent un ton – c’est de la couleur, sauf peut-être celle du parc Montsouris – mais comme c’est la neige…

on commence – l’oiseau, le vélo, le pont suspendu : c’est juste là

prise du haut d’une des tours cathédraliques – je suppose – gauche cadre la librairie Shakespeare et compagnie ( on ne fait que l’imaginer)

(une image dédiée à Modiano je suppose)

la garde républicaine passe – la légende à peine visible dit « Saint Michel, Paris 5° » : très bof ça me semble plus le débouché de la rue de Bièvre (non, des Bernardins) – mais je n’aime pas qu’on ne prenne pas garde aux détails – dans ce genre-là (par l’automate)

le pont est celui de l’Archevêché il me semble .
Continuons sur la voie : Troka sur la rive droite

ou alors

70 ans plus tard – non mais ce ne sont pas comparaisons –

presque un autoportrait (je ne lis pas la légende- j’y retournerai je la referai je la reposerai) – j’ai vaguement le sentiment de distinguer la choucroute (le campanile surtout il me semble) à l’ignoble thiers – un profil

il est indiqué Paris au téléobjectif – ah – les toits en tout cas – voici celle en noir & blanc il me semble bien

je me rends compte qu’on ne lit pas les titres (assez truistiques d’ailleurs) – il est écrit  BERNARD PLOSSU | Parc Montsouris, Paris 14°, 1967 – 

 

Rue de Nevers Paris 6° laquelle indique un peu l’appartement des Modiano après guerre – ou à peu près

suivre poser ses pas dans les pas avancer et transmettre

Gare de Lyon, Paris 12° 1967 | Paris 1967  – le reflet, ce type de voiture (roue de secours – il y a là aussi une 4 chevaux je crois

Paris 1967 – pension occasion bois & charbons – 

On continuera.
On trouverait des images du photographe et de ses amitiés amours et autres de familles ici.

 

Cuisine 2

 

 

 

le 18 du mois dernier, dans un éclair de lucidité irradiant une psyché sans doute embrumée et défaillante étaient écrites ces quelques lignes :

Ils étaient les brigades rouges (2011) réalisation Mosco Levi Boucault (impek), quatre entretiens avec les guerilleros qui attaquèrent le « convoi » au matin du 16 mars 78 vers neuf heures du matin (une dizaine de photo-télégrammes) – où on parle de l’activité sexuelle des brigadistes (raison pour laquelle le réalisateur se fâchera avec Mario Moretti, le chef du « commando » qui ne voulait pas que cette mention libidinale soit abordée – au point de faire retirer son nom de la jacquette du dvd) (les trois autres intervenants : Valerio Morucci, Prospero Gallinari (aujourd’hui décédé) et Raffaele Fiore

On se (et vous) propose donc ici d’élucider une part de ce film en présentant des portraits rapidement ébauchés de ces quatre personnes qui eurent un rôle de premier plan à jouer durant ces journées de terreur (de la mi-mars au 9 mai 1978). Ces quatre personnes furent arrêtées par la police dans le début des années 80, jugées, emprisonnées. Elles livrent ici leur rôles et les raisons de ce qu’elles ont commis : en l’occurrence, une volonté de prise en compte des conditions de vie ouvrières et une volonté politique de les faire changer. En mieux, et si possible, humainement. Pour cela, une seule solution (à l’état d’ébauche, au début des années 70, puis progressivement se détournant vers la lutte armée à la fin de cette décennie rouge sang) : la révolution.
Pas plus, mais certainement pas moins.
Elles ont échoué : il se peut que cette défaite soit due à l’escalade, provoquée pour une bonne part, par le pouvoir en place (lui-même guidé et aiguillonné par une extrême-droite et des restes foisonnant d’un fascisme qui tenait le pays pendant une bonne vingtaine d’années, avant guerre) pouvoir qui les poussait à toujours plus de lutte armée (on dit surenchère). Elles suivirent par là (ces personnes, et les Brigades rouges – et les autres groupes armés, probablement) et prirent au pied de la lettre l’une des maximes marxistes qui fonde la révolution, soit que « l’arme de la critique ne saurait remplacer la critique des armes ».Ou alors « la révolution vogue sur un fleuve de sang ».  Mais sans la force, comment faire pour que les choses adviennent ? Ce type de question, aujourd’hui même, aujourd’hui, semble d’une actualité de terreur…

Essai qui fait suite au Cuisine 1 ici posé il y a quelque semaines.

Les événements antérieurs à ce rapt, cet enlèvement, cet assassinat, seront explicités dans un billet à paraître demain, pendant le week-end donc.

Ici la scène, ce matin-là (dix heures trente)

On distingue les trois voitures : la première, blanche, est celle que conduisait Mario Moretti – la deuxième, noire, est celle où se trouvait Aldo Moro et deux membres de son escorte – la troisième, blanche, celle des trois autres membres de l’escorte d’Aldo Moro (les cinq membres de cette escorte seront impitoyablement tués durant le rapt).

Le film raconte les raisons de ce rapt (on explicite ces raisons dans un autre article) et donne la parole à quatre des dix (ou douze) membres de ce commando. À Mario Moretti, donc, le « chef » de ce commando, qui conduisait la voiture blanche et à trois des quatre guérilleros qui, grimés en pilote d’avion, firent feu sur l’escorte et la décimèrent en moins d’une minute, ce matin-là.

