C’était ce dimanche et j’avançais sur les pas de ce type, là, Robert Smithson, qui avait le front de photographier avec un Instamatic, à la fin des années soixante, l’endroit où il vivait ou avait vécu (c’est un lieu de grande banlieue de New-York, non loin de Patherson (Jim Jarmusch, 2016) – cette affaire de cinéma hante toujours un peu, beaucoup, passionnément, cette maison(s) témoin, même si ce n’est qu’une appropriation qui m’embarrasse très souvent – mais comme le disait François Bon, ce dimanche-là, hier soir donc, un bulldozer nous est tombé sur la gueule, et on a appris la disparition de Philippe Rhamy. C’est toujours une affaire de mort, et la photographie fait partie tout autant du déroulement du temps que le reste des arts, ou si on préfère, des agissements de l’humanité qui tendent à la rendre, cette humanité, compréhensible, effective et sensible aux autres, aux semblables. J’avais des velléités : arrêter le cinéma que proposait Pierre Ménard dans son billet de Liminaire intitulé comme la magie le veut « Les ruines à l’envers ». C’est ce que j’ai fait, je m’amuse souvent à cette espèce de jeu – je cherche les endroits qui ont été capt(ur)és par le robot et je les arrange à ma manière, afin d’y tenter de trouver quelque chose de la réalité de mon moment (j’aime, par exemple, quand les images (me) sont belles, ou particulières ou évocatrices). Si on voulait entrer dans le pompeux, on pourrait dire qu’il s’agit de ma contribution à cet hommage anniversaire du site urbain trop urbain à ce photographe qui ne veut pas en être un (le photographe, pas l’hommage).

Je pose celle-ci comme exemple, mais aussi parce qu’elle dispose comme toutes de sa propre illusion, qu’on y voit sans doute quelque chose de visible mais que je n’ai pas vu, et pour la raison de l’apparition d’un animal, une espèce qui vit (vivait, a vécu, survit) sur une image morte (il s’agit du lac (très) salé de Larnaca, au coucher du soleil et quand il s’y trouve de l’eau…). Je l’envoie à Philippe comme je lui dédie ce billet.
Le film arrêté: ce sont des plans fixes, alors une image d’eux en rend assez bien compte.

L’idée était de prendre en images des lieux particulier de cette petite ville, Passaic qui se trouve à une cinquantaine de kilomètres, peut-être de New-York.
Dans le film (« A tour of the Monuments of Passaic » B. Colby Jennings, 2014) , il ne se passe pratiquement rien (sinon du temps et du vent qui siffle un peut, et donc qui doit passer, invisible et gratuit) (un peu plus de 6 minutes, pour six plans – ou plutôt sept, en comptant le plan double qui suit). A un moment, deux petites images ensemble :

puis
peu définies. Des lieux sans doute communs :
ce passage à niveau où un train passe une fois (on entend son avertisseur) il passe
(ce n’est d’ailleurs qu’une locomotive), puis une autre fois

