Les ombres

 

 

 

après c’est vrai aussi qu’il faudrait que les films aient quelque chose à voir avec la réalité – celle du temps présent – je me disais voyant ces quelques images que je vais poser « ça sert à quoi tout ça? »  et peut-être « à quoi ça a servi tout ça ? » – mais je n’aime pas le cynisme, je sais à quoi ça a bien pu servir, même si on voit bien ce qui se trame et tente de prendre le pouvoir ici (le truc entamé en Argentine, aux états sans majuscule, en Hongrie, en Russie, en Turquie en inde : où va-ce s’arrêter ? ) (jte parle même pas de Gaza et Israël tant la honte pour l’humanité toute entière est grande dans cette partie du monde) – ces gens-là, ceux et celles – gens n’a ni genre ni singulier – pourtant dans ce film décrits (un roman de Joseph Kessel, adapté par le réalisateur lui-même (il dit qu’il portait ce projet depuis la fin de la guerre lorsque en 1943, il lut le livre de Kessel – la deuxième, mondiale) ces gens avaient quelque chose d’héroïque – un peu comme les parents qui, pour leurs enfants, seraient prêts à donner leurs vies – ici il s’agit d’une « certaine idée de la France » – ça se passe en 1943, donc et elle se trouvait dans un sale état – quelque chose à voir avec aujourd’hui ? En réalité oui – quelque chose de ce genre, que je tente de résoudre – vieil homme pourtant et cependant (sous ce lien, le numéro de la revue Les villes en voix où, dans ma contribution,  sont exprimées mes hypothèses).
Personne ne sort les fusils était le titre d’un essai de Sandra Lucbert (au Seuil) qui traite du procès d’un certain lombard (pédégé d’une firme nommée alors france télécom) qui a organisé la dégraissage comme ils aiment à dire de celle-ci afin de la rendre compétitive comme ils disent encore – les gens se suicidaient mais c’était prévu, normalisé et d’ailleurs parfaitement fructueux – une affaire qui a vingt ans, le type lombard a été condamné à un an de prison augmenté de quinze mille euros d’amende (il a eu le front de faire appel, ça a été vaguement réduit – cette honte) – ça n’a rien à voir ? Peut-être. En tout cas, nous avons à rester éveillés – personne ne sort encore les fusils. Non.  

L’histoire est complexe. Je pose juste ces images et tente de les expliciter. Titré L’armée des ombres le film est réalisé par Jean-Pierre Melville (aka Grumbach, il a, comme Edgar Morin, conservé le pseudonyme qu’il prit pendant ses années de résistance); il date de 1969, mis en images ou éclairé par Pierre Lhomme. Cette armée-là est celle des résistants à l’occupant nazi pendant la deuxième guerre mondiale. L’action se déroule en 1942 et 43. Elle met en scène un réseau de résistants, mené par Philippe Gerbier, incarné par Lino Ventura.

Infiltré par un traître qu’il faudra mettre à mort, le réseau est de plus en plus cerné par les nazis jusqu’à ce que Gerbier lui-même tombe.

évidemment trahi

Huit personnages constituent disons cette histoire. Il y a le coiffeur, qui transmet des informations

c’est Serge Reggiani dans le rôle). Il y a donc Gerbier, qui se fait arrêter

Sept hommes, une femme – sans doute un nouveau signe que la guerre est une histoire d’hommes. Simone Signoret das le rôle de Mathilde (qui réussira à libérer Gerbier)

ici préparant l’évasion donc – là se rendant compte de l’ignominie de la guerre (une image de la fin)

les voici tous les deux

puis vient Paul Meurisse alias Luc Jardie

le n plus un de Gerbier (« le grand patron » est-il dénommé)

un de ses subordonnés, Jean-Pierre Cassel (Jean-François Jardie, le frère du précédent)

les voici tous les deux

un résistant qui mourra (d’ailleurs, ils meurent tous) Paul Crauchet (qui interprète Félix (lequel se suicidera pour ne pas trahir) – deuxième en partant de la droite

le premier « Le masque » (c’est Claude Man qui joue) tient en main le torchon qui lui a servi à étrangler  le traître – l’histoire se déroule et se termine par un chantage exercé sur Mathilde qui ne peut que partir des bureaux de la gestapo, sans dénoncer mais dont la fille est promise par les nazis à un bordel pour soldats sur le front de l’est,  si Mathilde ne dénonce pas son réseau. Dehors

on ne pourra que la supprimer… (le revolver est tenu par Christophe Barbier, dans le rôle du « Bison »).La voiture s’en va mais un carton indique que les quatre hommes ont été arrêtés et très probablement, après torture, mis à mort.
Ce n’est pas d’une franche gaieté mais le film reste en mémoire et donne (très probablement) un aperçu subjectif sans doute mais proche d’une certaine vérité de cette époque de terreur. Et énonce aussi, avec un vigueur puissante, que la guerre salit tout, les êtres comme les lieux.
Un grand classique.

L’Armée des ombres,un film réalisé par Jean-Pierre Melville (1969)

 

quelques mots des personne(l)s qui ont réalisé produit éclairé interprété le film (cinémathèque française)

analyse filmique

plus d’images encore ici

 

j’en termine ce matin (le retour du jeudi) :

en spéciale dédicace à Lino Ventura parfait comme sans doute d’habitude (dans le rôle magnifique du commissaire Gallien dans Garde à vue (Claude Miller, 1981) lequel ne s’entendait pas avec JP Melville (insupportable certainement – voir ses frasques contre Charles Vanel lors du tournage de L’aîné des Ferchaux qui lui valut, sil’anecdote est vraie, une gifle de la part de Jean-Paul Belmondo) – à tout prendre, s’il le faut, et pour ma part, je garde Lino.

série noire

 

 