Allons-y. Voici (dans l’ordre d’apparition à l’image) Prospero Gallinari (1° janvier 1951, 14 janvier 2013 ) – ici en 2011, avec ses lunettes de soleil

(32 ans de prison, en semi-liberté pour des problèmes de santé) – là chez lui, sans lunettes

c’est lui qui s’occupait de nourrir et soigner Moro dans la « prison du peuple » – on le voit ici qui montre ses poings fermés en signe de combat au procès de Turin (1974, il a 23 ans) ouvrier chez Siemens

Puis voici Valerio Morucci (22 juillet 1949 – il a 28 ans au moment du rapt) colonne de Rome, petits boulots et joie de vivre

libéré après quinze ans de prison – il se chargeait de porter les lettres de Moro (avec Adriana Faranda), et les communiqués des Brigades rouges aux journaux (plus tard, dans les années 90, il semble qu’il ait été recruté par les services de renseignements italiens – ces histoires-là, pléthores et foison ,constituent en Italie une vraie mine d’or éditoriale et fantasmatique tant qu’elles en deviennent une discipline intitulée diétrologie… ) (on a pour notre part ici une forte réticence à prendre en compte ces élucubrations – et on tente aussi, d’éviter ce type de gouffre sans fond, une espèce d’égout où se trouverait tout et surtout n’importe quoi).

Puis Raffaele Fiore (7 mai 1954 – 24 ans lors du rapt)

ouvrier lui aussi aux usines Breda (colonne de Turin) (condamné à 31 ans de prison, libéré) et puis Mario Moretti (Brigades rouges historique – 16 janvier 1946 – technicien Siemens, 32 ans au moment des faits – perpétuité, dort tous les soirs en prison)

 

 

Matria

 

 

 

on doit en produire dans le monde plusieurs milliers tous les ans, c’est vrai qu’ils ne sont pas tous non plus tellement bien – la plupart est merdique je dirais – mais ça en laisse encore quelques centaines à voir – un par jour peut-être ? – les études étaient faites de trois ou quatre par jour, pas tous les jours, mais très souvent – au moins un – l’entrée par la sortie au Balzac ou ailleurs (en école de cinéma, on peut encore prétendre aux exos mais pas à la fac) – toujours est-il qu’on en rate et celui-là est passé au travers : le voilà.
C’est une histoire peut-être banale de nos jours : une histoire de prolos ce qui n’est pas si fréquent cependant. Balotté.es, éreinté.es, étrillé.es. Mais vivants. Encore et toujours. Ici c’est une femme. Elle

c’est Ramona (Maria Vazquez – rôle en or, interprétation splendide) n’a que son corps : le travail en usine de conditionnement de poissons; puis aussi sur un bateau de pêche (plus infiormel)

puis encore ailleurs à la maison – la troisième journée

(oui, on dirait Jeanne Dielmann, oui) – une fille d’un autre lit comme on dit, presque adulte, à qui elle veut payer des études; un homme à qui elle se refuse – en vrai c’en est trop, elle n’en peut plus

vraiment : elle fume (trop), elle boit (un peu trop aussi) – et puis les choses étant ce qu’elles sont, voilà qu’elle envoie paître son patron d’usine qui veut baisser les tarifs horaires (les choses sont ce qu’elles sont et les prolos n’ont qu’à affirmer leur loyauté : sinon, c’est la porte et elle est ouverte : si le salaire ne permet pas de vivre, nous ne sommes plus salariés mais esclaves, comme on sait). On pense (oui) au Daniel Blake de Ken Loach (2016) : Ramona cherche du travail, sonne ici, va voir pour le chômage, visite l’agence de placement, retourne ailleurs cherche encore – la vie étant ce qu’elle est, Ramona a une amie – elles se retrouvent, boivent et envoient paître des hommes qui aimeraient bien aller plus loin, rient ensemble

se disputent – puis

défaillent, pleurent – la pluie – le désespoir

et puis cherchant quand même, arrivant chez un homme, veuf vaguement timide

bougon – mais elle, forte et puissante même dans son empathie spontanée (son amitié avec le chien du veuf, puis son aide lorsqu’il veut changer de forfait téléphonique) – puis son travail, qu’elle fait avec constance – puis une espèce d’intimité qui se créée

un tournant certainement – sa fille fait aussi quelquefois des siennes

ce n’est pas qu’elle n’ait plus besoin de sa mère mais elle veut vivre sa vie, et Ramona comprend – particulièrement formidable dans ce film quelques fois des plans qui durent (ici, une merveille : elle s’assoit, un banc, un jardin public, et elle fatiguée sans doute, attendant que son patron revienne pour le reconduire chez lui

assise elle attend – très lent travelling avant 

puis attend encore, ferme les yeux – le temps – et la camera s’approche, lentement, d’elle – lentement…

Et puis et puis… le film continue et la vie reprend – reprend – et reprend encore…

 

Matria, un film espagnol (la Galice et l’océan) réalisé par Alvaro Gago (un premier long métrage (si on peut se permettre) : très prometteur)

 

 

soixante-huit

 

 

je ne sais trop par où m’est arrivée cette livraison – des images que j’ai trouvées importantes parce qu’elles me font souvenir de la jeunesse – le temps en est passé – mais rien ne nous empêchera d’y penser, d’en rêver et de vouloir y adhérer, recommencer, continuer et prendre appui sur la rue… ce sont encore des images qu’il ne faudrait pas divulguer (ce sont des captures d’écran, et je ne vais pas m’amuser à demander ici là ou ailleurs les imprematurs des ayants-droit – je ferais comme pour l’autre, là (non, y’a pas de lien, non) pour les années quatre-vingt d’or de Chantal Akerman : si ça ennuie j’ôte je laisse en brouillon – et ça restera tranquillement un moment – osef pas mal – je ne voudrais pas non plus que cette maison subisse et encourt quelque péril que ce soit) – mais ce sont des moments où je me souviens du poste transistor dans la chambre, le soir sur une radio périphérique (qui s’est abîmée sous la botte de l’abject fascistoïde – pourriture boulonnaise mise au monde un premier avril, tu parles d’une blague…) – je me souviens je n’avais pas quinze ans – cette image-là pour commencer peut-être