dans l’autre sens, mais ici c’est assez impossible à voir (ou croire), puis encore deux fois (un effet d’humour probablement) puis un son à nouveau de l’avertisseur, mais point de train, une église
puis un croisement, un stop et à l’arrêt une voiture dont le clignotant fonctionne
mais elle n’avancera pas (il s’agit de la route 49 semble-t-il). J’ai trouvé les images assez éloquentes, sans être mobiles. Des images assez vides, disons. J’ai regardé ensuite les liens de l’article Liminaire (j’avais commencé par le lire, images à l’appui comme il sied), et j’y ai découvert le parcours (les parcours, je crois) réalisé(s) par l’opérateur (en l’occurrence l’artiste Robert Smithson) en 1967 (un trente septembre) pour établir les photographies qui sont (si j’ai bien compris) portées et imprimées dans le livre (eh non, c’est un magasine) Artforum (si on suit le lien, on peut y voir les couvertures des divers numéros, un vrai plaisir) (ici la couverture et le sommaire du numéro où Robert Smithson a fait paraître -comme on dit – ses images – et un texte certainement (addenda du 11 10 2017 : le texte traduit par Anthony Poiraudeau, sur son blog si j’ai bien compris, se trouve ici).
J’ai suivi, début au nord (fin de B) fin au sud (début de A).
quelques travaux au parc Colombus (comme Christophe Colomb a quelque chose à voir avec ces débuts-là, allons-y gaiement) : au vrai je ne me suis pas documenté, mais je trouve quelque chose qui m’indique que ces Etats-Unis là ont quelque chose à voir avec ceux que moi-même je connais.
Central avenue, point deux, je suppose (la porte ouverte du taxi, le regard caméra flou des jeunes gens, le néon et la jeune femme semble-t-il derrière un écran et une vitrine, l’ouverture vingt quatre vingt quatre (les lois sociales, raciales, la crise de 29, tout le bataclan du travail et du capital)
on s’y croirait
Passaic en couleurs, Union avenue, feu tricolore dans les jaunes, numéros disproportionnés, visibles des autos je suppose, en tout cas il fait beau
un stade de football américain, à l’enseigne d’un indien (Boverini, kézako? je ne cherche point) (American stars and bars, flag), je crois me souvenir que l’homme Smithson se déplaçait en autobus (ou alors j’ai diffusé Patherson) mais ce qui arrive au passage suivant
est un hasard objectif (ici on avait le champ, là je pose le contrechamp – on garde le pont dans son dos, et on capture une image
quelques fleurs, un camion jaune…) : on prendra à gauche sur le pont
la rivière Passaic, le pont il suffit de le passer et on arrivera
le coin d’Union avenue et de Riverside avenue, pour terminer le voyage devant cette maison

De nos jours…
je trouve ici le texte paru dans Artforum, traduit par Anthony Poiraudeau : qu’il en soit remercié.





















ce n’est pas que ce soit vilain, non

































il s’agissait d’enquêter de nuit, un spectacle autour d’une exposition, ou l’inverse, électrique, flippers et musique à rompre les tympans (électronique, deux pistes de danse, des jeunes gens soûls et défoncés, qui n’en a pas vu ou croisé ? jusque cinq heures, approcher les personnes qui sortent je me souviens de ce travail, l’un des plus difficiles) (un autre sur la projection en continu – huit heures du soir/neuf heures du matin – du feuilleton « Berlin Alexander platz », on sortait de là ébahis…), j’ai été remercié (c’est ainsi qu’on dit) pour ce travail, les gens sont encore sans doute en place j’imagine (TNPPI pourtant, je sais bien)








le dernier JR qui ne quitte ni ses lunettes ni son chapeau colle des affiches sur les murs. C’est juste magnifique, la Varda filme et fait le clown (lui aussi), la musique accompagne précède tisse élabore illustre. Une douzaine de tableaux plus des transitions (au montage, la Varda) (comme Alain Resnais), une espèce de road-movie (c’est un genre, c’est un classement dans lequel les premières places sont prises par des fictions, « Alice dans les villes » (Wim Wenders, 1974), et « Thelma et Louise », (Ridley Scott 1991)), on aurait tendance à dire « de vrais gens » (mais les faux ne sont qu’au cinéma, à la télévision, sur les photos…), j’en ai gardé quatre ou cinq (ce ne sont que ceux qu’on m’a proposés à travers la banque d’images dont je dispose) : quelque chose de la réalité du monde. Par exemple, je viens de trouver cette image des femmes de dockers (le formidable « c’est nos femmes » dit l’un d’entre eux – ils sont tout petit, en bas des images, les femmes comme des oiseaux à la place du coeur)
un autre montre des chèvres avec leurs cornes
le maire de la commune où se trouve le bunker (SAINTE MARGUERITE-SUR-MER (re)) raconte comment le bunker a été poussé (ici il est très pixellisé) avant qu’il ne tombe sur la tronche d’un promeneur/touriste ou quelque chose, et comment il est resté ainsi sur la plage. L’agriculteur aux 800 hectares de Chérence dont j’ai oublié le nom (il se reconnaîtra) (l’image du hangar se trouve aussi sur le blog du 







