Maison rose

 

Pour le blanc, on repassera; ce n’est pas qu’on soit imperméable aux divers événements dégradants de ces jours-ci, l’entre-deux-tours comme on dit » la trêve des confiseurs » ou « le mois du blanc », non; ce n’est pas non plus que m’agrée cette espèce d’alternative entre une peste brune qui se prénomme de nos jours d’une autre couleur, fille de son père au rire gras et aux obscènes sorties éructantes en « détail » (l’ordure de ces paroles est telle qu’elle en parvient à salire les mots eux-mêmes…) et autres joyeusetés disparues comme par miracle mais par la perversion de communicants complaisants et un type propre sur lui, franc du collier adulé des médias et des banquiers, jeune et blanc, yeux bleus, enfin tout le kit – on ne peut guère en dire sur ses idées, sinon celle d’un gouvernement par ordonnances réduisant le parlement à une sorte de wassingue à oublier au fond d’un placard; ce n’est pas ça : dimanche on ira au bureau de vote, dans l’isoloir on se sera isolé et on aura glissé – ou pas – son bulletin dans son enveloppe et un « a voté » plus tard, on attendra le soir, quelque chose comme la rage au coeur et ce qu’on gardera de cette phase de la cinquième… Non, on en parle, partout, certes, mais ici, en cette maison(s)témoin, aussi mais moins : encore que… Non, ici aujourd’hui, quelque chose d’un feuilleton que je programme sur pendant le week-end en un nom « Rue Varda » qui ne sera que de quelques épisodes et dont, ici, je déploie un numéro spécial, et celui qui, en face, servait de bureau – il me semble, mais je ne tiens ces informations que de l’encyclopédie en ligne, elles ne sont pas avérées vraies, mais ce qui l’est, en revanche, c’est le vrai plaisir de parler et de cette vieille dame, Agnès Varda, et du livre dont elle est le héros (en quelque sorte) (on pourrait pratiquement dire d’elle que « Dita Kepler, c’est elle ») (tout comme on peut absolument le dire du rédacteur de ces lignes) ce livre « Décor Daguerre » publié aux éditions de l’attente et écrit par Anne Savelli : qu’elles en soient donc, ces deux amies, remerciées ici. Cette Maison rose leur est, en quelque moyen, dédiée.

 

C’est au quatre vingt six, il n’y a pas (pour le moment, je n ‘ai pas vraiment cherché) de façade d’une autre couleur, la porte est multicolore, ici une image de 2008

il s’agit de la rue Daguerre, dans le quatorzième de Paris (Varda y vit, dit-on, depuis le début des années 50, elle a alors vingt quatre ans, elle va devenir réalisatrice de cinéma, elle est photographe, travaille à Avignon « sous » Jean Vilar, puis réalisera « La Pointe Courte » (1954) avec les sous de sa grand-mère dit la chronique, là-bas à Sète où elle vécut son adolescence, on va passer sur la bio, même si « Cléo de 5 à 7 » (1962)

l’un des plus beaux films du monde ou « Les glaneurs et la glaneuse » (1999) l’un des plus beaux documentaires du monde

mériteraient plus – c’est ailleurs, si on aime, on trouvera).

En face, se trouve le 83, le voici (juillet 2016)

l’affiche sur la vitrine indique la présence d’un restaurant dit « végan » (c’est la mode, de nos jours, un genre de pratique alimentaire sans – je peux m’abuser, tu sais, je ne sais pas bien, ça a juste la qualité de me faire (tout doucement, je ne veux pas vexer) rigoler- sans donc viande poisson oeuf fromage gluten et tant d’autres choses, un usage de son système digestif un peu différent hein) mais si on regarde plus tôt dans le temps, ici en 2012

on parvient à distinguer des affiches de films de la Varda, un magasin qui donne sur la rue et qui propose livres jeux films, il se peut que l’étage un soit occupé apr les bureaux, l’arrière par des salles de montage, ou une seule suffit, je ne sais pas

ici c’est en juillet 2014 (j’aime assez la capture, gauche cadre de cette jeune femme)

là c’est en juin 2015, l’appartement du premier est à vendre, le rideau de fer est baissé (ça ne veut guère dire grand’chose, sinon que l’endroit change de main), comme on l’a vu au début de ce billet : en vrai, le billet est fait parce que je me suis dit ce serait amusant de croiser la Varda sur ces images, ainsi qu’un jour je m’étais croisé sur la terrasse du paris-Rome assis derrière nos cafés avec mon frère et capturés par le robot

mais non, on ne la voit pas : ici on aurait cru

mais ce n’est pas elle (en juillet 2014), on n’apercevra pas la porte multicolore ouverte

c’est juin 2015 une dame avec sa petite fille qui passe (le traiteur asiatique a cédé la place à un « chez Joy » plus en accord avec la clientèle du quartier (le quartier a beaucoup changé depuis « Daguérréoytypes » (1975), énormément, mais comme tout Paris, cet embourgeoisement galopant qui s’attaque à présent à Belleville…) (elle passera , dans la rue, mais devant une propre caméra

vitrine du boucher peut-être) et puis on décorera la porte d’une sorte de patate (ce doit être un collage papier, je suppose) en forme de coeur

(on est en juin 2016) ou une pomme tout court, les choses changent, Agnès Varda explique (à la cité des Sciences, ces temps-ci, son amour immodéré des patates en forme de coeur, ces choses qu’on jette parce qu’elles n’ont pas le calibre voulu, et on la suit, et on l’aime pour ça).

J’ai fini, pour la maison(s)témoin, cet épisode du feuilleton. Un jour, en vrai, j’irai photographier un peu ces parages, sans doute. Sous la nouvelle mandature, sans doute…

Avec mon meilleur souvenir à Anne S. et Agnès V.

 

 

 

 

 

 

 

6 réflexions au sujet de « Maison rose »

  1. et la voilà la maison rose que j’attendais (et le souvenir oui du plus beau film du monde, peut-être, un de ceux qu’on n’oublie pas en tout cas…)
    mais pour la boucherie derrière la grande dame à la chouette coiffure je penche plutôt pour un boulanger ou patissier

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