rue Claude Bernard je suppose – Gay-Lussac peut-être – de stock (noir et blanc : apaisé) (dans le dossier images du bureau) (je ne sais à qui l’adresser) il y avait des remugles parce que la plupart des gens installés étaient gaullistes – et les autres se battaient un peu – je ne sais plus bien – penser à autre chose certainement (les motos les filles l’amour sans doute, quelque chose de cet ordre) – rien de politique (encore que…) – puis ces images : d’un côté

de l’autre

la bataille

le feu

encore le feu

qui continue

ce sont des images d’un photographe  (Claude Dityvon – je ne le mets pas en étiquette)

décédé il y a plus de quinze ans – couvrait les événements (les événements, hum)

ce n’était pas papon l’ordure en préfecture parisienne – mais un Maurice Grimaud qui lui succède et tient ses forces dans une espèce de respect de la vie humaine – six morts, plus trois un à Flins le 10, deux à Sochaux, le 11 juin : ce n’est pas rien mais c’est autant que celles et ceux de la seule manifestation de Charonne, en 1962 sous l’immonde justement –

des centaines de blessés

des images qui témoignent (un peu)

et puis des lendemains difficiles(ici devant le musée Cluny)

je ne tiens pas à oublier; je ne tiens pas non plus à ce que ça se reproduise (mais l’ambiance le mériterait grandement) (tu sais quoi ? l’espoir n’est jamais perdu)

 

Photos de famille (2)

 

 

 

si ça se trouve je vais encore me faire admonester « non c’est pas bien »
vous n’avez aucun droit sur ces images
dans cette maison[s]témoin en plus qui n’appartient à personne
et donc à tout le monde justement
je suis simplement allé au musée et j’y ai pris quelques clichés

allons, il y a ici bien d’autres images de cette exposition – j’y ai retrouvé quelque chose de mon enfance voilà tout, je vous les livre elles m’ont plu – elles datent de 1958 à 1961 – la guerre (pardon,la pacification) a commencé en novembre 1957…

ici une échoppe d’un marchand ambulant

là un môme (ce pourrait être moi, comme la plupart des  mômes qu’on verra) devant une autre de ces échoppes

je remarque la qualité de la lumière (le soleil qui frappe je le ressens) et les chaussettes du type, là

toute (enfin, quelque peu, un bon peu) une ambiance, mon enfance sans doute (dauphine, 4 chevaux, 403…)

vendeur ou acheteur ? 

barbapapa (le sourire, les sourires…)

hexis vestimentaire

porteur

les deux amis

les sourires oui

je pensais au voleur de bicyclette (Vittorio De Sica, 1948) – la lumière, les bâches aux fenêtres

ce sourire, un peu comme quand on passe à la télé ou à la radio, on se sent quelqu’un d’important, on est dans de « bonnes dispositions » – hexis vestimentaire encore

il devait y avoir certainement des explications plus poussées,plus précises,mais je n’ai pas retenu (des textes il me semble bien)

quelque chose d’haussmannien…

quotidien

ici ce sont beaucoup des hommes – on verra plus loin, un peu plus de femmes

le sourire, le soleil et l’ombre –

à peine, le sourire… difficilement – ici une femme donc

beaucoup d’images (l’Algérie et ses quatre départements français…) : hexis féminines

ma préférée (on le croirait au nino…)

et pour finir, ce cinéma

Marina Vlady (épouse du réalisateur), Odile Versois (sœurs à la ville, ainsi que Olga Poliakoff, assistante à la réalisation) , Robert Hossein (qui réalise…), au Midi-Minuit (sortie outremer : 1959), dans Toi le venin (d’après le roman de Frédéric Dard) – une histoire de famille…

 

Sur les pas du voyage virtuel au pays des rêves

 

 

 

en réalité (?) ça m’est assez égal : le fait que les billets d’ici se taisent depuis le 16 décembre – je fais revivre cette affaire – en réalité (encore ?) je (me) dois de poser un billet par semaine – le verbe de la phrase précédente est à expliciter (la parenthèse en éprouve le sens) (je regarde en arrière : position le 17 mai 2015 – premier article (est-ce bien un nom, un attribut, une dénomination ?) 13 mai 2015 – bientôt dix ans : continuons – sans doute cela ne sera-t-il pas publié ailleurs (nous verrons) (cette parenthèse pour l’éventualité du lien – il semble que ce soit par ces liens que se construise quelque chose de la culture contemporaine – de son existence même puisque harassée torturée vandalisée de toutes parts et notamment du côté de celle des institutions qui nous (nous autres contribuables) appartiennent cependant (car, au fond qui a élu la du machin sinon 37% des un peu moins des 70% des légitimes votant.es –  soit 19% du corps électoral – pays de Loire, quand vous nous tenez… – lequel ne constitue certes un corps qu’aux yeux d’une comptabilité insigne je reconnais – mais je regarde : un sur cinq : ah bon  c’est suffisant ?  eh ben mon colon – je ne veux pas aller voir chez le type (obscène,  indigne, abject) de Rhône-Alpes aux mêmes fonctions) (je ne nomme pas l’immonde)
mais un.e sur cinq putain réveillez-vous !!!