 

ces jours-ci, des commutateurs d’ouverture de réservoir se sont coincés en mode « fermé » sur un avion boeing en Inde, en son nord – l’avion a chu au décollage -tuant une vingtaine de malades d’une clinique et les deux cent soixante passagers (sauf un, miraculé dit-on) et membres de l’équipage – j’entends dire que la boite noire ausculté indique que l’un des pilotes dit à l’autre « c’est toi qui a tourné le bouton? » et l’autre « non, j’ai rien fait » et c’en fut fini – j’entends aussi que le contrôle de ces commutateurs avait été, il y a une bonne dizaine d’années, préconisé mais uniquement conseillé (non obligatoire – puisque cette économie nous gouverne et nous étrangle, inutile de contrôler (ça fait des frais, tu comprends bien), autant mourir dans un accident) – j’entends encore qu’il y a une dizaine d’années, la flotte civile mondiale était de l’ordre de seize mille aéronefs; puis en vingt-trois je crois bien (c’est que je lis certes les articles mais de manière assez vive, je ne note pas, je garde en mémoire : je ne suis pas journaliste) vingt-cinq mille; les prévisions des acteurs (ce sont des garçons – y’en a deux,semble-t-il, airbus et boeing – je crois bien qu’il va se trouver un chinois bientôt aussi) économiques montent le bazar à cinquante mille assez bientôt – que le kérosène et sa combustion soient les premiers pourvoyeurs de gaz à effet de serre, on n’en a rien à secouer stu veux – il faut que les affaires marchent – jte parle même pas des avions militaires : laisse tomber… – et la terre continuera de brûler (après pour ce qu’on en a à faire…) – voilà l’été chantait Helno…
de plus en plus, et toujours…
j’ai gardé les images, je les pose elles sont légendées parle canard. Édifiant.
Le mode opératoire suit les articles par les liens imposés par la publication (en l’occurrence le canard intitulé humblement « le monde » – elle ne fait, presque toujours, référence qu’à ses propres sources et articles)

ici un premier virage vers des personnalités plus ou moins responsables de ce genre d’accident – puisqu’elles sont aux commandes ds entreprises (extrêmement corporate) en question : ici le nouveau CEO-PDG-directeur-manageur etc etc – vers 2024 (ce sont gens rétribués assez bien (merci beaucoup), notamment en stockoptions, soit en actions sur l’entreprise) ici le précédent au même poste

lors de procès précédents – le même en casual (« débraillé ») image sans doute établie un vendredi)

image corporate

puis deuxième direction : ceux d’Air India (image de 2008)

et où tout ça nous mène…

cette exploration en suit bien d’autres : ici par exemple 
ou encore là

attention quand même… Affectueusement.

Centrale et générale

 

Un peu plus d’une trentaine d’images qui réfèrent à la construction du premier EPR (initialement European pressurized reactor, renommé Evolutionary power reactor) (le changement de nom en gardant l’acronyme, le fait de  l’intituler en anglais, le commerce mondial, la pointe avancée de la technique : toutes choses qui me semblent courir vers un mur qu’on percutera – peut-être de notre vivant, peut-être pas – toutes choses qui seraient à expliciter et déconstruire comme dirait l’autre). Elles sont organisées en deux thèmes : le paysage; l’humanité.
Dans cette seconde partie, si on remarque qu’il ne se trouve que la partie mâle de l’espèce, on se souvient cependant que cette branche de l’industrie avait, un temps, à sa tête une femme (Anne Lauvergeon). Tout est évidemment politique, mais je ne cherche ni ne trouve dans ce champ un intérêt ou un but ou encore une explication.
Je remarque juste que cette entreprise avait deux (disons) échéances :
– un achèvement cinq ans après  sa mise en chantier (on en compterait quatre fois plus pour une mise en service progressive, qui nous dit-on devrait trouver sa pleine efficacité en juillet de cette année)
– un prix deconstruction évalué alors à trois milliards d’euros (on en est à dix-neuf et demi)

Bah.

Ce sont des images qui viennent en ordre, de la plus proche de nous aux différentes autres évoquées, dans le temps comme on pourra le lire dans les légendes .

(comme illustration des dérapages… je passe) (que des types, en attendant et pareillement ici


(on ne sait pas – mais il y eut de nombreux bruits – c’est un secret industriel probablement – combien de morts a suscité cette construction – non plus que leurs nationalités – non plus que les doses reçues par eux – le chantier est, par essence, dangereux c’est vrai aussi)

(on allait au bord de la mer chantait Jonasz…) nécessairement refroidir le processus – des images : ici la « vraie » construction (ça se passe en France Cotentin)

là la « fausse » (image d’artiste) ça se passe en Grande-Bretagne

rond ou carré ? comme on aime – on s’y promène, tranquillement, le dimanche ou pas, il n’y a aucune raison d’angoisser – on y accompagne même un enfant en rouge, c’est pour vous dire (Three Miles Island, Tchernobyl, Fukushima ? no comment) – dans le même ordre d’idée

l’agriculture ne craint rien – on bosse, on nourrit, on engrange…

(on dispose de ces vues, d’autres auraient pu venir ici en Finlande, ou en Chine – mais en fait non)

encore quelqu’un qui bouge et vit (image d’artiste électronique) (ça promène son chien, c’est sans danger, inoffensif et il fait même beau c’est pour te dire) – avant c’était comme ça

mais ici comme ça

ou encore comme ça

hein oui ? une histoire d’hommes

ça n’a rien de simplet tu comprends bien – et si tu y tiens, une alternative aux grandes étendues…

impressionnant – c’est comme ça la vie – l’énergie – l’électricité – on va même jusqu’à décorer, une sculpture d’art moderne qui en anoblit une autre

paysages contemporains

 

oui enfin assez particulier- intérieur 1

intérieur 2

intérieur 3

ah déjà vue – bah – intérieur 4 ?

et intérieur 5

on continue on finira bien par achever – on l’espère furieusement (Super Phoenix ?) – ici sans personne

là animée

un peu de logo

pour en arriver aux directeurs

propres sur eux (enfin…)

conscients sérieux

responsables

on va se gêner tiens – et puis à propos de drapeaux,  voilà la Chine et son représentant – reçu au Royaume-Uni certes

