le type est là, debout, il se peut qu’il fume mais fenêtre ouverte (les conventions s’appliquent plus sur les lieux de travail comme on sait) (ou pas) il attend patiemment la venue de qui que ce soit – il est là, il n’est pas encore quatre heures du soir, peut-être un rendez-vous – devant lui au delà de la pelouse assez pelée par les temps qui chauffent, le rond-point qui ne sert à rien sinon enrichir certain.es édiles et desservir ce lotissement, obliger le pékin (ou la pékine) à freiner sur la route des vacances ou du travail ou du domicile enfin sur la route – le type fume -attend – et la maison doucement s’enfonce dans le temps et les effrois du monde
pour tout dire, on n’y accède pas par la rive droite du fleuve (mais par celle de l’île, oui) – ce serait trop facile – et contre productif; très probablement : la logistique d’entrée dans un tel lieu impose sans doute aussi une plus grande surface libre – peut-être – nous étions là, nous en étions là et nous attendions à peine quelques secondes
(tu sais, comme il faisait assez chaud, je pensais à ces gens qui allaient mourir – de chaud – j’ai pensé ça parce que je savais qu’à l’autre bout de ce qui, ici, marque une entrée, à la sortie donc, se trouvait un hôtel où une nuit peut-être facturée dix mille euros – l’hôtel (climatisé, je subodore) appartient au même milliardaire qui a foutu dehors un certain nombre d’humains pour entreposer là ses articles de luxe) on entre donc, c’est couvert – on entend du bruit (il paraît qu’on intitule ça « design sonore ») pas désagréable d’ailleurs
c’est ainsi que ça se présentait
bien sûr tout le monde en avait un – je n’ai pas vérifié évidemment mais j’avais le mien aussi sinon on ne verrait rien
– c’est fait pour – les camemberts des années 70, les retours de plage les soirées diapos – nous n’étions pas si nombreux et on marchait là-dedans-outre le bruit, il y avait aussi l’odeur – on appelle ça « design olfactif » – j’invente à peine – on ne va pas aller dire que ça puait, tout de même non – mais il n’y avait rien de particulier, quelque chose comme de l’air (ce qui est nécessaire), une certaine fraîcheur – une odeur particulière ? non
on avançait là-dedans comme dans un moulin, les uns suivaient les autres et vice-versa – on pourrait sire j’y étais – j’y suis allé c’était gratuit (si c’est gratuit c’est que c’est vous qui payez : il est fort possible que dans ces mots et ces images, je sois moi-même agi par le dispositif) – depuis lors (ces images datent
du 23 juin dernier, ça ne fait qu’une semaine en gros – il faisait chaud, on abandonnait des bébés dans des autos qui grillaient au soleil et les bébés mouraient : ici même on se jetait dans les canaux et on en ressortait mouillés (ou on en ressortait les pieds devant, ça dépendait de la chance, sûrement) (tout pour casser l’ambiance hein…) – sur la gauche de l’image, l’agent qui regarde et sourit à sa machine
que dit-on ? standupper ? instrumentalisation ? influenceureuses basé.es à Dubaï ? où en est-on ? eh bien on avance – on aurait pu revenir sur ses pas, mais pour quoi faire ? – et on sort
des inscriptions tatouées au t-shirt – bermudas, barbalakons, shorts queues de cheval débardeurs – tatouages oui tatouages à même la peau oui j’oubliai – dehors le ciel est doux ne pas regarder en face mais plutôt vers l’est
pont au change – les bateaux les gens l’eau du fleuve, panoramiquons voulez-vous ?
on peut dîner aussi, sur l’île par exemple (réservation obligatoire – ça ne fait pas de doute – compter 100 e par personne quand même hein)
par là – plus loin, ailleurs – que reste-t-il du pont ?
des embarcations passent, un avant-goût des vacances (les vacances, mais quelles vacances ? pour qui, les vacances ?)
bateau sur l’eau la riviè-re la riviè-re – en face il fallait s’en aller, on ne regardait que devant soi, la rue, les touristes, le quai – puis de loin (cette image-là n’est pas de moi – elle appartient au site de l’artiste) – on s’en allait
non, sinon, rien
ah si quelque chose encore, quelque chose bien sûr quelque chose d’autre quelque chose sans le moindre sens de circulation, de flux, ou de parcours – rien non, mais je me souviens






























le dernier JR qui ne quitte ni ses lunettes ni son chapeau colle des affiches sur les murs. C’est juste magnifique, la Varda filme et fait le clown (lui aussi), la musique accompagne précède tisse élabore illustre. Une douzaine de tableaux plus des transitions (au montage, la Varda) (comme Alain Resnais), une espèce de road-movie (c’est un genre, c’est un classement dans lequel les premières places sont prises par des fictions, « Alice dans les villes » (Wim Wenders, 1974), et « Thelma et Louise », (Ridley Scott 1991)), on aurait tendance à dire « de vrais gens » (mais les faux ne sont qu’au cinéma, à la télévision, sur les photos…), j’en ai gardé quatre ou cinq (ce ne sont que ceux qu’on m’a proposés à travers la banque d’images dont je dispose) : quelque chose de la réalité du monde. Par exemple, je viens de trouver cette image des femmes de dockers (le formidable « c’est nos femmes » dit l’un d’entre eux – ils sont tout petit, en bas des images, les femmes comme des oiseaux à la place du coeur)
un autre montre des chèvres avec leurs cornes
le maire de la commune où se trouve le bunker (SAINTE MARGUERITE-SUR-MER (re)) raconte comment le bunker a été poussé (ici il est très pixellisé) avant qu’il ne tombe sur la tronche d’un promeneur/touriste ou quelque chose, et comment il est resté ainsi sur la plage. L’agriculteur aux 800 hectares de Chérence dont j’ai oublié le nom (il se reconnaîtra) (l’image du hangar se trouve aussi sur le blog du 