sur ce, je continue donc : ici quelques images en hommage à Olivier Hodasava qui demandait qu’on lui fête Noël – ce jour-là le Chasse-Clou publiait une image d’un immeuble qui aurait pu être l’illustration (disons) d’une espèce de fantasme de celui servant d’appui à G org s P r c ( dans la réalité – mais ma sœur vivait alors rue de Chazelles, mon ami AT m’avait averti « ce livre est formidable, lis-le !  » m’exhortait-il – plus tard, quelques mois je crois, j’avais refusé d’être le parrain de sa fille – pourquoi ? je ne me sentais pas capable de la secourir par mauvais temps – ça n’aurait rien changé, vu d’ici sinon qu’à eux, j’aurais été lié et q’à présent je ne le regretterai sans doute pas – les regrets sont toujours inutiles cependant – j’avais, et j’ai toujours, partie liée avec cet écrivain – peu importe sa notoriété) – j’ai regardé cette image

et elle me disait quelque chose (un flirt de ces années-là 73-74 style y vivait – une fête – la nuit la danse la joie l’alcool le reste tout est possible – le matin tout est accompli) cet immeuble même (ou alors un autre de cette même rue) (mais celui-là oui) et regardant posément cette image, j’y vis

le voilà de jour: droite cadre, en bas

une boite aux lettres (on se dépêche : bientôt ce type d’équipement urbain et public aura corps et âme disparu): ici l’image date de 2010, la voici en 12

un papier sur le dessus;plus haut une décoration d’art de la rue – on ne voit pas bien, c’est noir, ça brille – ça a un peu de couleurs – art est un mot assez lourd en l’occurrence – mais ne soyons bégueule, disons qu’il s’agit d’un tableau de rue – en 14, il a disparu

le pékin pose bras croisés; le jeune garçon va à l’école; on voit du tableau la colle qui l’assujettissait – plus tard (16)

ah oui – rose- augmenté d’une petite enjolivure (on ne voit pas bien même de près 

la voiture a manqué le depôt d’article d’art (probablement B2TS: c’est son format – de plus la boite aux lettres est un de ses tropismes), et il fut vandalisé rapidement supposons – plu tard revint le jaune (16) et les graffitis nettoyés

voilà tout (18) – ici étude en jaune sans doute (20 : on reconnaît un des masques dont on n’avait pourtant pas eu la possibilité de se munir lors de la première des confination covid 19)

plus tard encore (22)

nettoyée (24) puis re-rédigée

encore à nouveau

 

et pour finir ces magnifiques plaques corporatistes

la psychothérapie AUSSOLEIL comme un F A R donnant toutes assurances – que la vie serait belle s’il suffisait seulement de se fier à ce que nous conte la rue (serait-elle de Lancry) dans la nuit de nos  imaginaires

 

Direct Action

 

 

 

un film documentaire – et un film document.Ici posé en maison[s]témoin pour tenter de ne pas l’oublier.

Trois types (Guilaume Cailleau, le réalisateur

Ben Russell l’opérateur 16mm (du film pellicule argentique donc)

Bruno Auzet ingénieur du son son direct (désolé, on ne dispose pas de sa biographie) – l’équipe la plus réduite du tournage. Pratiquement (parfois une seule personne). Mais ici,on nous dira que le tournage a duré quatorze mois : pas tout le temps, mais par quelques semaines ici, là, ailleurs. Venir, travailler avec les habitants, prêter sa force de travail, se nourrir, chanter danser, la nature – continuer à faire vivre les lieux, par le travail et le sérieux

ici la fête d’anniversaire – le film se déroule en une quarantaine de plans -séquences plutôt fixes – des jeunes gens et de plus âgés, sans voix off, le son des chansons, alors j’ai conçu de vous le présenter comme ce qu’en dit le réalisateur dans l’émission de radio.  Sans trop de phrases, mais les images ensuite, qui parlent, ainsi que les divers plans dont je me souviens (il en manque certainement mais l’ambiance y est). Deux cent douze minutes : une merveille.
L’émission de radio est consacrée, pour sa première partie, à l’interview du réalisateur (on peut l’écouter ici)

Je pose mes notes, mes souvenirs, j’illustre : ça ne donne qu’une idée floue de ce qu’est cette manière de vivre pleine d’espoirs, de joies et de consciences. Parfois, en réalité, en regardant ce film,on se demande ce qu’on fait encore là, dans une salle de cinéma, alors qu’on pourrait tout autant être dans ces conditions de vie et de travail et en être parfaitement heureux…

Notes d’écoute :
14 mois
vie sur place – première une semaine : un seul plan
on reviendra

retour une dizaine de fois
16 mm 3 personnes image son
action individuelle au service du collectif : les gens sont spécialisés dans certaines activités
son direct caméra plan fixe un plan par jour
son en post production très travaillé
12 heures de rush, film : un quart…
une quarantaine de plans-séquences assez fixes

Souvenirs :
archiver ce qui se passe et ce qui s’est passé
monter en haut d’un mirador


lire le manuel du guerillero à un cochon
scier du bois (machine industrielle)
le fendre (machine industrielle)
un concert d’anniversaire


une partie d’échecs


faire du pain (merveille)
faire des crêpes (re-merveille)
aiguiser la chaîne d’une tronçonneuse (et encore à nouveau)
détruire un mur à la masse

reconstruire
le plan des voitures qui empêchent (qui ont empêché du temps de la lutte) les camions de police de passer (intermission)
chanter du rap en arabe (formidable)
prendre son petit déjeuner


participer à la manifestation contre les bassines de Sainte-Soline (désespérant)


faire voler un drone
agriculture : semer
agriculture : labourer


agriculture : désherber
s’occuper des chevaux
s’expliquer auprès des journalistes

dernier plan : dans la nuit (la nôtre sans doute) une lumière, un phare un espoir

 

Direct Action , un film (documentaire) (Guillaume Cailleau et Ben Russell, 2024) sur la vie à Notre-Dame-des-Landes – ailleurs existe. Et bravo.