édifiant ? on l’espère – de dos à nouveau et pour finir

 

 

 

Il s’agit d’un travail (inutile cependant, autre, différent, sans objet) mené dans le cours de cette actualité qui ne cesse d’envahir nos âmes peut-être bien – en tout cas la mienne bien que je n’en rêve pas explicitement (l’âme a-t-elle quelque chose à voir avec les rêves ? toujours la même histoire…). Un des compartiments du jeu contient l’analyse des images – notamment en suivant des séminaires de culture visuelle. C’est dans ce cadre que s’inscrit ce billet (ainsi que les autres qui traitent de la dispersion) – il s’agit peut-être d’une tentative d’exprimer une quelconque théorie (le terme recouvre un sens d’infini ou de pléthore, tout au moins, qui est ici illustré).
En tout état de cause, l’affaire est exploratoire, empirique, sans prétention aucune à quelque exhaustivité ou calcul moral ou conclusions péremptoires que ce soit.
Une première « étude » des divers territoires ou sites ou situations des centrales nucléaires de ce si beau pays a été entreprise ailleurs. 
Cet article prend place et développe ce que j’entends par alimentation générale (« concept » qui est représenté en images par cette entrée dans le blog pendant le week-end) (ça vous a quelque chose d’assez prétentieux, mais j’ai des difficultés à prendre les choses « à la légère » alors que je les prends « au sérieux ») – il y a évidemment un jeu de mots, mais pas seulement : par exemple, on sait (on nous l’a dit, on peut le mettre en doute, mais les agissements de nos compatriotes (et les nôtres tout autant) durant les premiers jours du « confinement » portaient les signes de cette conclusion) que les villes disposent, au mieux, de trois jours de produits pour subvenir aux besoins des populations – nous vivons dans l’ère du flux tendu; sans livraisons et assortiments des diverses enseignes, quasi quotidiens, l’heure sera grave. Dans le même ordre d’idée, et pour ici (l’Internet) il s’agit d’un élément essentiel et tout autant vital, l’électricité est une ressource inhumaine peut-être mais sans laquelle « il n’y a plus rien » comme disait Léo.
Le dispositif mis en place est le suivant : on suit les liens des divers articles auxquels renvoie l’organe à partir des images (et de leurs légendes) publiées dans le journal de référence (quelle référence ?) paraissant (l’édition dite « papier ») l’après-midi (tout cela a beaucoup changé – mais c’est de peu d’importance, tout comme  (d’un autre point de vue) ce billet-ci (au vrai j’aurais aimé laisser le billet précédent en haut des présentations de cette maison[s]témoin afin qu’elle montre quelque chose de l’importance accordée par moi aux autres, notamment).

soixante-huit

 

 

je ne sais trop par où m’est arrivée cette livraison – des images que j’ai trouvées importantes parce qu’elles me font souvenir de la jeunesse – le temps en est passé – mais rien ne nous empêchera d’y penser, d’en rêver et de vouloir y adhérer, recommencer, continuer et prendre appui sur la rue… ce sont encore des images qu’il ne faudrait pas divulguer (ce sont des captures d’écran, et je ne vais pas m’amuser à demander ici là ou ailleurs les imprematurs des ayants-droit – je ferais comme pour l’autre, là (non, y’a pas de lien, non) pour les années quatre-vingt d’or de Chantal Akerman : si ça ennuie j’ôte je laisse en brouillon – et ça restera tranquillement un moment – osef pas mal – je ne voudrais pas non plus que cette maison subisse et encourt quelque péril que ce soit) – mais ce sont des moments où je me souviens du poste transistor dans la chambre, le soir sur une radio périphérique (qui s’est abîmée sous la botte de l’abject fascistoïde – pourriture boulonnaise mise au monde un premier avril, tu parles d’une blague…) – je me souviens je n’avais pas quinze ans – cette image-là pour commencer peut-être

rue Claude Bernard je suppose – Gay-Lussac peut-être – de stock (noir et blanc : apaisé) (dans le dossier images du bureau) (je ne sais à qui l’adresser) il y avait des remugles parce que la plupart des gens installés étaient gaullistes – et les autres se battaient un peu – je ne sais plus bien – penser à autre chose certainement (les motos les filles l’amour sans doute, quelque chose de cet ordre) – rien de politique (encore que…) – puis ces images : d’un côté

de l’autre

la bataille

le feu

encore le feu

qui continue

ce sont des images d’un photographe  (Claude Dityvon – je ne le mets pas en étiquette)

décédé il y a plus de quinze ans – couvrait les événements (les événements, hum)

ce n’était pas papon l’ordure en préfecture parisienne – mais un Maurice Grimaud qui lui succède et tient ses forces dans une espèce de respect de la vie humaine – six morts, plus trois un à Flins le 10, deux à Sochaux, le 11 juin : ce n’est pas rien mais c’est autant que celles et ceux de la seule manifestation de Charonne, en 1962 sous l’immonde justement –

des centaines de blessés

des images qui témoignent (un peu)

et puis des lendemains difficiles(ici devant le musée Cluny)

je ne tiens pas à oublier; je ne tiens pas non plus à ce que ça se reproduise (mais l’ambiance le mériterait grandement) (tu sais quoi ? l’espoir n’est jamais perdu)

 

Photos de famille (2)

 

 