 

 

Oloé

 

 

Oloé est un nouveau mot (plus si nouveau d’ailleurs) inventé par Anne Savelli, c’est un concept – une suite d’idées accrochée les unes aux autres et qui forment alors quelque chose comme une nébuleuse…  Un acronyme, si on veut – on lit, on écrit – ou alors où lire ou écrire – ou bien où lire où écrire – ou ou lire ou écrire. C’est aussi une excroissance électronique exécutée par Joachim Séné – tout ça vous a furieusement un air nu… Et comme Guy Bennett fait, en quelque sorte, partie des compagnons de route de ce magnifique collectif, il nous a fait parvenir une contribution – elle est parue sur le site dans sa langue originale (on y découvrira une image de cette chambre à soi), mais je m’en suis emparé pour la traduire et la mettre dans la maison.
Dans la cuisine, fatalement.
Quelques mails allers-retours plus tard, on en a eu fini. La voici, avec en exclusivité pour cette maison, témoin en quelque sorte, la petite bouteille bleu cobalt ayant autrefois contenu du saké. Merci donc à lui.

 

Ma salle décriture
lundi 9 décembre 2024, par Guy Bennett

Je voudrais dire quelques mots sur ma salle d’écriture : je nen ai pas. Jécris dans la cuisine, un coin de la cuisine. Là, j’ai une petite table avec une lampe et une horloge la seule de la maison et un tabouret tout aussi petit. Cest également à cette table que je prends mes repas.

Quelques mots sur la table : elle est simple, spartiate même, et manque complètement de sculptures et daccents ornementaux. Tous les bords, y compris ceux de ses pieds, sont à angle droit à l’exception du bord avant du plateau de table, qui est lérement convexe. Il comporte un tiroir peu profond (est-ce que cela en ferait un bureau ?) dans lequel je range quelques stylos et étuis, un ouvre-lettre en bois dont la pointe est cassée, et quelques articles de papeterieune enveloppe et deux en-têtes, pour être précis de l’Hôtel Idou Anfa à Casablanca. Un petit classeur roulant se trouve à droite de la table.

Quelques mots sur le classeur : il est petit, comme je lai dit, et comporte trois tiroirs : les deux du haut sont peu profonds et contiennent des fournitures d’écriture et de dessin, et celui du bas est profond et contient des dossiers suspendus. Au-dessus du classeur se trouve un plateau en bois et dans ce plateau se trouve un plat de service en céramique blanche, tous deux rectangulaires. Sur le plat de service, jai placé une petite bouteille bleu cobalt qui contenait autrefois du saké. J’aime sa forme et sa couleur.

Dans les deux tiroirs supérieurs du classeur, je range des crayons avec différentes qualités de mine, des taille-crayons de différents types, des gommes, une règle, des ciseaux, une loupe, un compte-fils, des marque-pages, des couteaux X-acto, une petite agrafeuse, un dégrafeur tout aussi petit, une boîte en plastique carrée de sept centimètres et demie de côté remplie de plumes d’écriture, des blocs de papier à dessin, un kit daquarelle de poche, un autre pour la calligraphie japonaise (qui contient lui-même un petit bloc d’encre, un bac à encre tout aussi petit et un pinceau), et une boîte rectangulaire en bois contenant quatre porte-plume, dont deux munis de plumes.

Dans le tiroir du bas du meuble sont suspendus un certain nombre de dossiers. Leur contenu ne présente aucun intérêt.

Encore quelques mots sur la table : sa sobriété me séduit. Si je parviens à garder le dessus de la table désencombré (ce n’est pas trop difficile à faire), l’« ambiance » de mon espace d’écriture s’harmonise avec le design austère de la table, accentué par son orientation vers un mur blanc. Les fenêtres sont dans le mur den face.

J’aime cet agencement pour deux raisons : premièrement, je trouve inconfortable de rester assis longtemps face à une lumière vive, et deuxièmement, la vue depuis les fenêtres de ma cuisine na aucun intét. Il y a cependant une petite fenêtre en haut à droite de mon bureau ; elle donne sur mon placard, qui possède également une petite fenêtre laquelle donne sur le jardin des voisins avec ses arbres fruitiers et, au-delà, quelques palmiers et un peu de ciel bleu. Il y a une lucarne dans la cuisine, qui assure un éclairage suffisant même par temps gris et du clair de lune la nuit. Les nuits sans lune, il y a toujours la lampe.

Quelques mots à son sujet : cest une lampe à dessin et elle se trouve dans le coin le plus à gauche de la table. Je positionne généralement son bras extensible à un angle de 90°. De son « coude » pendent deux colliers de perles de verre et une fine corde de cuir nouée en boules aux deux extrémités. Sur sa base se trouve une petite pile de cartes postales présentant des reproductions d’œuvres dart. Elles font partie de mes rares concessions en matière de décoration. Actuellement, une nature morte aux fleurs de Fantin-Latour est exposée. Quand jai envie dun changement, je mélange les cartes.

Quelques mots sur la décoration : je la trouve indispensable, quoique à petite dose. A ce sujet, ai-je dit quelque chose sur l’azulejo ?

Quelques mots à son sujet : il trône sur le rebord de la fenêtre en haut à droite de mon bureau. Cest lun des deux que jai ramenés dun voyage en Andalousie et au Maroc début 1997. Je les transportais dans un sac polochon avec mes vêtements et mes papiers lorsque je voyageais en avion, en train, en ferry et en bus depuis lEurope du Sud jusquen Afrique du Nord et au retour, puis enfin chez moi aux États-Unis. Je suis étonné quils ne se soient pas cassés.