 

si ça se trouve je vais encore me faire admonester « non c’est pas bien »
vous n’avez aucun droit sur ces images
dans cette maison[s]témoin en plus qui n’appartient à personne
et donc à tout le monde justement
je suis simplement allé au musée et j’y ai pris quelques clichés

allons, il y a ici bien d’autres images de cette exposition – j’y ai retrouvé quelque chose de mon enfance voilà tout, je vous les livre elles m’ont plu – elles datent de 1958 à 1961 – la guerre (pardon,la pacification) a commencé en novembre 1957…

ici une échoppe d’un marchand ambulant

là un môme (ce pourrait être moi, comme la plupart des  mômes qu’on verra) devant une autre de ces échoppes

je remarque la qualité de la lumière (le soleil qui frappe je le ressens) et les chaussettes du type, là

toute (enfin, quelque peu, un bon peu) une ambiance, mon enfance sans doute (dauphine, 4 chevaux, 403…)

vendeur ou acheteur ? 

barbapapa (le sourire, les sourires…)

hexis vestimentaire

porteur

les deux amis

les sourires oui

je pensais au voleur de bicyclette (Vittorio De Sica, 1948) – la lumière, les bâches aux fenêtres

ce sourire, un peu comme quand on passe à la télé ou à la radio, on se sent quelqu’un d’important, on est dans de « bonnes dispositions » – hexis vestimentaire encore

il devait y avoir certainement des explications plus poussées,plus précises,mais je n’ai pas retenu (des textes il me semble bien)

quelque chose d’haussmannien…

quotidien

ici ce sont beaucoup des hommes – on verra plus loin, un peu plus de femmes

le sourire, le soleil et l’ombre –

à peine, le sourire… difficilement – ici une femme donc

beaucoup d’images (l’Algérie et ses quatre départements français…) : hexis féminines

ma préférée (on le croirait au nino…)

et pour finir, ce cinéma

Marina Vlady (épouse du réalisateur), Odile Versois (sœurs à la ville, ainsi que Olga Poliakoff, assistante à la réalisation) , Robert Hossein (qui réalise…), au Midi-Minuit (sortie outremer : 1959), dans Toi le venin (d’après le roman de Frédéric Dard) – une histoire de famille…

 

Direct Action

 

 

 

un film documentaire – et un film document.Ici posé en maison[s]témoin pour tenter de ne pas l’oublier.

Trois types (Guilaume Cailleau, le réalisateur

Ben Russell l’opérateur 16mm (du film pellicule argentique donc)

Bruno Auzet ingénieur du son son direct (désolé, on ne dispose pas de sa biographie) – l’équipe la plus réduite du tournage. Pratiquement (parfois une seule personne). Mais ici,on nous dira que le tournage a duré quatorze mois : pas tout le temps, mais par quelques semaines ici, là, ailleurs. Venir, travailler avec les habitants, prêter sa force de travail, se nourrir, chanter danser, la nature – continuer à faire vivre les lieux, par le travail et le sérieux

ici la fête d’anniversaire – le film se déroule en une quarantaine de plans -séquences plutôt fixes – des jeunes gens et de plus âgés, sans voix off, le son des chansons, alors j’ai conçu de vous le présenter comme ce qu’en dit le réalisateur dans l’émission de radio.  Sans trop de phrases, mais les images ensuite, qui parlent, ainsi que les divers plans dont je me souviens (il en manque certainement mais l’ambiance y est). Deux cent douze minutes : une merveille.
L’émission de radio est consacrée, pour sa première partie, à l’interview du réalisateur (on peut l’écouter ici)

Je pose mes notes, mes souvenirs, j’illustre : ça ne donne qu’une idée floue de ce qu’est cette manière de vivre pleine d’espoirs, de joies et de consciences. Parfois, en réalité, en regardant ce film,on se demande ce qu’on fait encore là, dans une salle de cinéma, alors qu’on pourrait tout autant être dans ces conditions de vie et de travail et en être parfaitement heureux…

Notes d’écoute :
14 mois
vie sur place – première une semaine : un seul plan
on reviendra

retour une dizaine de fois
16 mm 3 personnes image son
action individuelle au service du collectif : les gens sont spécialisés dans certaines activités
son direct caméra plan fixe un plan par jour
son en post production très travaillé
12 heures de rush, film : un quart…
une quarantaine de plans-séquences assez fixes

Souvenirs :
archiver ce qui se passe et ce qui s’est passé
monter en haut d’un mirador


lire le manuel du guerillero à un cochon
scier du bois (machine industrielle)
le fendre (machine industrielle)
un concert d’anniversaire


une partie d’échecs


faire du pain (merveille)
faire des crêpes (re-merveille)
aiguiser la chaîne d’une tronçonneuse (et encore à nouveau)
détruire un mur à la masse

reconstruire
le plan des voitures qui empêchent (qui ont empêché du temps de la lutte) les camions de police de passer (intermission)
chanter du rap en arabe (formidable)
prendre son petit déjeuner


participer à la manifestation contre les bassines de Sainte-Soline (désespérant)


faire voler un drone
agriculture : semer
agriculture : labourer


agriculture : désherber
s’occuper des chevaux
s’expliquer auprès des journalistes

dernier plan : dans la nuit (la nôtre sans doute) une lumière, un phare un espoir

 

Direct Action , un film (documentaire) (Guillaume Cailleau et Ben Russell, 2024) sur la vie à Notre-Dame-des-Landes – ailleurs existe. Et bravo.

 

 

Vladjé

 

 

j’ai ouvert le dossier composé de fichiers pour travailler dans la maison (je suis assez ritualisé, les jours m’importent, les dates aussi – assez difficile, assez compliqué, et poser de plus de la complexité, et encore et encore continuer : pour que ce ne soit pas vain) ça se présente comme ça

et il se trouve (« on n’y voit rien » comme disait Arasse – mais n’importe, c’est juste pour l’image) il se trouve donc qu’il y a deux ans, on était de sortie vers Montmartre et son pont bleu

un lieu que j’affectionne disons (j’y retrouve parfois les miens – ou ce qu’il en reste, certes) et voilà que les documents sélectionnés à part concernent l’amie Maryse Hache. On en parle ici, par exemple : Florence Trocmé (ailleurs aussi)

Il y a celui que j’ai lu pour Christine (je ne me permets pas de le poser ici, mais je vais lui demander avant), et il y a le mien que je reproduis – pour une pensée à elle dédiée

 

Elle a inventé ou alors elle l’a pris quelque part, je ne sais pas, mais un mot, vladjé (dès que je l’ai lu je l’ai aimé) – ça ne se commande pas, c’est comme ça, c’est arrivé – vladjé ce sera mon prénom, mon pseudonyme quelque chose de moi, accepté, adopté, gardé – en moi-même – je fais souvent ça, ne t’inquiète pas – je le dis ici pour l’informer un peu, pour qu’elle sache – je ne l’ai croisée que trois fois, dont deux aux ateliers d’écriture de Pierre Ménard, c’était rue du Château-Landon, mais d’autres fois plus nombreuses au cours des vases communicants et à d’autres occasions (nous nous entrelisions par nos blogs). Une autre fois, je ne sais plus exactement qui m’a dit ça, elle lui avait dit qu’il fallait lire ce que j’écrivais parce que « c’est bien ce qu’il écrit ce type-là » : c’est ce genre de bruits qui aide à faire en sorte que les choses continuent. Plus tard, je crois bien que c’était un été, elle avait invité les participants peut-être bien à la rejoindre chez elle, j’ai toujours cru que c’était à Gif-sur-Yvette j’avais trouvé l’invitation sympathique je m’y préparais mais ça n’a pas pu se faire je n’y suis pas allé – j’avais pourtant déjà à l’idée de préparer une salade de pâtes avec des cornichons en fines tranches ou en dés, du jambon un talon en dès aussi et de la mayonnaise, quelque chose qui me venait, qui me vient toujours, du Brésil et d’une de ces amies lointaines qui se prénommait Véra dont j’adorais le rire. Ainsi que de Maryse jte dirai… Je ne sais pas ses goûts, je ne la connais que de loin, je n’ai pas d’informations ou de savoirs particuliers sur par exemple les objets qu’elle aimait, ses habitudes (je le regrette parce que j’aime bien les habitudes, à condition de s’en détacher), je n’en sais que peu sur ses habits, ses lectures ou ses goûts de cinéma – mais ça ne me gêne pas et ça ne m’étonnera pas spécialement de les connaître à présent. À un moment, j’ai su et je me suis dit il faut du courage… Cette femme-là, je savais sa taille ses cheveux et son sourire, son rire et sa force, sa poésie bien sûr et ses mots qui étaient aussi parfaitement miens surtout quand elle les inventait et nous les donnait. Je me disais je le savais aussi, je me disais qu’elle devait bien aimer les fleurs, j’avais une image d’une maison dans cette petite ville, avec à l’entrée des rosiers, il y avait là de son parfum. J’ai ensuite aussi découvert son penchant pour le burlesque disons et ça m’a été juste complètement et parfaitement normal. En un sens, j’étais avec elle parce que j’aime rire et faire rire les enfants d’abord les autres aussi, j’aime l’humour qui décale, change le point de vue, ce n’est pas que je regrette parce que je les laisse de côté, les regrets, non, mais elle est là, et elle m’aide à continuer. Je m’accroche parce qu’elle est là, à mes côtés comme aux vôtres. Non mais ça va, j’avance.
À toi Maryse. Et c’est signé Vladjé

 

add. de 18 h, ce jour :
et puis celui de Christine  ici (je le pose pour elle, avec son accord)

Dix ans, dix ans, dix ans, je crois qu’elle aurait souri, cette bonne blague dix ans, ça n’a aucun sens, peut-être même un fou rire en répétant dix ans, dix ans, le temps est vraiment une donnée spectaculairement fausse, on serait l’une en face de l’autre et on dirait « 10 ans ? Non !!! » en traînant la voix sur le nooon comme font les enfants, non il n’y a pas dix ans, les étiquettes sur le produit ne sont pas bonnes, Remboursez !

C’est Pierre qui lit ce texte pour moi, et là aussi c’est étonnant que Pierre lise la phrase « c’est Pierre qui lit ce texte pour moi », je crois que Maryse aurait eu sur le visage ce grain de sel et la fossette sur la joue qui font entendre que c’est étrange, l’étrangeté

En ce moment je pense souvent à la baleine posée sur la remorque d’un camion garé sur la place du village, un texte de Maryse, qui produit l’effet d’un caillou, d’un galet rond que l’on ramasse parce qu’ils n’ont pas le même poids que les autres cailloux, galets ronds, on les garde, oui bien sûr qu’on les garde, je garde la baleine étrange et belle de Maryse bien sûr, Maryse spectaculaire, et fine, et drôle, si drôle, qu’est-ce qu’on a ri

Pour écrire ce texte que Pierre lit pour moi, j’ai fait quelque chose que je n’avais jamais osé faire avant : j’ai relu dans l’ordre chronologique tous les mails que Maryse m’a envoyés

Il faut savoir, mais vous le savez déjà, que Maryse n’écrivait pas des mails mais des poèmes

J’ai rassemblé pour vous quelques phrases parmi les mails-poèmes reçus, reçus bénédiction, car il faut le dire, mais vous le savez, recevoir un mail de Maryse en est une (bénédiction) (là elle aurait un grand sourire, elle dirait « Et encore plus maintenant, dix ans après ! » et on s’esclafferait toutes les deux, deux gamines)

Voilà les bouts de mails-poèmes

à partir de maintenant Pierre lit à ma place des fragments de Maryse envoyés et reçus, à vif