J’ai acheté les azulejos dans un magasin à Séville. Ils avaient été utilisés, comme en témoignent leurs bords ébréchés et les traces de plâtre sur leur dos non vernissé. Je nai aucune idée de leur âge ni des bâtiments quils auraient pu orner. Je me demande qui a pu les regarder, passer ses doigts dessus ou les nettoyer. Je me demande comment ils ont pu être retirés de leurs murs. Leurs créateurs et propriétaires précédents nauraient probablement jamais imaginé quun jour ils orneraient les murs dune maison à l’extrémité du continent nord-américain.

Tous deux sont des imitations de zelliges marocains. Contrairement à ces derniers, des mosaïques constituées de petits carreaux de faïence coupés individuellement à la main, de formes et de couleurs variées, vernissés d’un côté et disposés en motifs géométriques complexes et abstraits ; ce sont de grands carreaux de faïence rectangulaires, peints pour ressembler à des mosaïques de petits carreaux de faïence coupés individuellement à la main, de formes et de couleurs variées, vernissés dun côté et disposés en motifs géométriques complexes et abstraits.

Quelques mots sur le mot azulejo : il dérive de larabe اﻟﺰﻟﯿﺞ [al zulayj], qui signifie « pierre polie », et non du mot espagnol pour bleu. Apparemment, les zelliges ont été initialement créés pour imiter les mosaïques romaines, qui, elles, étaient constituées de petits morceaux de pierre polie, de marbre ou de verre. Les Romains avaient colonisé l’Afrique du Nord et nombre de leurs mosaïques leur ont survécu et ont survécu à leur empire. De même que beaucoup de zelliges survécurent aux Maures et à Al-Andalus. J’y pense parfois lorsque j’écris à ma table. Je me demande ce qui nous survivra.

Pour revenir à la table : son dessus est marqué ici et là de rayures peu profondes et dempreintes de formes et de tailles diverses, dont la plupart sont là depuis des années. Lune delles est un smiley maladroit fait par ma fille lorsquelle était petite. Elle a dû appuyer fort en le dessinant sur papier et la inscrit involontairement sur la surface de la table. Il faut savoir où regarder pour la voir et orienter son regard à contre-jour avant quelle napparaisse. Cest une marque précieuse et secrète, la trace dune autre vie. Jusqu’à présent, j’étais peut-être le seul à savoir qu’elle était là et peut-être suis-je encore le seul à l’avoir jamais vue.

Printemps 2018

Ce micro-essai aurait pu être écrit pour le reportage « WritersRooms : Portraits of Spaces Where Authors Create » (Chambres décrivains : portraits des espaces où créent les auteurs), paru dans The Guardian du 5 janvier 2007 au 17 juillet 2009, si les éditeurs avaient eu le bon sens de le demander, mais hélas, ils nen ont rien fait. Leur malheureux oubli ne ma pas détourné de la tâche. GB

 

Cuisine

 

 

« Nous ne négocierons pas, nous ne négocierons jamais » dit Giulio Andreotti, premier ministre, démocrate-chrétien (droite), aux affaires en Italie depuis plus de trente ans, avec Aldo Moro

en même temps, à l’écoute une émission de radio qui fait entendre les musiques de l’époque (ici Juke box )

après, il s’agit un peu de la cuisine (rapport au lien, je dois y penser) – alors comme il faut bien faire un peu montre de ce qui se trame (ici est le témoin), j’ai regardé un film – je ne sais plus je ne trouve plus la source – mais j’y ai pris quelques images – vingt-et-une – ça part dans tous les sens d’autant plus que ce film doit dater du siècle dernier – depuis bien de l’eau a coulé – ce film vient de l’institut national de l’audiovisuel (on y accède via un abonnement) – tout est dans la boîte (en fin de billet : lé générique de l’affaire – je l’ai retrouvé) (une espèce de truc documentaire qui veut se montrer à la hauteur de la fiction)

– ici seulement quelques images (qui me sont) importantes – ça ne fait rien, c’est pour avoir (et donner) une idée des visages

or donc- ici Aldo Moro souriant (rare) (1916-1978)

là Berlinguer (Enrico, secrétaire général du parti communiste italien, l’autre partie du compromis historique) (1922-1984)

sur la via Veneto (reconstituée en studio, pour le La dolce vita de 2F (1960)) un palace-hôtel dans la suite 217 duquel recevait

l’usurpateur- truqueur-menteur Licio Gelli en 2000 (ami de Sylvio Berlusconi, entre de nombreux autres acteurs de la « loge » P2) fasciste notoire (crevé à 96 ans en liberté : la pourriture conserve (1))

le premier ministre d’alors, Giulio Andreotti venant à la tribune de l’assemblée, le 16 mars 1978, vers midi (à ce moment-là, il est certain de ne faire aucune tractation avec les guerilleros)

puis une reconstitution malhabile (à dessein) de la »prison du peuple »

les voitures figées sur le goudron lors de l’attaque (image sans doute vers onze heures le 16 mars 1978 – plus bas, on l’aura en couleurs)

Valerio Morucci, l’un des guerrilleros grimés en pilotes de ligne qui attaquèrent la voiture de Moro et de son escorte – cinq morts dans la rue, vers 9 heures dix, ce matin-là

un des fondateurs des Brigades Rouges

Francisco Cossiga, alors ministre de l’intérieur – grand ami d’Aldo Moro, ici fin de siècle  vers 2000 (date du tournage du film) – s’est entouré pour les recherches de la « prison du peuple » d’un comité consultatif

noyauté par les participants de la loge Propaganda due dite P2 (elle était composée d’un millier de personnages ayant des responsabilités soit à l’intérieur de l’État, notamment militaires, soit de la société civile) : ici en quatre images: le général Bassini directeur des services secrets

Santo Vito, chef du renseignement militaire

Walter Peruzzi officier des services secrets militaires

général Giudice police financière (escroc notoire)

et bien d’autres encore (qui ne sont pas à l’image) – la loge contrôle les services secrets, Cossiga les carabiniers et la police – on cherche partout, on ne trouve rien

extrait de la page 170 de Noir sur Noir Journal de dix années (Leonardo Sciascia, traduit par Nino Franck et Corinne Lucas,Papyrus Maurice Nadeau 1981)(obligeamment prêté par Emmanuelle Cordoliani – qu’on remercie ici vivement)

 

Francesco Cossiga à nouveau (il faut sans doute noter qu’il n’assistera à aucune des réunions interministérielles convoquées par Andreotti durant les 55jours de l’enlèvement) : l’air content ne veut rien dire (il démissionne le 9 mai)

Andreotti de profil

en couleurs sur les lieux de l’enlèvement

Paul six, pape grand ami d’Aldo Moro, ce qui ne l’empêchera pas de le trahir « sans condition »

on ne voit guère de femme.