à cœur

à cœur vif

dans la réjouissance de l’échange

quelque chose se réveille du côté de l’objet

une litanie de boîte ou ça y ressemble 

bien à vous 

avec roses odorantes au jardin, églantine, aubépine, chèvrefeuille, seringat, campanules, héliotrope, nigelle, escholtzia, ciste, verveine, sauge, hortensia (pas encore en fleurs), camomille, coquelourde, géranium vivaces et odorants, géranium bleu, silène blanc, phlox, pois de senteur, lavande /

avec la gente oiselleuse – aujourd’hui visite d’un geai- et coutumières mésanges : les bleus, les charbonnières, les nonnettes, merles, rouge-queues, troglodytes, accenteurs-mouchets, pic-épeiche, grives, tourterelles, pinsons /

dans la gratitude à la vie qui nous a fait nous rencontrer, à vous qui avez dit oui, en ces liens qui se sont tissés, tellement précieux, et qui font la vie plus douce et plus vivante

oui on pourra se tutoyer

on pourra se téléphoner un autre jour

on pourra bientôt bavarder

on pourra s’embrasser pour de vrai

dans les recoins il y a toujours de l’humour, de quoi prendre de la distance, même si ça semble bizarre pour des recoins / et je les ai à l’œil

alors qu’est-ce qu’on va inventer pour cette soirée ? quel rebond? quels entrelacs ? quel truc à commencer ? 

oh chouette de chouette avec caramel boîte en bois mimosa et nos anges

Pierre cesse ici de lire les bouts de poème-mails de Maryse, je le précise car nous n’avons pas l’image, encore que des images nous en avons, certaines somptueuses

Que Pierre lise la phrase « Pierre cesse de lire » est d’une drôlerie épique

en parlant de drôlerie, qu’est-ce qu’on a ri, et qu’est-ce qu’on s’est aimées, je t’aime tellement Maryse, maintenant, à vif cœur, maintenant, dix ans ne changent rien à l’affaire

Au moment de finir d’écrire ce texte que Pierre lit, une mésange charbonnière vient prendre une graine de tournesol sur le mur en face de moi, puis elle donne des coups de tête pour l’ouvrir, comme un marteau-piqueur petit et magnifique, elle a zinzinulé avant, après, c’est bien, elle travaille comme une cheffe, mais pas dans l’industrie ou le commerce, elle, elle travaille dans le commencement, quoi d’autre, je t’aime Maryse

 

À TOI, MARYSE

(ces textes – et d’autres – ont été dits pour les dix ans de la disparition de Maryse par le collectif L’Air Nu – dès que possible, je pose le lien)

Biographies obscures mais déterminées par jeu de pages aléatoires – travail résolument inutile et risible dans un système économique caractérisé par la propriété privée des moyens de production et la liberté de concurrence –

Sofia Martins (1986-) : née à Lisbonne, elle grandit dans une famille modeste et apprend la guitare en écoutant les anciens disques de fado de sa grand-mère. Elle contribue ensuite à la fondation de plusieurs comptoirs commerciaux le long de la côte pacifique. Localement impliquée dans l’organisation des Jeux olympiques d’hiver, on ne lui connaît pas d’ennemis.

Nayra Coñuecar (VIe siècle, Chili) : vivant dans la région du Biobío en tant que guérisseuse mapuche, car sachant tout des plantes médicinales et des rituels de guérison, elle est connue pour son travail dans le domaine des énergies renouvelables en tant que diplômée de l’École centrale de Lyon avant même que celle-ci soit construite.

Tulluq Nanqaaq (XIVe siècle, Groenland) : chasseuse habile dans l’art de maîtriser un kayak et de chasser le phoque (toujours le même), elle joua un rôle crucial dans la survie de son village durant les périodes de disette, en racontant de fameuses recettes imaginaires. Elle trouva ensuite rapidement sa voie dans l’abstraction, utilisant des couleurs vives et des formes organiques pour explorer les émotions humaines.

Zawadi Wafula (XVIIe siècle, Kenya) : en tant que chef de clan, courageux et visionnaire, il a mené son peuple à travers des conflits tribaux, formant des alliances stratégiques pour protéger son territoire, puis prit la tête de la force opérationnelle formée pour finaliser les négociations en vue des futures relations avec le Royaume-Uni. Son visage apparaît régulièrement dans les grottes du comté de Bigorre.

Carlos Yupanqui (XVIIe siècle) : navigateur et marchand d’origine espagnole ayant émigré au Chili, né par accident à La Tronche (département de l’Isère), il a réalisé plusieurs premières ascensions d’envergure aux côtés des plus grands alpinistes de sa génération, avant de finir secrétaire d’État.

Lucile Renaud (1978-) : artiste peintre française originaire de Montpellier. Après des études en histoire de l’art, elle passe sa vie à documenter la culture traditionnelle inuit à travers la photographie. Elle est rapidement nommé vice-présidente du Comité de réflexion sur le réfléchissement de la glace dans les aiguilles Rouges, et évolue au poste d’attaquant dans l’équipe première de la KHL.

(à suivre)

Œillets ibériques et péninsulaires

 

 

 

de quelques images rattrapées pendant ces dix derniers jours – quelque chose pour que vive cette maison – comme quelque chose d’entendu : j’étais arrivé à la conclusion qu’il fallait reprendre un peu tout ce qui a été conçu, en faire un lot, un index, un historique, un récapitulatif, quelque chose de sérieux (« t’es sérieux là ? » s’enquièrent nos têtes blondes ou pas) – j’avais des choses à faire (Marseille, Péloponèse, B2TS – le reste, la lecture de la fin d’Almayer et de sa folie – une belle histoire triste abritée par une espèce de mangrove, rechercher Sambir et d’autres lieux – quelque chose comme une réminiscence du rivage des Syrtes, une ambiance de fantômes mais non pour le reste, tout reste à faire comme d’habitude – mais ces images parce que quelque chose de vrai s’est alors passé – j’avais vingt ans tu sais ce que c’est, des choses qu’on n’oublie pas – elles se sont passées mais on ne les a vécues que  de loin, peu, on avait autre chose à faire
¨Puis je me suis demandé, me souvenant d’avoir vu ce film Capitaines d’Avril (Maria de Medeiros, 1999) au forum des images,si je n’avais pas, par hasard, commis un billet sur ce film mais non. J’ai dû oublier, comme souvent – je suis pris par autre chose, souvent, quelque chose à dire et à montrer (à me montrer surtout) (mais je partage) et j’ai recommencé à m’en prendre sérieusement à ma façon de faire, un peu légère mais suivie, j’ai cessé d’attendre à un moment, je me suis dit qu’il était inutile de tenter de comprendre quelque chose à ce public comme on dit – il suffit de (se) donner dans ses actions, quelque chose de généreux peut-être mais arrimé à quelque chose d’éthique – je cherche toujours, sans trouver – lire voyager regarder saisir sentir – non, mais tant pis pour l’œuvre ou l’écrit ou le roman – tant pis mais garder la tête hors de l’eau et nager – quand même 

 

25/04/1974. LA REVOLUTION DES OEILLETS

déjà posée parce que c’est important – descendre l’avenue avec un œillet à la main (ce billet dédiée à l’amie lisboète qui se reconnaîtra) et ne pas tuer – ne pas mourir – comme une vague formidable – tu vois, je ne savais pas alors, certes je criai dans les rues « Stirner ! Proudhon! Bakounine Kropotkine Voline! » sur l’air des lampions, on s’était amusés déjà à chanter « Ah Debré si ta mère avait connu l’avortement » qui était d’un goût assez douteux deux ans plus tôt – on mettait sur nos têtes des entonnoirs – on riait parce qu’on avait déjà derrière nous la réalité de l’usine et la ferme et définitive volonté d’y échapper tout comme à l’armée – nos vies à mener

25/04/1974. LA REVOLUTION DES OEILLETS

nous n’avions pas l’âge de ces capitaines, mais presque – ils étaient nos aînés – ils refusaient l’Angola et le reste – et l’ordure (sans majuscule, non) salazar pourrie était morte, ne restait plus qu’à l’enterrer

Adelino Gomes (ancien journaliste qui a couvert les événements), montrant ses archives, au Largo do Carmo où s’est produite la Révolution.

j’ai volé ces images dans le canard, comme une espèce d’habitude,un modus operandi un genre de crime – j’ai (très souvent) ce que la vulgate de ce genre (policier ou hard boiled) intitule des scrupules de pucelle – nous vivons dans un monde désolé –

Détails de l’exposition célébrant le 25 Avril, au Musée GNR situé à Largo do Carmo.

détacher les portraits (mais les remplacer par d’autres ?) – nous vivons dans un monde absurde – nous ne savons pas, nous ne savons rien sinon que doit vivre la liberté – nous ne savons pas pourquoi, mais sans entrave et sans temps mort …- tu te souviens… et puis le temps s’oublie et passe

Adelino Gomes (ancien journaliste qui a couvert les événements), montrant ses archives, au Largo do Carmo où s’est produite la Révolution.

à un moment, le charme s’est rompu
à un moment je n’ai plus su comment faire pour revenir
alors j’ai regardé devant moi et j’ai continué, un pied devant l’autre
une image après l’autre

Groupe de personnes célébrant le 25 avril et rendant hommage à Vasco Correia et Natércia. La cérémonie comprenait le chant de « Grândola Vila Morena »

des fleurs et des chansons

des noms de personne (à ce moment-là tout le monde faisait le voyage de Lisbonne racontait, il me semble bien, la biographe de JiPé) – ces années-là – le monde et l’univers, ce moment-là où tout semblait possible – et peut-être tout l’était-il, tout comme aujourd’hui

je me souviens des livres de Lidia Jorge (tous, mais surtout Les Mémorables  chez Métailié, traduit en 2017 par Geneviève Leibrich)

– je ne me souviens plus, pourtant, mais j’ai à l’idée ce nom qui me revient mais qui n’a rien à voir – c’est au pays voisin, sous l’ordure franquiste (Castelo Branco c’est ce qui me vient) (en réalité Luis Carrero Blanco dont la Dodge Dart s’envola un 20 décembre au dessus des toits d’une officine jésuite (car le hasard n’existe pas) pour retomber dans le jardin d’icelle – le nouveau premier ministre en mourut, ainsi que son chauffeur et son aide de camp – quelque quatre mois avant…) – je me souviens

 

Groupement National de Surveillance des Arbres

 

 

 

Ce sont tout de même gens immobiles que les arbres – ce n’est pas que ce me soit égal (j’en plante) mais ce sont des individus contemporains et à ce titre, ils m’échappent un peu – il y a par exemple à ce sujet une pratique qui consiste à en prendre un dans ses bras afin de communiquer avec cette espèce de nature –  pourquoi pas ? mon époque, cependant, gravement, m’agace – m’exaspère même si tu veux voir – le pouvoir de l’argent au nom d’un « désenclavement » a tendance à m’écœurer (à la tête de l’État, magistrature suprême et chef des armées démocratiquement élu se trouve, ici comme ailleurs, un fantoche placé là par la banque) – j’ai commencé avec Alexeï, je continue avec le Groupement national de surveillance des arbres. Je poursuis le même protocole et j’illustre un fait social total : la mise en place parfaitement inutile mais ordonnée par un potentat local d’une voie routière.

Le Français Thomas Brail (à droite), fondateur du GNSA (Groupement national de surveillance des arbres), et d’autres militants écologistes ont installé un campement dans un arbre face au ministère français de l’Ecologie le 18 septembre 2023 à Paris pour protester contre la Projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres. (Photo de Ludovic MARIN / AFP)

Thomas Brail a entamé une grève de la faim – la réponse de l’État a été, comme à Sainte-Soline ou sur le site du barrage de Sivens – on fait donner la troupe et s’il y a des morts, c’est qu’ils l’auront cherché.
saloperie de thiers pas morte

Les grevistes de la faim, dont Thomas Brail, en lutte contre l’autoroute A69, Castres-Toulouse. Hunger strikers, including Thomas Brail, fighting the A69 motorway, Castres-Toulouse//BELLAVIACHRISTIAN_1.062/Credit:Christian Bellavia/SIPA/2310051115

Les manifestations durent et s’amplifient, l’État passe en force.