Une affaire d’hommes sans doute.

Pour finir ma préférée,
Vers 1974.
Aldo Moro à gauche (alors ministre des affaires étrangères d’Italie, en visite à Washington) et Henry Kissinger (1923-2023) (l’hypocrisie, la malveillance, la croyance dans un système odieux, ça conserve (2) semble-t-il – affaires étrangères US puis conseiller à la sécurité nationale du président US Nixon bientôt foutu dehors Watergate aidant – lui restera sous Ford…), ce dernier menaçant de mort à mots à peine couverts  le ministre des affaires étrangères italien si celui-ci continuait à tenter d’ouvrir sur sa gauche le gouvernement dont il faisait partie

 

voici l’adresse du film https://madelen.ina.fr/content/mort-a-rome-laffaire-aldo-moro-76394

et son générique

réalisation  : Michaël Busse et Rosa Maria Bobbi
images : Michaël Busse; son : Rosa Maria Bobbi
consultant : Jean-Christophe Labastugue
Production éxécutive : Michell Noll et Herbert Blondiau
Une coproduction Quartier Latin et WDR
En collaboration avec
– La chaîne Histoire (France)
– RTS (Suisse)
– RTBF (Claire Colart) (Belgique)
– Solférino Media (Mexique)
– Uni Portugal et RTP (Portugal)
– Ceska Televizic (République Tchèque)

(c) 2000 – Quartier Latin/WDR/Histoire/Solferino

Impressions

 

 

idéal-type ou stéréotype : ce sont ces lieux qu’on fréquente par images interposées – un peu comme ces chansons qu’on entend un peu de loin, de la musique qui rappelle des souvenirs qui reviennent changés, différents, flous floutés – loin comme à travers une vitre derrière laquelle tombe la pluie, un tulle, ou alors des larmes qui troublent la vue, pas nécessairement tristes d’ailleurs, le vent (je l’aime tant), quelque chose – loin de tout – ayant tout oublié, mais que serions-nous sans mémoire ? – alors tout en haut de cette mer qui lui appartint de nombreux siècles – si appartenir veut dire être sous le joug, la coupe, la loi – elle est là sur ses pilotis – il ne s’agit pas d’un golfe comme à Trieste, juste une lagune comme à Marano – mille ans et plus de lieux communs – depuis un moment, elle m’accompagne, à moins que ce ne soit moi qui elle je ne sais – il y a bien dû y avoir un moment où j’ai eu entendu parler d’elle – je marche dans la rue il y a là la bibliothèque (Fessart), j’entre – je ne pense pas à elle spécialement (mais toujours ce goût, vers onze heures du matin pour un sandwiche et un verre de vin blanc spumante (champagnisé) comme chez elle – ils disent (elles aussi je suppose) pour le rouge un ombra – il se peut qu’ils (et elles) fument dehors, sur le quai, en bas du pont –

c’est vrai aussi qu’il y pleut souvent) – il y a sur un présentoir un exemplaire de Brunetti entre les lignes  (c’est traduit comme d’habitude par Gabriella Zimmermann, mais non de l’italien, de l’étazunien – l’auteure ne veut pas qu’on traduise ses textes en italien – quel drôle de pli a-t-elle pris ? je ne sais) – les notes de bas de page m’ont happé (il y a une belle chanson de ce titre – Bashung)  je les reporte, je les relie – l’une d’entre elles parle d’un opuscule qui recense les rues, places et canaux, sans doute les numéros des maisons palais bouges ou casinos – ville épaisse des vices et des turpitudes du monde – je les relis – la peste, le cholera, la République, la religion… – depuis tant et tant de temps – carnavals vaporetti (bateaux-autobus) gondoles palaces cocktails masques joailleries – des présupposés, des acquis, des images et des spécialités  – j’ai pris ces images quelque part mais je ne sais plus exactement où – on verra hein – ici donc, pour que ces mois soient moins lourds peut-être (en souvenir d’un de ces hivers sous la neige aussi), c’est aussi que c’est que pour une part très superficielle mais pourtant assez juste il me semble, de cette ville-là

bacino : le bassin qui s’étend face à la place Saint-Marc
ACTV : L’ACTV (Azienda del Consorzio Trasporti Veneziano : agence de consortium des transports vénitiens) est l’agence municipale assurant les transports publics à Venise depuis le 1er octobre 1978 (au forfait, 3 jours : 45 euros)*
Il Gazzetino : L’un des deux quotidiens de Venise, l’autre étant La Nuova
acqua alta : Hautes eaux qui inondent Venise entre l’automne et le début du printemps, lors de marées exceptionnelles
Archivo Storico : Les Archives d’État de Venise, situées sur le campo dei Frari, conservent le témoignage de plus de mille ans d’histoire de la ville