30 septembre 2023 Bram OCCITANIE
La présidente de la région Occitanie Carole Delga organise les « Rencontres de la gauche » à Bram (Aude), les 30 septembre et 1er octobre 2023. A la sortie Bram de l’autoroute des inscriptions anti A69

Les images parlent d’elles-mêmes – avec les légendes, certes .

Des manifestants du Black bloc affrontent des policiers français lors d’une manifestation d’activités environnementales contre le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, à Saix, dans le sud-ouest de la France, le 21 octobre 2023. (Photo de CHARLY TRIBALLEAU / AF
Une photographie montre un véhicule en feu après qu’un incendie a frappé une cimenterie, provoqué par des manifestants lors d’une manifestation d’activités environnementales contre le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, à Saix, dans le sud-ouest de la France, le 21 octobre 2023. (Photo de CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Sale ambiance (jte parle pas de la casse : de l’université, de l’hôpital, du droit du travail, des comités hygiène et sécurité, de la sécurité sociale, de la retraite et de la justice, des affaires étrangères et maintenant de l’école publique et du logement) (je ne te parle même pas du conseil national de la résistance)

Un pompier travaille après qu’un incendie a frappé une cimenterie, provoqué par des manifestants lors d’une manifestation d’activités environnementales contre le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, à Saix, dans le sud-ouest de la France, le 21 octobre 2023. (Photo de CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

 

Des militants environnementaux assis sur un tracteur brandissant des pancartes participent à une manifestation contre le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, à Saix, dans le sud-ouest de la France, le 21 octobre 2023. (Photo de CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

je ne te parle pas non plus du pedigree de celui qui tient la place Beauvau (il fait bizarrement la une de cet organe que les milliardaires s’arrachent à présent, incroyable)

Des manifestants affrontent des gendarmes français dans un nuage de gaz lacrymogènes, dans un champ près du camp de la « Zone à défendre » (ZAD) de CremArbre, lors d’une manifestation contre le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, à Saix, dans le sud-ouest de la France, le 10 février 2024. Les gendarmes français ont mené une intervention le 9 février pour dégager une zone proche de l’autoroute prévue après que des militants eurent installé des toilettes et des panneaux de signalisation sur un terrain privé où ils prévoyaient de créer une soi-disant « zone à défendre ». (ZAD) baptisé « CremArbre ». La police a déblayé les palettes et les chariots utilisés pour bloquer une petite route longeant le champ, proche du tracé du projet d’autoroute A69 reliant Toulouse à la ville de Castres. (Photo de Lionel BONAVENTURE / AFP)

je me souviens de Superphénix, je me souviens de Vital Michalon – il y a 47 ans, je me souviens de Rémy Fraisse il n’y en a pas dix –

Des manifestants affrontent des gendarmes français dans un nuage de gaz lacrymogènes, sur une voie ferrée, près du camp CremArbre « Zone à défendre » (ZAD) lors d’une manifestation contre le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, à Saix, dans le sud-ouest de la France, le 10 février 2024. Les gendarmes français ont mené une intervention le 9 février pour dégager une zone proche de l’autoroute prévue après que des militants eurent installé des toilettes et des panneaux de signalisation sur un terrain privé où ils prévoyaient de créer une soi-disant « zone à défendre ». (ZAD) baptisé « CremArbre ». La police a déblayé les palettes et les chariots utilisés pour bloquer une petite route longeant le champ, proche du tracé du projet d’autoroute A69 reliant Toulouse à la ville de Castres. (Photo par AFP)

« la vie d’un homme c’est peu de chose » chantait Maxime

Des manifestants crient aux autres occupants des arbres lors d’une opération d’évacuation des personnes qui occupent des arbres près du camp CremArbre « Zone à défendre » (ZAD) contre le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, à Saix, dans le sud-ouest de la France, le 19 février. 2024. (Photo par Ed JONES / AFP)

révoltant – les bras ne se baissent pas et ne se baisseront pas

TOPSHOT – la militante écologiste suédoise Greta Thunberg et des manifestants participent à une manifestation contre le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, à Saix, dans le sud-ouest de la France, le 10 février 2024. Les gendarmes français ont mené une intervention le 9 février pour dégager une zone proche le projet d’autoroute après que des militants eurent installé des toilettes et des panneaux de signalisation sur un terrain privé où ils prévoyaient de créer un camp dit de « zone à défendre » (ZAD), baptisé « CremArbre ». La police a déblayé les palettes et les chariots utilisés pour bloquer une petite route longeant le champ, proche du tracé du projet d’autoroute A69 reliant Toulouse à la ville de Castres. (Photo de Lionel BONAVENTURE / AFP)

force reste à la loi : abus de pouvoir, abus du pouvoir

Cette photographie prise le 19 février 2024 montre une cabane de fortune dans un arbre lors d’une opération d’évacuation de personnes occupant des arbres à proximité du camp CremArbre « Zone à défendre » (ZAD) contre le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, à Saix. , sud-ouest de la France. (Photo par Ed JONES / AFP)

mais rien – rien –

Des policiers éliminent un manifestant occupant un arbre contre le projet d’autoroute A69 reliant Toulouse à la ville de Castres, alors que les policiers mènent une opération pour les expulser, au camp de protestation de Crem’Arbre « zone à défendre » (ZAD) à Saix , sud-ouest de la France, le 22 février 2024. (Photo d’Ed JONES / AFP)

un tel gâchis, un tel dégoût

Cette photo aérienne prise le 20 février 2024 près de Puylaurens montre une vue du chantier de construction de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, dans le sud de la France. Les écologistes ont manifesté à plusieurs reprises ces derniers mois le long du tracé prévu de l’A69 alors que le gouvernement est déterminé à achever le projet qui réduira de 20 minutes le temps de trajet entre Toulouse et Castres et devrait ouvrir en 2025. (Photo d’Ed JONES / AFP)