Le Rédempteur : L’Église du Rédempteur est un célèbre édifice situé sur l’île de la Giudecca, conçu et commencé en 1577 par l’architecte Andrea Palladio et terminé par Antonio da Ponte en 1592 (le bien nommé architecte du Rialto, en pierre)*
Il Giornale : Quotidien national fondé en 1974 à Milan par Indro Montanelli, propriété de la famille Berlusconi depuis 1979
La Fenice : Le célèbre opéra de Venise datant du XVIII°siècle, reconstruit à l’identique après son incendie de 1996 et inauguré en 2003, et qu’il est de bon ton (ndr : clcdld)** de fréquenter
suspension volontaire de l’ncrédulité : concept formulé par Coleridge
son ordinateur « dispersait son odeur suave dans la brise du désert » : Citation extraite de Elegy Writen in a Country Yard  de Thomas Gray
les arbitres du Lord’s : Célèbre stade de cricket
Gianni paga i damni  : « Gianni paye les pots cassé » (gros titre de la presse (à scandales) parlant du fils d’une comtesse, protagoniste du roman)*
Nobile ignobile : « Noble Ignoble » (toujours à propos du fils de la comtesse)*
No account Count : « Le comte sans compte » (idem)*

San Gennaro : Saint Janvier, évêque de Bénévent, le plus célèbre des saints patrons de la ville de Naples (tous les ans (ou plusieurs fois l’an), le sang de cet évêque possiblement conservé dans une espèce d’ampoule, se liquéfie et donne lieu à une espèce de fête processionnaire)*
L’Espresso : Hebdomadaire italien de politique, culture et économie, de sensibilité de gauche
La Reggia di Caserta : Le Palais Royal de Caserte, la résidence (napolitaine) de la famille royale des Bourbons de Naples, symbolisant la magnificence
le viale Garibaldi : Allée ombragée qui traverse le parc s’étendant à proximité de la via Garibaldi (anciennement Eugénie, percée aux ordres de Napoléon un –  pour cette Eugénie-là donc)*
tramezzini : Petits sandwiches en  forme de triangle, obtenus en coupant une tranche de pain de mie en deux (cette petite collation avec de la mayonnaise, le plus souvent, mais sans croûte)*
MOSE : Acronyme dérivant de Modulo sperimentale elettromeccanico (Module expérimental électromécanique); jeu de mots avec Mosè désignant Moïseen italien (lequel ouvrit la mer en deux, comme on sait, pour sa fuite et celle de son peuple d’Égypte – ouvrage d’art donc condamnant les passes de la lagune lors de l’acqua alta – dans le livre,le barrage ne fonctionnait toujours pas mais avait quand coûté la bagatelle de 10 milliards d’euros – construction accompagnée de très nombreux actes de concussion corruption et autres joliesses municipalo-administratives)*
spritz 
: Apéritif local typique, à base de prosecco, d’eau de seltz et de campari ou d’aperol.
la riva : Riva degli Schiavoni (le quai des esclaves, l’une des fortunes de la République de Venise)*, l’ample quai qui longe la lagune de la place Saint-Marc à Castello (vers l’est et la via Garibaldi – à gauche après la colonne du lion)*.


Calli, Campielli e Canalli 
: (rues, places et canaux) Répertoire de toutes les rues,places et canaux de Venise (avec les numéros des immeubles afférants)*
La Boccini 
: Université privée de Milan très prisée, spécialisée dans l’économie, la finance, le management, l’administration publique et le droit.
piano nobile : Étage noble (premier étage, au dessus de l’androne – voir plus bas)*, qui était l’étage d’apparat dans les palais des familles aristocratiques.
Carampane :le quartier des carampane, nom donné aux prostituées d’autrefois.
androne : Ample vestibule situé au rez-de-chaussée des palais (au ras de l’eau des canaux)*.
style (d’orfèvrerie) dit Manin : Très fine chaîne d’or, dont le nom provient de la riche famille  Manin, d’où était issu le dernier doge de la Sérénissime, Ludovico Manin .

Les Lei formels : La forme de politesse se fait en italien parle pronom personnel de la troisième personne du féminin singulier, lei, « elle » correspondant à « Sa Seigneurie »
gratta e vinci : littéralement « Gratte et gagne », l’équivalent des grilles-flash au loto
roba da donne : une affaire de femmes (dans la narration il est dit « les jeux de hasard, c’est pour les idiots, roba da donne » – pour fixer les idées et dépeindre l’étendue du machisme du locuteur – par ailleurs meurtrier)*
Punta della Dogana :
La pointe de la Douane (désormais propriété du french miliardaire  arnaud b)*
Sestiere
: nom des six quartiers composant la ville de Venise (lesquels se nomment Castello, Dorsoduro, San Polo, San Marco, Canareggio et Santa Croce)*.
castraure 
: Petits artichauts violets (plus petits que les poivrades d’ici)*. Spécialité locale très prisée, cultivée sur l’île de Sant’Erasmo, l’île maraîchère de Venise.
Coin : Grand magasin de Venise. Version vénitienne du nom de famille Cohen (ah)*
macchiatone : grand café crème (chez Florian (café très prisé de la place Saint-Marc), la spécialité serait plutôt le chocolat au lait, pas moins de quinze e –  ici Brunetti paye 20 euros pour un café (pour lui) et un macchiatone pour celle qu’il interroge – le livre (et les prix sans doute) date de 2014)*
fidanzato : fiancé
numero civico : le numéro de la maison. Chaque sestiere se compose de ces numero civici  qui partent de la première porte du quartier et vont jusqu’à la dernière de ce même quartier, ce qui explique les chiffres si élevés dans les adresses vénitiennes,comme par exemple San Marco 4939.
la Guarda Medica : le médecin de garde

 

 

 

 

 

* : les notes de notes, en italiques dans les notes, sont du rédacteur

** : c’est le cas de le dire